j'appuieral éuergiqueme LE PIRT CONSERVAT Le Premier Ministre raconte son Histoire et expose sa politique Discours Programme éioquent Ce que le Parti Conservateur a fait et fera pour le pays. IL A FONDÉ LA NATION CANADIENNE JUSTICE AUX MINORITÉS KT PROTECTION NATIONALE TEL EST SON PROGRAMME L'œuvre néfaste des Libéraux Discours prononcé par Sir Charles Tupper à la salle Windsor, Montréal, le 16 Mai 1896. Samedi soir, 18 mai, au Windsor Hall, Montréal, tous les amis de la libre dis- cussion,à quelque parti qu’ils appartins- sent, ont pu entendre, pendant près de deux heures et demie, le chef du parti conservateur leur exposer le programme du parti, leur montrer ce qu'il avait fait rour le Canada dans le passé et ce qu'il se proposait de faire dans l'avenir. La vaste salle regorgeait d'une foule compacte, sympathique, enthousiasmée. Personne n'avait cru devoir détier sir Charles Tupper de parler, personne, non plus n’a cherché à etoutrer sa parole éloquente ; et si le premier ministre 4 été interrompu à maintes reprises, il le doit à l'enthousiasme du public qui sem- blait ainsi vouloir protester par ses ap- plaudissements contre la conduite iu- digne de la clique du Parc Sohmer. Jamais peut-être aomme public n’a reçu à Montréal plus chaleureuse ovation, ovation que méritaieut d'ailieurs les services rendus au pays par ce vétéran de nos luttes politiques et par l'exposé clair, honnête, logique du programme vraiment patriotique et natioual du parti dont il est le chef. Parmi les personnes présentes sur l'es- trade, on remarquait M. W. W. Ogilvie, qui présidait, l'hou. A. R. Angers, Hou. L. ©. Taillon, l'hou. A. Desjardins, Dr Hoddick, Sir Wm. Hiugston, Son Hon- ueur le Maire, Sénateur Drummond, Sé- nateur Villeneuve, Sénateur O'’Brien, lhen. A. W. Morris, l'hon. Louis Beau- bien, MM. À. F. Gault, J. A. Cantlie, S. H. Ewing, Hugh McLennan, Richard White, G. F. ©. Smith, P. G. Mignault, C. R., Wu. Angus, Win. Weir, Mathieu, Delorimier, Donald Macmaster, C. KR; John S. Hall, F. S. Maclennan, John Hyde, D. H. Henderson, James Crank: shaw, Albert Cranksbaw, Win. Roddeiïf kR. Stanley Bagg, F. J. Bisaillon, C. # H. Jeannotte, M.P., Dr $S. Lachapelle, M.P., Bernard ‘Tansey, Edgar Judge, François Martineau,M.P.P., Jobn Horne, Joseph Horsfail, J. H. Mooney, C. N. Armstrong, S. Carmichael, David Sin- clair, E. H. Lemay, J. EH. Jacob, kK. McKinnon, A. Kaza, Dr Blackader, J. ©. Joseph, Sect. Hon. du club Libéral-Cou- servateur, D. A. McCaskill, W. S. Good- hugb, J. A. Ouimet, W. H. Baker, Camp- bell Lane, Austin Mosher, J. A. Marsa, Dr Mount, C. E. Gault, T. P. Builer, d. G. H. Bergeron, M.P.; Lieut.-Col. Strathy, ex-échevin, Lamarche, M. Cbhs Foley, échevin Connaughton, John Burns, W. McLea Walbank. ki EG mour, Dr Germain, D. Tansey et nom- bre d’autres citoyens importants de ntréal. j président a ouvert l'assemblée en annonçant que le Dr Roddick qui ay ait définitivement accepté la candidature pour la division St-Antoine, allait dire quelques mot à l'assemblée. LE DR RODDICK sympathique candidat s'adressant & _ tres, les 2 remerciés de ia cos- fiance dont ils l'honoraient. Nouveau venu dans la politique, ses adversaires ont cependunt déjà trouvé le 10} en de tui adresser un reproche grave : C'est È ecin ! , + dre le plus grand ministre des finances que la France ait jamais : n’était pas un médecin, dit le Dr Rod- dicx ! Comme si le chef aimé de notre parti, celui qui va encore nous conduire une fois de plus à la victoire n’était pas médecin. “Sr ‘Charies Tupper est alors intro- duit par le président, au milieu des ac clamations de toute l'assistance. Voici iscours : Se le président, Messieurs, si Si je suis élu, dit M. Roddick, j'appuie- rai la politique conservatrice, telle re formulée dans le manifeste tre e sir Charles Tupper, je Core ET maintien d'un tarif OR, e conçu, bien étudié et modéré, 2 ne en aidant au développement rev iv = ses industries à paye. ne pèsera P ct sur le peupie. È + ou est venu où nous TR chercher a établir des relations pro ta ciales plus intimes entre les TRS parties de Empire. (C'est dans ce : direction que tendent les grands Lomm s d'Etat en Angleterre et le Due. vw " ses vastes ressources, sa ve çû x ceptionpelle ne peut que gagner ce Er veloppement des relations Cum les avec l'Empire et ses ue. si Au sujet de la question des er qui e si profondément troublé en | phère politique, je n'ai . g A è SRE: efforts pour rendre jus- went dans Ses Que tice à la minorité manitobaine. ffre d’ ou oh de doute ; et nous, Dee tants de Québec qui DRE ne ds vivement un empiètement sur "7 ns en matière d'éducation, nous evo être particuli question soit réglée. . ick se pronon eo M. nee dans la Confé- ce aussi pour ‘entrée de pr À le développement .de notre Steme de chemin de fer, l'établisse- . e de steamers rapi- d'une lign <q Son discours est très applaudi. LE PREMIER MINISTRE cute Ia ‘harles Tupper diseu Pr es politique du jour. C'est avec un grand pains _. saisi jère occasion qui Se - : ” LS dire dans cette ville grande gere e es droi merciale du Canaüa, _ T'après mot, le parti MPa yateur et le gouvernement dont ja une injustice, cela ne: èrement désireux que cette , l'honneur d’être le chef, ont sur le grand éiectorat canadien, dans la présente cir- constance. (Approbations). Mais avant d'aller plus loin, je veux exprimer Cotm- bien j'ai été sensible à la réception en- thousiaste que j'ai reçu hier soir de la part de la plus grande assemblée popur- laire que j'ai jamais vue dans aucune partie du monde. (Appl.) On me dit—et je puis facilement le croire—que jamais avparavaut, dans l'histoire de cette grande ville de Montréal, une aussi im- mense foule de peuple s’est assemblée. (Appl. prolongés.) Pour moi, c’est le plus grand et le plus beau compliment qu’il soit possible à un homme public ce recevoir ; et je n’oublie pas que j'ai reçu aussi un compliment très marqué de la part d’une fraction comparative- tuent peu considérable de cette immen- se assemblée (rires) : ayant appris que ie chef du parti libéral m'avait détié de répéter au Parc Sohmer les déclarations que j'avais faites dans un autre endroit, ces gens n'ont pas paru bien désireux de permettre aux électeurs—à la grande u asse des électeurs de cette ville—d'a- voir l’occasion d'entendre ce que j'avais à dire. (AgpL). Je crois qu’on leur a fait comprendre que le meilleur service qu’ils pouvaient rendre à leur chef et à leur parti était d'empêcher qu'une oc casion fut dounée de relever ce défi et d'y répondre. (Approbation et applau- dissements.) Mais Arai pas pu m'em- pêcher de comprenère que le coeur mème de cette magnifique cité avait été profondément touché puisqu'elle a pu, pär upe soirée pluvieuse, réunir une aus- si immeuse foule d'hommes intelligents. t(Appl) Je suis heureux, cependant, d'être capable, ce soir, dans une atimos- vhère plus calme, de rencontrer l’une des plus intelligentes assemblées aux - quelies j'ai eu jusqu'ici l'honneur d'a- dresser la parole, et d’avoir l’occasion de vous soumettre Q@rièvement les droits que le grand parti qui m’a mis à sa tête possède à votre appui dans cette lutte importante. (Appl.) Les deux partis Le grand parti Jibéral-conservateur est bien nommé. fl a le droit d'être ap- velé le parti libéral, parce qu’il n’est aucune de ces questions sur lesquelles reposent l'influence populaire, et ie contrôle populaire, auxquel- lés il n’a pas donné son cordial appui dans la Législature du pays. Il à le droit d’être appelé le parti conservateur parce qu’ii conservé toutes ces glorieu- ses institutions anglaises qui sout la base même du plus puissant Empire du monde. A lui est dévoiu le devoir de couserver et perpétuer pour nous et nos eufants après nous, pour toujours, ce lien d'union intime qui nous attache à ia rmuère-patrie. (Appl,) Je me demande parfois pourquoi nos gdversaires s’intitulent le parti libéral (rires). J'ai de hautes autorités pour appuyer quand je dis qu’ils n’ont au- can droit à ce nom. Vous vous souve- ez, jen suis certain, que, de bonne heure, daus l’üistoire du gouvernement Mackenzie, le membre le plus capable et le plus distingué que le parti libéral uit eu—certainement le plus distinguëê depuis la Confédération — rompit les liens qui l’unissaient à ce parti et pro- uonça un discours public dans lequel il disait qu’il ne voulait pas appartenir à un gouverne- went réformiste qui ne pouvait ras trouver de réformes à accomplir. (Appl, et rires). Je veux parler de l'o- norable Edward Blake, Mais je crois qu’il a été un peu sévère pour son parti et son chef Mackenzie en faisant cette déclaration, car ce deruier aurait pu lui répondre,—je ne sais pas s’il l'a fait, mais il aurait pu le faire—que la raison ui l'empêchait de rien trouver à ré- former était que le grand parti libéral- conservateur qui l'avait précédé, le parti du Très Honorabie sir John A. Macdonald, (Appl) avait si bien ré- glé les aifaires demandant des réformes, qu’il n'y avait plus rien à ré:ormer (rires) ; et lorsqu'en 1873 les libéraux lui succédèrent et inspectèrent le champ ils trouvèrent la récolte déjà toute en- rangée ; toutes les réformes avaient été effectuées par leurs prédécesseurs ct il ne leur restait rien à faire dans srette voie, (Appl. et rires). J'ai surveillé uos adversaires, j'ai surveillé ce parti libéral avec une grinde attention pen- cant les vingt-neuf dernières années, et je suis arrivé à la conclusion qu’il mé- :.te un autre nom, un nom plus distinc- tif, plus caractéristique de ses actions et des mesures et mouvements auxquels il s’est prêté ; c’est celui de Parti de l'Obstruction. (Appl) C'est un grard privilège pour moi d'être ici devant vous ce soir et de pou- voir m’appuyer sur les pages indestruc- tibles de l’histoire canadienne pour prou- ver mes dires quand je réclame pour le parti libéral-couservateur l'honneur d’a- voir fait le Canada ce qu'il est aujour- ä'hui. (AppL). Et il a fait le Canada ce qu'il est aujourd'hui, non seulement sans le secours et l'appui du parti libé- ral, mais malgré toute l'obstruction que | celui-ci a mis sur sa route. (Longs appl). | Prenez la Confédération de l'Amérique Britannique du Nord, prenez la Conso- lidation de ces provinces isolées, sépa- rées et faibles fondues en un grand tout, en un pouvoir central uni, qui s'étend d'un océan à l'autre. Ces messieurs ont-ils fait leur part de ce grand oeu- vre ? Je ne sache pas qu’à ce grand édi- tice de l'Union de l'Amérique Britanni- que du Nord ils aient contribué une ns nr slave res EUR SUPPLE : ” Lite : sy z D su à E N T te seule pierre. Je parle du parti libéral tel au’il est aujourd'hui représenté. (Appl.). Nous savons ceci,cependant: d’étatpe en étape, à uesure que s’accom- plissait cette grande oeuvre qui Hs transformé le Canada en une nation, cette oeuvre 8e pour- su'vait en dépit de l’obstruction qu'en tout temps faisaient ceux qui s’intitu- lent le parti libéral. Et je puis dire ici qu'un fait m'a beaucoup frappé: Si, dans les limites du Canada, il se trou- vait un homme hostile à ce grand ceuvre — n'importe d'où il ve- nait, des provinces du bord de la mer ou des autres parties du pays—ce parti qui s'intitule libéral le pressait sur Son sein et l’embrassait comme son plus cher ami. Lorsque par la suite, en acquerrant plus de iumière et de connaissauces des faits, certains de ces hommes qui combattaiïent la Confédératior, haïssaient le nom même du Canada, déclaraient que jamais ils Le se soumettraient à être faits Cana- diens par un acte du Parlement, qui n'avaient d’autres paroles que des inju- res et du mépris pour le Canada—quand dis-je, .ces lhommes, dans la maturité de leur expérience, comprirent que cette grande Confédération méritait d’être conservée, quand is se décidèrent à jeter leur sort avec le uôtre et prendre ieur part dans l'opération des grandes iustitutions du Canada, ils n’eurent pas piutôt pris cette position patriotique que la soi-disant amitié de ce prétendu du parti libéral se tourna en haine, et au lieu des applaudissements que leur prodiguait auparavant ce prétendu par- ti libéral, ils u‘en reçurent plus que des dénonciations. (Appl.) Je n’ai pas l'intention d'en dire plus sur ce sujet, mais c’est assez important pour que les hommes intelligents rétlé- chissent et se demandent comment il se fait que ce préteudu parti libéral est toujours prêt à se ranger du côté de celui qui prend une position d’hostilité envèrs le Canada. (hizrques d’approba- tion et longs appli), S'il se fait une ten- tative pour ruiner nos institutions natio- uales, s’il se fait une tentative pour abaisser la haute position que le Canu- da a atteint, vous trouvez que ces mes- sieurs n’ont pas un mot d'encourage- nient pour ce pays; maäis au contraire tout ce qui est pessimiste, tout ce qui est de nature à abaisser ie Canada aux yeux de notre populaition et de celle des pays voisins, semble leur être agréa- ble et bienvenu. Maintenant, je passe à une grande question, celle du autre Développement des chemins de ier En ce pays, j'ai eu lhonneur, lorsque j'était ministre des chemins de fer ét canaux, de formuler la politique d’aide à la coustruction des chemins de fer. de proposait que le gouvernement du Canada donuût $3,200 par mill pour ai- der à tout chemin de fer en ce pays, lorsque la balance nécessaire pour le construire était fournie par une source quelconque autre que le trésor fédéral. Je l'ai fait en m’appuyant sur ce prin- cipe que, s'il était tellement désirable d'obtenir sur la construction d’un che- in de fer qu’une aussi faible somme u'argent amènerait ce résultat, ce serait une preuve que le progrès, la prospérité du Canada seraient assez développés par la construction de ce chemin pour faixe ample retour au revenu public par l'augmentation et le développe- went du commerce du pays et rembour- ser ainsi au gouvernement l'intérêt sur l'argent que celui-ci aura déboursé. (AppL) Cette pelitique a été dénoncée par ces soi-disauts libéraux. Ils dirent que c’é- tait l’une des tentatives les plus cor- rempues et les plus méprisables d’ache- ter leg provinces et les comtés où ces chemins de fer seraient construits et qu’elle n® méritait que la condamnation au Parlement. Eh ! bien, j'ai eu la sa- tisfaction de savoir que non seulement le Parlement fédéral a adopté ce princi- pe, mais encore que toutes les provinces d'un bout à l'autre du pays ont suivi l'exemple et ont adopté le même pro- gramme d'aider à la construction des chemins de fer. Bien plus, j'ai eu la satisfaction, l'été dernier, lorsque je remplissais les fonctions de représeu- lunt du Canada à la Conférence Inter- nationale des chemins de fer tenue à Londres, de trouver que parmi les gran- des questions qui ont occupé l'attention de cette conférence—où presque tous les pays de l’Europe et les colonies du Ca- nada, de l’Australie et de l'Afrique du Sud étaient représentés — et parmi celles qui ont été le plus longuement étudiées, se trouvait la question de su- voir comment les divers gouvernements pourraient convenablement faire exacte- inent ce que le Canada a fait : contri- buer à la construction de chemins de fer locaux dans le but de donner de nou- velles facilités au commerce. (Appl.) La politique Nationale Je continue et pjarrive à la grande question de la Politique Nationale. (Longs et vifs appl.) Mais avant de ce faire, je dois dire, sous cette politique que j'ai formulée, que le Parlement avait adoptée et que iles libéraux ont dé- uoncée depuis 1878, dix miile milles ont été ajoutés à la longueur des chemins de fer du pays. (Appl.) Je n’ai pas besoin de vous dire que dans cette lutte qui occupé maintenant l'attention dés électeurs de ce pays, l’un des grands avantages du parti que j'ai l'honneur de représenter et que nous avons eu l’occasion—que le Canada a malheureusement eu l’occasion—de sa- voir ce que ces hommes d'Etat libéraux ont accompli lorsque la chance leur a été offerte de faire quelque chose. Eu 1873, le gouvernement du Très- Honora- ble sir John A. Macdonald tomba et M. Mackenzie fut chargé de prendre les rênes du pouvoir et de donner au pays leg bienfaits sans précédent qu’on lui avait fait espérer de la formation d’une administration libérale. Quoiqu'un cer- tain laps de temps se soit écoulé depuis lors, j'ai à peine besoin de vous dire que les années écoulées de 1873 à 1878 for- uent des pages uoires dans l’histoire du Canada. (Appl.) Je n'ai pas besoin de dire à un seul homme intelligent de ce pays, qui, depuis l'heure où les libéraux prirent les rênes du pouvoir jusqu’au moment où l'électorat de ce pays eut l'occasion d'exprimer son sentiment sain et réfléchi à la lumière de l’expé- rience acquise et renvoya les libéraux par l’une des plus écrasants verdicts qui ait jamais surpris et chassé du pou- voir un parti politique en Canada—que durant toute cette période de cinq ans, le pays, au lieu de porter la marque du progrès et de la prospérité qui, sous l'ad- ministration libérale-conservatrice l'a- vaient caractérisé, a offert le plus som- bre, le plus malheureux et le plus décou- rageant tableau. (Appl.) C'est une chose quelque peu remar- quable—t'une des plus remarquables l'eut-être qu'on trouve dans l'histoire de ce pays—que ces mêmes hommes qui, pesés dans la balance, furent trouvés trop légers et entièrement incapables de comprendre les devoirs d'hommes d'état qui leur incombaient, que ces mêmes hommes, dis-je, non-seulement reviennent en souriant après 18 ans de repos et d'éloignemert au ‘pouvoir, ais encore ont la modeste audace de demander au peuple de les accpter comme ayant—quoi ? Comme s'étant repentis, ayant réparé leurs fautes, on trouvé quelque moyen nouveau et meil- leur d’administrer les affaires publi- ques ? Non, mais précisément avec cette même politique sous laquelle le Canada a tant souffert, (Appl.) Je ne blâme pas tant le chef de l’op- pusitiva, l'honorable M. Laurier, que je ie blîme quelques autres. Cet aimable iwonsieur, malgré qu’il possède grand nowbre de bonnes qualités, manque walheureusement de ce sens des affaires publiques qui distingue l’homme d’état, de cette fermeté de caractère qui est ab- solument essentielle à cette qualité. Pendant que nominalement, M. Laurier est le chef de son parti, en réalité il n'en est que l’un des plus humbles sui- vauts, et il a laissé paraître devant le peuple de ce pays qu’étant incapable de diriger, il n’a pas été davantage ca- pable d'échapper au contrôle de sir Ri- chard Cartwright, (Quelques-uns rient.) Celui-ci, qui est infiniment plus fort et plus capable, a su le façonner à son gré, comme l'argile sous la main du potier. (Appi.) Par nature, sous l’impulsion de son personnel jugement, M. Laurier Cpait protectionniste : il en a fait l’a- veu. 11 a déclaré devant le public que sa politique en était une de protection, mais après avoir été empoigné et ma- nipulé par sir Richard Cartwright, pen- dunt quelque temps (rires), il a trouvé que la Protection était mauvaise, et il est devenu un libre-échangiste à tous crins. (Rires renouvelés.) Quand la politique du libre-échange fut tombée en disgrâce, nous avons re- trouvé M. Laurier proclamant, à son de trompette, dans tout le pays, qu’il avait découvert une nouvelle et meileure poli- tique fiscale, et c'était la réciprocité 1l- l'mitée. (Rires) En d’autres termes, il s'agissait avoir un seul tarif pour le Canada et les Etats-Unis contre la Mère-Patrie et tout le reste du monde. (Sifflets). Je ne m’étone point que cette politique soit sifflée. Il suffit de la nommer pour soulever le mépris de tout canadien indépendant. (Appl.) M. Laurier et Ia reciprocité illimitée Pour qu’il ne reste aucun doute quant aux opinion que professait M. Laurier sur cette question vous voudrez bien me permettre d’attirer votre attention sur ses propres paroles à ce sujet. (As- sentiment). En 1891, M. Laurier publiait un mani- feste, Dans ce manifeste il s’occupait de l’appel qu'avait fait sir John Macdo- nald à l'électorat canadien. 11 s’y expri- mait comme suit : “Sir John affirme, disait-il, et il pa- raît l’affirmer sérieusement, que la Po- litique Nationale a rendu le pays pros- père ; que les industries manufacturiè- res de nos grands centres se sont muli- tipliées et revivifiées ; que l’agriculteur a trouvé un marché, l'artisan et le jour- palier, de l’emploi et de bons gages. Je prends au mot le premier ministre sur ces déclarations, et je les dénonce comme fausses en tous points. Sans plus discuter, j’'abandonne cette controverse au jugement impartial de l'électorat, ab- solument confiant que les seuls artisans, les seuls agriculteurs qui croient, en leur âme et conscience, que la Politique Natiopale a fait pour eux tout ce qu'on prétend, voteront naturellement pour la continuation d'une teile bénédiction.” Jomme vous le voyez, M. Laurier était alors tout disposé, il le déclarait lui- ième, à soumettre cette grande politi- que—la politique du très honorable sir John -Macdonald—au jugement impar- ti des lecteurs. 11 dressa en face de cette politique son programme de réci- rocité iliimitée, sur lequel je viens d’:ppeler votre attention, disant que no- tre pays avait besoin de ce programme, coinme d’une politique de changement, une politique sur la base de laquelle le Canada et les Etats-Unis pourraient s'unir, afin, comme je l’ai déjà dit, d’é- lever un mur de Protection contre la Mère-Patrie et tout le reste de l'Uni- vers. (Siffiets). Mais M. Laurier restait en- gagé à en + passer par ce que dirait l'électorat. Il dit en effet : “Je m'en remets à l'artisan, à lagriculteur, aux classes industrielles dé ce pays de dire si la Politique Natio- nale est une poiitique sage ou non.” Eh ! bien, iis le lui ont dit. (Rires.) En 1#91, cette question ayant été débat- tue d’un bout à l’autre du pays, mais dans un laps de temps trop court pour éclairer à fond l’opinion publique sur ie sujet, le parti libéral-conservateur sor- tit néanmoins de la lutte avec une ma4- jorité de vingt-cinq voix. J’ose vous rap- peier, ce que vous savez déjà, que j'eus l'honneur de prendre part à cette campa- one. (Assentiments). Je fus alors convié par le vieux chef du parti libéral-conservateur, sir John Macdonald, de venir à sa rescousse, et je m'y rendis de bon coeur. Je sentais, en effet, que pour la première fois, dans une lutte politique, au Canada, les ins- titutions britanniques étaient en jeu. Et le plaidoyer que je crus devoir faire partout dans le pays c’est que l’adop- tion de la politique de M. Laurier et de son parti signifiait l'annexion aux Etats- Unis, à brève échéance. (Appl.) Sir John Macdonald, moi-même, tou- tes les têtes dirigeantes de notre parti, vous fûmes dénoncés pour propager des propos aussi mal fondés, des calomnies si malicieuses contre le parti libéral. Je ne considérais point cela comme une attaque contre le grand parti libéral de ce pays. J'étais sous l'impression qu’il s’abusait profondément, qu'il ne croyait ras que son initiative pût être suscep- tible de conséquences ausi funestes, qu'il agisait ainsi sans se rendre compte du résultat fatal qui s’en sui- vrait. Mais, notez bien ce qui arriva. Au lendemain de l'élection, le plus grand homme, je l’ai déjà dit, qui fût jamais, dans les rangs du parti libéral au Canada —J'honorable M. Edward Blake (appl.)— faisait la déclaration suivante, dans uue lettre au journal le “Times,” de Lon- dres, sous la responsabilité de sa propre signature. La raison, disait-il, pour la- auelle il avait refusé de se joindre à M. Laurier, à sir Richard Cartwright et aux autres chefs du parti libéral, pour la bataiile, la raison qui lui avait fait refuser de se présenter dans sa pro- pre division, c’est qu’il ne voulait pas combattre sous de fausses couleurs. 1l ne se sentait pas disposé à soutenir une rolitique dont il croyait qu’elle résul- terait d’abord en Ja subordination du progrämme fiscal du Canada à celui de la grande république qui nous avoisine, puis, bientôt après en la submersion politique de nos institutions dans celles de ce pays. Je publiai alors un article dans l’une des revues trimestrielles de Lopdres— je ne me rappelle point laquelle, À ce moment mais c'était une de ces entre- prenantes publications qui me deman- daient de leur donner un aperçu des choses de la politique canadienne-—.et dans cet article j'expliquais comment la bataille aŸäit été conduite, comment la victoire avait été remportée. Je disais que nous avions obtenu une majorité de vingt-cinq, mais que si ia lettre de M. Edward Blake avait été pubiiée une semaine avant les élections, au lieu de l'être au lendemain, notre majorité se fût trouvée de plus de cinquante. (appl.) De prime abord, bon nombre de gens crurent que ua prétention était un peu outrée. Mais l’événemeut en prouva la justesse. Au fait, plusieurs de ces lnes- sieurs qui avaient contribué à réduire à 25 notre majorité durent aller devant les tribunaux et des tribunaux devant le peuple. Et quel fut le résultat ? Ce fut qu’en très peu de temps, la majo- rité du parti libéral-conservateur, grâce au témoignage rendu par M. Blake à la sagesse et la pondération des opi- lectorat, s’éleva à plus de cinquante, (appl.) J'ai dit que M. Laurier semblaïit ad- mettre qu'il était prêt à déférer au verdict du peuple, Mais, pas du tout. Quand cette élection fut finie, le même honorable monsieur fit la déclaration suivante, qu’on trouvera au “Hansard” de 1891, vol. 1. p. 27. : “M. Laurler—Iis cowmettent l'erreur “de baser leur politique fiscale sur l’u- “uiformité d’allégéance et le pur sen- “timent.” 7est ainsi qu’il qualifiait la manière dont le grand parti libéral-conservateur avait énergiquement adhéré aux inté- rêts de la Mère-Patrie, déclarant ne vouloir jamais consentir à adopter une politique d’hostilités contre elle. (appl.) M. Laurier disait donc : “Pendant qu'ils commettent l'erreur ‘“‘“de baser leur politique tiscale sur l’u- “uiformité d’allégéance et le pur senti- “went, nous du parti libéral nous souie- “Lons que la politique âe ce pays ne de- “vrait pas être basée sur le sentiment, “mais sur des principes d’affaires. Et “tout frais revenu devant le peuple je “dis que la seule politique qui prolitera “à ce pays, c’est la réciprocité illimitée “et la liberté du commerce coutinen- “tal” (Rires). Et c’est ainsi qu'après avoir reçu le verdict, après que le peuple eüt dé- claré qu’il était dans l'erreur, que sir John Macdonald, son gouvernement et son parti avaient raison, M. Laurier hissait encore au mrt ses couleurs de réciprocité illimitée et de commerce libre continental : ce qui veut dire un seul et même tarif pour les Etats-Unis et le Canada. C’est une singulière façon qu'ont ces libres-échangistes d’appli- quer leurs principes, que d'élever con- sidérablement leur tarif. C'était leur politique, celle qu'après les élections, qui eurent lieu avant le 1er mai, M. Laurier déclarait, sur le parquet de la Chambre, persister à supporter, la croyant absolument essentielle au bien- être du Canada. M. Laurier continuait : “Sir Charles Tupper disait, dans un “article publié il y a quelques jours par “la “North American Review’, que l’il- ‘“lusion (comme il l’appelle) de la réci- “procité illimitée était morte et en- ‘“terrée ! Je suis une aussi bonne auto- ‘“‘rité en la matière que sir Charles Tup- “per, et je prétends qu’elle est plus vi- “vante que jamais.” Comme on le voit. après que le peuple eût rendu son verdict contre cette poli- tique, après la déciaration de M. Eui- mard Biake que cette po'itique impli- quait notre annexion aux Etats-Unis d'Amérique, la perte de ces glorieusts institutions britanniques, dont nous avons l’orgueil et le bonheur de jouir en ce pays, après tout cela, dis-je, M. Laurier soutenait encore que la réciprocité iili- mitée était plus vivante que jamais, que c'était la seule politique à donner à cette Patrie que nous aimons. Queiie est !a politique de M. Laurier Je pense avoir droit de demander auelle confiance on peut placer dans les opiuious et les principes d’un homme qui est, un jour, pour la Protection et, 1e lendemain, pour le libre-échange, lors- que sir Richard Cartwright l'Avertit qu’il doit être libre-échangiste, bon gré mal gré ? Quelle confiance, surtout, wérite-t-d, loisque le surlendéæiwmin en- core il vient bravement aftirmér que ja réciprecité illimitée est la seule politique de quelque valeur pour le Dominion du Canada ? Je crois que je puis deman- der à M. Laurier si je n'avais pas rai- son, plutôt que lui, lorsque, immédiate- ment après les élections, j'écrivais an article dans la ‘North American Re- vief” et concluais en disant que la ré- c'procité illimitée était morte et enter- rée ? M. Laurier a dit que j'avais tout à fait ggrt, que cette politique était plus vivante que jamais, et il a fait de son mieüx pour galvaniser ce cadavre, en récomposer un être vivant et sensible. (Rires et applaudissements.) Mais il a failli à la tâche ; c'était au-dessus de ses moyens. Son maître et régisseur, dans les questions fiscales et financiè- res, sir Richard Cartwright lui a dit qu’il devait abandonner cette utopie de la réciprocité illimitée, que le pays l’a- vait condamnée, qu’elle était morte pour ne ressusciter jamais. Alors, après avoir dénoncé ce qu'il appelait du sentimentalisme, condamné ros tendances à accorder notre politi- que en matières financières avec les exigences d’un sentiment dont il ne va- lait point la peine de parler, M. Lau- rier eut une inspiration nouvelle, fl commença à poser au monsieur qui est en faveur du libre-échange comme en Angleterre. (Rires.) Or, le libre-échange comme en Angleterre signifie l’admis- sion dans le pays, en franchise absolue, de tous les articles manufacturés. Il en résulte qu'il faudrait placer sur les épaules des contribuables canadiens, par le moyen de la taxe directe le far- deau de tous les revenus requis (sauf ce qu’on pourrait retirer des droits sur les alcools, les vins et le tabac) de tous les revenus requis pour le maintien de la réputation et du crédit du pays, pour le développement de son progrès. Ii faudrait pourvoir à tout cela par la taxe directe sur le peuple. Je vous demande ce qu’on peut espé- rer d’un gouvernement, ou plutôt d’un parti—car cela prendra encore du temps avant qu'ils n'aient un gouvernement (lougs applaudissements)—ce qu’on peut espérer d’un parti qui tâtonne dans l'obscurité. Il saisit d’abord un principe t le tient avec ténacité pour un petit bout de temps ; puis, il le rejette au Hoin, en prend un autre, puis encore un autre : si bien que je détie qui que ce soit de me dire, en ce moment, quelle est la politique libérale. M. Laurier s’est promené, depuis trois ans, d’une extré- mité à l’autre de ce pays, et il me rap- pelle vivement un livre que peut être quelques-uns d'entre vous ont lu “Pilgrim’s Progress,” de Bunyan. (Rires et applaudissements.( Ce pèlerin, qui a voyagé, de côté et d’autre, jusqu'à la Colombie Anglaise, sur les rivages de l'océan Pacifique, puis s’en revenant, à travers le Nord-Ouest, et dans les pro- vinces maritimes ,sur les côtes de l’A- tlantique, à l’Ile du Prince-Edouard, à la Nouvelle-Ecosse, ce pèlerin trouvera dans le “Pilgrim’s Progress” de Bunyan un fac-simile parfait de son propre cas à lui, M. ‘“Facingbothways (Visage à deux faces)—Rires et applaudissements. C’est un homme qui a deux visages sous un même chapeau, une sorte de “bon dieu bon diable.” Il se fait tout ce au'exigent de lui les circonstances dans la localité où il se trouve. Maintenant, M. Laurier a fait un grand nombre de discours. Il a fat des discours dans cette salle, il en a fait au Parc Sobhmer. Voilà un endroit que je n’oub'ierai ja- lidis—rires et applaudissements—-pour y avoir vu cette vaste mer de figures humaines, la foule la plus innombrable qui se soit jamais trouvée sous mes yeux en aucune partie du monde. Je le déclare, cette circonstance a fait sur ma mémoire une impression indélébile. Si l’on joint à cela le compliment que w’ont fait les amis de M. Laurier, qui ont paru redouter si fort de laisser le peuple entendre ce que j'avais à lui dire, il me semble que je me trouve un peu plus fier et satisfait que je ne l'ai jamais été auparavant. Mais à cette heure je parle en présen- pions que ce parti avait soumises à l'é- ‘ ce d’une réunion de gens du commerce, nee DRE SERRNUASEENL SIE Maiuus Z aussi intelligente et bien renseignée qu’il soit possible d’en trouver dans uotre vaste Dominion du Canada ou en aucun lieu du monde civilisé. Or, je le demande à cette intelligente assemb 6e: y a-t-il un homme sur cette estrade, en arrière de moi, ou dans cet immense auditoire qui me fait face, y en a-t-il un seul, après ce pèlerinage de trois an- nées de M. Laurier, qui puisse me don- ner la plus faible idée de ce que sont les opinions et principes de ce monsieur par rapport à la grande politique tiscale qui doit sauver ou perdre le Canada ? (Longs appl) J'aurai accompli, si je vis jusqu au 22 de ce mois, quarante et une années de vie publique. (Appl) Durant cette période, il a été de mon devoir d’étu- äier avec soin les discours des grands hommes. Je n’ai pas besoin de vous dire que j'ai lu les discours de M. Lau- rier avec tout le soin et l’attention que commandent les paroles d’un homme qui est le chef d’un grand parti. Que puis-je vous en dire, ce soir ? Je ne puis que vous dire, et c’est de la plus profonde conviction de mon âme ,que je u'ai pas plus d'idée de ce que sont les opinions de M. Laurier sur la politique fiscale et tinancière de ce pays que si je u'avais jamais lu une ligne de lui. (AppL) Libre-échange comme en - Angleterre On pourrait supposer qu'il est sincère quand il dit au peuple que sa grande ambition, son suprême idéal est d'a- voir une politique de libre-échange comme il existe en Augleterre. Qu'’est- ce que signifie cela ? Cela signifie un régime sous lequel les artisans de l’Ao- gleterre, recourant aux statistiques off- cielles du pays, peuvent démontrer que, grace à cette politique de libre-échange comme il existe en Angleterre, une bais- se de pas moins de 47,700,000 livres sterling de valeur, dans les exportations des industries de la Grande-Bretagne, s’st produite en quatre ans, de 1:90 à 1894, I1 me paraît donc bien évident que ce n’est point là tout à fait la poli- tique que les artisans et les classes in- Cr du Canada aimeraient d'a- voir. Mais si tel est le résultat en Angleterre, où les industries aanufacturières ont eu le temps de se Cévelopper jusqu'au summum de l’excellence, qu'arriverait- il au Canada ? Ne peut-on pas croire que, sous ce régime, toutes les indus- tries du Canada seraient détruites, an- nihilées en deux ans de temps ? Et que deviendrait votre population ? Votre argent se dépenserait à payer à d’autres pays, des pays étrangers, pour des cho- ses que le peuple du Canada confec- tionne aujourd'hui pour son usage, de ses propres mains et sur le sol cana- dien. (Appl.) Occupons-nous, à présent, des clas- ses agricoles. M. Laurier prétend-il met- tre les classes agricoles sur le même Pied et dans la même situation qu’elles sont en Angleterre. Là, depuis 1870 à veuir à cette année la culture du blé a été abandonnée sur pas moins de 3,000.- Q00 d’acres de terre, parce que le culti- vateur se voyait dans limpossibilité de tirer de ce sol un revenu capable de ccmpenser les dépenses qu’il lui coûtait. Je ne crois pas que les classes agri- coies pas pius que les classes indus- trielles de ce pays manifestent un en- trousiasme bien durable pour le libre- échange comme en Angleterre. Nous voyons donc M. Laurier exhi- ber sa politique fiscale sous l'effet d’un kaleïdoscope, de façon qu'il puisse, en tournant l'instrument, présenter, aussi souvent qu’il le désire, une scène nou- velle et variée. (Rires et appl.) Et, cependant, c’est cet homme-là qui demande aux intelligents électeurs de uotre immense Confédération de détrui- re la Politique Nationule, laquelle a tiré notre Ca- La de l’abîme dé dépression où l'avaient plongé cinq années d'incapacité et de mauvaise administration du parti lihéral, la Politique Nationale qui en a fait l’un des pays les plus prospères et lies plus progressifs du monde. (Appl.) Lie capacite des liberaux Tout ceci étant devant nous, voyant bien tout ce que ces messieurs ont fait quand ils étaient au pouvoir, ailons- uous nous amuser à ramener les jours de l'obscurité égyptienne sur notre pays en leur donnant à nouveau le pouvoir ? iNon, non.) Sous les circonstances ac- tuelles, je considère que nous avons un inmense avantage sur nos adversaires dans la présente lutte; nous pouvons comparer leur politique avec notre poli- iique et le résultat de leur mauvaise administration des affaires publiques avec le résultat de notre adiuinistra- tion. (Appl.) lis ont entrepris par exemple la cons- truction du Pacifique Canadien. Ils ont “ommencé par renverser l'honorable sir John Macdonald, incapable selon eux de mener à bouue fin cette grosse entre- rrise, et sir Richard Cartwright mous est arrivé avec un premier budget por- tant une augmentation de taxes de trois millions de piastres, dans le but de pourvoir une fois pour toutes à la construction du C. P. R. Ils ont agi bien drôlement dans cette affaire. M. Mackenzie déclare en Chambre, et son discours a été répandu partout, que tou- tes les ressources de l'Empire Britanui- ques réunies ne pourraient construire le C.P.R., en dix ans, et cependant sir Richard Cartwright, ministre des finan- ces, L’entreprend pas moins de faire vo- ter l'augmentation de taxes nécessaires sejon lui pour mener l'ouvrage à bonue iu. À la fin d’une autre année, nous uous réunîmes de nouveau et au lieu de trouver un commencement de chemin de fer, nous nous apercçcumes que tout l'argent qui devait servir à payer les premières dépenses avait servi on n’a Jj:mais pu savoir à quoi. Le gouverne- ment n’avait absolument rien fait et il se présenta devant le Parlement avec un décit. Bien qu'ayant des taxes très augmentées à coilecter, les libéraux ne purent tirer assez d'argent du peuple, surchargé alors de privations, pour payer les dépenses ordinaires du pays et encore moins pour développer ses res- sources. L'opposition a fait ce qu’elle pouvait faire, montrer clairement com- Lien folle, combien dangereuse était la façon de procéder du gouvernement. Je ne prétends pas faire une revue en détail de toutes les fautes qui ont été commises, je vais seulemeut vous en donner un exemple bien frappant. N'ayant pas d‘argent pour les payer, ies libéraux achetèrent 50,0C0 tonnes de rails, quatre ans avant d'en avoir be- soin, et ils ont payé le double du prix qu’auraient valu ces rails s'ils les avaient achetés au moment de les em- ployer. (Rires). En voilà assez sur ce sujet. L'exemple que je viens de donner parle assez de lui-même. Ils ont englou- ti au-dessus d’un miilion dans cette op6- ration, un million aussi bien perdu pour tout le monde, que si on l'avait jeté dans le fleuve. Le gouvernement se trou- vait donc sans argent et sans chemin de fer, il imposa de nouvelles taxes de fa- con à pouvoir au moins rencontrer les dépenses courantes, mais hélas, à la fin d'une autre année sir Richard nous est encore arrivé avec une figure plus lon- ue que de coutume, un nouveau déf- cit et pas un sou en caisse. Nous leur avons alors donné un nouveau conseil: “Adoptez, leur avous-nous dit, la poli- tique nationale et protégez les indus- tries du pays, Votre politique actuelle {ait de Boston et de New-York les véri- tables centres commerciaux du Canada. Notre argent s'en va tout là et le PRE ARDE MD APR © nc + ZE nn M peuple le suit. Vous êtes en train de dé- reupler le Canada.” La seule industrie qu'ils ont réussi à établir et à faire pros- pérer a 616 l'établissement des ‘soup k.tchens”. (Kires et appL), Dix-huit auuées se sont (coulées de- buis Ces jours néfastes. 11 y a dix-huit uns que l'électorat a dit à ces messieurs: Ailez-vous-en et donnez la place à des hommes d’affaires, des hommes de gou- vernement, des hommes qui sauveront l& Canada de la ruine où vous l'avez wené, Vraiment les libéraux doivent croire que le peuple a la mémoire coùr- te s'il a déjà pu oublier les privations eudurées, le désespoir qui a gagné tout le monde pendant toute cetre période de houteuse administration libérale. S! nos adversaires se présentaient au reuple avec quelque chose de reuf, quelque chose dont nous n'ayons ja- mais entendu parler nous pourrions dire: “Il est vrai que ces gens-là nous ont souvent trompés, mais peut-être cette lois viennent-ils à nous avec une poiiti- que qui a réellement du born.” Mais pas du tout, ils se présentent devant l'électo- rat avec la même vieille politique et ils ous redemandent le pouroir pour éta- blir le libre-échange et ruiner toutes les industries qui sont prospères mainte- nant au grand avantage de tout le mon- de, Ils vous demandent de leur donner le pouvoir pour arrêter, comme iis }’ont fait auparavant, le progrès et la pros- périté du pays. (Rires et appl.) J'arrive maintenant à l'étule de La politique nationale Toujours obstruction nistes, les libé- Taux, quand nous avens irauguré cette politique, n’ont pas manqué de s'écrier ‘c'est la faute la plus fatale et la plus grosse qu'un parti politique ait jamais commise dans le monde entier.” Et ils uous disaient : “Autant chercher à changer les conditions naturelles d'un l'ays que d'essayer d‘améliorer son commerce et son industrie par un acte du Parlement ; toutes ces tentatives Sont aussi futiles qu'absurdes, autant vaudrait dire qu’une mouche peut faire tourner par son poids une grosse roue de fer.” C'est à dater de ce jour, vous vous en souvenez, que la politique libérale a été connue sous le nom de “fly on the wheel” politique. Je crois volontiers que nos adversaires étaient sincères et je leur donne crédit de leur sipcérité. Mais quand les principaux comimer- Cants de Montréal allaient trouver sir Richard Cartwright et limpiorer lui et son gouvernement, pour qu'ils adoptas- sent une politique financière qui puisse sauver le pays de la ruine, que répon dait sir Richard ? Il recevait ia députa- tion avec courtoisie, mais pour le imal- Leur de sir Richard, qui est sans con- tredit un des hommes les plus capables que possède l'opposition, cet lhonora- ble monsieur a le tort de croire que perscnue en ce monde n’est capable ‘de lui apprendre quoi que ce soit : et je crois pouvoir vous dire en confidence qu’un homme qui est sous cette impres- sion est toujours dans un condition ab- solument désespérée. Il n’y a rien à at- tendre de lui, pas plus qu'on ne peut es- pérer grand’chose des différentes poli- tiques qu’il propose. Le parti libéral-conservateur, qui,dans l'opposition, avait proposé la politique uationale, la fabrication au Canada, par des mains canadiennes, de tout ce dont avait besoin le pays, là protection de nos industries et de nos Capitaux, arrive au pouvoir en 1878 et sir Léonard Til- ley, ministre des finances. (Appl), dont le nom mérite bien vos applaudisse- ments, a fait de la politique i.Âtionale une réalité par la loi de 1879. Depuis cette date le soleil de la prospérité brille à noüveau au-dessus de nos têtes, et les progrès, les améliorations qui ont été faits pendant ces dix-huit aunées peu- vent se comparer favorablement avec veux de n'importe quel pays du monde, {(Appl.) Mais les obstructionnistes sont revenus à la charge et nous ont dit : “Votre politique nationale est la plus ruineuse de toutes les politiouts. Vous ne pouvez vous faire de revenus par l'imposition de taxes à l'importation parce que vous arrêtez net l'importa- tion. Votre revenu diminuera donc au lieu d’aumenter. Vous Pourrez peut-être galvaniser nos industries avec le tarif wais le consommateur devra alors payer des prix tels, pour tous les objets de première nécessité que la vie lui de- viendra absolument impossible au Ca- eada.”’ Nous avons eu maintenant dix-huit aunées de politique nationale et quel en a été le résultat ? Justement çelui que nous avions prédit. Nous n’'arvous vas seulement trouvé une source de ré- venu, nous avons attiré le capital et la mains-d’oeuvre, nous avons développé de grandes industries qui se faisant con- * currence ont abaissé le prix des articles de manufacture aussi bas qu'il l’est partout ailleurs. (Appl.) Nous avons eu des revenus suffisants pour nous per- mettre d'entreprendre et de mener à tonne fin de gigantesques travaux qu'un peuple de cinq miilions d’âmes n'avait jamais entrepris auparavant. (AppLl) Nous avons un chemin de fer qui traverse le continent Gans toute sa largeur, âepuis Halifax jusqu’à Vancou- couver. (Appl,). Nous avons non seule- ment réuni ensemble des provinces dis- séminées, mais nous les avons mises en position d'échanger leurs produits, nous avons donné à notre pays une force, une solidité, une prospérité qui fait qu'on ladmire partout. (Appl.). M. Bayard, qui est aujourd’hui à Londres, mais qui était secrétaire d'Etat quand je suis allé à Washington, en 1888, avec M. Chamberlain, pour négocier le traité de Washiugton, M. Bayard me disait : “Sir Charles, l'union des provinces de l'Amérique Britannique du Nord et la construction du chemin de fer du Paci- fique font que nous pouvoüs traiter au- jourd’'hui de nation à nation.” {Appl) Le peuple des Etats-Unis a appris qu'au nord de lui il y avait cinq millions d'hommes possédant une énergie et un esprit d'entreprise aisément compara- bles à l'énergie et à l'esprit d’entré- prise des Américains, et nous avons été respectés en conséquence. Le pac:fique canadien Quand nous avons commencé ce grand ouvrage, quelle a été l'attitude de l'op- position ? Vous vous souvenez que lors- que nous avons fait le contrat pour la construction complète du chemin et que nous l’avions mis devant le Parlement, M. Blake, alors chef de l'opposition, dé- nonca ce contrat comme une des plus Ccrasantes obligations qui ait jamais écrasé un peuple ruiné. Les libéraux à la suite de leur chef, fidèles à leurs ins- tincts firent toute l’obstruction possible pour empêcher la Chambre d'adopter ir mesure, Quand la Chambre prit le con- gt de Noël, M. Blake convoque de gran- des assemblées à Toronto, Hamiltou, Londres et Montréal pour y vouer pu- bliquement à l’exécration du peuple la mesure qui devait ruiner À tout jamais le Canada. J'ai eu l'honneur de termi- ner la discussion au Queen's Hall et je n’oublierai jamais cette soirée-là. (App) car le début était à peine clos que la bataille était déjà gagnée. (Appl) L’é- lectorat de la grande ville de Montréal avait compris nos arguments et il nous souhaitait de compléter notre oeuvre dans le plus bref délai possible. En Chambre la mesure fut adoptée par uze grande majorité. L'opposition nous fit alors ses objec- tions : Vous ne pouvez pas Construire la ligne, nous dit-elle, il est impossible de l’établir depuis Nipissing jusqu'aux