: 4 2! $ As ms L'IMPARTIAL JEUDI LE 9 OCTOBRE, 1902 — tout À coup ses deux apprentis: pouffèrent de rire. —Qu'est-ce qui vous fait rire ? demanda Louchu, vous feriez mieux de coudre. — Patron, dit l’un, c’est que l'on | vous a fait quelque chose dans le dos. À ces mots, sa femme 5e retour- na et aperçut la croix. —Où t'es-tu fourré ! s,écria-t- elle, tu es tout blanc ; mais une croix ! Tu as été au café où, sans doute, quelque fainéant de tes amis s'est moqué de toi; tu n'as cependant pas besoin de oela pour avoir l'air d'un jocrisse. En voilà des histoires pour rien ! dit Louchu. —Pour rien ! mais regarde-toi dans une glace ? Tu es marqué comme un veau que l’on même à l'abattoir. Approche-toi que je te brosse. Inutile, dit vivement Louchu ; je te défends de toucher à mon dos. —Est ce que tu perds la raison ? —Et s’il me plaît d'être marqué ? Moi, je ne le tolérerai pas ; je ne Enlêve ton habit que je te brosse. —Je n’enlèverai rien du tout. —Et moi je te dis que tu l’eniè- veras ! s’écria Mme Louchu qui prit son mari prr uu bras. —Quelle furie ! s’écria Louchu qui, ne voulant pas raconter ce qui s'était passé chez le notaire, en pré- sence de ses apprentis, s'enfuit. Dans la rue, les passants 6e re- tournaient ; l'épicier lui cria : —Monsieur Louchu, entrez donc ! que je vous donne un coup de | brosse, vous avez une grande croix | 4os, s’ dans le dos. —Mêlez-vous de vos habits, ré- pondit arrogamment Louchu qui! continuait son chemin. Une voix douce l'appela : —Monsieur Louchu, Louchu. c'est monsieur | «h —Qu'est-ce qu’il ya encore ? demanda Louchu en se retournant. C'était une dame, femme d’un de | ses meilleurs clients. —Qn vous a tracé une croix dans! qu’il y a donc des le dos, dit-elle ; £ gens méchants ! —Occupez-vous de ce qui vous regarde, madame, dit Louchu, et laissez mon dos tranquille. — Vous n'êtes qu'un malotru monsieur Louchu, riposta la femme, | c je me souviendrai sièreté. de votre gros- Comme il passait devant l’étal! du boucher, le chien de celui-ci se mit à aboyer en le suivant. — Vas-tu te taire, sale | cria le tailleur. Le boucher accourut. —Jci, Turc, dit-il ; mais qu’est- ce que vous avez dans le dos ? } sête ! s é- | —J'ai ce qui me plait d’avoir et | } cela ne regarde personne, répondit ; Louchu. — Nous ne sommes pas encore au | carnaval ; vous vous déguisez trop tôt riposta le boucher. Louchu arriva devant le coliège, les élèves sortaient ; quand ils aper- çurent le dos du tailleur, ils se mi- rent à le huer. — 11 a une croix dit un collégien. —Hi hau, hi han, mius en chœur. —Vous n'y êtes pas. messieurs, dit un élève de rhétorique, mon- sieur est un Croisé ; Palestine. — Non, messieurs, reprit un futur Saint-Cyrien, monsieur revient du service c’est un infirmier, il porte | la croix des ambulances, Louchu pressa le pas pour échap- | per à ses persécuteurs ; il entre au | ‘Café du Commerce’’ où il venait faire sa partie de piquet tous les 1 dimanches. comme les ânes, firent les ga-| Il trouva deux de ses amis et | pas à l'empêcher autant d'énergie s’assit à leur table. Des jeun portes. Louchu voulut la retenir, ma elle était dé:à loin | resté ES Et: ères réfle- | X10r lait être poursuivi pour ps et bie il s'était brouillé ec 1 rneil : Sa femme e k tittet tlsit di {1 retira son brosea fu-| rieusement la croix Le notaire avait raison, se dit il | la plus petite croix est lourde à © porter. Ajoutons que cette nouvelle est | À } 1 | ke | | Le c’est un carme. partie de cartes v ers : il se retourna, furieux, et! 'interpella les jeunes gens. —Avez-vous fini de vous moquer | {de moi, a-t:1), — Nous finirons quand vous ces demand serez d'être ridicule, dit un jeune | , homme. ; —Vous êtes un polisson ! —Et vous un imbécile. Louchu se leva et donna un souf- flet au jeune homme. Les cama- rades du soufflété assaillirent le tailleur, les uns avec des cannes, les autres avec des tabourets. Le cafetier envoya chercher la police et une plainte fut déposée contre le tailleur. Louchu était exaspéré, un de ses amis voulut le calmer. —La cause de tout ceci, lui dit-il, c'est une grande croix qui orne ton dos ; je vais te l’enlever. Jete défends de me toucher ! s'écria Louchu. —À ton aise, répondit son ami : si tu deviens fou, il faut t’enfermer: : | désormais, je ne te parlerai plus. veux pas que mon mari soit ridicule. | Louchu sortit : les gamins criaient : lit ! Quand il rentra chez lui, de fort méchante humeur. Sa femme l’apostropha : — J'en entends de belles sur ton compte, tu es la risée de toute la ville. Si l’on savait, jamais l’on ne (se marierait. — J'en sais queique chose. ce que tu sais ? Louchu se retourna. — Tu as encore cette croix dans le écria sa femme, Ote ton habit. Je ne l’ôterai pas, dit Louchu ; le maître de mon sur son passage, A la chien- il était € > « —Qu'est- 1 | rentrer je suis bien ‘t moi ete disque t Ê temnmme qui v{ ne lutte s’engagea ; Louchu| envoya un coup de poing à sa! | femme. —Lâche! dit-elle, tu m'as frap-| Tune me reverras jamais : | Es | p£e. | tt i +: Eu à I0OUS GIVOICerTONS : inspirée d’un conte See | il arrive de | main. | } | | | | | { | ye Î Î 1 . 12 ” « mn: de à v es que les mauvais à le com gens qui jouaient au billard aper- |! çurent la croix ; d’abord ils rirent discrètement. —Jusqu’'à ce jour, dit l’un, les personnes décorées portaient ja croix sur la poitrine ; aujourd'hui, on la porte dans le dos. —C'est l’ordre de la ‘‘Croix Blanche’” remarqua un deuxième. —Non messieurs, ajouta un troi- sième, c’est un insigne religieux, mousieur est sans doute un moiue EUGENE FOURRIER DS SRE ER LS CONSEILS À LA JEUNESSE; Lamy, collège de Juiliy, les conseils sui-| tous les jeunesse canadienne- particulier, devrait avoir à cœur de sérieusement mé- | diter, a jeu esse de ançaise en ‘‘Hlève de Ju ils y: hommes de de- vous payer géné- .. vou! ez- reusement à votre pays la dette de l'éducation qu’il vous donne ? So- land “ z fidèles aux principes que voici : Quelles que soient les difficultés, s désenchantements, vos échecs, + Louchu qui avait commencé une dans les tempète jouait tout de tra- | et tu coes | t1 è Just da sai DUIUTt 4€ 1U1 AIT" | Elle sortit en faisant claquer les | nos volontés est pe quelque chose les cal- et dans mes, Le sentiment Ge !4 responsabilité 3i grande et de la puissance si petite icfraye et at- [ce cou! ! ae paresse pour une iccäbie d'aberd et be enant leuf cherchant débarasse d’agir indre.... aucune tyrannie et pour ce qui vous importe le et de cre ne dé aimez défendre plus, comptez surtout sur vouè- mêmes. Acceptez le travail quotidien, exercez les moyens d’iufluence que les lois, les mœurs, vos aptitudes et les circonstances vous dorninent.... Gardez-vous ces irritations et des découragements....Même contre l’absurbe, soyez patients et tenaces. Si vctre génération sait vouloir, si vous n’êtes pas inférieurs à vos a voir, et si vous leur êtes supérieurs, par la conscience et par le zèle du bien public, tôt ou tard, vous l’em- porterez. ETIENNE LAMY UN HEROS EN REVE Grand’'mère, contez-moi une his- toire, en filant votre rouet. —Je n’en sais plus, d'histoire, mon petit Jean, depuis le temps que je t'en raconte. —Il n'y a pas si longtemps que vous m'en racontez, grand’mère, puisque je suis encore petit. | Quand je serai grand, c’est moi qui | que vous en dirai. | — Pour une fois, Jean, fais com- me si tu étais grand. Jean passa son bras autour du cou de la bonne vieille, et commen- | «65: | ‘‘]1] yavait une t'grand'mère que son petit-fils ado- Elle lui avait appris de jolies tout rait. choses, dont il avait l'esprit orné. “Et il ne pouvait imaginer que, grâce eaux jolies choses | |le bien, qu il savait. ‘Il grandit, grandit comme un h mme, | Fin i! choisit d’être soldat. | ‘Et quand il partit pour la guer- ss re, afin de se garder du courage au rand'mère. r ‘“Là-bae, sur le taiile, il eut grand froid, il eut rand’faim, tais 1] n'eut Das peur. Car la bonne orand'iaère, au loin priait DOUT sOu cher absent. Les ennenus étuient nombreux; mais pes un d'entre eux ne Jean, voyait un, qu'en j’a- tous s'enfuvaient, A- lors, le roi le fit venir et iui dit : | ‘‘—Tues habile et brave. Je | veux te combler de biens, demande- moi des faveurs, elles te sont ac- |cordées. Mais auparavant, dis- moi où tu puises ton grand cou- er l’arbelete comme notre et chaque fois qu'il en trait viuailis. 72 ain £ + Et ceia Et Fe ! percevant, é ; rage. Nous extrayons d’un discours de | F Le soldat souleva son armure aux élèves du! ) let présenta au souverain le médail- lon de sa grand'mère. ‘C'est elle qu’il faut bénir, dit-il. Le courage aue je montre, c'est elle qui me l’inspire, ‘‘—Demande alors pour elle ce qui peut lui manquer. ‘’Sire, elle habite une chau- mière et mange du pain bis, qu’elle gagn: en tournant son rouet. ‘‘—Elle aura un château, des écus, des valets, dit leroi. Puis, il ajouta : ‘—Toi, je te fais chevalier. Tu auras des provinces et des dignités. one ni la fatalité des temps, ni la faute des autres, accusez-vous | vous-mêmes, Le mal n’est pas | œuvre des mauvais, il est l’œuvre ! | | de tous quand les is n’ emploient | er mettre. | F ù “ | 1æe sort n'est pas si aveugle qu’on | >: #2 le Git À l’origine de p resque | dits tn der. à | LUULES 1€S aèiaites, 1i y a une iusuf- | hisance de quelque vertu.... | Le n'est pas seulement par des| dd | vertns privées que vous rendrez | eficace voire foi, mais par — vertus publiques. Vous vivez à une époque où iles plus grands in- + rê Ant : térêts flottent ” instables sur la plus inmouvante des mers, l’ opinion, et où chacune nn rence soname des gouttes d’eau qui suit Je t'offre encore la main de ma fii- le ? ‘Tout ce qu'avait promis le roi, | 1 le donna. ‘‘La grand’mère et son petit-fils | vécurent dans la joie.’’ À ce moment, Jean regarda sa grand’mère et s'arrêta, puis il con- clut : —Le - connaissez-vous, mère, ce soldat-là ? — Qui, mon Jean, ce sera toi ! AUGUSTE LATOUCHE. grand'- Abonnez-vous a l'Impartial. un maître qui! F3 | clear out our stock. | versaires par l'intelligence et le sa- | fois une bonne: attacha le’ champ de ba- savait | | BERGER’S PARIS GREEN H Myrick & Co. ! Jmporters sad Dealers in. IN TINS DRY GOODS HARDWARE BOOTS &$ SHOERS FINE GROCERIES Bug Death. Kills the Bugs. Feeds the piant. 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