ER res conter vends ru je 206 de Me ee nr La Maison Grise (Suite de latère. pege) d'une épaisse couch: de confetti de plâtre et de dragées ; etce tapis! multicolore égayait davantage les | rues, qu'éclairait un brillant soleil. | Enfin, le mardi soir, la maison des Tixador avait encore un air de fête ; des fleurs enguirlandaient la marquise ; letemps était si beau qu'on se promettait de danser Sur la galerie. Pierre, sérieux et grave, était cependant aimable avec ses convi- ves et plein d'attentions pour Josée, placée à côté de Ini. Le repas fut relativement gai, grâce à l'enjoue- ment des jeunes gens, à la fatuité de Jean Domenech, et surtout à la grâce de Marguerite. Louise, très aimable avec son voisia, le lieute- nant Bourcier, animait par sa gaieté tout un coin detable. Graciette et Josée étaient plus sérieuses. On fêta dignement carnaval ; le on but aux succès du jeune avocat, au bonheur des fiancés, et, ajouta M. Tixador, au bonheur de tous les jeunes couples. Puis, laissant les gens serieux passer au salon et faire quelques parties de cartes, les camarades de Pierre allèrent daus sa chambie, pendant que les jeunes filles montaient chez Marguerite pour cha-ger de costume. Mme Domenech avait renoncé à son idé première, et discutait avec le Commandant sur les agréments et les inconvénients qu'il y a à de- meurer jeune le plus longtemps possible. Enfin, laissant son inter- locuteur à Dolorès, elle se mit au piano, se dévouant, disait-elle, afin de faire danser se fille. M. Domenech, grand amateur de musique, s'avança près de sa femme : Germain s'approcha de Dolorès et de M. Noé, pendant que M. Tixador s’éloiguait un mo- ment. Quelques instants après, la jeunesse arriva. Chacun avait choisi un costume quile flattait, et ce bariolage de couleurs, ces déguisements étranges qui, presque tous, seyaient admi- rablemsnt, offraient un bien joli coup d'œil. Le lieutenant Bourcier, en mous- quetaire, donnant la main à Louise Domenech, très mignonne dans son costume de pierrette ; M. Llinas, le notaire, était maguifique en sei- gneur Henri II ; ii accompaguait une dogeresse dont les cheveux d'or ressemblaient fort à ceux de Josée. Pierre s’avançait avec la cape de toréador ; sur son bras s’ap- puyait une élégante du Directoire, à la longue tunique blanche, la couleur aimée de Marguerite, la taille sous les bras, les cheveux noirs relevés à la grecque et retenus par des rubans dorés. Enfin, ve- nait l’invraisemblable Jean Dome- nech, encore grandi par une lon- gae robe d’astrologue et un bonnet pointu, avec Graciette, dont les cheveux châitains disparaissaient sous une coifie catalane, laissant à peine voir deux bandeaux lisses que l’eau avait bruuis en les mouil- lant pour les assouplir. Sa jupe, rayée de rouge, ne descendait qu'à la cheville, découvrant des espa- drilles aux cordons rouges noués sur des bas blancs : un petit fichu chastement croisé s’ouvrait sur son cou, autour duquel s’enroulait une mince chaîne d’or à laquelle était suspendue une médaille. Dans l’ombre de la galerie, ses yeux pa- raissaient noirs ; on l'eût prise pour uue véritable Catalane, Mme Domen::h jouait avec en- train. On organisa des qua irilles. Dolorès vint remplacer l’aimable dame. sans doute, pour nermettre au Commandant de la tou:menter un peu. —Voyez-vous, chère Madame, lui dit-il, si je n'avais pas Judith, je vous demanderais la faveur de m’accorder une valse, mais Judith n'est pas commode. Elle ne me permet pas de faire le jeune homme. J'en suis désolé, et c’est une pitié de vous voir faire tapisse- rie quand vous mourez d'envie de danser. Tenez, voici mon ami Ti- xador : il va me remplacer avanta- geusement. Mme Domenech dédaignait de répondre, et Louis Tixador ren- Les dauseurs s'é- I trait, en effet. Tu à ee Nr: : Ta M" 7 “ RAT, PS 4 Fr L'IMPARTIAL JEUDI. LE 14 JUILLET, } taient arrêtés un moment et se pro- le bord inférieur, une plume s’ac- menaient sur la galerie, qui, mal-! gré l'illumination intérieure, res- tait plongée dans une demi-obscuri- té. Les jeunes gens causaient. Graciette ayant ininifesté le dé- sir de s’asseoir, le lieutenant Bour- cier, qui se trouvait près d'elle, la ramena dans le salon. Au même moment, Louis venait par la porte opposée. Il la regarda un mo- ment, pâle, les yeux hagards, puis tendant les bras en avant, comme | pour repousser un spectre : _—Elle dit-il, elle !... jl serait tombé si Dolorès et le Commandant ne l’eussent soutenu. Le docteur s’approcha en toute hâte, mais Louis se remettait, »’ex- cusait de troubler ainsi cette petite fête. Il ne pouvait se rendre crocha dans l'angle. Josée tira. La porte sans serrure tourna fé ses gonds invisibles et découvrit un passage obscur par lequel arrivait une bouffée d'air froid. D'abord saisie, Josée recula ; son hésitation fut de courte durée. Prenant résolument sa lampe, elle dans le même style que le s2lon précédent. Peu €e meubles, mais tous iiches et confortables : deux fauteuils, un secrétaire. une ar- moire. | Au milieu de Ja chambre, une | grande tab.e sur laquelle étaient | une lampe et des papiers épars, et, | devant ja table, un haut fauteuil, s'engagea daus le couloir où plutôt Je palier qui avait à peine quelques mètres carrés. Un escalier très étroit y aboutis- sait. Ce qui la frappa d'abord, ce fut, à quelques pas d'elle, une autre porte entr'ouverte. Eile s’approcha et recounut la chambre de son père. Tremblant d'être dé- dans lequel, sans doute, devait s'asseoir. | Ji y mena Josée, qui se laissa faire sans résistan:e. L'air qu’on irespirait dans cette chambre était glacial. La lampe, vacillante, en- | voyait sur les tentures des reflets [tres Les murs humides pa- | raissaient suint:r la mort. Cermain | i Ù | A à . « couverte, elle jeta un regard daus! Josée grelottait, mais son père ne .. ° ” 2 L £ . : sis À L . . , l'intérieur :Germain n’y était pas. voyait pas sa physionomie décom- i , , le s £ 2 » Revenue sur le palier, ele l’exmi-|poséer Il ne pouvait que répéter : compte lui-même du mouvement | na. de frayeur auquel il avait cédé. Rien que de la poussière sur les Il eut beau faire, la soirée perdit | murs nus, des toiles d'araignée et, de son entrain. Les invités se re-|cette odeur particulière de moisi ct tirèrent peu à peu et il put monter | de renfermé qu’exhalent les lieux | dans sa chambre, où on l’eût en-|inhabités. Elle avança jusqu'à tendu dire à sa femme, quelques |l'escalier. À ce moment, un cri de instants après : chouette traversa l'espace. Josée “Oh ! Dolorès ! Dolorès ! croyez-|frissonna. Si Marie était là, pen- | vous qu’à vingt ans de distance, On |sa-t-elle, elle dirait bien que cela puisse revoir des fantômes ?”? porte malheur. Mais Marie n'é- Et. pendant que Dolorès, trou-|tait pas là... loutelois, la jeune blée, se demandait si Louis deve- fille regarda mach'ua ement dans nait fou, ce dernier, assis auprès |]a chamb e ; rien n’y (tait changé. de son lit, laissa tomber sa tête | Par ja porte ouverte, juste eu face, | dans ses mains, tandis qu’au de-|ele voyait la commode avec la sta- | hors la tramontane commençait à tue de saint Joseph et les deux faire gémir les branches des acaci- | photographies, Josée enfant et sa as. |mère, dont le regard semblait la! Josée et Germain étaient rentrés | suivre comme s’il voulait l'arrêter. dans la Maison Grise. (Comme, Josée monta doucement une chaque soir, le père avait embrassé | vingtaine de marches et se trouva sa fille, et, comme chaque soir, Jo- devant une petite porte, qui s'ou- ée regagnait sa chambre où, d’ha- vrit sous la poussée. Elle pénétra bitude, elle travaillait un peu avant Gans un salon meublé dans ce style de dormir, pendant que Germaïiï Jourd et riche du premier Empire. allait tout de suite prenére le repos] Les fauteuils, les canapés étaient que demandaient son Âge et son ac- recouverts d'un satin jaune fané, tivité. sur lequel s’étaiait une épaisse | Ce soir-là, Josée ne travailla pas. couche <e poussière. Dans un | Après s'être dépouillée de son cos- coin, une fumewse, dans l’autre, tume de dogaresse, elle revêtit un une table à jeu. long peignoir blanc et dénoua ses pendule, candélabres et brûle-par- cheveux, dont la masse, tordue en fums montraieat leur richesses dé- chignon, la fatiguait. Hlle fit sa modées. Tout avait un air vieillot prière du soir, agenouillée sur le et abandonné qui faisait mal. Une prie-Dieu rose et blanc ; puis, S’as- chaise éventrée laissait passer un seyant sur une chaise basse, elle Leu decrin. Les rideaux offraient, resta immobile et parut réfléchir. | dans le bas, des broderies qui pou Dans la chambre à côte, Ger- | yaient bien être l'oeuvre des rats, main ne remuait plus. Il devait et, sous chaque frange, ua petit tas Toi aussi ! Toi aussi !.. Et un rire sardonique retroussait ses lèvres. Puis, comme s’il prenait une réso- lution subite : (A suivre ) cs Ai NORWAY Heals and Soothes the Lungs and Bronchial Tutes. Cures COUGHS, COLDS, BRONCHITIS, HOARSE- NESS, etc., quicker than any rem. edy known. If you have that irri- tating Cough that keeps you awake at night, a dose of the Syrup will stop it at once. USED FOR EIGHT YEARS. 1 have used DR. WOOD’S NORWAY PINE SYRUP for every cold I have had for the past eight years, with wonder- ful success. 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La mai- sou, secouée par la tramon‘ane, se plaignait aussi ; le vent lugubre tous ces bruits s’apaisaient, se fon- daient en un seul, qui mourait dans un long sanglot, comme si toutes les voix éparses dans la nuit n’en voulaient faire qu’une et pleuraient ensemble sur la jeunesse de Josée. Tout à coup, elle entendit des pas comme elle en avait entendu quelquefois derrière le mur. Elle tendit l'oreille; quelqu'un avait l'air de monter avec précaution ; puis Josée n’entendit plus rien. Un instant aprè:, on marchait au-dessus de sa tête ; doucement, très doucement, mais on marchait‘ Josée se leva et écouta encore. On remuait comme si on déplaçait un meuble, une chaise... puis plus rien. Le vert pleurait toujours. Alors, la jeune fille s’approcha de son armoire, Avec précaution, elle la souleva, la poussa de mani- ére à laisser un grand vide entre le meuble et la porte suystérieuse. Des araignées étaient venues mettre leurs toiles jusque sur le fond du tableau. Elles en avaient recouvert le coin droit. Et celui qui les avait chargées de cacher ce que Josée ne devait point voir, pou- vait se dire qu’elles faisaient con- sciencieusement leur travail. Mais la fiaucée de Pierre était très or- donnée. Même dans ce moment où toute sa volonté tendait à ren- verser l'obstacle qui la gênait, elle s'attarda à épousseter le cadre. Comme elle passait le plumeau sur! s’engouffrait dans le couloir. Et | pas ses rêves et ne troublaient pas ‘elle ressemblait à une apparition fantômale et faisait songer à quel- que prêtresse allant immoler les victimes avant d'allumer le bûcher. Et Josée était bien une prêtresse ; mais c'était elle-même qu’elle allait immoler. Une sueur froide perlait sut son front, Au fond, en face d'elle, lune porte laissait passer sous ses ais mal joints un peu de lumière. | La fiancée de Pierre avança, le |coeur battant. Cette fois, elle au- |rait l'explication de tout. ‘‘Las |bruxas? Las encantades?’” Son père, peut-être ?... lle allait sa-| voir à quel mystérieux travail en se livra.t. C'était bien de là que partaient les bruits étranges qu’elle entendait la nuit, ceux qui venaient effrayer sou réveil quand jis ne hantaient son son meil. Se raidissant contre son émotion, Josée s'avança à pas lents. Tout à coup, sa lampe é- claira un panneau sur lequel se dé- tachait une fraîche physionomie de Catalane. —Oh ! fit-elle, LP Et d’une main elle désignait le Graciette ! ]à ! Rival Herb Tablets | | | | A true family medicine | | They are pleasant to take, effec- Itive and mild in their operation. The most stubborn diseases inva- riably visld to their searching in- fluence. 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La porte s'ouvrit violemment ; Ger- main, car c'était lui, ne put articu- ler que : Toi, Josée !.… Prenant la main de sa fille, trermblante, 11 l'introduisit dans la pièce voisine, Ce qui frappait| , , + } d’abord la vue, c'était un gray lit} > pi TOR RS + à: 2 x " ner D Ve At ce à Lo be de JAMES THOMAS, Summerside, SAYS : : ‘I desire o bear testimony to he great healing powers of Mec- Kinnon's English Ointment. I suffered a gieat deal from Sore Eyes caused by snow-blindness. I was induced to try a box of your Ointment which made a perfect cure of them in a few days. I have also usei your Ointment for other purposes and find it far supe- :5or to auy salve on the market”? 1904, A Pilules Moro Pour les Hommes SJ ALADIES DE COEUR. DE POUMORS TROUBLES NERVEUX FORCE AUX HOMMES VIGOUREUX Four loules /es informations re /8 crrcuderre Prix 50% LaBoire Six Boites Pour $ 2 50 CHEZ VOIRE MARCHAND Où FAR 1A MALLE \ \\ w MPAGNIE. 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