j— l755 J763 —-: PERTE SOUVENANCE PAGE 33 l x V l t régiment des gardes de Sa Majesté. L’année suivante, le jeune adolescent rejoignit l’armée anglaise dans les Flandres. Nommé lieutenant, il se battit en 1743 à Dettingen et il fut promu capitaine le 24 juin 1744, le jour de son 18° anniversaire de naissance. L’année suivante, Robert Monckton prit part à la bataille de Fontenoy, en qualité d’aide de camp de Lord Dunmore. Le 15 février 1747, il est nommé major. A 21 ans, c'est le plus jeune major de toute l’armée anglaise. Mais sa fulgurante ascension ne faisait que commencer. Robert Monckton est promu lieutenant—colonel le 28 février 1751. Puis, le 21 novembre suivant, à la mort de son père, il est élu aux Communes comme député de Pontefract. En 1752, il fut envoyé à Halifax où il devint membre du conseil, le 28 août 1753. Le 21 août de l'année sui- vante, on le transféra à Annapolis comme lieutenant— gouvemeur. En 1755, Robert Monckton amena de Bos— ton environ 1 500 hommes de troupes provinciales, à la tête desquels il s’empare des forts Beauséjour et Gaspareau. Heureux de tels résultats et entièrement conquis par son efficacité, le lieutenant-gouverneur Lawrence lui confia le mandat d’exécuter des hautes oeuvres contre les Acadiens, c’est—à-dire la Déportation. Robert Monckton s’en acquitta, nous dit Lejeune, « avec un cynique sang-froid et avec une allégresse sauvage dont il ne se départait jamais ». Il donna ses instructions à ses sous-officiers, Viñnslow, Murray, Handfield et au— tres officiers. Comme salaire, on lui accorda, en décem— bre 1755, le titre et la charge de lieutenant—gouverneur de la Nouvelle-Écosse. En 1758, nous dit Bona Arsenault, plusieurs familles de fugitifs acadiens vivaient cachées dans les bois de la rivière Saint—Jean, au Nouveau-Brunswick actuel. Robert Monckton reçut l’ordre d’aller les déloger de leur retraite. L’expédition de 1 200 miliciens, commencée le 16 septembre 1758, dura deux mois et fut poursuivie, au mois de janvier 1759, par Moses Hazen, l'un de ses officiers, d’origine hébraïque. Toutes les maisons furent incendiées sur une distance de 35 milles. Plusieurs Acadiens furent tués et vingt-trois faits prisonniers. Les autres, fuyant à travers les bois, purent atteindre les rives du fleuve Saint—Laurent. En 1759, Monckton est commandant en second, sous les ordres du général Wolfe, des troupes de terre dans l'expédition dirigée contre Québec, avec titre de bri- gadier—général. Il prit une part prépondérante aux opérations, en s’emparant d’abord des hauteurs de Lévis. Mais tous ses efforts, combinés avec ceux de Wolfe et de Townshend, vinrent se briser contre les troupes françaises à la bataille de Montmorency. Les deux brigadiers avisèrent alors le général Wolfe que, s’il voulait en finir avec les assiégés avant la venue de l’hiver, il était urgent de lever le camp et de tenter une descente au-dessus de Québec, par l'Anse- au—Foulon. On sait que la combinaison réussit à merveille. Le 13 septembre 1759, les troupes de Monckton se trouvèrent rangées en bataille sur les Plaines d’Abraham. Le 15, il écrivit à W. Pitt, du camp de la Pointe-Lévis, pour lui rendre compte de l’état du siège : l’ai le plaisir de vous annoncer que, le 13 courant, les troupes de Sa Majesté ont remporté une victoire signalée sur les Français, un peu ait—dessus de Québec. Pendant qu’il exerçait tous ses efi‘orts sur la droite de notre armée, le général Wolfe reçut, presque au commencement de la bataille, une blessure dont il mourut peu après. Moi—même j’ai eu Ie grand malheur de recevoir a la poitrine, du côté gauche, une balle qui a percé une partie du poumon et qui a été extraite sous l’omoplate de l'épaule. l'ai été frappé juste au moment où les Français reculaient et j’ai du quitter le champ de bataille. j’ai alors exprimé le désir que le général Townshend, qui commande main— tenant les troupes devant la ville, dont il sera bientôt en possession, je l’espère, vous fasse le rapport des événe- ments de la journée de nos opérations. Les troupes de Sa Majesté ont montré la plus grande fermeté et la plus grande bravoure. Comme les chirurgiens me disent que ma blessure n’oflre aucun danger, j’espère que je sera bientôt capable de rejoindre l’armée devant Ia ville. Le 24 septembre 1759, promu colonel, Monckton se rendit à New York et reçut le commandement des troupes à Philadelphie. Le 20 février 1760, on lui accorda le grade de major-général et, le 20 mars 1761, le titre de gouverneur de New York et de commandant en chef des forces de la Province. Mais, la même année, il fut mis a la tête des troupes de terre dirigées sur les Antilles, tandis que l’amiral Rodney commandait les forces navales. Tous deux s’emparèrent non seulement de la Martinique, mais encore des îles de Grenade, de Sainte—Lucie et de Saint-Vincent. Ils furent félicités en commun par un vote unanime des députés a la Chambre des communes. Le 28 juin 1763, le général Monckton, couvert de gloire, rentra en Angleterre, à peine âgé de 37 ans. Le 14 juin 1765, lorsque Sir Henry Moore fut investi de son gouvernement de New York, on le nomma gouverneur de Berwick—on—Tweed et Holy Island. Le 30 avril 1770, il recevait la commission de lieutenant- général et, huit ans plus tard, la charge de gouverneur de Plymouth. Il représenta ce comté comme député au Parlement de Londres durant trois ans. Robert Monckton est mort le 3 mai 1782 à l’âge de 56 ans. La ville de Moncton, au Nouveau-Brunswick, qui portait autrefois le nom de Le Coude, perpétue mémoire, bien que l’orthographe ait été modi— iee. (Retitré et tiré de Héritage Acadien, revue d’histoire et de généalogie dirigée par Florian Bernard, no 8, juillet 1995)