eût ET Ur LA CIE. DE PUB. DE L'IMPARTIAL, PROPRIETAIRE. G., BUOTE, RÉDACTEUR. F. J. BUOTE, GÉRANT y à: 1 ! Cr é Div: 54 ra _ 10 ANNEE. VOL. 2. NO. 45 TIGNISH, ILE du PRINCE EDOUARD, JEUDI LE II DECEMBRE 1902. à Tuons les Chiens —Ah ! vous venez m'avertir de surveiller ton chien ! Oui-dà ! Eh bien fichez-moi la paix, et lorsque vous aurez $té mordu, allez vous plaindre à qui vous voudrez !.., L Et v'lan ! la porte nous retomba Mr le nez ! J'étais furieux. Il y avait de quoi. L'entrefilet du Nouvelliste dansait devant mes yeux en carac- tères gros comme le bras. —Tuons les chiens, m’écriai-je, —Que vas-tu faire ? hasarda mon ami. —Je m’insurge, je me révolte, je cours à la cour demander justice à la justice—je veux plaider ! —Plaidons, plaidons, appuya mon ami, riant de mes phrases échevé- plus gracieux sourire. A aa bête noire. lées et de mon air ahuri. —Plaidons ! Nous disions cela À peu près com-|SOoutenir mon courage, c'était le me on déclame au théâtre, “S'il faut mourir, mourons en braves !”’ Nous allâmes consulter l'avocat | Tout ce monde voulait être appelé Pambrin, un madré qui, d’abord, s’amusa beaucoup de notre projet, et finit par dire : — Allez voir le grefñer de la Paix, contez-lui votre affaire, puis venez me faire savoir ce qu'il aura décidé. = Le greffier nous traita avec une -rdialité que je pris pour de l’in- têret. Je ne voyais pas pourquoi l'univers entier ne ferait pas cause commune avec moi. —]J'arrangerai cela, me dit-il a- micalement, la figure ornée de son M. Moss, aîné, recevra cet après-midi un pe- tit billet, Ces deux derniers mots furent soulignés par uu salut qui termina l'audience. —Vous y êtes |! exclama Pam- brin, après avoir écouté mon rap- port. Vous vouliez plaider, eh bien, vous y êtes ! —Pardon, lui dis-je, il me sem- ble qu’au contraire M. le greffier s'arrange pour faire marcher cela à la douce. Il compte bien pacifier les Moss. —Les pacifier !...et avec une ‘“notification’’ encore. Ah ! vous les comiaissez pas ; le greffier ne les connaît pas non plus. Vous vouliez plaider, eh bien, vous plai- derez—nous allons rire ! —Qu'ai-je à faire maintenant ? —Restez tranquille jusqu'à ce que l’on vous dérange. M. le consultaient avec ardeur, et allaient de tous côtés dans les bureaux du greffe de la Paix, par-\ment que, sous ses yeux, Turc, le lant aux employés, comme des gé-] même chien qui était là, avait ar- tant soit peu énervé. et sûr de lui-même, lais plaider...... —Je vois qu’il faudra recourir à ce moyen, en effet, mais vous vous gens-là, Au contraire ! Mainte- nant, je vais recevoir votre déposi- tion en justice, parlez. —Tuons les chiens ! —Fort bien, mais procédons avec régularité. La déposition formulée, signée et paraphée, je me rendis chez mon avocat. Celui-ci ne riait plus : il m'écouta, me fit des questions, puis hochant la tête d’un air capable il conclut en disant : — N'ayez pas peur, ça va mar- cher ! Vous devinez que je le revis sou- vent des fois dans les trente-six jours qui s’écoulèrent jusqu’au pro- cès et que nous nous préparÂmes À livrer un combat héroïque devant le banc des magistrats. Ce qui contribuait beaucoup à nombre étonnant de personnes qui avaient été mordues, ou qui avaient failli l'être par ce terrible Turc. à servir de témoins à charge. Je fis lancer quarante-quatre subpœna. Enfin, l’aurore du grand jour pa- rut à l'horizon. Je me rendis au palais l’un des premiers, Notre affaire était connue : tous les flâ- neurs s’y étaient donné rendez-vous. Les deux ainés des Moss y é- taient déjà et avaient l'air affairé au possible. Ils tenaient chacun une liasse de papiers à la main, la me re- gardaient avec des yeux farouches, yeux était incalculable. mes courses dans le verger de cette intéressante famille dénotaient une canton. —Mais le chien ! interrompit mon avocat, le chien a-t-il donc hé- rité des griefs de votre race, que vous nous racontiez ces misères à propos de Turc que je vois 1à de- vant vos pieds ? Nic. eut en ce moment une ins- piration redoutable pour ma cause. Il se pencha, empoigna Turc par le chignon du cou et le présenta à l’audience au bout du bras. J'avais lu /es Plaideurs, de Racine, et la scène des petits chiens était |. encore toute fraîche à ma mémoire. Je vis bien aussi que nombre de gens se la rappelaient, car l’hilarité se répandit incontinent parmi les spectateurs. —Calmez-vous, Monsieur, dit l’an des magistrats, la cour vous donnera le temps de vous expliquer. —Je veux beaucoup, riposta Nic, très-agité, prouver à vous que le chien-n’est pas malicieux... —Tout à l'heure, Monsieur. Faisons d’abord comparaître les témoins. Nicodème Tatouche, interpellé par le greffier, se présenta. Il jura des deux mains que Turc était un monstre qui répandait la désolation dans la ville, et que la paix publi- que exigeait des mesures de rigueur. Là-dessus, Nic. empoigna de nou- veau les poils de Turo, mais son frère Pat. s’interposa et demanda la parole. Le tribunal le pria de patienter. Joseph Malou déposa solennelle- néraux quise préparent à livrer une grände bataille. J'en étais Mon avocat, toujours moqueur se tordait la moustache et répétait en levant tantôt une épaule, tantôt l’autre : ‘es blagueurs ! espèce de timbrés! à quoi cela peut-il leur servir ? etc.’ Ces commentaires charitables de mon défenseur attiré ne laissaient pas que de m'’inspirer une certaine quiétude. Le greffier donna lecture de ma déposition. Il ; eut d'autres for- malités, dont le souvenir ne me re-| vient pas en ce moment, puis les défendeurs furent appelés à s’ex- pliquer. Le premier qui se leva fut Nico- las Moss. Mon avocat le fit asseoir aussitôt, | raché deux cerceaux de la crino- line d’une ménagère qui se rendait au marché... Nic. lança un oh ! qui fit bondir les juges sur leurs tabourets, puis il réempoigna le collier de Turc... mais sur nn geste impérieux du greffier et au cri de Silence ! de l'huissier de la cour, il lâcha tout et retomba sur son siège. Barnabé Baribeau vint ensuite déclarer que la partie la plus né- cessaire de son pantalon était res- tée un jour, en plein midi, entre les dents de cet animal enragé. — Pas vrai ! exclama Pat. — Vous mentir ! hurla Nio. —<Silence, Messieurs ! entonna le crieur. -—Ah ça, dit mon avocat en go- guenardant, lequel des trois est le | HaAxD TUBULAR. applicatiou, or bowl complications whatever. mt LL De plus, [ Low-down Supply Can: FACTORY TUBULAR. P. M. SHARPLES, Dairy Cream Separator, The closest skimming'and easiest turning Separator in existence. Hand, Belt Power and Steam Turbine. 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Bernard FABRIQUÉS PAR LA MAISON | vière, permet de voir, en plein, le cela ne serait rien ! sous prétexte que la personne nom-| Silence, Messieurs !.. ‘160. . |spectacie grandiose du ZOAX à Et il riait plus fort. mée dans le corps de l'accusation] Un autre témoin est interrogé. | Tignish ns. PROP A. TOUSSAINT & Cie chaque marée. L'avocat avait raison, il n’y eut plus rien...durant onze jours, mais au bout de onze jours, il y eut quelque chose qui remit le feu aux poudres. C'était en hiver, au mois de fé- vrier. Unvoile blanc couvrait la terre, comme disent les poëtes. Je cheminais tranquillement le long du jardin de mes persécuteurs lors- que je reçus une raffale de pelletées de neige en pleine figure. Les cinq ou six enfants Moss, garçons et filles, m’avaient tendu cette em- buscade, et pour couronner ma dé- faite ils me lâchèrent sur les talons le hideux Turc, mon cauchemar, Je faillis étou#er He colère, de neige et d’épouvante. Une demie heure après, j'étais chez le grefher. —Vous les avez joliment paci- fiés ! Me voilà accablé par toute la famille. C'est une vendetta. sf» culotte. était l’ainé des deux Moss présents, désigné sous le petit nom de Pa- | trick. | J'ai oublié de dire que mes ad-| versaires sont d’origine irlandaise. Ils parlent notre langue d’une ma- nière parfois assez amusante, ce qui ne contribua pas peu à égayer le procès. Patrick s’approcha du livre sacré, que lui remit le grefñer et obtint la permission de ne s'expliquer que sous serment, ce qu'ileut pu éviter, m'a-t-on dit, en sa qualité de per- sonne incriminée. Mais il voulait nous jeter de la poudre aux yeux. Ce qu’il raconta au tribunal fut la revêlation détaillée et embellie | de toutes les escapades que j'avais | commises dès ma tendre enfance. J'avais, disait-il, semé la terreur | C'est Baptiste Caya, qui n’y va pas par quatre chemins et qui raconte qu'à sa connaissance plus de dix personnes ont été mordues par le chien des Moss. —Je pense, observe tout hat mon avocat, qu’en voilà assez, et que la cour n’a pas le dessein de pousser la preuve jusqu’à la comé- die, car je vois à son allure que M. Pat. est sur le point de s’emporter encore une fois.. —Le chien, il être bon garçon ! rugit Nic., il a mordu pas du mon- de, mais des vaches et des chevals et des filles. ... La colère du cher homme et son langage étaient d'un bouffon a- chevé, aussi tout le monde éclata-t- il de rire, y compris les magistrats. Au bout de quelques minutes de dans mon quartier, dès l’âge de|délibération, la parole fut accordée vous avais pourtant dit que je vou-ftits Moss à qui j'avais poché le nn, [six mois, avant de porter ma pre-|à Nic., qui décidément se consti- Le nombre de pe- tuait l'avocat de la défense, (suite à la 8me page) NEW GOODS ZX — Our Auction sale is now closed, and we would kindly thank the public for their liberal patronage. We are now opening a lot of new goods Watches, Clocks, Sil- verware, Jewellry etc. which are up to date and have the right prices. We are also prepared to give sa- tisfaction in the line of repair work, Give us a call. E. W. TAYLOR AMERON BLOCK, CH'TOWN: Sous le Patronage de MONSEIGNEUR L'ARCHEVÉ- QUE DE QUÉBEC Et la plupart de NOS SEIGNEURS LES ARCHE- VÊQUES et ÉVÈQUES du Canada College St Dunstan (Affilié à l’Université Laval) Cours CLASSIQUES, COMMERCIAUX ET PHILOSOPHIQUES L'ouverture des classes au col- ège St. Dunstan aura lieu le 5 sep- tembre. 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