= ST LE Er “E re ES 0 D PTE € PE Se pe ee pue PRE CERN REP TETE AUPSET NPD TE ee: y L’I MPARTIAL JEUDI LE 12 FEVRIER 1903 Le Cri du Sang (suite de la 1re page) cet se dit à lui-même en patois du pays : “Qui diable vient te déranger à pareille heure ? qui ça peut-il être ? qu'est-ce qu’on te veut ? On a remarqué déjà sans doute que le patron Poncet procédait vo- lontiers dans ses réflexions par mo- nologues et dialogues. Cette forme de langage, ordinaire du reste à tous les habitants du Bas-Langue- doc, était tellement devenue une habitude pour le vieux marin, que ses discours offraient une suite in- terminable de prosopopées, de ‘‘je me suis dit’’, de ‘‘se dit-il” à fati- guer la patience la plus robuste. Mais le visiteur était assez fami- lier avec ces manières de parler pour n’en être pas surpris. ‘“J'appartiens à la maison des bains, répondit en français une voix 2rgentine, quoique un peu tremblante : je m'intéresse vive- ment au sort de M. Adrien de La- royère, et je viens vous supplier de le sauver, s’il en est temps encore.” Poncet essaya de distinguer dans l'obscurité les traits de celui ou de celle qui se présentait ainsi. ‘Allons ! reprit-il enfin en se parlant toujours à lui-même, tu t'es trompé, imbécile ! Tu devais bien voir que ce n’était pas un gendar- me... Je vais rappeler Etienne, il n’y a pas de danger pour cette fois.’ 11 fit quelques pas hors de la maï- son et poussa un sifflement aigu, qui retentit au loin, par-dessus le bruit des eaux. quiéter s’il avait été entendu ou non, il rentra chez lui en disant à la personne inconnue : ‘Venez par ici ; je vais rallumer la chandelle et nous causerons… Malgré tout, il est bon de savoir à commencer vos recherches au plus! qui l’on a affaire.”” Puis, sans s’in-| ugitont ré savoir M. Adrien au fond de l’ é- tang que partout ailleurs ! Amélie répondit £seulement par un soupir à cette observation, qui lui semblait n'être pas dénuée de tout fondement, ‘Allons, essayez-vous, ma petite dame, reprit le pêcheur avec une douceur dont on l’eût cru incapable, en lui offrant un siège boiteux ; faut vous dire qu'Etienne et moi, nous étions là à raccommoder nos filets pour la pêche d'aujourd'hui, quand vous avez frappé. Comme | Etienne est de la conscriptioa ma- ritime cette année, et comme il ne se soucie pas d’aller servir sur les vaisseaux du roi, ainsi que je l’ai fait dans mon temps, il a cru que les gendarmes venaient le chercher et il a pris del’air... Mais, ajouta- t-il en écoutant un bruit léger ve- nu du dehors, le voici sans doute, et il pourra nous dire son avis sur la chose.”? En effet, un grand jeune homme, aux mouvements agités, à la figure | vive et intelligente, passa la tête dans l'ouverture de la porte, puis il entra, ou plutôt se glissa dans la maison, sans faire plus de bruit ‘avec ses pieds nus qu’un chat aux laguets. | Il regarda d’abord Melle de Nor- | ville d’un air d’étonnement, qui fit | place peu peu à l’admiration et au | respect. ‘‘Etienne, dit le patron en eli- |gnant des yeux, c’est la petite | dame qui vient pour le pauvre M. | Adrien. | —Je m'en doutais, | tienne. | Etil ajouta tout bas en patois, |avec naïveté : ‘’Ah !'père, qu’elle est jolie !”? Amélie entendit ou n’entendit pas ce compliment, mais elle s’em- pre:sa de prendre la parole ; Mes braves gens, dit-elle avec | )) répliqua E- | | | | 1 } Î } ‘«e | do : chaïicur, je viens vous supplier de |vite. La tempête a diminué ; le ATTRAPÉ #* GRIPPE, DÉLIVRE Fe PE-RK =NA. —" ° $ Le Monde Médical re= connait {a Crippe comme un Catarrhe Épidemique. _Medical Talk. 4 4 € D À 4 «à GRIPPE est un catarrhe épidémique. Elle n’épargne ni classe ni nationalité. Le savant et l’ignorant, le riche et le pauvre, | le peuple et l’aristocratie sont tous sujets à \ la grippe. Aucun n'est exempt tous sont | | | | | Le visiteur suivit Poncet dans la | jour ne peut tarder à paraître, et je | susceptibles. cabane, dont la porte resta ertr’- ouverte ; bientôt la lumière brilla de nouveau et permit de reconnai- tre l’intérieur bizarre de cette ha- bitation. Une toile grossière la partageait en deux parties égales ; l’une était la chambre à coucher, comme on pouvait en juger aux ronflements qui en sortaient ; l’autre servait à la fois de cuisine, de salonet d’ate- lier à la famille Poncet. Dans cette pièce, un tohu-bohu d’ustensiles de ménage, de filets de chasse, de fu- sils, de canardières, rappelait la double profession de pêcheurs et de braconniers qu'exerçaieut le père et le fils. Près de la fenêtre, en face d’une chaise basse, se trou- vait un paquet de ces joncs marins que les femmes préparent à l’usage des navires de la Méditerranée, in- dustrie locale d’une grande res- source pour ces pauvres familles amphibies ; c'était la place de Ia mère Poncet. Une odeur nauséa- bonde de poissons, à laquelle les guirlandes d’oignon et d’aulx sus- pendues aux poutres du plafond joignaient leur arôme pénétrant, régnait dans ce taudis. Bien qu’elle cherchât à se roiïdir contre ses impressions, la personne qui venait d'entrer chez Poncet fut presque suffoquée par cette effro- yable odeur. près de l'entrée, sans oser ni avan- cer ni laisser voir son dégoût, le vieux marin éleva sans façon la chandelle qu’il avait rallumée : la flamme éclaira alors un visage dé- licat, sur lequel la confusion éten- si difficiles à oublier, quand on les lie de Norville. manteau d'emprunt, la jeune fille portait une robe de laine brune tout son costume était sombre et peu voyante. Le patrou sourit silencieusement , de couleur il ; c’est naturel. quelqu'un s'intéresse à ce pauvre garçon, puisque cette manière de, parent que j'ai vu hier au soir à la maison des bains ne paraissait pas s'inquiéter de lui !.. On croirait imême, sur ma foi, qu'il eût préfé-|me fait penser à Simoye, qui pleure } dites donc. petite, quand mon mari } Comme elle restait | qu'une tentative pour mettre la | barque à flot en ce moment serait dait une teinte rose foncé, des yeux | périlleuse et inutile. aux longs cils noirs, pudiquement | rut frapper de consternation la belle baissés, enfin les traits si beaux et /suppliante, | ‘‘Etienne Poncet, et vous, pa- avait vus une fois, de Melle Amé-|tron, dit-elle en sanglotant et en : Par-dessous son | joignant les mains, vous vous êtes|tron et son fils baissèrent-ils les } : bres nuits d’hiver, à de grands dan- | balade’” : | Sauver la vie peut-être à un bon et ‘Bien, bien, je comprends, di:-| Il faut que suis disposée à payer votre temps let vos peines comme vous le vou- | À |drez.. De grâce, ne perdez pas] [un moment ; songez que se mal- | heureux Adrien est peut-être, de- | puis hier au soir, exposé À cet af- |freux orage, dans quelque marais inabordable ou sur quelque îlot dé- | sert ; peut-être même s'est-il atta- | ché à une barque naufragée et flot- | tant au hasard ! —Ca ne serait pas impossible, de- \moiselle, répliqua le pêcheur d’un |ton grave, et cependant, il est plus | probable | Jlsetut et secoua tristement la tête, comme il avait fait la veille. ‘“Eh bien, dans ce cas même, ré- pliqua la jeune fille qui ne put re- |tenir ses larmes, son corps ne doit pas devenir la proie d_s poissons et des oiseaux carnassiets.?? Les deux marins partagèrent | eux-mêmes cette douleur si pro-! | fonde et si vraie. ‘‘AHons, père, que ferons nous ? demanda Etienne après un moment de silence ; la nuït est encore bien noire et l’eau écume toujours, comme si l’on avait jeté la charge de cinq cents navires chargées de savon dans l’étang.... —J1 n’y faut pas songer de sitôt, dit le patron en prêtant l'oreille au bruit du ressac ; ni avirons ni gou- vernail ne tiendrait contre ces tour- billons enragés....Atteïdons le jour, et alors nous agirons pour le mieux.”” Etienne fut obligé de convenir Ce retard pa- Avez-vous la grippe? Ou plutôt la grippe vous a-t-elle? La grippe est bien dénom- mée, et le mot français que les Américains ont abrévié en “grip” décrit fidèlement la maladie. On dirait quelque géant hideux qui vous a grippé et vous tient dans ses serres fatales. Hommes, femmes et en- fants, villes et villages entiers sont pris à CE Res 7 7, “oFeloteleleToïelefe}rfereloteteleïeroreotereler:1+Yerelo ter} TeïetoteLere]oTeT66ler Cas du Membre du Conorès Geo, H, Une Célèbre Femme Sculpteur Guérie, HIT EIRE RIRE > ‘ L de > Fa TTL SORT OT TETE OR lee teToteleteleTe Toto Tee ox S| Hunt. & | lent remède pour la grippe et lecatarrhe, % | Je l’ai employée dans ma famille, et tous Dre dans les griffes mortelles du terrible monstre. La Po-ruena pour la Grippe. Mme Theophile Schmitt, femme de l’Ex- Secrétaire du Consul:t Allemand, écrit la lettre suivante de 3417 Wabash Avenue, Chicago, Ill. : “ Je souffrais cet hiver d’une sévère at- taque de la grippe. bouteilles de Peruna je trouvai que la grippe avait disparu.”—Mme T. Schmitt. Mme Celeste Covell écrit de 219 N Ave. Aurora, Ili. : “Seulement ceux qui ont souffert de la Après avoir pris trois grippe et ont été guéris peuvent apprécier :| des Arts, de Londres, Angleterre, mainte- S|cemme un excellent remède.”’—-George Wie iv ® ma reconnaissance cn'une médecine aussi splendide que la leruna a été mise à la por- tée de toute personne malade.”—Mme C. Covell. Célèbre Femme Sculpteur Guérie de la Grippe. Mme M. C. Cooper, de l’Académie Royale nant à Washington, D, C., est une des plus grands sculpteurs et peintres du monde. Elle dit: “J'ai plaisir à recommander la Peruna pour le catarrhe et la grippe. J'avais souf- fert des mois, et après avoir pris une Lou- teille je suis tout à fait bien.” —Mme M. C. Cooper. D. L. Wakace, membre organisateur de l’Union Internationale des Barbiers, écrit de 15 Western Ave., Minneapolis, Minn. : “Après une sévère attaque de la grippe j'éprouvais un malaise général. Un de mes clients auquel la Peruna avait fait grand bien me conscilla d’en prendre et j'en ache- tai une bouteille le même jour. A présent ma tête est claire, mes nerfs sont reposés, mon appétit et mon sommeil sont bons. La Perura a valu pour moi un dollar la dose.” —D. L. Wallace. Le lieutenant Clarice Hunt, de la Caserne de l’Armée du Salut de “ Salt Lake City,” écrit de Ogden, Utah: “Il y a deux mois jesouffrais d’un rhume si sévère que je pouvais à peine parler. “ Notre capitaine me conseilla d’essayer la Peruna et m’en procura une bouteille, et vraiment elle fit merveille, En deux se- maines j'étais parfaitement bien.”—Clarice Lettre du Membre du Congrès White. Tarbcro, N. C. Messieurs :—‘"Je suis plus que satisfait de !a Peruna et trouve que c’estunexcels | se Joifnent à moi pour la recommander H. White, Membre du Congrès. Mme T. W.Collins, Trésorière de l’Ordre Indépendant des Bons Templiers, d’Everett, | Wash., écrit: “ Après une sévère attaque de la grippe, je restais continuellement faible, même alors | que les médecins m’avaient déclarée guérie. Mon sang semblait empoisonné. La Peruna m'a guérie.”—Mme T. W. Collins. Si vous ne dérivez pas de résultats prompts et satisfaisants de l’emploi de la Peruna, écrivez de suite au Dr. Hartmann, lui détail- lant votre condition, et il se fera un plaisir de vous donner gratuitement le bénéfice de ses conseils. Adressez vos lettres : Dr. Hartman, Pre- sident of the Ilartman Sanitarium, Colum- | bus, O. aussi qtand on parle de m’emme- ner matelot sur les vaisseaux du nt Le vieillard était pensif. ‘‘Tu ne sais pas, dit-il, comme l'étang est traître après ces bour- rasques. Ah ! brigand d’étang ! scélérat d’étang ! continua-t-il, serrant le poing avec menace. Ce- pendant, puisque c’est pour ce bon M. Adrien, nous pouvons tenter quelque chose... Si nous prenions la grande barque ? elle est plus lourde, plus haute de bord, elle tiendra mieux tête à la lame.”? Etienne répondit par un signe d’assentiment, et Mile. de Norville, croyant sa cause gagnée, se leva a- vec précipitation. Mais aussitôt, on entendit un certain bruit derrière la toile qui servait de cloison. De- puis un instant, les ronflements a- vaient cessé de l’autre côté ; une voix aigre s’écria du ton de la co- lère : ‘Q'y a-t-il donc là-bas ? Quelle est cette enjôleuse qui veut envoyer mon mari et mon garçon sur l’é- tang par cette abominable nuit ? Mille diables ! elle va avoir affaire à moi.’ Aussitôt la toile se souleva et la vieille mère Poncet, les cheveux en désordre, vêtue seulement d’une chemise et d’un jupon, apparut tout à coup. Jamais femme de pê- cheur n'avait fait mieux respecter exposés bien des fois. par de som- gers quand vous chassiez à la ‘‘ré-| . | ferez-vous moins pour) généreux jeune homme qui, je le sais, vous a comblés de bienfaits ? —(C'est vrai, cela, dit Etienne a- vec émotion en regardant son père: M. Adrien vaut bien la peine qu’on se hasarde un peu pour lui, et puis la demoiselle l'aime tant !....cela| 'rant à Melle. de Norville, qui ve- son autorité au logis ; aussi le pa- yeux comme des coupables. ‘C’est donc vous, la fille, dit la mégère, le teint enflammé, en cou- nez proposer... Mais, ajouta-t-elle avec un certain mépris, après avoir regardé Amélie presque sous le nez, c’est une jeunesse de ces ‘‘franci- mans” de là-bas, et ça ne sait rien de rien..Si une femme comme moi fût venue demander pareille Eh ! chose, je l’aurais dévisagée ! fet mon fils aîné seront noyés, sera- ce vous qui nous nourrirez, moi et mes autres enfants, qui ne peuvent se suffire encore ?’’ Mile de Morville comprenait im- fut effrayée de la violence des gestes de la mère Poncet. ‘Bonne femme, répliqua-t-elle en tremblant, je ne croyais pas le danger si grand pour votre mari et pour votre fils....Du reste, je n’a- gratuitement leurs services ; et puis M. Adrien est riche, il pourra les dédommager de leurs peines, s’ils ont le bonheur de réussir dans leurs moi déjà de vous offrir ceci.’’ Elle prit dans son sein une jolie bourse de soie rose et en tira une pièce d’or qu’elle remit à la mère Poncet. Amélie avait trouvé le moyen le mer cette femme. Les gens du peuple en Languedoc sont durs, avares, égoistes ; mais, comme par- tout, l'amour de l'argent dans ce pays peut modifier singulièrement le caractère primitif. La mère Pon- cet tourna et retourna la pièce entre ses grosses mains. ‘“‘ÆEt c’est ‘‘de la’’ bonne or ? s’é- cria t-elle ; regarde donc, Etienne... regarde Poncet..,on dit que c’est de l’or pour de bon ! { courageusement à l'ouvrage, Amélie en montrant la jolie bourse qui contenait ses petites économies: | tout cela sera pour eux.’’ Les yeux de la mère Poncet s’al- lumèrent. (à suivre) | | ! } ET RSR BE LRO ESRI D | re > K, | Avez-vousune idée? £ioui, demandez notre | “Guide des Inventeurs,” pour savoir comment ; s'obtiennent les patentes. Informations fournies gratuitement. MABLION & MARLION, Experts. . $ Edifice New York Jife, Montréal. | Bureaux : Le Atlantic Build, Washington, D. C. | parfaitement le patois ; mais elle; vais pas l'intention de récla mer | recherches......Tenez, permettez- | Pills and you dont have 10 sell any î plus sûr et le plus expéditif de cal-! 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