Mme Bernard - C'est ça! lls sont venus. ll fallait faire le Noël au mois de septembre pour que l'article soit publié dans la revue du mois de décembre. lls sont venus à Charlottetown deux ou trois fois. J'ai dû leur envoyer toutes les recettes des mets que j'allais préparer. Eux, ils les ont essayées, a l‘avance, pour voir si ça allait être correct. J'ai trouvé, par exemple, qu'ils ont changé bien des affaires dans mes recettes. J'ai eu un peu de misère à accepter ça. Mais, je me suis seulement aperçue par après. Mais. ç'a été difficile d'écrire une recette pour faire un fricot ou une recette pour faire de la râpure parce que moi. je n'en avais pas par écrit. Puis la. ils sont descendus. lls ont passé deux jours à Fanning— hank avec nous. Une dame était avec moi dans la cuisine. Elle aurait voulu que je fasse des beignes devant elle. Mais ça. j'ai dit << non >>. Je lui ai dit que ça prenait trop de temps a faire. Je n'avais pas le temps non plus. Ensuite, j'ai fait la râpure avec elle. J'ai fait des petites tartes, des pâtés et puis tous les fricots et les affaires comme ça. Ç'a bien été mais c'était un peu fatigant parce qu'il fallait que tout soit fait << a la lettre >>. Mais, ç'a été une belle expérience, une très belle expérience! Puis là, ils voulaient tous les enfants autour de la table, quand le temps est venu de servir le repas. Ça, ç'a été une autre affaire aussi. ll fallait avoir une personne pour le maquillage. Mais, en tout cas, tout s'est bien passé. C'est un autre événe- ment que nous n'oublierons jamais. 15. Pouvez-vous décrire brièvement une de vos journées « typiques » à Fanningbank? M. Bernard - Premièrement, on prenait notre petit déjeuner habituellement avant que les employés arrivent à huit heures. De la, j'allais prendre ma marche. Habituellement, après mon petit déjeuner. tous les jours que j'ai été là. j'ai pris une marche, même en hiver. En été, j'allais prendre ma marche si je n'allais pasjouer au golf. Après cela, je faisais mon administration. ll y a toujours de l'administration à faire parce que c‘est toi qui fais les décisions finales à propos des fonctions. Si la secrétaire principale a reçu des demandes, elle va remplir un formulaire. Ensuite, il faut décider si on peut assister à la fonction ou non, et ensuite lui donner des directives pour qu'elle puisse l'organiser pour toi. En après-midi, si je n'avais pas de fonction,j'allaisjouer au golf ou je lisais des livres. Mme Bernard - S'il y avait des journées quand il n'y avait pas de fonctions, je trouvais ça un peu ennuyant car je ne savais pas vraiment où me mettre et quoi faire. C'est lors de notre séjour à Charlottetown que j'ai été suivre un cours pour faire des couvertures. Je tricotais aussi. Quand il y avait PAGE 28 LA PETITE SOUVENANCE une fonction à la maison, j'essayais de rester en bas. Moi, je n'étais pas obligée non plus de le faire, mais j'aidais les employés. Et si on avait des repas de prévus, je faisais toujours des galettes blanches. Eh oui, j'aidais même a préparer les tables, si on avait un repas. Même si le chef n'avait vraiment rien a me donner à faire, j'essayais d'aider. Je ne voulais pas faire son travail, excepté que c'est moi qui faisais toujours les galettes blanches. Lui, il préparait le repas et moi, je nettoyais. Je faisais la vaisselle et d'autres petits travaux comme ça. J'étais peut-être dans son chemin, je ne sais pas... S'il y avait de quoi qui se passait a la maison. les cuisiniers ne m'auraient certainement jamais demandé d'aider. Mais. si je pensais que je pouvais les aider un peu. je le faisais volontiers. C'était comme vivre dans un hôtel s'il n'y avait pas de fonctions. Tu t'en allais dans ton petit appartement. ta chambre en haut. puis tu restais là. Tu fermais ta porte. Tu ne voulais pas déranger les employés qui travaillaient en bas. Eux, ils avaient leur ouvrage à faire. Si je restais en bas. je sentais qu'ils auraient pu dire : << Elle reste seulement en bas pour surveiller si nous faisons notre ouvrage comme il faut D. Je faisais notre lavage et je nettoyais notre appartement à nous autres. Les autres chambres étaient faites par les ménagères; elles étaient là pour faire le ménage partout. Mais. moi. je faisais nos chambres moi-même. Les ménagères me disaient toujours : << On ira faire ça. On ira faire ça ». Mais. ça me donnait quelque chose à faire, vraiment. Je ne pouvais pas toujours être partie aux magasins. 16. Le 23 avril 2006, l’Association du Musée acadien de l’ÎIe-du-Prince-Édouard dont vous êtes le «président d’honneur», vous a accueillis une dernière fois en tant que lieutenant-gouverneur de la province et sa Dame, pour vous rendre un hommage spécial et surtout pour vous remercier de votre contribution inestimable envers la communauté acadienne et francophone. Comment mesurez- vous le lien privilégié que vous et votre épouse avez eu avec cette Association? M. Bernard - Le Musée acadien a toujours été pour moi une fierté en tant qu'institution pour faire valoir ce que nos ancêtres nous ont légué. C‘est pour cela que durant mon terme de ministre responsable des Affaires culturelles j'ai pu recevoir les fonds nécessaires des gouvemements pour construire ce que nous avons aujourd‘hui. En ce qui con- cerne le geste de l'hommage spécial que nous avonskreçuà notre dernière visite officielle au Musée acadien de l'l.—P.—E.. le 23 avril 2006, avant mon départ de Fanningbank, ce geste nous a fait chaud au cœur puisque cela avait toujours été une priorité pour moi de pouvoir rendre service à la communauté 2007