ae SDS à sant … ARE ré S 5 psy + re #Ç'es ms lire ER PP ET LR ere er” “L'Aventurier Malgre Lui (Suite de la 1re. page) acceptée tout de go. Le pauvre homme appartenait à cette classe de travailleurs naïfs, à qui l'on fe- rait perpétrer toutes les sottises du monde, en leur parlant de justice et de liberté. Ce sont des loyaux, que les artisans de perfidies et même de crimes emploient, avec uve entière sécurité, à l’accomplis- sement de leurs projets. Il alla donc vers ses camarades rapporter la réponse ce M. Ellis. Mais quand les meneurs en eu- rent connaissance, ils poussèrent des cris d’indignation. ‘Ah oui, la justice! On la con- nait. —C'est pour les faire évader que le maître propose ça. —On se moque de nous. —Ces gens-là ont assassiné un des nôtres, nous voulons les pen- âre. —Et les pendre nous-mêmes. —Qui, oui. —De peur qu'on ne pende un de nous à leur place.”" James, qui ne comprenait plus, était en proie à la consternation. “Mais, dit-il, on prétend et l’on dira que vous vous acharnez contre eux pour les voler.” Un immense éclat de rire accueil- lit ces paroles. ‘Est-il bête ! cria une voix dans la foule. Nous les voulons, et tout de suite,’ déclara un grand mori- caud, qui s'agitait beaucoup, et te- nait évidemment à se donner es airs de chef de la révolte. Mais à peine avait-il prononcé ces paroles qu'il se sentait saisi par le bras et qu’en se retournant, " moire. voyait, à huit centimètres de son nez camard, le canon d’un respec- table revolver. Comment le planteur était-il par- venu à se glisser au milieu des nè- gres, sans qu’on s’en apercût ? La question est restée sans solution. ‘#Tu ne les auras pas, lui disait M. Ellis. Ettu vas marcher de- vant moi ou iu es un homme mort...’” Les nègres, quand ils ne sont pas de formidables brutes, capables de toutes les férocités et de tous les crimes, sont de grands enfants, qu’- on dompte de dix façons différen- tes. (Celui-ci par la vigueur, ce- lui-là par la persuasion ;tel autre s'attendrit et pleure. Le grand meneur opposa bien un semblant de résistance, mais il finit par obéir. Les autres se tin- rent cois, sachant bien que le plan- teur ne se laisserait pas toucher, sans en étendre cinq ou six par terre. ‘La justice viendra et elle te ju- gera aussi'’, dit M. Ellis à son pri sunier, en l’enfermant dans une barque, qui, jadis, servait de geôûle, à l’époque de l'esclavage. Puis, se tournaut vers la foule des nègres, il ajouta : ‘“Et si j'ai abusé de mon pou- voir, elle me jugera aussi. —Le maîtrea raison’, dit Ja ! mes. Mais les autres travailleurs noirs poussèrent des huées ; on entendit ces mots : ‘‘A basles traîtres ! Nous sommes des hommes libres ! Hou ! hou ’ M. Ellis s’avança, toujours tout seul. ‘Que ceux d’entre vous qui ont quelque réclamation à faire ou qui se plaignent de moi sortent des rangs et viennent me parler en face’”’, dit). Personne ne bougea. “Que ceux qui jugent qu’un honnête homme ne »eut pas livrer ses hôtes à des bandits comme ceux qui sont dans Jes bois et qui vous ot endoctrinés, cette nuit, en vous! promettaut de partager avec vous les cinquante mille dollars dont on croit M. Martin muni, que ceux-là, dis-je, viennent se ranger à mes côtés.” Il y eut tout d’abord quelques engagés qui firent mine de prendre parti pour le maître. Mais une fausse honte ou des menaces profé- rées à voix basse les retinrent dans la foule, _———— lument à la droite de M. Ellis. Mais de nouvelles huées éclatèrent, formidables, des injures voltigè- rent, sans vom d'auteur, au-dessus de la foule, très houleuse. Puis il y eut un silence, très pro- fond, inquiétant, M. Ellis vit les plus agités parler à l'oreille de leurs voisins, comme s'ils leur glis- saient un mot d'ordre. Il eut conscience d’une explosion de fu- reur et s’écria : ‘‘Je n’entexds pas qu'on doute ici de ma loyauté, pas plus...” Mais il fut interrompu par des vociférations horribles. Et, tout aussitôt, les nègres, hurlant, se débardèrent, coururent aux portes etse dispersèrent dans tous les sens, gagnant les bois pour rejoin- dre Jupiter et ses complices. Sept ou huit hommes de bon sens restè- rent seuls et vinrent se ranger der- rière le vieux James. M. Ellis, consterné, proféra un juron, et ordonna aussitôt à ses do- mestiques de barricader les portes. L'oncle Martin et Annah Billen- brock, pour ne pas envenimer les choses, s'étaient bien gardés de pa- raître, quoiqu'ils eussent été les témoins de cette scène, du fond d’un salon &u rez-de-chaussée. Mais, quand ils virent M. Ellis presque seul au milieu de la grande cour, ils allèrent à Ini et lui expri- mèrent, avec l’accent de la désola- tion, le regret où ils étaient d’avoir, en se réfugiant dans l'habitation, causé tout ce qui arrivait. Quant à Claude, brisé par la fa- tigue de la veille, il dormait encore profondément, quand les clameurs des nègres, au moment de la dé- bandade, le réveillèrent en sursaut. En une seconde, les événements de la veille lui revinrent à la mé- ‘Qu'est-ce qu'il y a encore ? s’écria-t-il en bondissant. Ah ! ah ! ah ! ma pauvre Sophie ! Je voudrais bien la voir ici, d’abord parce qu’elle serait vivante, et en- suite, pour savoir ce qu’elle pense- rait de la folie qui pousse les gens à s’en aller affronter les brigands des pays sauvages’”. Il avait couru en chemise à sa fenêtie. A l'aspect des travailleurs uoirs se dispersant dans la campa- gne, il essaya de comprendre ce qui se passait. Etranger aux cou- L'IMPARTIAL, JEUDI, LE 10 SEPT. 1908. ik SOME SPECIAL Seul, James alla se planter réso-|{ bien besoin de tuer le mulâtre. —Ca m'a sauvé la vie! mur- mura timidement Bouhou. —C'est vrai. J'ai tort. Mais qu'on ne me demande plus de tours de force. Je suis incapable de re- commencer la journée d'hier. Et quand on pense, ajouta-t-il en don- nant un furieux coup de poing sur son oreiller, qu’il y a des Parisiens tranquillement installés chez eux, près de leurs femmes, de leurs en- fants, s'ils en ont, mangeant, bu- vant ce qu'ils aiment, et se laissant vivre sans une émotion, sans une terreur, protégés par de vrais gar- diens de la paix ! Ah! comme on a raison de dire que Paris est la capitale de la civilisation, du bien- être, du confortable et de la tian- quil-li-té. ‘Et puis, enfin, ajouta-t-il plus rageusement encore, où est ma pau- vre Sophie ? Je deviendrai fou. C'est depuis qu’on voyage tant, que les maisons d’aliénés sont in- suffisants. Je vous demande un peu ce que je fais dans cette habi- tation ? que va-t-il m'arriver en- core ? Où coucherai-je ce soir ?’? Il s’habillait, cependant, mais sans grande hâte. A quoi bon ? ne savait-il pas que la demeure du | planteur Ctait bloquée ? Quand ï! fut prêt, pourtant, — venait de maugréer Dieu sait »’l contre le Dsstiu qui l'avait embar- qué loin d’une grande ville sans a- voir de quoi chauger de chemise ou de chaussettes ; —quand il fut prêt, Claude descendit et trouva M. El- lis insistant auprès de l'oncle Mar- tin et d'Annah pour obtenir d'eux un consentement dont, tout d'abord Michon ne put counaître l’objet, mais 1i lui suffit d'écouter Arsène pour être promptement éclairé. ‘Non, non, monsieur Eïilis, di- sait l'oncle avec une ferinté cour- toise, nous ne pouvons tolérer de votre part une si généreuse abné- gation. —]Je ne puis supporter, de mon côté, que vous quittiez mon toit, où vous ê-es en sûreté, pour vous exposer à des périls très redouta- bles. —Ecoutez, répondait Île mari d'Annah Billenbrock, nous som- mes venus chez vous dans un mo- | ment d’épouvante, et vous nous a- vez reçu fraternellement, le mot n’est pas trop fort. tumes, ignorant d’ailleurs les évé- nements de la matinée, il crut que M. Eliis, pour en finir, lançait tout son monde contre les hommes dont Jupiter était le meneur principal. Mais Boubou entra presque aus- sitôt et le mit au courant. ‘“Alors, s’exclama-t-il, c’est en- core la bataille, les coups de fusil, la fuite, les courses folles, insen- cent de verser à chaque instant. Tonnerre ! Tonnerre ! assez, qu’on me tue! Qu'en m'as- somme tout de suite et que ça fi- neisse. —Mais, mister Michon, iln'ya pas plus de danger que.... — Ah ça ! interrompit le mal- heureux, dont les nerfs s'étaient détendus pendent son sommeil, est-ce que tu crois qu’on pout vivre éternellement dans cet état de fièvre, de peur, de rage, de tout ? Encorc une fois, j'en ai assez.”’ Et, toujours en chemise, il se laissa tomber sur un fauteuil. Son courage, hier exaspéré, était desceudu au-dessous de zéro. ‘D'ailleurs, je n’en puis plus, tu m'entends. Je ne sais qui me tient de me recoucher et d'attendre que ces hordes de cannibales vien- nent me mettre à mort. Qu'est-ce que ça me fait? C’est peut-être le seul moyen qui me reste pour aller retrouver ma pauvre, ma pau- vre Sophie. —Où ! Mme Michon n’est pas plus morte aujourd’hui qu’hier, dit le petit boy, pour remonter son maitre, auquel l’attachaient prési- mes alternés de Michon. Il faut vous habiller pour rejoindre mister et mistress Martin —Ils sont donc levés ? —T'enez, les voilà dans la cour qui parlent avec M. Ellis. —Elle avait bien besoin, billant pour tout de bon, elle avait — sées, dans des voitures qui m:ena- | J'en ail sément les faiblesses et les héroïs- | —N'en eauriez-vous pas fait au- tant ? demanda le planteur. | —S$i, par Dieu, si. Mais notre présence est devenue un obstacle à la régularité de votre vie ! que dis- | je ? nous avons apporté chez vous un trouble profond ; sans nous, vos ouvriers agricoles n'auraient pas songé à s’ameuter...Nous devons partir. —Assurément,’” ajouta d’unton péremptoire Annah Billenbrock. Michon, ayant enfin compris, ouvrit la bouche enO, ce qui est chez presque tous les peuples un signe de stupéfaction. Quoi ! son l'oncle, et même sa tante voulaient s'en aller comme ça. Les bois é- |taient peuplés de tigres noirs alté- | rés de leur sang ; on ne pouvait es- | pérer de faire cent cinquante mè- |tres de chemin de fer sans courir le | risque d’être assassiné. Et ils vou- |Jaient s’en aller : Par où? Cuin- nent ? A auelle heure ? ‘6. ubi, quious auxilis, cour, | quomolo, quando...”? | C tte latiuité, en traversant sa [inémoire, ne changea pas l’expres- [sion de ses traits Le pauvre | Claude passait de la nâleur à ja li- | ridité. | ‘Mais, mon oncle, dit-il avec ex- | plosion, ils sont deux cents depuis | tout à l'heure. — Je le sais, répondit Martin pla- cidement. —Vous me faits bouillir, ta pa- role d'honveur. | —Ah! vous voyez, monsieur | | Martin, dit M. Ellis, votre neveu, | plus raisonnable que vous... | | | —Mon neveu sort du lit, riposta | un peu vivement l'oncle, il ne sait rien, et, pas plus que moi, j'en suis isûr, il ue voudrait ajouter de nou-. veaux bouleversements à ceux, | dont, par suite de notre intrusion, | lvous êtes la victime. Voici vos. it comme Claude faisait un geste ! you will find them very interesting. There is no argument half so convinciug as the evidence of your own eyes. £ou to inspect our stock of Winter Dry Goods. We will be most pleased to exhibit our stock and value 4 .VALUES For that reason we want iii tés ns. 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Songez-y pour-| tant, il n’y a qu’un moyen de faire | revenir le calme dans cette maison, | —Mais, encore une fois, ce n’est | pas possible, dit le planteur, au —Je ne prétends pas, reprit l’on- cle, que nous passions comme une | muscade sous Île nez des bandits | | cher, et peut être trouverons-nous | quelque ruse qui rénissira. “Mais Ellis doit être sous le! coup d'une anxiété Ses enfants peuvent avoir dre les pires excès de la vos noirs, qui, une fois lar reculeront devant rien. “Nous partirons. tranquilles, heureux, c'est déjà as-| sez que nous soyons venus ch:n- ger cela, même pour un jour.” | Claude eut assez d’empire sur! lui-même pour ne pas insister.| abomiuable. | à crain- art de' És, ne Vous étiez, D'autre part, M. Ellis, fort ému quand il avait été question de ses enfants, ne continuait que par res- pect humain à ne pas se rendre. ‘Voyons, dit-il, avez-vous un| projet pratique ? —Non, pas encore, dit Martin.| | L # : ; : cette travaux arrêtés, votre vie agricole Je pense pourtant que j'en aurai i > } sl . , { , 2: : Billenbrock, reprit Claude en s'ha-' désorganisée par notre faute.’’ un avant midi. ( A Suivre) | { ‘(Par la faute de mon neveu, sur- À tout, qui avait pas besoin d'aller | fe de Michon plaïda les circonstances |! qui nous guettent ; il faut cher” | 8 MacDonald's Î I Î f bois.’ | Pour rendre hominage à la véri-| Es atténuantes. | 5e conviens, Citil Mais! is | | For i et c’est de nous en aller. | F2 | . ° 1 . ! ce moins pour aujourd'hui. | rs l Every package is guaranteed. Put up in full pound packages. 30 cents. Condition Powders. Jr DRO ee L There is no better Blood Purifier or Nerve Tonic in the world. 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