l3 d'écrire notre histoire. Notre histoire il l'a moulée et pétrie selon son inspiration. Tous les Acadiens, tous les gens de l'Ile sont devenus ses frères et ses soeurs. La bonne nouvelle que le vénérable professeur prêchait, c'était l'éducation de nos jeunes Acadiens. Pour réaliser son rêve, J.—Henri Blanchard quêtait inlassablement. Il quêtait â l'étranger, il quêtait chez— nous. Par les routes du Québec, du Nouveau—Brunswick, hippy à son tour, il réclamait dans les collèges et universités des bourses d'études pour nos jeunes. Partout où il allait il se faisait accueillir ä bras et ä bourse ouverts. Toutes les villes du Québec, petites et grandes l'ont conny et l'ont respecté. Cet Acadien convaincu, sincère et à la verve facile savait toucher les coeurs et délier les bourses. Ici dans l'Ile, il lui fallait visi— ter les paroisses, faire des assemblées de parents pour convaincre nos gens de la nécessité de faire instruire les jeunes au—delâ de la petite école du milieu. Qui peut évaluer son travail? Suffit de dire que nos chefs de file d'aujourd'hui sont son oeuvre. Parce qu'il a vécu, parce qu'il a oeuvré pour notre cause, nous sommes ce que nous sommes. ÂZZ oomuumæ44,aéa}%ammçazä alînnlhnz Tout au cours des années cinquante, nous avions â tous les ans, dans nos écoles acadiennes "les concours de fran— çais". Ces examens étaient préparés, administrés et cor— rigés par la St—Thomas d'Aquin, c'est-ä—dire par le grand examinateur lui—même, J.—Henri Blanchard. Chaque année, nous étions mandés chez le professeur, rue Upper Prince, pour aider â la correction des examens. Albert à Pacifique et moi, nous nous faisions un devoir d'y aller. On ne disait pas "non" au bon professeur qui avait tant fait pour nous autres. Le travail se faisait autour d'une vaste table dans la bibliothèque qui devait contenir des milliers de livres, de fiches historiques, de journaux et revues. Besoin n'est pas de dire que nous nous amusions tout en travaillant. Le plus grand problème était celui d'empêcher le bon profes— seur de rire et de parler. Dieu sait qu'il aimait parler et il avait vraiment le sens de l'humour. “Ë Si je me rappelle bien, les examens se basaient sur un programme d'études déterminé: grammaire française, un peu d'histoire acadienne et composition française. Il faut retenir que les élèves qui se présentaient aux concours étaient généralement bien préparés. C'était surtout un