se. ”- w LES ACADIENS DE L'ILE ST. JEAN HER, AUJOURD'HUE ET DEMAIN we Avant d'entrer dans mon récit, quelques mots sur la découverte et la situation de l'IleÏSt. Jean ne se- rait peut-être pas hors de propos. L'Le St. Jean (aujourd'hui Ile du Prince Edouard) est située dans le Gelfe St. Laurant entre le 46ème et 47ème de latitude nord, et le 62ème et 64ème de longitude ouest. Elle est d'une longueur d'enviren 140 milles sur une lar- geur d’une trentaine de milles. Son sol est en général glaiseux, et très propre à la culture des céré- ales. La date exacte de la découverte de l'Ile St. Jean, uesera probable- ment jamais fixée, car les témèbres du passé semblent avoir jetté sur ce | point, un voile impémétrable. Quelques auteurs accordent, à ) ne, Cabot, Vénitien, et à ses trois #- qui freut voile sous une charte Royale d'Henri VII roi d’'Angle- terre, l'honmeur de cette décou- verte, vers l’anm 1497, le 24 juin, jour de la St Jeau,et voiià pour- quoi il l'appelèrent Ils St Jean en l'honneur du jour de sa décou- verte. D'autres maintiesneut qu'elle fut découverte par Samuel De Champlain qui la nomma St Jean, et planta, sur ce 501 encore vierge, le drapeau fleur-delisé à côté d'une Croix, en 1603. En 1633 une compagnie de colo- nisation organisée eu France envo-; ya plusieurs gentilhommes fran- çais en Acadie (Aujourd’hui Nou- vellé Écosse) sous la direction des Sieurs Dermonts et Peutrincour, qui y fondèreut une colonie qu'ils appellèrent Port Royal. Pris et epris plasieurs fois, par les Au- glais, ce poste fut à la fin, réoccupé var M. M. de Razily et d’Aulay 4. y conduisirent une quarantaine de familles françaises. À travers mille vicissitudes, ces familles, presque abandonnées à elle-même, et recrutés, à peine de temps eu temps, par quelques aventuriers et quelques engagés formaieat déjà vers 1710 ume paroisse d'euviren deux mille âmes, quaud les An glais s’emparèrent de l' Acadie. Les conquèrants alors commen cèrent une serie d'agression centre ces pauvres Acadiens, quisde temps en temps, emigrèrent, Par petit groupe, à l'Ile St Jean pour se soustraire aux mauvais traitements de isurs agresseurs. Les premiers Acadiens qui S'Y rendirent, ainsi que ceux qui y arrivèrent en 1755 purent ainsi échapper à la déper- tation qui eut lieu en octobre de la mème aunée. lis s'établirent à l'Est de l'Ile sur un joli port de mer qu'ils nommèrent Port Ja Joie (aujourd’hui Charlotte- town) et s’occupèrent d'agricul- fa sde chasse et de pêche. En S Î la rédition du 1738 après la prise et fort de Louisbourg, et pe la France eut cédé ses droits à 1 An- gleterre, plusieurs familles, de Chi- poudy et des Mines. viarens ten- contrer leurs frères de l'Ile St. Jean, et y firent transporter leurs péuates per Ua Joseph Nicholas Gauthier qui était propriétaire d'un petit navire. Ces pauvres : cadiens après avoir été chassés de leur chère Acadie, ne purent losg- temps jouir de la paix qu'ils 7 venu chercher au prix de tant e sacrifices. L'amiral anglais, Bos- cowan, qui avait charge de ia gar- nisen sur l'Ile St. Jean recommen" ça les hostilités, et les pauvres pd di-ns durent encore subir les persé- cutions des fils de la perñde Al- bion ! Pauvres, sans aucume res- sources, sans arimes pOur se défen- dre il durent végéter €: mener une stence malheureuse et vagaben- rmer, que c'est tte race de exis- sa foi, exi de, Oui j'ôse l'aff comme par miracle Si ce ÿts a pu maintenir SOn prosc toicesbational, sa langtie, es et les glorieuses tra- ditions de ses preux. Ils aimèrent mieux abandonner leurs humbles chaumières ou subir la déportation, que de prêter, au roi d'Angleterre, serment d'alégéance qu'ils con- s déraient comme odieux à leur e à leur coutumes. Aussi , p à seuffrir de al ses coutum un ligien et eurent-ils beaucou pai les tyrons anglais, qui tou- jours les harcelaient, afin de les contraindre à se soumettre à leurs ordres arbitraires. L'Angleterre, alors, résolut de frapper, encore une fois, un conp définitif, pour tâcher d’exterminer la population acadienne de l’Lie St. | Jean. afis de s'emparer de leurs dé- frichements. À cet effet, en 1753 — 1759, sous l'amiral Boscowan, ou pracéda à leur dépertation d'une manière emcore plus barbare qu'en 1755. A l’époque de la déportation la population aeadienue de l'Ile St. Jean se montait à environ 65e0 ou 7000 âmes départies sur différents points de l’Ile : A la pointe Pri- me, à la rivière du Nord-Est, à St. Pierre, à la pointe Nord, à la ïi- vière du Nord et de l'Ouest, à Tra- cadie, à Malpêque, à Bédèque, à la rivière des Bleuds, 4 la pointe de l'Est, à la pointe Fortume et à Port La Joie. Toute cette paisible enveloppée dans cet iuique coup d'Etat. Tous, hommes, femmes, enfants et vieillards. fûrent en en- tasses, pêle-mêle dans de méchants vaisseaux, qui firent voile pour Angleterre etla France pour y transporter leur cargaison hu- maime, Alors la population aca- dienne de l'Ile St. Jean semblait comme annéantie, pour ne plus ja- ais reparaître. Aussi pour un certain laps de temps on ne rencon: tre plus aucun vestige de ce petit peuple, autrefois si jovial.et dont la gaiétée formait uu des traits dis: tinctifs de leur caractère. Mais hélas ! Dieu qui veillait sur ce pe- tit peuple de martyrs les protigea, et voilà pourquoi, après quelques temps, on retrouve quelques fa- milles, échapnées à la dépertation de 1758, greupées, ici et. là, sur diffèrents points de l'Ile, et vivant dans la misère et le plus aflieux abandon. Toujours sur le qui- vive, pourchassés des Anglais, ces pauvre Acadiens me s'occupaient alors, que de chasse et de pêche, étant toujours prêt à s'enfoncer dans les bois à l'approche de leurs persécuteurs. A la renaissane dun peuple aca- sur l'Ile St. Jean uue population populatiou d'honnêtes paysons fut Î Î de 1803, se trouvait | :“ dien, qui date de: D? ke EEE ALES ET p à ET lement) Presents Gratuits de Savons Employez le SUNLIGHT SAVON et obtenez LES PRIMES Les Coupons représentent de largent parce qu'ils peuvent être échangées pour des Savons de Toilette pour lesquels il vous faut payer de l'argent chaque semaine. Ceux qui emploient les Savons Sunlight et Cheerful peuvent obtenir leurs Savons de I'IMPARTIAL 1906 Toilette poug rien. Lisez la circulaire dans chaque paquet, ou demandez notre liste de Primes. Un don a peu de valeur s’il consiste de quelque chose dont vous n'avez nul besoin. En échange pour les Coupons Sunlight, vous pouvez obtenir quelque chose dont vous avez besoin et dont vous vous servez chaque jour. 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Pour plusieurs anmées, sams prêtres per- mamants pour les desservir, ce n'est qu'à leur foi forte et vivace qu'on peut attribue, leur attache- ment innébranlable à la religion ue leurs pères. A partir de cette é- DOES YOUR HEAD Feel As Though It Was Being Iammered ? As Though It Would Crack Open ? As Though à Million Sparks Were Flying Out of Your Eyes? Horrible Sickness of Your Stomach? Then You Have Sick Headache ! BURDOCK BLOOD BITTERS will afford relicf from headaches po matter mère patrie, la belle France, est en- whether sick, nervous, spasmodic, periodical or bilious. It eures by removing the cause. Mr. Samuel J. Hibbard, Belleville, Ont., writes: ‘Last spring Ï was very poorly, my appetite failed me, I felt weak and nervous, bad sick headaches, was tired all the time and not able to work. I saw Burdock Blood Bitters recommended for just such a case as mine and I got two bottles of it, and found it to be an excellent blood medicine. You may use my name as I think that others should know of the wonderful merits of Burdock Blood Bitters.” ee nsr poque les Acadiens de l'Ile St. Jean commencèrent à s'affirmer comme peuple et s’eccupèrent de faire respecter leurs droits comme sujets de sa majesté britannique. Des écol:s fûrent érigées, qui dans les commencement, ne fâûrent pas! salariées du gouvernement, et ce ne fut qu'à force de sacrifices inouies que ces écoles purent subsister. Plus tard, en 1825, le gouverne-| mest promulgua le premier acte || d'Education de la province, et par | la reconnaissant les droits deS Aca-| diens, leur accorda leur cote part des argents octroyés pour l'éduca- ne fûrent pas lents à profiter de ces avantages, et en vit, une foule d'enfants acadiens, fréqueuter les écoles publiques. En 1840 un, jeunes Acadien de l'Ile St. Jean, | après un brillant cours d'étude, | embrassa la vie Sacerdotale, dans la [personne du Rev. S. E. Poirier, — tion de la jeunesse. Les Acadieus | } PRIX 25cts. BAUME [RHUMAL| chites, gorge sont les résulte souvent gence. Un excellen. remède pour la guérison des rhumes, t enrouements, pulmonaires, etc. N'attendez pas ; monaf:e, dont une toux sèche, dépression et dessècl.=ment de avant-Cob[®urs, d’une Les malades trouverofs le Baume Rhumal bon au goût, sans effets désagréables, soula- geant et adoucissant. TONIQUE DES POUMONS la phtisie pul- oux, brou- affections négli- 13 rue St-Jean, L. R. BARIDON, Montréal. longue: années fut le seul mission- naire acadiens sur l'Ile, et dut des- servir les paroisses de Tignish, Cascumpec, le Braie, St Jacques, Mont Carmel et Miscouche. Im possible de décrire les fatigues de cet apôtre de l'Evangile dans l'ac- complissement de ses devoirs sacer- doteaux. Sans route carrossable, il dut parcourir de longues dis- tances en canot, à cheval ou même à pied, an travers !:s ferêts, par monts ct par vaux pour porte, les: secours de la religion au troupeau : confi: à sa garde. Avec le temps les choses s'ainé- liorèrent un peu ; des routes furent construites et facilitèrent la com- munication entre les différents centres acadiens. Vers l'an 1553, les Acadiens réussirent à élire un des leurs pour les représenter au parlement Provincial, dans la per- sonue de l’hon. $tanisias F. Poi- rier, neveu de l'abbé Poirier, j:une homme rempli de talents, d'une é- loquence entrainamte et d’une b:a- voure à toute épreuve. Il dépensa sa vie entière à travailler dans l’in- térêt de ses frères de l’Ile St. Jean et meurût ,à un âge avaucé sur le champs de bataille. Aujourd'hui, la population aca- dienue de l'Ile, après une périoe de 182 au-, se monte à quatorze mille âmes, ce qui montre un ac croissemient de 17. 86 pour cent par ans. ‘Toute cette population est, en général, à l'aise sur leurs lomaines patrimoniaux, et leur nombreuse famiile, à quelques ex- ceptious, se livrent aux travaux a Leurs Eglises sont d'un aspect imposant, et peuvent: être comptées parmi les plus beiles de cette province. Les Acadie:s montrent comme leurs ancêtres jadis, un respect et une af fection iliimiice pour leu s pastsuïs, qui, à quelques exceptions, sont a cadiens, et ‘es guident dans le che- min de la vert. Aujourd'hui nos dreits sont respectés, et nous jouis- sons de tous les privilèges accordés au sujets de sa majesté Britan nique ; et quoi qu'étant à l'ombre du drapeau de la Grande Bretasrne [nous n'en sommes pas moins Fran jçais et l'amour de notre anciemne gricols. toujours, co:e tout brûlant dans nos coeurs acadiens. k Nous, avons des écoles françai- ses, qui fonctionnent d’une manière progressive, dans chacune de nos paroisses, et sous la direction d'ins tituteurs acadiens. Nous avons aujourd’hui nos représentants, nos instituteurs, nos inspecteurs d’e- cele, nos prêtres, nos avocats, même ncs médecins et nos juges, qui somt tous, chacun dans leur sphère respective, à la hauteur de leur position. À ja vérité, le nom- ‘bre de nos hommes de professions Jibérales est encore bien miniine, | mais avec le tempset un peu d'em- bitivn, nous verrons bientôt leur nombre se multiplier. Nousavons aussi notre journal acadien, qui fait aussi beaucoup pour le progrès et |J'avancement de la race ‘acadievne. Maintenant, de tout ces faits ti- rons nos conclusions, et jetons uu coup d'oeil sur l'avenir des Aca- diens del’Ile St Jean. Si daus l’es- pace d’une centaine d’anmées ces quelques familles qui s'étaient soustraites, par leur perspicacité, à la déportation de 1758—1759, et natif de Tignish, qui pendant de pcuvons, saus hésiter, supposer que dans un autre siècle notr= po- pulation sera au moins le double de| No. Ce qui! © c+ qu’elle est actuellement. a fait défaut dans l'avancement in- tellectuel et social chez les Aca- diens c'est le manque d'éduzation superieure ; mais depuis une ving- taine d'années l'éducation a fait un pas gigantesque parmi nous, grâce à nos bous curés, et à l'énergie de nos instituteurs acadiens. Déjà la question d’un collège 2- cadieu, sur l'Ile St Jean, a été a- gitée et chaudement discutée, et nul doute que dans un avenir très rap- pruché, noire population acadienne verra bientôt surgir ce monument uational, qui achèvera de perfec- tionmer ce petit peuple de braves, qui me s'est maintenu comme peu- ple qu’à force de courage, de per. sévérance et de sacrificr. Alors nous aurons la perspective d’avoir des hommes dans tous les dégrés de l'échelle sociale, qui sauront, par leur habileté, faire honneur à notre race. rions nous pas au milieu de mous des hommes d'élite ? n'a-t-elle pas toutes les qualités vou- lues ? sourit : intelligence, talents, ferce de volonté, persévérance, courage indowptable, esprit de sacrifice !... Oni quand une éducation supérieu- re aura développé nes talents, qui. aujourd'hui encore, sont dans wun état latent, pourquoi me surgirait-il pas du milieu ée cette race de pros- crits, un Laurier, un Bourrassa, un Lemieux, grain ? çais on produit en fait d'hommes d'élite, peut se répéter chez les A. cadiens, chaud qui coule dans leurs veines. c'est le même esprit de patrietisæe qui lesamiment, et leurs aspirations cent iden.iques, puisque ces deux races ont la même origime. XKh ! pourquoi u’'au- Notre race Qui certes. Tout nous um Suite on un Cas Ce que les Canadiens fran- car c'est le même saug Oui, nous sommes fiers de motre erigine et de porter le nom glorieux d’Acadien. deux parler de la France, et cette langue «era toujeurs pour mous, la lasgue de l'amitié et de la prière, afin que l'étrauger abordant sur nos plages y trouve une autre France, et que le français y salue ume autre patrie. Nous aimons tous le BRUNO ARSENAULT. Instituteur Cap Egmoud I. P. E. 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