a L. L'Aventurier Malgre Lai |pour lui écraser la figure. (Suite de la rre. page) ne pas nous laisser dans l’embar- ras. —Nous n'aurons pas le temps. Tenez, voici mon neveu qui va mettre les pieds dans le plat. Il descend de voiture, voyez de quel air ; avant cinq minutes, les choses se seront, gâtées sans remède. ..”’ En effet, Claude, toujours sa ca- rabine à la main, avait sauté à ter- re. Ah !Michon n'était plus le geigneur à jet continu, pestant con- tre les voyages, contre l'Amérique, contre tout enfin. Le front haut, l'œil ardent, la demarche superbe, l'air vaillant comme pas un, il alla droit à Jupiter, et, lui mettant la main au collet, il lui dit : ‘Venez avec moi, canaille, vo- leur, misérable, qui non seulement nous avez trompés, mais à qui nous devons une perte de temps irrépara- ble ; venez ou je me fais justice moi-même !”’ Et très rudement, avec une force dont le nègre ne se doutait pas, car ce dernier le considérait comme un pauvre homme mou, pleurard, in- capable d’un acte de vigueur, Clau- de tira. Jupiter et l’entraîna vers la voiture, où il voulait le faire mon- ter. Maïs le premier moment de sur- prise passé, le bandit essyaya de se faire lâcher, avec d'autant moins de ménagements dans sa résistar- ce qu’il se sentait en compagnie de gaillards capables de tout, Il se débattit donc, donnant des coups de coude et des bourrades à Michon. Celui-ci, cependant, ne lâchat pas prise. Sa carabine en imposait d'autre part à Jupiter. On ne saurait dire comment les choses auraient tourné si Hélégas n'avait crié, en s'adressant à un troupeau de malancirins que l’aven- ture venait (d'attirer. ‘C'est ce gredin qui nous a tra- his !etil montrait Boubou d’un geste menaçant ; nous allons régler ça tout de suite avec lui.”” Un ou deux les ivrognes voulu- rent savoir en quoi consistait la trahison de Boubou ; mais la grande majorité de ces brutes n’en deman- dait pas tant. Des cris de mort se f- rent entendre, un grand diable de mu lâtre à qui Hélégas, en deux mots, fit savoir qu'il y aurait gros à déva- liser, Claude s’élança vers l’enfant. faillit s’abattre à son tour, B.u- bou allait être tué sans rémission par la bête féroce qui, le pied en l'air, faisait son effort pour lui bri- ser le crâne sous son talon, quand un coup de feu retentit. Le mulâ- tre ; atteint en pleine poitrine, chancela, tendit des bras désespé- réset, finalement, s’écroula sur l'enfant, qu’il couvrit de son corps inanimé. “Bravo ! ma tante ! s’écria Mi- chon. Quelle gaillarde vous fai- tes ! ”? C'était en effet Annah Billen- brock qui, voyant le péril affreux couru par Boubou, venait d’abattre le géant d’un coup de son rifle. Mais l’oncle Martin ne se mon- trait pas si enthousiasmé. Sa figu- re, déjà inquiète, se rembrunit da- vantage. ‘““Dieu veuille, ma chère amie, dit-il, que vous n’ayez pas été trop ardente! Quoi qu'il en soit, il n’y a plus à hésiter devant le fait ac- sompli. Chargeons cette collection de drôles, et chargeons avec fu- reur, ou nous sommes perdus. Ici, Claude j'’ ajouta-t-il en s'adressant à son neveu. Heuresement, la chute du mulé- tre jetait le désordre dans la bande des nègres. Comme cela ne mau- que jamais, en pareil cas, douze ou quinze assaillants avaient la faibles- se de tenir à leur peau. Ceux-là dessinèrent un mouvement de re- traite, ce qui permit à Michon dese rapprocher du vieillard et de sa femme. ‘“Bien ! dit Annah Billenbrock, quand elle le vit à son côtè. En a- vant et ferme !”’ Claude n’avait pas besoin d'être encouragé. En ce moment, il é- tait de la pâte dont on fait les hé- ros. Cinq cents nègres de plus ne l'auraient pas fait reculer d’un cen- timètre. “Et surtout, lui dit Martin en ne vous le dise. —Ne craignez rien. dégager Boubou. lança. quels on avait eu affaire, ilen res- tait à peine sept ou huit qui fissent bonne contenance. Et encore, lors- que ceux-ci virent les trois carabi- ues braquées sur eux, ils pensèrent Celui-ci recula, tout en gardant une valeureuse contenance, mais s’é- loigna malgré lui de son maître. Ii n’en fallut pas davantage pour que cette tourbe crût la partie ga: gnée. Le danger que courait le boy devint en une seconde extré- mement redoutable. L'’oncle Ma1r- tin et sa brave moitié n'hésitèrent qas. Laissant leur voiture, ils cou- rurent au secours de Boubou et ,de Michon, Jupiter, entre temps, par- venait à se faire lâcher et hurlait comme un possédé, criant au guet- apens : “A l’assassi” ! l'assassin ! à vociféraient douze ou quinze des misérables, qui comptaient sur 1: dépouilles de Claude. —Arrêtez, tas de canaïilles !? commanda l'oncle Arsène dès qu’il fut à portée de la voix, tandis que miss Billenbrock, ayant tiré son ri- fle de l'étui, se mettait en mesure de s’en servir... Mais les infâmes drôles étaient trop nombreux pour se laisser inti- mider par un vieillard et par une femme. Jupiter, complètement dégagé semait parmi les nègres, dont il é- tait pour ainsi dire le chef, 14 nou- velle que Martin avait sur lui cin- quante mille dollars au moins, aus- si fut-ce avec une avide fureur que, dans ce coin perdu d’un faubourg mal famé, les coquins ivres se dis- posèrent à assommer non seule- ment Boubou, mais l'oncle, la tante et le neveu. Le grand et herculéen mulâtre s’acharnait après le boy. Maïgré n agilité, ce dernier ne pouvait pas se soustraire lon::temps au sort qui l’attendait, Peur comble de mal- heur, en voulant éviter un coup que le baudit lui porta d’uve trique énorme, l'enfant tomba. C’en é.. tait fait de lui, car le hideux métis, à se défiler, cherchant de l'œil der- rière quel rempart fortuit ils pour- raient se garer. Le désordre qui s’ensuivit permit aux trois défen seurs du boy de l'aider à se relever. L/émotion faisait bien trembler un peu le pauvre Boubou, mais il n'en sauta pas moins sur ses pieds en poussant un cri de joie. ‘Tiens ! lui dit Claude, voici un revolver. Nous sommes quatre à présent, vengeons Sophie !”’ Et il épaula de nouveau son re- mington. “Un instant, un instant, fit Arsè- ne Martin, avec le plus grand cal- me, ne nous emportons point, mon neveu. Les fuyards, qui se sont dispersés dans tous les sens, vont revenir avec du renfort, ne nous mettons pas sur les bras toute la population de ce quartier. —Mon mari a raison, appuya la jeune femme, il faut manœuvrer de façon à regagner nos voitures et à rentrer au cœur de la ville, Une fois là, tout ira bien. —Quoi ! nous n’'allons pas en tuer quatre ou cinq encore, y com- pris Jupiter, Hélégas et Thucydide? —Réfrénez votre vaillance, inter- rompit Martin. Vous voilà trop bouillant à cette heure. Couchez tout ce monde en joue. mais ne ti- rez pas. Nous nous rapprocherons des voitures et nous sauterons de- dans avant d’être assommés. C’est tout ce que nous pouvons espérer.’ Cette stratégie, la sagesse même, allait parfaitement réussir quand le cocher de Michon. homme de cou- leur lui-même, fouetta ses chevaux et partit à fond de train, comme s’il u’était pas maitre de les contenir. ‘Il nous reste notre car, dit An- nah Billsmbrock. Faites face aux bandits. Moi, je me charge de veiller à ce que notre cocher ne #aus daigner se baisser, leva le pied | uous joue pas le même tour. | Michon bondit, décidé à périr ou | dont l’automédon, un blanc, n’avait à sauver son loyal serviteur. Mais d’ailleurs pas la moindre intenti:n Hélégas le poussa si rudement qu’il|de prendre la fuite. français, ne tirez pas avant qu’on Mais il faut —Parbleu !”” fit l'oncle, qui s’é- Des quinze ou vingt nègres aux- L'IMPARTIAL, JEUDI, LE 27 AOÛT 1908. Et eile se dirigea vers le véhicule, Malheureusement, l’oncle ne s’£- tait pas trompé dans ses prévisions. Des hurlements de bêtes fauves re- tentissaient précisément du côté par lequel on pouvait rentrer en ville, On voyait accourir des ma- landrins isolés d'abord, puis par groupes de trois ou de quatre. Des ruelles adjacentes sortait une foule surexcitée, féroce. “Ca se gâte! ça se gâte l”’ gronda Martin, qui reculait tou- jours, ainsi que Claude et Boubou, vers la voiture : où la présidente de la Ligue pour le développement de la force physique chez la femme les attendait impatiemment. La racaille se rapprochait avec une étonnante rapidité, lançant | déjà des pierres et tirant des coups de feu. Mais elle était encore hors de portée, par bonheur. De leur côté, Jupiter et ses di- gnes acolytes avaient repris cou-, rage, et marchaient audacieuse- ment vers nos amis, sentant bien que ceux-ci ne tireraient qu'à la dernière extrémité. ‘Nous voici pris entre deux feux ! dit Annah Billenbrock. Tout dépend maintenant de la ré- solution de notre cocher. —Mais nous ne pouvons pas ren- trer en ville, repartit ce dernier. Iis vont être bientôt plus de cent de ce côté-là. —Eh bien ! pagne. —Alors, montez vite, montez... —Vous d’abord, ma tante, dit Michon. Bon ! Toi, Boubou.’’ Le boy sauta comme un singe sur le siège, à côté du cocher. filez sur la cam- SOME SPECIAL There is no argument half so convincing as the evidence of your own eyes. £ou to inspect our stock of Winter Dry Goods. 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I. HOLMAN ‘A vous, mon oncle,” reprit Claude, qui visait toujours Jupiter. Martiu à son tour monta dans le fiacre, et pendant que son neveu en faisait autant, le mari, la femme et Boubou braquaient les canons de leurs armes sur les nègres, qui criaient comme des enragés : ‘A mort ! à mort ! Lynchons- les, ‘‘Lynch-law !’’ Ils ont tué le grand Bob ! Ils ont tué le g and Bob ! —En route, cocher ! clama Mi- chon, qui, comme les autres, se te- rabine à l'épaule, et passez-moi sur le ventre à cette vermine. N'ayez pas peur d'en écraser deux ou trois.’ Malgré la gravité de la situation, l’oncle Martin ne jut s'empêcher de sourire en constatant l’invraisem- blable audace de sa poule mouillée. Le cocher lança ses chevaux à toute bride ; aussi, quand il arriva sur les gens ameutés par Jupiter, qui seuls lui barraient la route du côté de la campagne, les nègres, o- bligés de surveiller les canons de rifle qui les menaçaient, et peu soucieux de se herrter à des bêtes nait debout dans la voiture, la ca-| |. LE DESaSTRE DE LA JAMAIQUE Les plante 1r5 dont les terre, où! été ravagées par l'ouragan commen ce à reprendre espérance’ On nettoie les plantations de bananiers, et on | pourra sauver une grande quantit: de provisio..s. Des milliers de pay sans sont encore sans abri, msi: le gouvernement prend des mesures d secours. me rl La Russie et la Mandchourie Î | Des avis de Moscou, en date du 10 août, annoncent que la Russie pousse l'envoi de troupes en Ex- |trême-Orient. Tous les jours dix trains de troupes traver ent le ter ritoire transkaikai. On croit que | 100,000 hommes seront sous peu réunis sur ce point et qu'ils se tien- dront prêts à se diriger vers la côte par le chemin de fer mandchou- rien. Vin des Carmes Vin par excellence pour répar: les forces perdues et | courant à fond de train, se rangè- rent sur le bord de la route, rem- plaçant l’action par des vociféra- tions sauvages. Un seul, plus hardl que les au- tres, osa s'élancer à la tête des che- vaux. Un coup de fouet sur la f- gure lui fit involontairement fermer les yeux, et renversé, piétiné, il resta sur la route, non pas mort, mais hors d’état de nuire pour le moment. De nouvelles clameurs effroya- bles retentirent. La foule venant de la ville avait rejoint les hommes de Jupiter, et continuait à lancer des pierres, dont quelques-unes, en- voyées par des bras puissants, tom- baient autour des fugitifs, sans les blesser encore, fort heureusemeut. Parmi les plus enragés, il s’en trouvait qui couraient comme des daims et qui ne renonçaient pas à l’espoir de rattraper les chevaux. Mais ils étaient en si petit nom- bre que, même en réussissant, ils ne pouvaient être redoutables. Malheureusement, deux ou trois montèrent à cheval pour galoper après Martin et les siens. Cependant, nos amis avaient une bonne avance, et si c£s cavaliers plus ou moins téméraires parve- naient à les rejoindre, eh bien ! on u’hésiterait pas à faire feu. ( À Suivre) Abonnez-vous a FORTIFIER TOUS LES FAIBLES. Bon pour tous les âges ct 1e, | | + Une montre en or solide pour (al Monsieur ou pour Dame coûte de $25 à 950. Ne depensez pas votrear- . gent inutilement. Si vous désirez une Montre qui pour tenir le temps sera égale à n'importe quelle Montre en ©r Solide, envoyez-nous votre nom et votre immédiate- ment et convenez de vendre 10 boîtes, seulement, de nos fameuses Pilules Végétzies de Nouvelle Vie à 25e, la boîte. 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