: : À | à” rs de RE Ps mon ns + en si > A ii a Ein: Vol. 3 No. 32 Nouvelle Serie LOUVRE DFAOELE CIE DE LIMPARTIAL, Proprietaire | Fondé en 1893 par Gilbert Buote et son fils Francois Joseph DEd CHAMBRES ANGLADES, LE ROL GEURGE V ET LA REINE MARIE QUVRENT LE PREMIER PARLEMENT DE LEUR REUNE. Londres, 6 février —Le roi Geor |P'tilibéral reprit les rênes du f ges et la reine Marie, accompagnés | gouvernement et la Chambre haute du prince de Galles, ont ouvert officiellement, aujourd'hui, le par iement britannique. La cérémo:- nie a été solennelle et grandiose comme autrefois. Kien n'a été o- mi de ce qui pouvait ajorter à la splendeur de cet événement social et politique, le plus importaut qui précèdera les fêtes du couron"s- ment. Les souverains et le prince héritier ont quitté le palais de Bucking- ham daus le superbe carosse d'Etat, traîné par six chevaux portant des harnais d’or et d'argent. De cha- que côté du carosse marchait un yeoman de la garde. En avant é. tait la garde du roi. Le cortège était magnifique. Les membres de la maison royale, en leurs plus beaux équipages, défi- laie 1t derrière la voiture tradition- nelle. Les Auglais aiment l'éclat de la royauté et l'une de leurs lus gran- des joies est de respecter scrupu leusemeut les antiques coutumes. On en a eu une nouvelle preuve aujourd'hui. Les trônes où se sort assis le roi et la reine sort deux lourds fauteuils de chêne sculpté que suimontent des couronnes. Ces fauteuils ont des ornements d'or et de pierreries. Les pieds reposent sur des lions. Sur les dossiers, il y a aussi des lions. Chaque fiuteuil porte uue broderie de soie sur la- quelle est dessiné l’étendard rcy al. Le roi et la reine étaient rer ê- tus des robes royales de velcur: cramoisi avec garniture d'hermine. Autour des trônes on voyait les grands de l'empire, les représan à me des pays étrangers et les com- “TA mes. . _tissaires des colonies, tout portant leurs costumes de gaia. Au point de vue politique, l'ouverture du parlement actuel est un événement d'une importance De graves questions sont à régler. La Chambre des lords sera de nou- veau appelée à adovter le fameux bill du veto, qui doit grandement diminuer sa puissance, <ette me- sure est le résultat direct du ces lords d'accepter le budget de Lloyd-George, en que ce refus a causé la dissolution du parlement en janvier 1910. Le exceptiouelle. refus 1909 On sait |fut forcé d'accepter le budget. Mais pour éviter à l'avenir une telle crise, un bill fut préparé par les chefs du gouvernement. Ce bill enlève aux lords le droit d’iu- tervenir daus les questions de fi- nances, Sa gMajesté le Roi George V. La mort du roi Edouard VII, le priutemps dernier, mit un tèrme au différend qui existait entre les Communes et la Chambre haute et le roi Georges V essaya d'assu- r-r une entente parfaite en convo quant en conférence les chefs des partis rivaux. (Cette conférence dura tout l’été dernier, mais sans donuer de fruits. Au mois de no- vembre, on annonça que ien n’a- vait été déciié. La Chambre des Communes aussitôt adopta le bill de veto de M. Asquith et les lords La conséquence fut uue nouvelle dissolution du parle- ment en novembre, le 28, et le jeu. ple dut encore une fois exprimer Le parti libéral fut Imaintenu au pouvoir pai une me£- jorité de cent vingt six voix Si la Chambre des lords conti le rejetèrent. l {ses volontés. nue à refuser d'accepter le bill du; 1 veto, le roi Georges V sera obligé |de créer un nombre de lords libé- | Rés |raux sufhsant pour assurer l’adop- | Ition de cette mesure. Naturelle- (ment, le souverain se rendra avec j } | regret à cette nécessité. La question la pius importante que le nouveau parlement aura à résoudre, est assurément celle du veto des lords. Le bill du veto | comporte ce qui est consiièré com- me une atteinte à la constitution. Il abolit en réalité le pouvoir des lords de renvoyer tout projet de loi adopté par le Communes depuis trois sessions (dans un espace de moins de deux ans) et qui a été trois fois rejeté ou non réglé. Pour assurer le contrôle des finances par les communes et régler la situation créée par le refus des lords d’accep- ter le budget de Lioyd George, le bill pourvoit à ce que tous les bills relatifs aux finances qui ne sont pas acceptés par la chambre haute, un mois après qu’ils lui auront été soumis, deviennent loi, avec la per- mission du rui.. Ce Bill donne RESURRECTION (De l'Action Sociale) Pendant plus d’un siècle, cadiens de la Nouvelle-Ecosse fu- rent oubliés ; le monde ignorait jusqu’à leur existence. Ils profitè- tent du répit pour respirer ; tou- | jours hors la loi, ils ne :ouissaient \d’aucuns droits politiques ou civils. Mais pour eux, il s'agissait bien de droits politiques, quand ils n'a- vaient pas même le pouvoir de ruen- dier leur pain dans ces fermes, où ils avaient vécu si heureux et qu’on leur avait volées. Pourtant des hommes généreux s'émurent sur le sort pitoyable de ces parias et en 1820, Haliburton parvint à les faire reconnaître com me citoyens britanniques. De uouveau la vague de l'oubli se re ferma sur eux. Trois groupes principaux avaient réussi à se reconstituer ; détail cu- rieux, ces gens paisibles s’igno- raient les uns les autres ; chacun pensait être seul à avoir survécu. Rameau de Saint-Père, qui re- traça l’histoire poignante de l'Aca- die, découvrit—c’est le mot—les é- paves de ia race infortunée, de sor- te qu’en 1871, ou apprit, que le nombre des Acadiens s'élevait au chiffre de 99,740, ,dont 32,883 dans la péninsule de la Nouvelle. Ecosse et au Cap-Breton. pleine autorité à l’orateur des Com- concernent que Jes taxes, les prêts: et crédits, et est véritablement un| bill ayant rapport à une pos) d'argent. Enfin, une dernière pré-! vision porte la durée du parlement à cinq ans au lieu de sept, Il est question dans le bill de substituer à la Chamb:e haute une secondz chambre, constituée sur une base populaire et non pas héré- ditaire. Les ouvriers irlandais sont moins conciliants. Ils demandent !l’abo- lition de la Chambre des Lords. Après le bill du veto le bill du home rule pour l'Irlande et peut. être aussi pour les autres paities de l'Angleterre, est sans contredit celzi qui soulèvera les débats les plus mouvementés. à Les lords ont accepté de faire la réforme de leur chambre, mais non pas d’une façon satisfaisante pour libéral. Les des lords Rosebcsry et Lansdowne le parti résolutions proposent le reglement de diffé- rends durant depuis un an, par une session conjointe. Les questions fort graves seraient soumises à un référendum. UNE BATAILLE SANGLANTE —L'habile général Orozco, qui commande quelques millie:s de re belles mexiçains a réuisi ré l'armée du général qni se compose de sept cents hom \ a entou A Samalyncca, c’est à dire à vingt-cina milles au sud de Juarez, les soldats du gouvernement ont atteint les rebelles et l’on assure qu'un combat sanglant, qui a coû- té la vie à ur grand nombre d'hom mes, a été livré. Le gouvernement provisoire de Chihuahua est actuellement à El Paso, dE dub LE PAPE ET LE KAÏSER L'avis officieux de Berlin afir- maut que le kaiser ferait une visi te au Pape en mars prochain, lors de son voyage en s de à ot détun AANT: à À (GUN 4 pu Ctr6 COBTIFMÉ, Nayarro, | Sicile et à Cor- | | _ Les personnages de l'entourage du Pape disent que le kaiser sait que sa visite au roi Victor-Emma- uuel à Rome, pendant les fêtes de la célébration, serait considérée | nerait avec le Vatican une rupture | compiète, laquelle le Kkaiser ne [tient pas à provoquer. Si le kaiser est déterminé à se tendre à la cour de Rome durart la |céiébration, le Pape ne le recevra pas. L'ELEPHANT AQUATIQUE —On annonce que le docteur Tro- vessant a découvert dans l'Afrique | Centrale, un animal mystérieux qui C'est une espè- | ces d'éléshant, les indigènes l'ap | pellent l'élephant aquatique. | Sa hauteur ne dépasse pas six pieds. Son cou est plus long que | celui de l'éléphant. L'empreinte | qu'il laisse sur la grève, ne ressem- | ble pas à celle de l’éléphant. Leur: trompes et leurs pareilles SUUE FES CAUTERS | vit dans les lacs. comme une insulte au Pape et amè- | Dans le vieux Cofire de Bois blanc | | Le dernier numéro du Passe- Temps (414) contient huit mor- |ceaux de musique dont voici les ti- Îtres , | 1, Dans le vieux Coffre de Bois | blanc, ballade de L.J. Doucet ; 2, Ma Brune Amie, chanson in- terprétée par Germain ; | 3, La Course aux Papillons, mé- {loiie de I,. Bordèse : { 4, Fleurs et Pensées, chanson de ! Pal Delmet : 5, Tes Yeux, chanson ; | 6,Sur le Pont d'Avignon, poême en prose de L J. Doucet ; | 7, Vander-Merscheri, marche pour piano qui a obtenu un immen- se succès an Parc Dominion ; | 8, Thérèse Valse, pour piano. Aussi : Porcraits d'artistes, uom- bre d’articles instructifs et amu- |sants, et un monologue, Un nu- ' munes de décider si les mesures ne| De 2,000 à 32,000 en un siècle ! C'était peu et c'était beaucoup. Peu si l’on considère qu'alors la population totale s'élevait à 387,- 800. Beaucoup, lorsque l'on songe qu’ils s'étaient multipliés plus de 13 ‘ois et doublés près de 4 fois. Ces progrès des Acadiens dans la Nouvelle-Ecosse, bien que surpre- vauts, furent moins rapides qu'ail- leurs. Le point important à noter est celui-ci, —je souligne à l'intention des orateurs illustres qui parcou- rent le Canada à une si rapide allure, qu’ils n'ont pas le temps: d'apercevoir autre chose que ce qu'ils avaient décidé au départ de signaler—le point à noter est lui ci : les Acadiens ont mainte- nu leurs positions, ce qui suffit à démentir les prévisions de leurs en- nemis. Bien plus, de 1871 à 1901 —c'est- à-dire, un espace de 30, ans leurs | progrès ont été d'autant plus mer- veilleux que plus difficiles à expli- quer. Dans cet intervalle, ils sont passés de 32,883 à 45,067. Déjà l'influence s'en fait sentir. Ils ont : au Sénat du Canada, un sévateur, l’hon, A. H. Comeau ; au ministêre de la législature pro- vinciale, un ministre sans porte- feuille, M. H. $. Leblanc, et trois députés, MM. J. Comeau, Félix Landyr, Henri Leblanc ; preuve de leur force au jour du scrutin ; au conseil légis'atif —sorte de sénat | provivcial—deux conseillers. MM. Isiäore Leblanc et H. M. Robi- chaud ; ces derniers sont nommés par le gouvernement, preuve enco re que les Acadiens comptent pour quelque chose au point de vue po litique. Je transcris avec plaisir ces noms, purs noms acadiens. Je serais curieux de savoir com bien les catholiques de langue an- glaise possèdent de titres à opposer à ceux-là et dans quelle mesure ils doivent leur avancement aux votes des Acadiens. Que répondra-t-on à cela ? Rien ; on parlera de me baillon ner. C'est donc vrai que la vérité choque. Pacifique. om, RS New-York est sous la neige La tempête de Leige qui s’est a- mére, & SOUS, par ja poste, 6 sous, battue la cemaine dernière, sur les A- |de pauvres sont remplis. quarante cinq milles à l'heure et F. J. BUOTÉ, Redacteur, Mme. F. TiGNISH, ILE DU PRINCE EDOUARD, MARDI LE 21 FEVRIER, I9II [New Vork a causé la mort d’une Fous Les blessés sont au | nombre de soixante treize. Des, sont les | chutes sur les trottoirs causes des biessures. Les refuges A L'INDEX Le dernier numéro des ‘Acta A: postolicae Sedis'’’ promuigue Ja |mise à l'Index des ouvrages sui- EE de laugue française. Joseph Turmel : ‘Histoire de la théologie positive du Concile de Trente au Concile du Vatican.”? Paris. ‘La vraie science des Ecritures] ou les erreurs de la scholastique et l’enseignement officiel de l'Eglise sur le vrai sens de la Bible, par X. Brmonay et Montligeon. Pierre Batiffol : ‘‘L’Eucharistie, la présence réelle et la transsubs- tantiation.”” Paris. Plusieurs ouvrages allemands, es- pagnols et italiens sont aussi portés : sur le catalogue de l’Index, par ce même décret de l'Index äu 2 jan- vier 1911. nee rte mt Un complot maconnique Le correspondant romain de l'‘‘Unione,'’ journal catholique de Milau, signale un complot maçon- nique dont il a eu connaissance par une lettre adressée à une personne due l’on voulait engager dans ce complot, lettre qui est tombée entre ses mains. De cette lettre, il résulte qu'à l'i pitiative du centre maçonnique in- ternatinal de Paris il s’est consti- tué une ligue internationale d’hom- mes politiques, qui compte déjà une centaine de membres, dont vingt italiens, à l'effet d'organiser une a gitation pour provoquer la suppres sion des représentations diploma- tiques des divers pays auprès du Vatican. Après la suppression des ambas- sades de France et de Portugal, qui est un fait accomp'i, la ligue tra- vaille actuellement l’Espague et a- gira spécialement en Allemagne par le moyen du modernisme et du protestantisme. . Il faut croire que cette suppres- sion tient bien à coeur à la France- Maçonnerie, puisque certains jour- naux répandent d'autre part le bruit que le Saint-Siège à l’inten- tion de supprimer ‘de son côté ses nonciatures à l'étranger, bruit ab- solument faux du reste, mais qui est peut-être destiné à préparer le terrain à la suppression des léga tions étrangères, en laissant enten- dre que le Saint-Siège renonce lui- même à ces sortes de représenta- tions. tés Tempète aux États-Unis Boston, 7.—Une tempête de neige a fait rage dans la Nouvelle Angleterie la semaine dernière. Le vent soufflait à une vitesse de les services des trains, des télé. graphes et des téléphones ont été paralysés dans les Etats du Maine, du New Hampshire, du Vermont, du Massachusetts, dn Rhode Is- and et du Corecticut. À Boston, huit écoles publiques sont restés closes le matin. NÛÔTRE PARESSE Qui aime bien châtie bien. Au lieu de prodiguer des louanges à notre race, il fant, dans le siècle de lutte actuel, lui signaler ses défauts et l’inciter à s’eu corriger. Les louanges ? Méritons les de nos com- patriotes. Pousser la naïveté ou la présomption jusqu’à nous en décer- ner nous-mêmes, ce serait, lorsque évènements sur évènements don- uent raison aux ennemis de notre ! été eu quelque sorte les artisans de J, BUOTE Assistante, 18 ANNEE UN DRAME DE LA MISERE Toute une Famille Asphyxiee par le Gaz. On vient de découvrir, à Brook- lyn, une famille entière, compre- nant le pèré, la mère et les deux enfants, asphyxiée par le gaz. Les quatres corps étant étendus fsur le iême lit, ceux des enfants entre ceux des parents, il était évident qu’il y avait eu suicide concerté en- tre le père et la mère. Frank Bernard avait été jusqu’au mois d'août dernier professeur de gymnastique au Pratt Institute, au Polytechnic Institute et au 23e ré giment. (C'était un homme de for- te constitution, d’une intelligence claire et possédant, entre autres qualités, le goût de l'épargne, puisqu'il avait pu économiser six cents dollars sur son salaire. Mais au mois d’août dernier, Ber- nard perdit sa situation et pe réus- sit pas à trouver un autre emploi du même genre. Il pensa alors à devenir opérateur d'appareil ciné- matographique et ertra dans l’u- nion des opérateurs. Sans doute, ce métier, ainsi que beaucoup d’au tres, ne permettait pas à Bernard de subvenir aux besoins de sa fa- mille, car les 600 dollars d’écono- mie réalisés par lui, et qu'il possé- dait encore i tacts au mois d'août dernier, s'étaient réduits à 370 dol- lars le 3 janvier dernier. Pour comble de malheur, Ber- uaid tomba malade d’une attaque de grippe. Les ressources s’épui- fsaient ; lundi dernier, Mme Ber- uard dit à une voisine"que son ma- ri était malade et ne pouvait pas trouver de travail, que ses enfants avaient besoin de lait et que, pour acheter ce lait et les médicaments pécessaires à son mari, il ne lui restait que cinquante sous. Voyant l'impossibilité où ils é- taient de setirer d'affaire, et trop fiers sans doute pour demander l’aumône’ les malheureux parents décidèrent probablement d’un com- mun accord d'en finir avec l’exis- tence et d'épargner aussi à leurs enfants les tortures dela misère en les faisan. passer doucement de vie à trépas. Lorsque le docteur MacMillan, du Brooklyn Hospital, appelé en toute hâte après cette triste décoo- vertel arriva, il déclara qua la mort des parents et des jeunes enfants remontait à plusieurs heures. coeur. On a beau dire et nai faire, si nous sommes maltraités à qui la faute? N'avons-nous pas, nos malheurs. Il aurait fallu, à chaque empiètement sur nos droits, protester, protester unanimement, protester énergiquement. Il y a longtemps que nos ennemis sont connus, longtemps aussi qu’ils tra- vaillent à notre perte. Pourquoi n’avoir pas, plus tôt, opposé la ré- sistance ? Parce que tout nous faisait défaut : l'union, ’organisa- tion, la combativité. A vrai dire, jamais les Canadiens français d'On- tario n'ont été outillés pour la lutte. Et, le plus grave c’est qu'ils ne le seront que très imparfaite- ment tant qu'ils n'auront pas su dompter leurs défauts nationaux. Pour se corriger d'un défaut il faut le connaître. Un examen de conscience s'impose. C'est cet exa- men que nous allons faire cette an- Que nos lecteurs le fasse avec nous. Tous les mois nous re- viendrons à la charge. Peu à peu nos défauts, grands et petits, y passeront. S'ils peuvent y trouver leur coup de grâce, tant mieux. A tout seigneur, tout honneur. La paresse est la mère de tous les vices. Et les Canadiens français en sont atteints....Ce n'est pas à dire qu’ils aient le travail en hor- reur et que les heures d'oisiveté soient pour eux les plis exquises. Règle générale, l’ouvrier canadien- français est un rude travailleur. Qu'il soit cultivateur ou qu'il soit artisan, il déploie beaucoup d’éner- gie, de vigueur, d'endurance. Mal- heureusement, celte ardeur au tra- vail se transforme en apathie, indo- lence, paresse, dès qu’on entre dans la sphère intellectuelle. On vou drait tout savoir sans rien appren- dre. L’effort qu’exige l'étude dé- sarme une volonté qui, lorsqu'il s’a git de travail corporel, s'attelle à la tâche sans hésitation. Au collège, le jeune homme perd beaucoup de temps ; le bagage de science qu'il emporte avec lui, à la fin £de ses é- tudes, n’est jamais lourd, Réussir dans les examens, décrocher un di- plôme, obtenir une médaille, tout est 1à. Etudier pour s'instruire, voilà le moindre souci de la gent é- colière. Siencore elle puisait, dans nos maisons d'éducation supé- rieure, le ferme désir d'acquérir la science ! Mais non ; l'apathie qui lui fait trouver son instruction suf- fisante est plus déplorable que son ignorance, née, merciale ou un cours classique, les jeunes gens ont l'amibtion satis- faite dès qu'ils obtiennent une situ- ation capable de leur assurer une existence facile. Alors, ils se laissent Lallader mollement sur la mer de la vie. S'ils embrassent les carrières libérales, leur idéal est d'y faire de l'argent. Rarement au- ront-ils à coeur le parachèvement de leurs études et l'acquisition à’ une science sûre, vaste, profonde. Nos jeunes gens instruits ne sai- sissent pas l'importance de la mis- sion qui leur incombe. A les voir, on dirait que l'instruction est pour eux un simple moyen d'éviter les travaux manuels, de gagner leur pain sans peiner. L'Université mène à la profession ; la profession à l'existence facile.... Grave erreur ! Une vie qui n’a pas un but noble ne vaut pas la peine d’être vêcue. Quiconque se borne à vivre dans une aisance re- lative, quand il peut rendre d:g services à la société et à sa nationa- lité, est un lâche. Il faut viser plus haut beaucoup plus haut que cela. Avant d'être avocat, notaire, médecin ou journaliste ou ingé- nieur, on est citoyen. Comme tel, tout homme se doit à sa Patrie et est tenu de lui être utile dans toute la mesure de ses talents. Il sera beaucoup demandé à celui qui aura beaucoup reçu. Notre classe dirigeante est plus remuante que savante, plus bru- yante qu'importante, plus nem- breuse qu’excellente. La politique est l’objet de ses prédilections. Par contre, où sont nos hommes vérita blement instruits ? Où sont nos hommes ambitieux de briller par leur culture intellectuelle, par ia dignité de leur vie, par la sûreté de leur science ? ‘’Rara avis.’’ La faute en est à notre paresse. Pa- resse qui entretient chez les étudi- ants une énergie nonchalante ; pa- resse qui laisse dormir dans la poussière les livres de jeunes gens à peine sortis des Universités ; pa- resse qui engendre chez l’homme de talent, le goût du jeu de zartes, la passion des luttes politiques, l’a- mour des lectures frivole ; paresses qui arrache aux travaux intellec- tuels les intelligences les ples bril- les plus droits. (C’est cette paresse qui prive la nationalité canadienne- française de généraux capables, dans la lutte pacifique d’aujour d'hui, de guider avec autorité de patriotes bataillons. Tous les hommes qui, dans l’his- toire, ont lai-sé un nom glorieux, ont été des travailleurs. Aujour- d'hui, encore, les Canadiens-fran- çais qui inspirent le respect sont des bûcheurs. Il faut brûler plus d'huile dans sa lampe que de vin dan: sa coupe, comme disait un sage de l’antiqui- té, pour devenir quelqu'un et faire quelque chose, existence, d'une ironie À fendre In Qu'ils aient fait nn eaurs cow- (Charles Leclere, dans “Le Prés nu lantes et qui fausse les jrgements à & 4 ré