L’IMPARTIAL or A MR - LE CHARMEUR DE SER: PENTS Un matin j'apprends avec _joie que je puis voir dans le jardin de notre colonel un char- meur de serpents. J'accours. 1] est là. C'est un homme d’une apparence vulgaire. Nulie sor- ellerie dans son regard ni dans l'expression de sa physi- onomie. À quelle caste appar- tient-il ? Je ne seis, mais, sans nul doute, c'est à l’une des in- férieures. Bientôt il se met à Jà beso- gne. 11 s'approche d’une ere- vasse dans laquelle doit-êètre un nid de serpents, et piace près de Jui un vase de tern dont son auxiliaire usera à up certain signal. Puis il prend à sa ceinture une sorte de chalu- meau et en tire comme d'u» sifflet des sons aigus, discor- dants, désagréables. Pendant une dizaine de mi- nutes il continue cette vilaine “musique, en faisant toutes sor- tes de contorsions, et rien ne se meut à son étrange appel. Mes compagnons et moi, nous pen- sons que sa tentative est inu- tile et nous voulons nous reti- rer. ll nous fait signe de res- ter, et un instant après, avec un saisissement irrésistible, nous voyons sorti de la cre- vasse la tête d'une énorme co bra capello, la plus terrible des vipères- Elle se déroule peu à peu dans toute sa lon- guenr. Jamais je n’en vis une pareille. Le charmeur ]la re- garde avec une visible satisfac tion. 11se réjouit de l'avoir fait apparaitre, et pour mon- trer le pouvoir qu’il exerce sur elle, il s'éloigne : elle le suit. 11 s'arrête : elie s'arrête Elle le regarde avec une sorte de fixi- té magnétique, et le suit dans tous ses mouvements, et il nous a dit que s’il avait cessé de jouer, elle se serait aussi- tôt jetée sur Jui. Mais il continue à faire ré- sonner son Chalumeau, en re culant encore de quelques pas. Arrivé au milieu du jardin, tout à coup ïil s’asseoit par terre, ei joue avec plus de vi- gueur. Eile reste un instant immoblie, puis se dresse sur sa queue comme si elle allait s’é- lancer sur sa victime. Ceux d'entre nous qui n’avaient en core rien vu de pareil trem- blaient pour le musicien. Les vieux rontiers de l'Inde n'avaient point cette émotion. Fascinée par la musique, la for midable bête se mit à se balan- cer en avant et en arrière, puis à danser. L’Indien fit un signe à son Compagnon, qui aussitôt, d'une main habile et vigou- reuse, mit le vase de terre sur la cobra et la subjugua. En un instant elle fut enveloppée et liée dans une épaisse toile ci rée, puis le charmeur la porta près de quelques autres vipères qu’il avait prises de la même facon. Après un moment, il se re- mit à l'œuvre avec son miséra. ble chalumeaa, avec son incro- yable puissance de fascina- tion, et prit encore q atre vi: pères. * Cet étounant spectacle était fini. Je désirais en voir un au- tre dont j'avais entendu par Jé : le combat de la formidable Cobra avec un petit anima! de même race que l’ichnenmon, le fameux rat d'Egypte, qui fai- sait la guerre et pénétrait dans le ventre des crocodiles. Le cémplaisant charmeur ac- quiesça à ma demande. 1l avait les vipéres, et il avait dans une boîte pusieurs de ces petits a- nimaux que les Indiens appel- | lent des mungooze (les man goustos de nos naturalistes]. Pour nous préserver de tout péril, il organisa le combat dans une grande cage en fil d'archal destinée à renfermer des faisans. Au bord de cette cage, il porta la plus forte de ses Cobras, Celle qu'il avait! {prise la première, sur le cou- vercle du vase en terre où elle était comprimée. Aussitôt elle rave sur le sol, et de côté et d'autre chercha dans le ‘issu de fer une ouverture pour fuir en pleine campagne. Toutes ces tentatives étant inutiles, elle se relle prison, se replia er plu- sieurs cercles et attendit. L'In- dien ouvrit alors la boite où étaient ses ichneumons et en sortit une espèce de rat, si faible en apparence et si chétif qu'on ne peut s'imaginer un des serpents les plus gros et les plus dangereux. Et d'abord il ne semble avoir aucune a- gressive intention, il se promè- ne tranquillement dans la cage avec ses petits yeux rouges et sa queue touflue aussi grosse que son corps. Tout à coup il aperçoit la vi- père, et sans hésiter, s’élance vers elle. Rapidement aussi, elle se lève: les taches qui sont autour de ses yeux appa- raissent comme deux cercles de lunettes et l’on voit se gon- fler cette espèce de coiffe qu’ elle a sur la tête et qui lui a fait donner ce surnom de ‘“ca- pello”. Ce gonflement est le si-| gual de sa colère. Elle se lève! à trois pieds de hauteur pour recevoir l'attaque de son ad- versaire, dont les yeux flam-| boient comme des charbons ar. | dents. Elle le saisit entre ses | dents empoisonnées ; elle lui lant, délaillant. Nous croyons que 13 combat est fini, et nous regrettons d’avoir provoqué la autes, le voilà qui se rauime. frotte rigoureusement son nez dans une toffe d'herbe. et peut être, sans que nous le voyions, mange quelques brins le cett: herbe que nous ne connaissons ia bataille. Sept fois de suite 11 attaque son ennemie, et peu à peu on la voit s'affaiblir Enfin, 1l se cramponne à son gosier et le déchire. Le prodigieux petit rat est le maitre. La terribie cobra est anéantie. Après ces deux émoutants spectacles, nous devions avoir encore une singulière surprise. Un vol avait été commis dans maison du colonel, et, malgré toutes les recherches, on n’arait pu réussir à découvrir le cou- pable. Notre charmeur l’obli- gea à se découvrir lui-même et à faire publiquement sa con- fession. Comment parvint-il à obtenir ce résultat ? Par un moyen qui peut nous paraitre naïf, Mais qui devait agir sur des natures superstitieuses. À sa demande, on lui appor- {a un vase rempli de riz, et tous les gens du colonel furent rangés en une seule ligne. 11 fit alors sur le vase placé de- vant iui des signes étranges en prononçant des paroles mysté- rieuses et des invocations so- lonnelles, puis 1l donna à cha- cun des domestiques une poi- gnée de riz, leur disant de man- ger ce grain en s’écriant : * “Il ne pourra l'avaler, celui qui n’a pas la conscience pette, “S'il essayait seule nent de le broyer entre ses dents, Vich nou, le dieu puissant, le saisi- rait dans ces rombreux bras et l’annéantirait.” | Nous nous amusons de la simplicité de ce procéde juri- dique, et quelle fut notre sua- prise quand nous vimes le charmeur s'’avancer directe. ment vers un des domestiques et lui ordonner de cracher le Cet homme trembla, pâlit, puis, tombant à genoux, confessa d’une voix plaintive ses divers larcins. Xavier Marmier. de l’Académie Française. résigna à rester dans celte nou-| qu’il osa entrer en lutte de VALUE of Goods will Find ny prices as Iow as any in. fait une blessure mortelle, puis | se retire. Le pauvre ichneumen | recule de quelques pas. chance-| perte du vaillant pe‘it cham- pion. Mais après quelques mi-| pas, puis retourne fièrement à) riz qu'il n'avait pu mâcher.| THE SLAUGHTER SALES ue RS ET (ee ee CS ur OS or mr bi I have been waiting ior developments for the true inwardness Of these sale. In many cases the prices are increased 50 per cent. AND THEN REDUCED, bring- ing them back to par. Customers WHO KNOW THE the market and the largest Stock in the County to slCt from. My constantly increased sales is the best eviierncee that I AM Ï,, IT, and cannot be WELL CROW 5 °D OUT. N in Ladies and Gents Fur Good BARGAINN as Lo . Lu _. In Boots and Shoes In Fur Coats and Sleigh Robes In Ready-made Clothing In Hats and Caps. 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