“bruyantes navettes, pe Re ane ++ Evangeline —— tte ms C’est l'antique forêt vierge. Les pins murmurants, les sapins cou- verts de mousse, verts, se dressent confusément dans le crépuscule, comme des druides à l'ancien temps, à la voix tristeet prophétique, comme des ménestrels chenus dont la barbe descend sur leur poitrine, Et bru- yante, s'élève, du fond de ses caver- nes rocheuses, la voix profonde de l'Océan voisin, et la plainte de la forêt lui répond avec des accents désespérés. C’est l'antique forêt vierge. Mais où sont les cœurs qui bondissaient sous son ombre, comme le chevreuil lorsqu'il entend sous bois le cri du chasseur ? Qu'est devenu le vil- lage aux toits de chaume et le foyer des fermiers de l’ Acadie, ces hommes dont la vie s’écoulait pai- sible commé les ruisseaux qui ar- rosent Ja forêt, obscurcie par les ombres de la terre, mais réfléchis- sant une image du ciel? Elles sont désertes aujourd’hui, ces riantes de- meures, et les fermiers sont partis pour toujours. Ils ont été disper- sés comme la poussière et le feuil- lage, lorsque le puissant souffle d'octobre les saisit, les fait tourbil- lonner dans les airs, et les sème au loin sur l'Océan. Rien ne reste que le souvenir du beau village de Grand-Pré ! Vous qui avez foi dans une af- fection riche d'espoir et de souf- france, vous qui croyez à la puis- aux vêtements sance et à la beauté du dévouement féminin, écoutez cette plaintive his- toire toujours chantée par les pins de la forêt, écoutez ce récit d'amour de l’Acadie, du pays des hommes heureux. PREMIERE HAT TA PARTIE Le saint prêtre parcourait son petit troupeau, à son approche, les fem- mes et les jeunes filles se levaient pour lui souhaiter affectueusement la bienvenue. Puis, les laboureurs revenaient des champs, et le soleil descendait avec sérénité vers son re- pos, et le crépuscule tombait. Alors le beffroi sonnait doucement l’An- gelus, et l'on voyait monter, au- dessus des toits, des colonnes de pâle fumée bleue qui, semblables à des nuées d'encens, s'élevaient de cent chaumières, foyers de paix et de oontentement. C'est ainsi qu’ils vivaient ensemble, ces modestes fermiers de l’ Acadie, unis par une affection mutuelle et pratiquant l'amour de Dieu et des hommes. Ils étaient exempts à la fois de cette crainte qui règne sous la domina- tion des tyrans, et de cette envie qui est le vice des républiques. Il n'y avait pas de serrures à leurs portes, ni de barreaux à lenrs fe- uêtres. Leurs demeures étaient toutes grandes ouvertes, comme le jour et comme les cœurs de leurs habitants. Là, les plus riches étaient pauvres, et les plus pauvres vivaient dans l'abondance. Un peu à l'écart du village, plus rapproché du bassin de Minas, Bé- nédict Bellefontaine, le plus riche fermier de Grand Pré, demeurait au milieu de sa belle propriété. A- vec lui vivait, dirigeant sa maison, l’aimable Evangéline. son enfant et l’ornement du village. Il était superbe et important, ce vieillard qui comptait soixante-dix hivers. | Il était vigoureux et robuste | | | comme un chêne couvert de fri- | mas ; les boucles de ses cheveux | étaient blanches comme la neige, Let ses joues étaient brunes comme Elle était | belle à voir aussi, Ja jeune fille aux dix-sept printemps. Ses yeux é- taient nojrs comme la -baie qui ‘roît sur le buisson le long du che- le feuillage du chêne. nin. Ils étaient noirs, mais com- me ils brillaient tendrement à l'om- L'IMPARTIAL JEUDI LE 19 SEPT, 1901 mm - niers etlaccur dela ferme. Là étaient rangés les chariuts au lar- ges roues, les antiques charrues € les herses : là était la bergerie ; là au rilieu de son sérail emalumé, se pavanait l'orgueilleux dinden. et le coq chantait avec cette même voix sonore qui jadis fit tressail lir saint Pierre repentant. Les granges, bourrées de fois, ‘em- iblaieut à elles seules un village. | Par-dessus le pignon de chacune d'elles se projetait un toit de caau- me, sous leque! était construit un escalier qui conduisait dans Îles odorants greniers remplis de Di. Ji yavait là aussi un petit colem. bier dont les doux et innocents ha- bitants roucoulaient perpétuelle. ment leur amour, tandis qu'au-des sus d'enx, les nombreuses et bru- yantes girouettes criaient et aution- çaient chaque changement de tem- pérature. (à continuer) DEUX GRANDS MENLEUR (71 Pat. Greatg ass est nn des vieilles moustach s du ème re- guliers. 1is'adresse an mandaut du rgimenut pour ob tenir un conge d'une couple de semaines. Le co'ouel est un ob servateur passionné de la disci- pline ;ilest diffviie de ni arra- cher des fareu:s ét il recourt parfois à de singu iers prétextes pour étayer ses refus. — Et bien ! ‘it l'officier. pour. quoi ces deux semaines de Con- gé ? —Man colonel, rijo.d Par, j'ai deux enfants malad:s et ma femme elle mème s'est malade de fatigue à les soiguer. Ce serait un grand soulagement pour elle sij: pouvais aller pas- ser une quinzaine à Ja Le colonel le couvre p'ndant quelques instants din r-gsid scrutateuret dit: — Patrick ,js vous ao créerais vo'ontiers Votre COrIt—- rend: e InR)L0D. demrnde,mais de ses tresses brunes ! Son Dans le pays d’Acadie, sur les! haleine était aussi douce que l’ha- bords du bassin de Minas, au mi-|Jeine de la génisse qui paît dans les lieu d'une vallée fertile, je petit iries. Et lorsque, pendant les village de Grand-Pré se cachait! chaleurs de la moisson, elle por- dans sa paisible JE Vas- : travailleurs, au temps de tes prairies qui s'étendaient du côté | midi, les flacons de bière brassée à | de l'est lui donnaient son nom moison, elle étatt belle, ah !! offraient des pâturages à des trou-| bien belle en vérité ! Elle était peaux innombrables. Des plus belle encore lorsque, le diman- que les fermiers avaient {che matin, pendant que la cloche, la sueur de leur front, re l'äu haut de la tour, aspergeait les les vagues turbulentes de l'Océan; | airs de ses sons joyeux, ainsi que cependant, à des époques fixes, Ies\]e prêtre asperge les fidèles avee écluses s'ouvraient, et laissaient la l'hysope qu'il secoue sur eux en mer bienvenue se promener libre- ment sur les prairies. Le sud et l’ouest étaient couverts de champs de lin et de blé, et de vergers qui s'étendaient sans clôtu-| Vers le nord se dressaient Blomidon et la re au Loin daus la plaine. forêt vierge, et des montagnes sur lesquelles les brouillards de la mer et le$ vapeurs du puissant Atlanti- que avaient planté leurs tentes ; ils regardaient ils ne descendaient, jamais de leur C'est 1à qu’au milieu de ses fermes reposait le village aca- la riante vallée, mais hauteur. dien. Les maisons, avec leurs charpentes de chéne et de châtai-| gnier,- étaient solidement cous- truites, comme celles que bâtis- saient les paysans de Normandie sous le règne des Henry. couverts de Les toits étaient chaume, et percés de petites lucar-} nes, et les pigeons, s'avançant en encorbellement sur la façade, pro- tégeaient le seuil qu'ils couvraient Là, tranquilles soirées d'été, lorsque le ni … pendant Ies de leur ombre. soleil couchant éclairait de ses der- niers rayons les rues du village, et 1 ir 4 c Adac ri "1 . dorait les girouett2s des cheminées, là venaient s'asseoir les matrones et les jeunes filles, aux blancs comme la neige et aux ju-. pes écarlates, bleues ou vertes, avec leur rouet qui filait Le ln doré pour les bavards tisserands, dont les travaillant à re mêler leu l’intérieur, venaient SO 1 aux ronflements des rouets et aux chants des jeunes filles. Le curé dait la rue avec une gravité so- lennelie ; les enf leurs jeux, et accouraient baïset main qu'il étendaait pour it euIir |les bénissant, elle traversait la rue |avec son chapelet et son missel, | coiffée de son bonnet normand et | vêtue de sa jupe bleue, et avec ses | du pays de France, et qui, depuis, javaient passé comme un héritage de la mère à la fllle, pendant une | longue suite de générations. | Mais une splendeur céleste et lune beauté plus idéale encore, bril- jaient sur. son visage et transfor- maient son aspect, lorsqu’après sa confession elle retournait sereine à la maison, portant avec elle la bé- nédiction de D'eu. Quand elle é: tait passée, c'était comme les der- | | nie. | La maison du fermier, construite | solidement aveo des chevrons de | chêne, était située sur le flanc de la colline qui dominait amer. De- vant la porte s'élevait un sycomore touflu, autour duquel s’enroulaif 1 chèvre-feuille. Le porche était taillé rustiquement et garni de siè- ges. Un sentier conduisait à un verger immense, et allait se perdre eusuite dans la prañie. Sous le ieut des ruches, sur- , ss ny re ta D YCOUOIUIC éta montées d'un de ces abat-vent comme les voyageurs en rencon- ent davs les pays éloignés sur le ss tac Li GCS ronc pour les pauvres ou d’une mage de la bieuheureuse ‘Vierge chemins, au-dessus d’un arie. In peu plus bas, sur la pente de était le puits avez son peudants d'oreille apportés 1 j'ai justumeut reçu une lettre ce votre femme ce matiu. Eile me prie de vous donuer aucun congé | | gence, ont perdu le plus beau don nui:emen! | car elle ne désire vous voir à a maisoh où êtes toujours ia caus: troubles. — Alors, mon colonel}, laffur pauvre vous 3 } de raiiGes « est ‘‘setilée; ‘pas vue miette de conge ?… —Je crois bien que rop, mon pauvre Pat. L: lettre de {eme m'impore j'obiigation de vous refaser. Ce fat au tour de Pat de lan- cer à son supérivir un de c's regards qui en disent pius qu” un long poème. Pais 1} s'en alla ; mais arrivé à la porte,il fit un demi tour et demanda : —Mon colonel, puis] vous dire quelque cho:e ? — Certainement, Pat. — Vous ne vous jàcher:z j;a;, mon colonel ? Je vous le pron-ts formeile- ment. —Alvrs, mon vco'one!, ily à dans cette chambre d+5x%x ja- meux meatenurs:}* D'S1l:p 8 marié, et, par conséqueu!, ma votre } femaine D'a pa vous ecrire !. M. Joseph Dubois Souffrait de ses nerfs, était crain- tif et morose, avait beaucoup de misère à travailler Le jour et ne dormait pas du tout La nuit. Sa digestion se faisait mal et il était rendu à l’état de squelette. Les PILULES MORO Font guéri de ses troubles et fait de lui, un homme ë fort et robuste, Un grand nombre d’hommes souffrent de leurs nerfs, sont mai- gres et décharnés, faibles et ha- gards. Leur appétit est mauvais, leur digestion se fait mal. Ils sont moroses et craintifs, penvent à peine travaîller durant le jour, dorment mal la nuit et se lèvent le matin aussi fat qu'ils s'é- taient couchés la veille. Ces hom- mes souffrent de teurs Nerîs. Chez ces hommes la maladie est quelquefois causée par un excès de. travail, où ils ont hérité de cette constitution et somt néssanséforces. ‘Mais chez la majorité d’entr'eux; cet état de chosesa été amené par des écarts de jeunesse on une vie irrégulière. o Ces symptômes chez l’homme nerveux s’aggravent bien vite. L'action ducœur devient plus fai- ble à mesure-que la maladie aug- mente, Il perd son énergie, de- vient timide et peureux et com- mence à s’effrayer sur sa condition qui empire. Il twi est impossible de s’appliquer à rien et il m'est qu’une machine sans but et sans ambition. Son intelligence s’affai- blit et sa volonté s’en va. MONSIEUR JOSÉEPH DUBOIS Des symptômes plus graves en- core se présenteront, si la maladie. n'est pas contrôlée à temps. Les asiles d’atiénés sont remplis de ces malheureux qui, par suite de leur mauvaise conduite etde leur négli- que la Providence leur avait donné : l’Intelligence. Les Pilules Moro sont le tonique par excellence pour les nerfs. Kllés ramènent les couleurs aux joues, donnent de l'expression aux yeux, font dormir la nuit et ramènent à l’état normal les organes affaiblis et détériorés par des habitudes malheureuses. Elles donnent à l’homme d'âge mur, décrépi et fané avant le temps, le privilège de jouir jusqu’à un âge avancé de sa vie, de ses facultés d'homme, .. dont il déplore, sans espérance, l’affaiblissement et la perte. +; CoMPAGNIE MÉpicALre Moro, 1274 rue Ste-Catherine, Montréal, Chers Docteurs, “ J'ai pris les Pilules Moro, et j'ai ‘suivi les conseils qui m'ont êté don- ‘nés. Elles m'ont guéri de mes maux ‘‘et j'en suis bien reconnaissant. Je ‘“ souffrais depuis longtemps et je m'étais ‘toujours fait soigner sans pouvoir obte- “nir de résultats. ‘ Je dormais mal la nuit, mes vivres ‘‘ne digéraient pas, j'étais toujours ‘morose, chagrin et rempli d'idées ‘“noires. Ces troubles étaient causés ‘‘ chez moi per des abus de jeunesse, ‘ Aujourd’hui, j'ai bonappétit, je mange ‘ce que je veux sans êtrefatigué. Mes ‘‘ nerfs sont forts, je suis courageux, je ‘f puis faire mon ouvrage et je dors bien ‘“la nuit, Pour un homme de mon âge ‘f je suis aussi robuste qu'on puisse l’être. ‘“ Encore une fois, je suis bien recon- ‘{ maissant du bien que tes Médecins de ‘“la Compagnie Médicale Moro m'ont {{ fait avec leurs conseils et leurs Pilules, 4TOSEPH DUBOIS JEANNE DES ER\DBLES. eme rence LE SUD-AFRICAIN | | Les présitests Steyu et | S ha k Burger viennent de mn. cer un? mition qui se | termine alisi: | “Aucaue pal: n° aucunes coudit ou de paix ne seront acceptées, qui ne com | porteront ind-pen vxi-teuce anio-| Dr'oc: prov: sera faire pas zotre dance et noire rantissant pss jes intérêts de nos frères des colonies. La couvert de mousse, attaché moyen d'une chaîne, et, tout un abreuvoir pour les che- V 2 : \u nord, protégeant la maison contre les tempêtes, étaient les gre- quement | indépendance rêts."” C'est M. Kitchener qui n'ai mera pas ça ! uévcesssires à Ja défense de notre et de vos iuté- nome comme peuple et ne BA } guerre sera poursuivie émergi..| par tous les moyeus] # No. 444 rue St-Denis #“ MONTREAL. ” Les Médecins de la Compagnie Médt- cale Moro peuvent être vus à leur Bureau au Numéro 1724 rue Ste-Catherine, tous les jours de la semaine, excepté le diman- che, jusqu’à huit heures du soir. Aux hommes qui demeurent à la campdgne et qui ne peuvent venir facilement à Montréal, un blanc de traitement leur sera envoyé sur demande, ainsi qu’un petit livret rempli de conseils et d'avis. 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