‘ DEFRICHOHS NOS TERRES Allons, braves colons, per- mettez-moi de vous donner au- jourd'hui un petit conseil : Tra- vaillez sur vos terres ; vos ter- res, Ce sont votre trésor, ce sont vos richesses. Vous ne pouvez pas faire de plus mauvais calcul que de lais- ser là votre terre pour aller tra- voiller dans les chanüers. Lais- sez cette besogne de chantiers à ceux qui ne peuvent pas faire autre chose, aux voyageurs de profession, à tous ces Jeunes gens qui veulent être esclaves! toute leur vie. Vous qui êtes chef de familié, vous qui êtes en possession de lots, travaillez sur ces lots et daas dix ans vous se- rez riches et indépendants. Si vous ne pouvez pas voue dispenser maintenant d'aller aux chantiers, si vous avez ab. solument besoin d'y aller, at- tendez au moins le mois de! novembre ou décembre, alors que vous ne pourrez plus tra- vailler à la terre, et ne craignez rien, vous aurez encore votre place dans ce temps-là, on ne refusera pas vos services. On à besoin de. beaucoup de bras pour couper des centaines de miile billots. Mes amis, les chantiers c’est votre ruine ; tant que vous ira- vaillerez aux chantiers, vous serez, vous resterez panrre:. Vous allez vous efñeller là pour $12,00 à $15,00 par mois, c'est- à-dire 50 ceuts par jour. 11 vous fant travailler 4 à 5 mois pour gagner $50 à $60, et qu'appelez vous travailler ? Est-ce un tra- vail d'homme que vous faites- là ? Non, c'est un travail d'es- clave, un travail de bête de somme. Malade ou non, beau temps mauvais temps, à la pluie, à Ja neige, par une chaieur insup- portable ou par un froid exces- sif, de la pointe du jour à la clarté des étoiles, il faut travail- ler à la tâche comme des escla- ves, comme des mercenaires, et tout cela pour 50 cent par jour. Et quelle est souvent la consé- quence de ce travail forcé ? Vous laissez là votre santé, vous ruinez votre famills, vous ris- quez votre aveuir. Faisons un peu plus de cal- cul et de raisonnement. Restez chez vous, au moins pendant les mo's d’oût, septembre et oc- tobre. Faites de la terre neuve, défrichez ; vous pouvez certai- nement en trois mois ‘clairer” 5 ou 6 acres de terre qui vous rapporteront l’année suivante $50 ou $60. Vous pourrez alors, si c'est nécessaire, aller aux chantiers pour 3 ou 4 mois. Au printemps, vous en f-rez encore autant et en moins de cinq ans vous ponrrez jouir à votre aise de la noble et belle indépen- dance dont seul le cultivateur jouit ici-bas. Quand vous serez fatigué, vous vous reposerez, si vous êtes malade on aura bien soin de vous, si la pluie ou la neige tombe froide et glacée, vous pourrez fumer tranquille- ment votre pize au froyer, au milieu de votre famille. DOUX MAIS PAS COMMODE Le Père Lefebvre, fondateur du collège Saint Joseph de Memramcook qui ne parlait ja- mais de sa famille, se laissa pourtant aller à raconter à quelqnes-uns de ses écoliers en vacances l'épisode suivant, da- tant de sa plus tendre enfance, 1l avait gardé pour son père un respect profond, mêlé d’une ad- miration où perçait une teinte d'orgueil filial. “Comme la plupart des hom- mes forts, nous disait il, mon père était doux ; mais il ne fal- lait pas réveiller le lion, je veux dire, le coureur des bois, qui dort. “Deux Anglais en goguette l'apprirent un jour à leurs dé- L'IMPARTIAL, JEUDI LE 27 OCTOBRE, 1898. pens. 1ls arrivaient en voiture de Montréal ou d'ailleurs. C’é: teit pendant les guerres de Pa: pineau. Les ‘“patrictes” venaient d'être écrasés à St-Eustache, et mon père, ce jour-là, était de mauvaise humeur. Je crois qu'il n'avait jamais beaucoup aimé les Anglais. Ceux-ci en: trent sans frapper, et lui enjoi- gnent d'un ton rogue d'aller donner à boire à leur chevai. “__Le puits est là, leur dit le vieillard, qui est devenu pâie,! vous pouvez aller vous servir vous-mêmes. “_En mangréant, le plus ca- pable des deux s’avance vers le “banc” des seaux, et en prend un dont il veut se servir pour abreuver son cheval. “_Non, pas celui-là qui est poar le monde, fait observer mon père ; il y a un vaisseau à la bringuebale pour les an1- maux. “Hell! ïa bringuebale, murmura |’ \uglais à son com- pagnon : mon cheval est aussi propre qu'un d..……. Cauadien- français. Et il continua de se diriger vers la porte, avec le seau à demi rempli d’eau. “Un bond, uu éclair, le vieil- lard avait sauté sur le seau, qu'il arrachait des mains de l'insulteur, lui lançant le conte- nu en pleine figure. “Le compagnon se précipita français à cette institntion et les! élèves canadiens français s’y! rendront pour apprendre cul glais.” | pas terminer sans dire quelques d'apprendre l'anglais. ne vient-il pas de donner aux évêques irlando américains fran- cophobes des Etats-Unis! Et c’est aussi une leçoa. Loin de proscrire les langues étrangères, il invite ses oyailles à les étudier, sachant bien que chemins de fer et de l'électricité qui rapprochent les peuples, qui les mêlent jusqu’à un certain dégré, surtout cette Amérique où se sont dounés rendez-vous tous les représentants des vieilles races d'Europe, il faut au moins être bilingue pour posséder les élements qui font le succes dans l’âpre lutte pour la vie. Dans tous les pays du monde aujourd'hui, même chez ies na- tions les plus homogènes, les hautes classes parlent et écri- vent en général plusieurs lan- gues. Nos compatriotes des Etats- Unis qui s'efforcent d'oublier sur lui. C'était un homme tout |l‘idiome ancestral, ea ne parlant petit. Dans tous les cas, mon que l'anglais, font évidemment père le saisit une main sur le\uyne monumentale bêtise qu'ils chigucn du cou, une autre plus) regretteront un jour ou l‘autre, bas, et vlan à travers la croi-quand il sera trop tard.—La sée ! Presse de Holyoke. “L'autre, encore les yeux tout - plein d’eau, s'avance sur lui les deux poings en arrêt. Celui-là. tomba comme un plomb du coup de poing qu'il reçut. Sa tête porta la première sur Île « parquet. | © Querison simple sure et rapide des « ÿl nel À CRAMPES. de la DIARRHÉE, de À Mon père, craignant qu'ilne) QC TOUX, du RHUME, du, RHUMATISME, de la NEVRALGIE. Boutellies de 25 et de 50 ots, Défiez-vous des contrefacons. l’article xeritable, celui de Ÿ Qui vaut a lui seul une boite de remedes, fat mort, le ramassa ; puis, a-| près l’avoir ranimé avec fé | qui restait dans l’autre, l’aida à! sortir de la maison et l’escorta jusqu’à la voiture que le petit! tenait toute prête ; les dents Inil claquaient dans la bouche. | Horrible Naufrage ‘“_ Bonjour, lui ait il. Si vous bavez chez vous dans les! dans le Goite mêmes vaisseaux que les che-! vaux, vous faurezZ, mes gars, que les Canadiens sont baptisés, Une goelette et qu'ils boivent à part. —— inconnue périt Quel exemple Mgr Bruchési, de nos jours, en ce siècle des! put ariiver auprès des naufra- corps et bien à quelques ar- En nous racontant cela, le! pents d'un navire im- bon père Lefebvre rinit, de son, grand rire franc, où il meltait | toute son âme. Et nous qui, pour ia piupart| avions assisté à des scènes autrement brutales, Les matelots épulsés tombeat nôtres hélas, n'avaient pas tou- | jours le dessus, nous tronvions | puissant à lui porter se: COuTS, bien | où les uu à un dans la mer | | héroïque ce vieillard qui faisait | | (De la Presse) | aline] respecter sa maison des! cd Anglais. Dans notre enthousi-| | Asme, nous lui aurions 4levé des | à sf : statues.— Pascal Poirier —Bio- | api de ne al dr + SR | gtlaic de Pine Le pe tante entrevue avec le capita ne | Airgens, du steamer “Krimn,” larrivé ce matin de Sydu:y, Cap breton, avec une cargaison de | charbon. Voici le récit | Airgens lui-même. | Eu EC Mgr Bruchési, archevêque de| ‘Je suis parti de Sydney, le Moutrédl. s'est vévêlé el qu'il | huit du courant. Samedi der- ? | . mA . . « est, un homme jusie, généreux nier, le 15 octobre, IF PRE bon, libéral et progressiste : | quelques milles de la côte Sud, ? | . dans un discours qu'il a pro-| "2 Peu en bas de Matane. A six | , | ds il otls uoncé lors de ia pose de la! heures du matin, il s'éleva une pierre angulaire d'une haute | tempéte qui alla en augmentant école catholique irlandaïse s’éle. JUSqne VÉTS midi. vant à l'angle des rues Lagau-| Laser. était très grosse. ‘A chetière et Saint Cenevière, à|"ne courte distance en avant de : ) | . - . e Montréal. mon vaisseau, Je vis une goélet- | [ai Le si LL Parlant en anglais, Mgr Bru- te la voilure en lambeaux, qui chési. entre autres choses, a dit |luttait A AIR contre. l'erage. qu'en sa qualité de premier pas: | Elle piqua de l'avant dans les teur de l'Eglise, ilétait le père|ots int renversée sur le côté, de tous ies citoyens catholiques | se redressa à demi, puis dispa- à quelque race qu'ils apparte- TU partialement au milieu des naient, qu'ils aimait à voir les! eu dont la plupart s'éle- Anglais demeurer Anglais, les! valent à plus de cinquante irlandais et les Canadiens fran-| Pieds dans l'air. Durant ce cais conserver leurs caractères t2MPS, je fis mettre une cha. distivctifs. 11 ajouta : “L'étude | loupe de sauvetage à l'eau et des deux langues est aujourd'-|°114 de mes meilleurs matelots hui devenne nécessaire. Les|essayèrent de s'approcher du Québec, 18—Votre correspon-| MGR BRUCHES) ET LA QUESTION DE LANGUE du capitaine à peine le temps de s'cloigner de mon vaisseau que leur embarcation chavira et tous les cinq farent Puis Monseigneur ne voulut | lancés à la mer. Mon vaissean était alors à mots en français. La quintes-|cen‘ brasses de la goélette en sence de ses dernières remar-! détresse Je pourais voir faci- ques est que les Canadiens-; français se destinant aux affai-| dans la mâture faisant des si. res ne doivent pas négliger|gnes de désespérés et criaut des lement trois hommes grimpés paroles que je nai pu com- prendre, à cause du vent. Je ne pus soutenir la vue de ces trois malheureux dont l’agonie fai- sait mal à voir. J’ordonnai qu’n mette la seconde chaloupe de sauvetage à Ja meret cinq braves matelots, au risque de leur propre vie, se mirent aux rames. Avant que la chaloupe gs, je vis les trois malheureux tomber, tour à tour, de la mâtu- re dans la mer, et pour ne plus reparaitre. Lorsque le dernier tomba, notre chaloupe pouvait être à une douzaine de verges de lui. À ce moment, la tempê- te était devenue plus impé- tueuse que jamais . La chaloupe de sauvetage fut brisée contre: la mâture du vaisseau naufragé et, pour la deuxième fois, nous | eùumes beancoup de travail à faire pour sauver mes cinq bra- ves mate:ots qui s'étaient jetés à la nage. Après avoir opéré le sauveta. ge de mes cinq matelots je ne pus m'ariêter plus longtemps sur les lieux du sinistre, la mer étant trop grosse pour permet- tre à mon vaisseau d'arrêter sa marche sans danger d’être jeter à la côte. Dix :inutes plus tard tout ce qui restait de la goélet- te avait dispa”u sous les flots. 1l ne puis dire si plus de trois personnes out péri dans ce nau- frage. Votre correspondant a essayé d'obteuir de nouveaux renseigne ments sur Ce trist: sinistre, en téléphonant à Matane- Jusqu'à présent on n’a pu découvrir le nom de la goélette perdue. à The most fascinating inven- tion oftheage. Always ready chestras, vocalists or instru- mental soloists. Ù nothing like it for an even- ing’s entertainment at home or in thesocial gath- ering. You can sing or talk to it and it will reproduce immediately and as often as desired, your song or words. Other so-calleà talkin only records of cut and dried subjects, specially prepared in a laboratory ; but the Graphophone is not limited to such performances. On the Grapho- phone you can easily makeandinstantly reproduce records of the voice, or any sound. Thus it con- stantly awakens new interestand its charm is ever, resh. 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