F. J. BUOTE, Entreur PROPRIRTAIRE. Vol. 4. ES ee + : o | R | |. 1 F1" ! v (2 4: a EL r : re Le 14! ‘ 4 ” É É LÉ nn { tt ! É | Et IE [ À - À 3j ÀE ‘ i 5 pe Î î > é . - - TIGNISH, P. EI. sin de J. Rattray. PERRY HOUSE ‘ convenient hotels in town for either permanent or transient IRIP.ANS CARTES D'AFFAIRE Dr. Murphy PHYSICIAN AND SuRGEO First Prize Graduate York University. DENTISTE. des conditions raisonnables, sans faire éprouver aucuue douleurs aux patients. Bureau au dessus du :'aga RuE MAIN... .....ALBERTON DR. WICKHAM, PHYSICIAN AND SUR- GEOX. | TIGNISH June 18— 3m À. E. DOUGLAS, M, D. PHYSICIAN AND SURGEON O,LEARY STATION, P. E. ISLAND. 1 have opened a new hotel on Queen Street, next door to the old Bank of Nova Scotia building, where 1 will be pleas- ed to meet all my old patrons and many new ones. The honse has been thoroughly fitted up, and furnished in first-class style, and it is one ofthe most comf:table and boarders. 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Paya BLE D'AVANCE, LA NOEL DE FRERE LEON ‘une nuit glacée de dé- , le Frère François et le , on montaient au cou- %fAa Verna Un tapis de fdurcie couvrait la mon- # ju sorte qu'ils glissaient gan de leurs pas. Leur de était si pénible que, ja bise qui les singlait, uttes de sueur tombatent 1r visages Leurs besaces it vide : depuis le grand l, ils u’avaient p'is aucune pe Aussi les dernières du Frère Léon s'épui- telles de minute en-mi- (Quant au Frère François ñe flamme intérieure ré- At TIGNISH and UUqJUUO 07 Surddiqs o10j0q wo} LUF, ‘8380 407 pied oonud ysuo 3so481H ALBERTON —posonbor squnooov jo quourded pur J49w191339$ AAC H GOUIAU —$SOUIL [UI9498 atou9 ut A[ddns ny JA STOULOJSN9 119) JO SJUEA OU] Joout 07 porvdoad ot ,Spouys [njrintoq LI94 JOU IT OS, 4109 ut dn pouodo mou "éfauflait toujours, il ne s’aper- cevait point du froid : il mar- chait légèrement, comme si ces membres infatigables n’eussent point été faits d'argile mortelie, et, suivant son habitude, il dis- sertuit de la vie b'enheureuse. “0 Frère Léon, petite brebis du Seigneur, disait-il, sais-tu en quoi consiste Ja vie bienhen reuse ? Quand nous serons gla- cés par une bise mille fois plus cruelle que celle qui souflle cette nuit ; quand nous serons épuisés par un jeûne bien plus prolongé ; quand des voleurs, par dépit de n’avoir rien à nous prendre, nous auront roués de coups ; quand les portiers de notre couvent, ne nous recon- naissant pas, nons auront ren- voyés sans secours dans ja nuit, alors, Frère Léon, nous mencerons à nous douter de 3e qu'est la vie bicnheureuse...” Frère Léon s'arrêta pour re- prendre haleine, et répondit d'une voix haietante : “O Frère François, j2 trouve que ia bise est bien assez cru- com elle, j: trouve aue notre jeune durs depuis assez longtemps. Tout mou sang est giacé, je n'ai plus la iorce de remu:r mes pieds qui me font grand mal, je me sens comme déchiré par les dents pointues d'un animal |rongenr. Je ne crois pas qu'on | puisse avoir pius froid, ni plus soif. à soins d'en mourir Et pouitaut, je n’approche guère de la vie bienheurense.” Le Frère François dit avec un peu de tristesse : “Urère LCon, c’est que {a foi n'est pas assez lorte ! Et ils se remirent à 1 lentement. Mais an bout de quelques minutes, le Frère François reprit : ‘Frère Îéou, sais {u en quoi consiste la par- faite béatitude ? ” Le Frère Léon, dont l’haleine soufilet de forge, s'arrêta en s'appuyant sur son bâton et soupira : “Ah ! mon cher frère, par- doune à ja faiblesse de ma foi ! Mais la parfaite béatitude, en ce moment, Je Crois que ce 82- rait d'avoir le souper et le gite! Le Frère François poussa un soupir et ne répondit pas. Et tandis qu'ils recommençaient à (gravir la montagne couverte de neige, il méditait sur l'erreur des hommes, qui prennent pour |réels les besoins de leur nature let se persuadent qu'ils en souf- narcher ‘bout de forces ! Par Epouarp Rop frent quand ils ne peuvent les [rage, mon ficre, lui ditil. Le satisfaire, alors que seule la vie | Seigneur va nous montrer no- intérieure importe : (tre chemin ; ne te souvient-il “Celui-ci, songeait-il, est un (pas qu'il marche devant les des meilleurs qui soient ; et Hébreux sous la forme d’une pourtant, le voilà harassé et é-| colonne de fumée ? Si tn te puisé parce qu'ila marché une confies én lui, tn retrouveras pauvre douzaine d'heures sans | tonte ta force: tu ne sentiras prendre de nourriture ! ” ‘| plus ni la fatigue ni le froid, et Maisilne parlait plus, ne nous arriverons bientôt au cou” vou:ant point :humilier ’ son | vent, où nous retronverons nos frère en lu? disant le ravisse-! frères..." ment qu'il commençait à éprou-| Mais pendant qu'il parlait ver, comment Je froid lui était ainsi, les jambes du Frère Lton doux comme une caresse, la!fléchirent et se dérobèrent sous faim savoureuse comme les!lui :il tomba sur le sol, privé mets les plus délicats, la -soit! de sentiment, et d'épais flocons rafraichissante comme un beau | de neige se mirent à descendre fruit, la fatigue agréable. Et il! du ciel, comine pour lui faire se contentait demurmurer dans {un linceul. nd: | son Cœur : : | Alors, le Frère François ré- F “Sois bénie, ma sœur la Faim | fléchit un moment. Il essaya de parce que tu nous à rassasiés !|soulever le crps de son compa- Sois bénie ma sœur la Soif, gnon ; mais, bien que son âme parce que tu nous désaltères !/füt d’une trempe divine, ses Sois bénie, ma sœur la Fatigue. | forces n'étaient voint surnatu- car tu nous délasses !‘ Et toilrelles 11 reconnut son impuis- aussi, ma sœur la Bise, je te bé-| sance etse mit en prière. “O nis, Car tu chantes de beaux | Seigneux ! Le voici couché sur cantiques dans l'air du Sei-/le sol glacé ei la neige Le re- oneur ! ” . [vouvre. Cependant, il vous a- En _. moment apparurent dore dans la pnrété de son les premiers'sapins du Grand cœur ; C'est pour attester votre à bois qui courounait le sommet | puissance et pour rendre hom- sr huge» 2. Drinches |mage à la Sainte Pauvreté, vo- ployaient sous la neige, la nuit. “il hé SE ahé autour “d'ét. CUS L Pt fe ds . | | des jours, bafoué ou soudain, le Frère François s’a | poursuivie par les passants, perçut qu’en marchant dans! Sans autre ressource pour ce l'ob EEE Dont obsturité, ils avaient perdu le | nourir que les ER LN. ! FRE NEE fr TE L dr di NUE s aumônes : car il on sentier. here e ss eu chercha des s'est fait, pour vous plaire, pa- yeux, vainement, la trace 16 |reil aux oiseaux des champs s 1 A Le 1 ' à , œ . | . É 's ‘ + # Te S pee * gi j qi ue récoltent ni. n'amassent, : rère Léon,--dit-i douce- | et que votre bonté nourrit. Par % ment, Je Crois que nos NOUS mi les frères qui se sont réunis ; DR TER Ainsi l'a voulu pour Jeûner, adorer et prêcher le Seignevr, 7. Dors guide, lil est le plus ardent et le plus a t vs r €: + |filèle. C'est pour cela, Seigneur, rs 6 É 'ÉC d 2 + | ci ; #4. FL. SET : que je vous demauade de le sau- S : mon Dieu” je suis à ver par un miracle pareil à » LEE UE A h LE La #1} 2. Ês J'aine mieux mourir là !” | Et il se laissa tomber sur la neige. * Mais le Frère-François l’ex- horta, le releva, lui persuada qu'ils allaient retrouver leur route ; et, le dos courbé, la tête basse, le auvre Frère recom- mença à poser l’un devant l'au- tre ses pieds qui ne devaient plus être, pensait:il, que deux glaçons crevés et sanguino- lents. 1ls s'enfoncèreut sous les sa- pins. De temps en temps, un morceau de neig: durcie tom- bait sur eux. La Frère Fran- çois dit: ‘’N’entends-tn pas, Frère Léon ? L'on dirait que les anges du ciel chantent au- tour de nous! ” : Mais le Frère Léon n'eut pas la force de répoudre. Soudan, nn grand ro-her leur barra la route. “11 faut retourner en arrière ! dit le Frère François Le Frère Léon répondit : “se ne peux pas ! ” Appuvé sur son bâton, il semblait figé sur le sol, comme la femme de Loth, qui fut change en staiue de sel en fu- yant Sodome. Le Frère François voulnt l'exhorter encors : “Prends cou- temps anciens, «1 tel est votre bon plaisir toutefois, car il im» poite qu’en toutes choses votre volonté s’accomplise : et s'il vous plait de rappeler celui-là dans votre rèÿne, nous ie pleu- rerons doucement, parce que noas l'aimons avec tendresse, et nous louerons votre bonté.” Ayant ainsi prié, le Frère François se pencha sur le corps du Frère Léon, et remarqua {qu'il respirait à peine. Et il at- tendit. Et soudain, les yeux du jeune Frère <entr'onvrirent : il se souleva sur le sol, un doux sourire aux lèvres, en murmu- raut.: “On! Frère François ! * Et l’âpre paysage d'hiver s2 foudit soudain. Les sapins de- | vinrent des pilastres d'or D'ée- |pais tapis, pareils à ceux que iles marchands vénitiens rap” | por tent de leurs plus lointains | voyages, étendirent leffr moi- lesse onctuese à la place de la neige. Au lieu de l'âpre bise, des parfums, plus suaves que “eux de l'Arabie. attidédirent l'atmosphère. Ce n'étaient plus ‘les flancs de la Verna, dur: et cruelle, refuge de loups, asile des brigands du Casentin : c'é- | tait un palais magnifique, sem- | blabie à celui dn roi Salomon, L [voir page 4] ceux que vous ‘fites dans les ? EU RS dd di SAR MiTr4 Non A