… L'IMPARTIAL, JEUDI, LE 13 AOUT 1908. ET EU 57 ne La Protection s'impose Le Canada est encore un jeune pays. Sur un territoire grand comme l’Europe, riche en ressour- ces de toutes sortes, forêts, mines, terres fertilles, rivières abondantes en poisson, nous n'avons que Six millions d'habitants, quand les Etats-Unis qui ne sont pas plus âgés que nous, en comptent quatre- vingt millions. Ils ont, il est vrai, quelques avantages climaténiques que nous n’avons pas au même de- gré, mais cela seul ne sufñt pas à expliquer l'immense différence qui existe entre le développement ma- tériel des deux pays. Depuis soixante-quinze ans, les, Etats-Unis se sont développés à l’aide d’un tarif qui 1 centuplé la valeur de la 1ichesse naturelle du se}, Le Canada n’a jamais eu un tarif aussi protecteur que celui des Etats- Unis, et encore ne date-t-il vérita- blement que de 1878. Appliquons la même énergique protection à nos industries, et nous aurons les mêmes résultats. LA PROTÉCIION ET LE CAPITAL Le capital est craintif, Quicon- que a amassé dix, quinze, vingt mille piastres, à force de travail, garde son trésor avec soin. Il ne le place pas dans les entreprises in- certaines. Et au Canada, l’indus- trie n'a pas encore fait assez de millionnaires pour déterminer le petit capitaliste à risquer ses mo- destes épargnes. Insuffisance de capitai et incertitude de succès, voilà ce qui paralyse encore notre industrie” Le capital ne se lancera que lors- que l’industrie sera bien payante, il faut qu'elle soit suffisamment protégée pour la garantir contre la concurrence étrangère, contre les chômages, les grèves, et mille au- tres accidents du travail. Ceux qui disent que nous avons assez de protection sont les derniers à ris- glais appellent le ‘‘pushing’’ n’e- xistent qu’en raison de la confiance enl’avenir. L'industriel, sûr de l'avenir, hésitera moins à étendre ses opérations et son succès, trou- vera des imitateurs qui feront ces réveils si avantageux à la prospé- rité générale d'un pays. Les ou- vriers actuels auront plus de tra- vail, feront par conséquent plus d'argent, se donneront plus d’ai- sance, acheteront davantage et tout ira mieux. Il faudra d’autres ouviiers. Nos Canadiens venant de la campagne s’arrêteront ici au Ilieu d'aller aux Etats Unis. Le marchand en bénéficiera. Toutes les classes sociales goûteront le fruit de la protection. LA PROTECTION ET LE CULTIVA- TEUR A part le beurre et le fromage, le cultivateur canadien et surtout le cultivateur de la province de Qué- bec ne vend guère à l'étranger. C'estfà Québec, Montréal, Sher- brooke, St-Hyacinthe, Lévis, Val- leyfield, Trois-Rivières, Joliette, St-Jérôme, St-Jean et autres grands centres qu’il envoie ou qu’il apporte ses produits. Lui aussi, lui sur- tout, a besoin de protection, À qui vendra-til si les villes sont dé- sertes, si les manufactures sont fer- mées ? Combien vendra-t-il si l’ou- vrier gagne veu, si l’industrie tré- buche, si l’activité manque, en un mot si le consommateur achète les produits américains à la place des produits canadiens ? Au contraire, développez l'industrie canadienne par la protection et vous enrichis- sez par là même le cultivateur ca- nadien. L’habitant, trouvant la culture payante, cessera de la mau- dire ; il encouragera plutôt son fils à cultiver comme lui. La terre se |défrichera et le progrès des villes appellera le progrès des paroisses. | Donnez des industries nouvelles à toutes nos petites villes, vous aug- Dis dis | L quer leurs capitaux. Et quand ils | menterez la consommation, et la en risquent quelques sous, C’est| consommation appelle la produc- pour attirer à leur moulin l'argent du public sous forme de subsides qui leur rapporteront de gros divi- dendes. preuve que la protection nous est necessaire que cet course aux sub- sides des gouvernements sans les- quels rien ne se fait au Canada. Protégeons nos industries : leur succès enhardira le capital déjà acquis, il en crééera du nouveau et le trésor public poirra enfin se dispenser de ces saignées continuel- les qui font notre dette publique. LA PROTECTION ET L'OUVRIER La grande faute été de les libéraux a dénoncer à l'ouvrier et à l'agriculteur, le manufacturier comme vivant et s’eurichissant de lcurs sueurs. Quand ïila pris le vouvoir, le parti libéral a reconnu lui-même son erreur en refusant d'appliquer les conclusions de son argumentation. Il avait promis le libre-échange, mais il n’a pas osé le donner. S'il n’a pas tenu pa- role, ce n’est pas simplement pour le plaisir de tromper, mais parce qu’il comprenait que la ruine devait nécessairement suivre sa politique. Îl a fait dutarif un mélange qui reste une menace pour une époque de crise. Il n’a pas assez réduit le tarif pour détruire ce qu’il appelait ces abus, et ïill'a suffisamment baissé pour ébranler la confiance. Pour ramener la confiance, il faut la protection complète; la protection hirdie, généreuse à toutes nos in- dustries. L'industriel y trouvera | son profit, sans doute, mais l’ou- vrier el aura aussi sa large part. L'activité, l'énergie, ce que les An- | Mort Affreuse M. Isidore Doucet, de Lowell Mass, dont les parents demeurent au No. 68 de la rue Ash, a trouvé une mor. terrible, à Taunton. Il est mort à l'hôpital de la ville, 6 heures après avoir été victime d’un accident. Doucette était à l'emploi du che- min de fer New-York, N. H. et Il n’y a pas de meilleure |tion. LA PROTECTION ET LA PROS- | PÉRITÉ Mais qu’avez-vous à dire, nous répondent les libéraux, puisque le commerce augmente et que le pays est prospère. Nons avons à dire ceci : Que ce commerce ne nous enri- chit guère puisque nous achetons toujours plus de l’étranger : Que nous voulons le marché ca- |nadien pour nous, et que sur les deux cent cinquante millions que |nous achetons ailleurs, nous de- vrions en produire nous-même pour cent millions ; Que cette prospérité est l’œuvre de conditions générales qui, une fsis disparues, nous ramèneront à la gêne ; Que nous voulons parer à cette pénible perspective en consolidant notre industrie chez nous afin que, appuyée sur un marché à elle, dont elle sera sûre, elle puisse se prépa- rer à entrer en lutte sérieuse avec les produits étrangers et assurer ainsi : Au capital, la garantie du succès sans laquelle il restera improductif ; A l’ouvrier, du travail, un bon salaire, une vie convenable, un a- venir certain ; Au cultivateur, la vente rému- nératrice de ses produits, l’amour | du sol, et à ses enfants, le goût d’i- Lori, |miter son exemple pour partager | sa récompense ; Trois choses qui résument par- | faitement ce cri vraiment national ; | Le Canada aux Canadiens. L'Evenewent. \ Hartford. Un wagon luia passé ‘en deux tronçons. Le défunt n’avait que 23 ans et ne travaillait pour la compagnie que depuis 3 semaines. M. Archambault, entrepreneur de pompes funèbres, est alié à Taun- ton, hier, chercher les restes muti- lés du pauvre jeune homme. | Une Catastrophe Une partie du pont de Morrison street s’es. effondrée et est tombée dans la Williamette River au mo- ment où un grand nombre de per- sonnes s’y trouvaient, surveillant attentivement les mouvements d’un homme qui quoique n’ayant pas de bras prenait un bain et s’aidant de ses jambes seulement nageait à merveilie. On croit que plus de cinquante personnes ont été no- yées. Plusieurs centaines de personnes, en majorité des femmes et des en- fants, se trouvaient sur ce pont lorsqu'un craquement sinistre s’est fait entendre et en moins de temps qu'il n’en faut pour l'écrire une centaine d’entre elles tombaient à l’eau avec les débris de toutes sor- tes de la partie du pont qui venait de s'effondrer sur une distance d‘une centaine de pieds. D’autres ayant réussi à s’accrocher à la char- pente du pont sont restées suspen- dues jusqu’à ce qu’on soit venu à leur secours et quelques-unes d’en- tre elles fatiguées ou effrayées, sont également tombées à l’eau au mi- lieu des cris des nombreuses per- sonnes qui, n’ayant pu trouver de place sur le pont, s'étaient rangées de chaque côté de la rivière pour mieux surveiller les ébats du na- geur. Les premiers secours ont été très zx UN PONT S'ECROULE : 50 PERSONNES NOYÉES Om Le () dans L'Oregon O0 rapidement organisés et, quelques minutes après l'effondrement de cette partie du pont, la rivière était déjà sillonnée d’embarcations de “toutes sortes. Malheureusement un grand nombre de personnes ont été entraînées par le courant assez rapide à cet endroit et on n’a pu sauver que celles qui avaient réussi à ce cramponner aux débris du ‘pont. Des ambulances et les nom- piers sont également arrivés sur les lieux et plusieurs personnes qui ont été retirées de l’eau avec des bras ou des jambes cassés ont été trans- portés dans les différents hôpitaux de cette ville. A l'heure où part cette dépêche trois corps, ceux d’une petite fille âgée de 10 ans et d’un jeune homme et d’une jeune fille avaient été déjà retirés de l'eau. Ce pont est en bois et a seize an- nées d'existence. Les ingénieurs de la ville, quelques mois aupara- vant, l’avaient condamné, mais, comme toujours en pareil cas, les autorités ne s'étaient pas rangées à leurs conseils et comme par le passé les tramways et les piétons conti- nuaient à y circuler jusqu’au mo- ment où s’est produite cette catas- trophe dont une enquête des plus responsabilités. FREE EXCURSION TO INVERNESS Halifax Mining Companies Will Run A Special Train, And Special Trip Of The Steamer ‘‘Lunenburg’’ To Convey A Large Party To Visit Mining Properties At Cheticamp. Two Halifax mining companies that are opening up large mine- ral deposits at Cheticamp, Inver- ness County, C. B., are taking a novel plan to advertise their pro- perties, and show to the public the wonderful extent and character of the deposits of the Cheticamp mi- ning district. The Eastern Na- tional Copper Company, Limited, and the Richfeld Mining Company, Limited, have decided jointliy to conduct a free excursion to Cheti- camp in September, a special train being engaged to carry excursio- nists from Halifax to Pictou, where the steamer ‘‘Lunenburg’’ will be in readiness to carry the party of from fifty to one huudred people to Cheiicamp, and return them three days later to Pictou, where they will rejoin the train and return to Halifax. The party will include a number of well known investors of Charlottetown, St. John’s, Nfld., St. John, N. B., Moncton, Boston, Varmouth, Halifax, Sydney, New and other points. The P. KE, Is- land contingent will join the party at Pictou. The date of the excur- sion will be announced later, and the hour of the special train leaving Halifax, also the hour at which the train will stop at intermediate stations, such at Windsor Janction, Shubenacadie, Truro, etc., will be scheduled, and all other particu- lars will be published long enough in advance to enable all who wish to join the excursion to make pre- parations. The scenery, shooting and fishing in Inverness is the fi- nest in any part of Nova Scotia or the Maritime Provinces and the excursion has been fixed for Sep- tember, when the flies will be en- ded, and the weather will be de- lightful for an outing. It is likely that many who visit Cheticamp on this occasion for the first time, will be regular visitors to that section | of Cape Breton in the future, on\ Wilfrid Laurier et M. Fitzpatrick. ! sur le corps qu’il a presque divisé account ofthe delightful atmos-; Cette démarche a mis naturelle- phere and the splendid tourist ta-! tractions of the country, which. have been hitherto unknown. por mining companies are giving this trip absolutely free, and the party | will be accompanied by a number of mining experts, a professional Glasgow, Truro, Windsor, N. S$.,{ the latter comforts ofthe guests. Special Cheticamp, invitations will be issued, but any parties who would like to visit this section of the Province are cor- dially invited to write to the Fiscal Agents, Messrs. Alfred Bennett & Co., 16 Prince Street, Halifax, or 116 State Street, Boston, Mass, in regard to the matter, or to the Se- cretary of the Company, Mr. John W. Regan, P. O. Box 346, Ha- lifax. As a combined business and pleasure tripthe Cheticamp ex- cursion cannot be excelled. En Asie Mineure Une conflagration a dévasté la ville d'Armenak, dans le vilayet d’Adana, Asie Mineure. La mos- quée, les autres édifices publics, quatre cent magasins et soixante ont été mis en ruines. Ia sopulation est dans la plus grande détresse et on a ouvert un fonds de secours. Terrible Collison Une dépêche de Breslau à la Volks Zeitung rapporte un grave accident qui a eu lieu sur le chemin de fer entre Su:ha et Kalvaria, Sili- cie autrichienne. Un train de onze wagons lourdement chargés de pier- res s’est détaché de la locomotive, à une vitesse épouvantable, une dis- tance de vingt milles et est venu en collision avec un train de voyageurs. On dit que trente personnes ont été tuées et cinquante-deux autres gravement blessés. En] En Chine Un message annonce que par suite d’une inondation, sept cents personnes ont perdu la vie à Che Too, le 27 juillet dernier. Le torrent a emporté plusieurs ponts et un grand nombre de maisons avec leurs occupants. M. Laurier veut se retirer Ottawa, 4—Presque tous les dé- putés ministériels de Québec ont eu ce soir, une entrevue avec Sir ment les journalistes sur le qui- sérieuses établira certainement les to look after the inner accommodations wiil be provided at A limited number of Previous to stock-takin: cial discounts on the following Ladies’ Cloth J third off. 30 per cent off. Mens’ and Boys’ R Fancy China ware ONE THIRD OFF. ter Goods. Above sale for cash or David Inglis, BARGAINS AT ALBERTON DES g on 1st of February next, we will give spe- lines of goods :— ‘es’ Dress Goods, 30 per cent off. ES ackets and Capes, one Ladies’ Skirts, Wrappers and Costume, Ladies’ Waists, Blouses, 30 per cent off. eefers, Ulsters and O- vercoats, one third off. Boots and Shoes, 30 per cen t off. and Toys, one third off A LARGE ASSORTMENT OF JEWELRY IN GOLD-FILLED, Special prices in Furs, Robes, Kid Gloves, and Mitts and all Win- present pay. DYER, WOODMANS & HUNTER ALBERTON De l'Atlantique au Pacifique. 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Laurier, dirige les travaux de la chambre et M. Fielding tout en protestant de son dévoument à M. Laurier, a laissé comprendre qu’- il était ennuyé de jouer le premier violon sans en avoir le mérite, T1 y a beaucoup» d’excitation parmi \les Canadiens-français, ce soir. ml me Le Diable Fache a Il y a quelque temps, les catho- liques d’une des principales villes d'Angleterre, qui ont le sentiment des grandes choses et une généro- sité peu commune pour les exécu- ter, avaieat organisé une proces- sion de plusieurs milliers d'enfants. Un bon Irlandais, les voyant passer, en bondissait de joie, tandis qu’un Anglais, protestant, maugréait à côté de lui. ‘‘Tous ces enfants, lui dit ce dernier, sont-ils catholiques vive et ils ont appris que le motif en était la retraite prochaine du | premier-ministre. Cédant enfin! aux conseils d'amis comme le séna- teur David et autres, M. Laurier a| manifesté son désir de se retirer, | | photographer and a skilled caterer, | ce qui explique cette indiscrétion | romains ?—Oui, monsieur, —]J’en suis bien fâché : le diable l’est aussi, et bien plus que vous.’ ——— Abonnez-vous a Tronc-Pacifique était son dernier Vin des Carmes Vin par excellence pour répar1 les forces perdues et FORTIFIER TOUS LES FAIBLES. Bon pour tous les âges et le. DEUX SEXES, LES MEILLEURS MEDECINS Recommandent fortement le Vin des Carmes a À. Toussaint & Cie. QUEBEC. E KR. 0. Ste. Ursule, Maskinonge Co., P. Q. May 5, 1903 To the Manager of The E. R. O. Company, Ltd. Dear sir : — It gives me great plea- sure to certify that I had been suf- the last ten years and that all the doctors I have consulted on the matter have been quite unable to give me auy relief whatever. 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