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Tignish, Ile du Prince Edouard, Jeudi le 9 Mars 1899 LE GRAND VAINCU — 0X0 —- TROISIEME PARTIE La Defense de Quebec —-0X0 —— (suite) Varin frença les sourciis ;! mais cette première découverte avait si bien enflammé son es- prit cupide qu'il ne résista pas à l'invitation du chasseur. Il prit la plume et, seus la dictée de David, écrivit la de- claration suivante : “Je soussigné, Varin, subdé- légué de M. l'intendaut général du Canada, certifie que le nom- mé Pierre Kernlaz n'est pas l’auteur du détournement cons- taté dans la Caisse de l'inten- dance. Je retire en conséquence la plainte que j'ai formée contre lui et j'invite M. le grand-pré- vôt à le faire mettre en liberté.” Et il allait signer, lorsque Da- vid lui arrêtant la main : — Pardon, monsieur J'inten- dant, diti', mais cette malheu- reuse affaire ne sera entière- ment étouffée que si le déficit en question est comblé. —En effet... mais... — Or, puisque je vais vous li vrer des millions, il me semble que vous pourriez bien prelever sur le trésor dix-huit pauvres mille livres que vons verseriez | dans la caisse de l’intcndance. M. Varin fit un soubresaut. David continua tranquillement : — Veuillez donc ajouter à cet écrit les Jeux ligues suivantes : “Je m'engage personnelle- ment à couviir de mes deniers le déficit de dix-huit milie livres constaté dans Ja caisse.” L'intendant hésita un instant; mais le chasseur lui ayant dé- claré d'un ton ferme que s'il ne faisait pas ce léger sacrifice les millions du vieux trappenr ne seraient pas pour lui, il finit par s’exécuter de bonne grâce, ajou- ta cette dernière clanse et signa. David mit tranquillement le papier dans la poche de sa veste et Varin s’empara lestement des mille écus étalés sur ie rocher. S'adressant alors aux ouvri- eTS : — Venez ici, dit le chasseur, et travaillons ferme pour enle- ver ce rocher. La pince en fer fut enfoncée à grands coups sous l’un des rocs aplatis qui recouvraient le trésor du trappeur. Darid, les trois ouvriers et les denx valets de chambre de l'in- tendant vinrent peser sur le le-| vier. Mais la pierre semblait ri-! IR rée au sol ; elle ne bongeait pas. Vous avez vu, le rocher allait! N h Ii faat dire que les elbiie de tomber... li s'en est fallu d'un Your tomac ‘ a? , É | David Kerulaz et de ses compa- ”ien.….… et s'était justement Île! gaous étaient plus apparents que réels et que, tout en ayant. l'air de se donner beaucoup de. mal, ils pressaient fort molle. lemeñt la pince de fer. Varin frémissait d'impatience. Il voulut prêter main-forte et l Î 1 vint veser à son tour sur le jie-| mise ; nous 1eviendrons. demain | vier. David ie laissa faire et se! divertit intérieurement des ef-| forts sarhumains de l’intendant qui, la perruque de travers et. tendant d'une voix un peu é- les yeux sortant de l'orbite, su- | ait à grosses goutles pour re muer l'inébranlable rocher. —Courage, monsieur Varin, disait David, courage !...…. il me | semble que le gueux a fait un monvement....…. oui, tenez, il se soulève. Allons ! un dernier ef- fort !...Ah! mon grand-père é- tait un fameux homme s’1i a pu déplacer ces rocs à lui tout 7: ARS En achevant ces mots, Bia:- de-Fer pesa légèrement sur le levier. Le roc se sonleva aussi tôt, et La pince étant entrée plus avant, il y eut un faible inters tice entre la pierre et le sabl: sur lequel elle reposait. Darid courut chercher la lan- terne, prit un bâton et, l'insinu- aut dans cette fente : — Tenez, tenez, dit], on sent au bout de ce bâton un gros sac plein d'or. —C'est la vérité ! s’écria Va- rin en tâtant à son tour. Itse jeta À plat ventre, fit glisser seus le rocher les rayons! de la lanterne et se relevant en criant : ——Ouai, ce sac est éveutré et j'ai vu luire des iiugots d'or !.….. À l'œuvre, a l'œuvre ! renver sons le rocher ! David fit un signe impercep tible à ses compagnons. Ils appuyèrent alors vigou- reusement sur le levier. Le ro- cher fut soulevé ; :en vit dis- tinctement le sac d'or. Mais au même bruit sec se fi: entendre, l'é- norme pierre retomba lourde- ment et David, portaut ses deux mains à sa tête comme sir cüt voulu s’arracher les cheveux. s'écria : —Mort de ma vie! la pince est brisée ! L'intendant pâle. Vous n'avez pas un autre Varin devint outil ? demauda-t-il. --Mon Dieu non ! qui aurait! pu se douter que cette pince cè- derait au moindre eflort 2... 1l y avait une paille, voyez vous, monsieur l’intendant. David Kerulaz avait l'air si sérieusement désolé que ses trois cCompagnous, qui: étaient dans le secret, en moüraient d'envie de rire. ——Ah ! quel malheur ! reprit David..au moment de réussir ! plus gros des sacs que nous al lions prendre... Ah ! quei ma:i- heur, mon Dieu ! quel malhenr ! Var n était consterné. —Enfiu, que voulez vous ? poursuivit le chasseur avec nu soupir, ce n’est que parti: re- soir, et, cette fois, nous pren- drons deux pinces. —Mon brave David, dit l’in- (Suite à la 8me Page) instant un! 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