r-DJPI’I S— mU mn<cm0n UU)IOZ)FU» PAGE 2811€": dm m-< >rfl' politique, ou encore de lui demander une explication sur tel ou tel événement historique, pour que monsieur Blanchard oublie pour l’instant ce qu’il était en train d’enseigner. Rapidement alors, le manuel de grammaire était mis de côté et il se mettait à développer et à discuter en détails le point en question. Dans ces occasions. il était fort probablement plus éducateur et pédagogue que les étudiants le croyaient. car il profitait de ces moments pour mieux instruire ces jeunes sur des sujets qu’il voyait comme plus essentiels et importants à leur formation totale que les quelques règles de grammaire française qu’il avait à leur expliquer. ll est certain que ses étudiants en ont bénéficié grandement. Voilà pourquoi ils continuent de garder d’excellents souvenirs de ces périodes où « Peggy » leur parlait de mille et une choses intéressantes. les aidant souvent à s’ouvrir plus rapidement les yeux sur la réalité de la vie à laquelle ils devaient bientôt faire face. ll serait bon de répéter à ce point que. grâce à sa lecture assidue et à son grand désir de se perfectionner constamment, ses connaissances générales sont devenues fort remarquables. De sa mémoire toujours aussi fidèle. il pouvait immanquablement retirer faits et exemples afin d’appuyer ou de prouver son point de vue et pour captiver l’imagination et l’intérêt de ses élèves cherchant à parfaire leur savoir personnel. Ce ne sont pas uniquement les étudiants du Collège Prince—de—Galles qui ont bénéficié de ces renseignements de toutes sortes, de cette fabuleuse somme d’inforrnation qu’il accumulait au moyen de sa lecture et de ses études. Sa connaissance si vaste et si variée lui permettait bien souvent de rendre service aussi à ses confrères enseignants. En effet. c’était presque toujours le professseur Blanchard que l’on allait trouver pour se faire remplacer quand l’on devait s’absenter Chapitre V : Période d'études et de travail LA PETITE SOUVENANCE“ 5:" ’ 2006 d’un cours pour raison de maladie ou autre. Au cours des trente-huit années qu’il a enseigné au Collège Prince- de-Galles, son travail d’enseignement ne se limita guère au domaine du français. En fait, il a aussi enseigné le latin. la botanique. l’algèbre, l’arithmétique. la géographie et la phonétique, toujours avec autant d’enthousiasme et d’heureux résultats. Comme disait une de ses anciennes élèves, en évoquant ses souvenirs de son ancien professeur : « ll pouvait enseigner n’importe quoi. » S’il donnait tant de peine pour instruire ses étudiants. lui en retour n’attendait rien d’autre que l’effort et le travail de leur côté. N’acceptant rien de moins que le sérieux et le dévouement à leur matière de classe. même chez les étudiants anglophones les plus obstinés. son fameux petit «hé» pouvait en dire bien long quand il s’adressait a quelqu’un en disant: «Monsieur n’a pas complété son travail, hé?» Car chacun devait apprendre de son mieux à maîtriser la bonne prononciation de tel ou tel mot. ou à conjuguer sans fautes le verbe à l’étude. À la fin de sa carrière dans l’enseignement. monsieur Blanchard admettait qu’il avait souvent réalisé que les méthodes d’enseignement en usage à l’époque n’étaient effectivement pas les meilleures pour que les élèves anglophones apprennent à parler le français. Souvent il aurait voulu tenter de nouvelles expériences pédagogiques mais il fallait se plier aux exigences et aux conditions du temps. Comme professeur expérimenté et bien conscient des résultats moins que satisfaisants qu’il obtenait parfois de ses élèves. il prévoyait probablement la mise en opération de cours tels que ceux offerts de nos jours dans les classes d’immersion totale aux élèves anglophones de la province. Ses études à Guelph; il devient membre des Chevaliers de Colomb; ses voyages à Ottawa; la fondation de la Société Saint—Thomas-d’Aquin; ses premiers volumes histori études à Paris. ques; sa réputation comme historien; Ses aspirations personnelles et son grand désir de se perfectionner toujours davantage ne le permettait pas de se reposer bien souvent. En 1915. il se rendit à Guelph en Ontario où il voulait approfondir ses connaissances en botanique au Collège de l’Agriculture de cet endroit. Ses efforts furent récompensés quand l’Université de Toronto lui décema un certificat d’études en cette matière. La vie pour lui ne se limitait pas au niveau de l’enseigne- ment collégial. Jeune marié, il s’intéressait déjà à la vie communautaire de la ville de Charlottetown et aux activités et aux organisations qui lui fournissaient l’occasion de travailler avec et pour les autres citoyens de cette ville. Ainsi en I915, il fit son entrée au Conseil 824 des Chevaliers de Colomb. ll a su gagner l’estime et la faveur de ses confrères au sein de ce groupement laïque et catholique car il en fut nommé Grand Chevalier du Conseil en 1926. C’est aussi au cours de cette même année qu’il s’est rendu pour la première fois visiter les Archives nationales à Ottawa. Cet édifice lui deviendrait très familier par après. En fait. il s’y est rendu une centaine de fois dans le but d’y faire de la recherche et pour s’instruire davantage sur l’histoire de l’Île-du-Prince-Edouard et des Acadiens de la province insulaire. « Pour qu’un Peuple soit uni, il faut qu"il connaisse son bis-taire. » au Congrès des instituteurs J. Henri Blanchard : acadiens, Hope River, 1925