$ _ £ £ ù 3 3 sf i | À << Y LA CO1FFE BLANCIIE ————— [CONTE DE Nogr, Soeur Thérèse fut le petit manteau bleu, on pour mieux dire, la coiffe blanche” de la Ré- volutin. Au milieu des bonnets rouges de 93, cette coiffe apparaît com- me une colombe au sein de la tempête, agitant ses douces ailes à travers les piques et les tam- bours, de la prison à l'échafaud; | il n’y a plus le roi,iln'ya plus d'église, il n’y a plus d'autel, il n'y a plus de Dieu, mais il y a des pauvres ! 11 y a des pauvres et des mal- heureux ;et la vaillante coiffe de soeur Thèrèse est leur ban- niére d'espérance et de charité, leur petit drapeau blanc !.… ce qu'il y avait d'héroïsme, de vertu et de dévouement sous cette coiffe blanche, l’histoire af. fairée de ces temps-là le dit à peine ; mais Dieu, les indigents et les martyrs l'ont su ! Le bruit courait dans les fau- bourgs que cette servante des malades, que cette amie du peu- ple avait renoncé à la dentelle et aux diamants pour sa robe de bure et troqué son blason con- tre un chapelet. Le peuple la connaissait, la vénérait, l’aimait ; il chérissait ses bienfaits, sa vaillance et sa gaité. Un jour on la dénonce : “si on veut ma tête, dit-elle en sou- riant, je l'offre de grande coeur ; mais je veux qu'on me guillo- tine avec ma coiffe blanche et que tous mes amis des fau- bourgs m'accompagnent à l’é- chafaud.” On ne toucha pas à la coiffe blanche. Une autre fois, soeur Thérèse passe sur le pont Saint-Michel ; uue troupe de sans-culottes l’en- toure et lui ordonne de danser autour d’une perche coiffé d'un bonnet rouge. Oui, mes amis, dit-elle, je vais danser ; et je suis, pourtant, bien fatiguée car j'ai visité plus de vingt malades dans ma journée. Vous allez donc me voir danser le menuet ou la gavotte, à votre choix ; mais je vous pré- viens que c> sera comme dans le Berry, où l’époussée demand3 à chacun de ses beaux danu- seurs une obole pour son trous- seau. —Et quel est ton époux ? — Jésus ! —Et qu'entends-tu par ton trousseau ? —Des layettes pour mes nou- veau nés. —Tu «s donc beaucoup d'’en- fants ? —Je m'en connais plus de trente ; et chaque jour il m'en pait un ou deux ! Tenez, au mo- ment où nous causons, là-haut, dans cette mansaade, il doit y avoirà cette heure un petit patriote qui vient au monde. —Vraiment ? Allons, mes beaux danseurs ; ouvrez vos bonrses et épargnez mes pauvres jambes ; et, s'il en est parmi vous un d'un peu ga- lant qu'il m'accompagne chez mes petits pauvres... Les gros sous afiluèrent dans ja main de la sœur et 1e peu- pie cria : “Vive la coiffe bian- che !” c'était un soir de Noel : soeur Thérèse se trouvait dans un gre— nier de ia rue Taitbout nou- vellement sacrée rue Brutus. Une jenne femme venait d’ac- coucher de deux jumeaux sur un grabat. Sur une paillasse infecte, délirait un enfant de trois ou quatre ans, en Prole à la fièvre et à la faim—le père était mort c> jour-là, la pauvre “coifte blanche” n'avait rencontré menaces ; qu'humiliations et L'IMPARTIAIT, JEUDI LE SO DECEMRBRE, 1897. aperçoit en face un bel hôtel] il- luminé. C'est la demeur princière d’un riche conventionnel. Ce Personnage, qui devrait sa plus grande fortune aux bienfaits de l’illustre famille de Montmo- rency, était maintenant un des membres les plus farouche et ies plus exaltés de la montagne. —Nous sommes sauvés ! dit la sœur de charité à la malade Je reviens bientôt, et traversant la rue, elle entre vivement chez le conventionnel. À sa vuo, les demestiques, ou si vous aimez mieux, les frères servants, restent stupefaits : une religieuse ! La “coiffe blanche !” — Veuillez annoncer, dit-elle en souriant, gneur Thérèse. Je suis très pressée. —Que veux tu, lui demande le montagnard en offleurant d’un regard farouche et surpris le costume proscrit de la réli- gieuse ? —Je vous demande l’aumi- ns | —L'aumône pour toi 2. —Non, dit-elle, pour mes maitres. — Et quels sont-ile, tes mai- tres ? —Les pauvres ! Je suis leur servante. —Mais enfin ?… —Eh bien ! Là, em face, rue Brutus, dans un grenier, une pauvre femme vient d’accencher de deux jumeaux. Ni beis, ni inge, ni pain. C’est votre voi- sine et je vous tends la main. —Mais ce costume ?… —Les farbourgs le connais- sent et le protègent ; le peuple le respecte, le peuple l'aime. On m'appelle la Coifle blan- che. —Tu parles de deux ju- meaux ?… —Leur mère a faim:e.le a froid, et c’est le jour de Noel. — La Noel ! Qu'est-ce que ce- la ? — C'est la fête des enfants ; et quand ils sont abandonnés, quand ils sont pauvres, la cha- rité doiten faire une double fête ! —Sont-ils au moins patriotes, tes petits jumeaux ? — Je le crois bien ; ils tètent comme des ages ; mais la mère est bien faible. —Voici poar euxet fais-leu crier : “Vive la nation |!” —1l faudra attendre qu'ils soient grands, dit en souriant soeur Thèrèse. —C'est bien, répond le terri- ble conventionnel, surpris lui- même de sa plaisanterie. Mais, prends garde à ta coiffe blan- che ! Il pourrait bien se faire qu'un de ces jovrs on lui rogne les ailes. _-Comme il plaira à Dieu! Je suis prête et mes pauvres aussi ; ils sont plus de cent qui m'ont promis de m'accompagner à l’échafaud. $ —On ne le permettra pas. —1ls le voudront ! —Tiens ! voisi encore pour tes petits jumeaux. —Merci pour leur jeune mè- re. —Voyons ! quel nom ! —Je m'appelle soenr Thérè- se. —Ce n’est pas un nom, ce- la \ —Je n'en ai point d'autre. —Oh!tu m'entends bien! Te demar de ton nom, ton vrai nom —Sæœur Thérèse. Sœur Thérèse ! Ce n'est là, te disje, qu'un sobriquet ; mais, autrefois, cemment te nommait- on ? _Antrefois, dit la (Coiffe blanche en se redressant, Je m'appelais Louise de Montme- :ency 2e est ton Ripans Tabules cure dizziness. ses mairs glacées étaient vides. Ea essayant de calfeutrer la! s | | petite fenêtre du grenier elle! Se x kipans Tabules cure jaundice Ripans Tabules curé nausea. | SEND YOUR ORDERS TO goods of all kinds. Dec. 6th 1897. SERRES LS EEE K. T. HOLMAN, SUMMERSIDE For CHRISTMAS GOODS: suitable tor old and young Departments are full of new goods at bargain prices. Dress goods, Ladies Fancy £'oods, Carpets & Mats, Hats & Caps, Boots & Shoes, Window Curtains, Window! Blinds, Fancy handle Umbrailas, Ready made suits, Uls- ters for Men and Boys. 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S1 ces animaux ne sont pas réclamés d'ici au 8 Janvier 1898, ils seront vendus pour deéfrayer les dépenses. LEON ARSENAULT Léoville Lot 1 16 décembre 1897 “1099 CZ 9911] NO INANINTT 'IVNAALXA LSHA HHI —00XX00— eui9ipe 104 159 ou} 0q JIIM SÂBMYE pur seM SÂEAM]Y ‘U0)108/8188 PO oUWES oi sta)8 pue ‘0109 119$ 209814 S,U0Jejpuog 000000XX000000 squreqduo 1eumng Jo SPUCX [le PUE Sue ‘SdWUIS. -semn/) — 000000 — HOLLON HLAVAH If You Want to Have a fat good-looking horse, with a nice s'eck glossy coat, head up and al- ways feeling good just use McDONALD'S CONDITION-POW- DERS they are the best in the market for diseases of Horses, Cattle, Sheep, Hogs «nd Poultry, they increase sppe- tite and promete digestion, regulate the bowels, kidneys and liver, purify the blood, cure distemper, coughs, colds, thick wind and prevent Epi- zcotic, remove all humors, roughness of the skin and hair, in fact every kind of disease to which stock is sub- ject ; this powder can be administer- od withthe most satisfactory result, Putup in fuli lb packages retaïl at 30 cts. 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