re PCT HU pe ontpe che nf T 4 | CE RNERRRRREEE nt ese ermnt M 2 à De CR ET Aiurieux d'attraper et de tordre le Dm Le portier de ces voyages par con- | geait que c'était lâche d’insulter «$ LA CIE. DE PUB. DE L'IMPARTIAL, PROPRIETAIRE. VOL. 2. NO. 42 TIGNISH, Un Gamin Corrige © — 7% — 0 Je ne crois pas qu’il y ait encore des enfants aussi hardis qu’ Antony. Ii était la terreur des portiers et des servantes, le cauchemar du rentier paisible, Ce petit voltigeur des rues était le chef d’une bande audaci- euse, qu'il entraînait tous les soirs sortant de la pension. Il se met- tait à leur tête en vrai cosaque à pied, et pas un marteau, pas une sonnette s'échappaient à leur avide recherche. —-Pan ! pan ! pour le marteau. Ils fuyaient, se plaçaient en embus- cade à quelques maisons plus loin, et la porte s’ouvrait, à la grande joie de leurs cœurs pleins de malice. Le portier, ne voyant entrer per- sonne, venait lui-même regarder pourquoi, et plongeant en vain ses yeux dans la rue silencieuse, s'en retournait mécontent. Après un temps raisonnable, quand on le sup- posait rentré dans sa loge et paisi- blement assis, on retournait, hale- tant, avec des rires étouffés, où il y avait un poème de brigandage. —Pan ! pan! recommençait le marteau ; et les oiseaux de nuit s’envolaient encore, rasant la terre dans la cachette qu'ils s'étaient choisie. Force était au portier de tirer le cordon, ne fut-ce que pour lui-même, car il brûlait, ce portier ras insolent qui l’arrachaïit ainsi à son repos. C'était en vain ! Alors, l'amour même du repos l’arrachait violemment à son immo- bilité de profession. Il se faisait pe- tit et s’avançait finement le long du rang où il supposait les malfaiteurs cachés. Mais si par hasard ils’approchait de leur retraite, ils en sortaient tout à coup avec une agilité si prodi- gieuse qu'ils glissaient entre ses bras étendus ; faisant voler en l'air son bonnet et poussant des cris aus- si aigus que ceux de l’orfraie ou de la chouette. Ils étendaient même l’insulte jusqu’à frapper du mar- teau chacun un coup, ce qui faisait six, en laissant pour adieu au por- tier, gonflé de colère dans la rue : —Ouvrez, portier ! ouvrez donc, portier ! le cordon, s’il vous plaît ? La nuit entière ne consolait pas trainte et sans vengeance. Le por- tier aime la vengeance. Antony, répandant partout ses ravages, était déjà pendu à une son- nette, et tandis que les autres fu- yaient, lui souvent mettait dans sa tête d'affronter le danger. Une servante accourait, rouge de ce terrible ébranlement de la son- nette, et avant même qu’elle ouvrit ja bouche, Antony, levant un 8ez insolent comme lui-même, deman- dait : __Est-ce ici le médecin de mon oncle ? —Qui est-ce que c'est, le méde- cin de votre oncle ? demandait la servante irritée. __C'est...]Je ne me souviens pas de son noïn ; mais c'est un bien bon médecin. _Ce n’est pas ici. Dieu vous conduise, et une autre fois, ne son- nez pas si fort, toujours ! Une ardeur nouvelle emportait la troupe errante. Pas un ne son- dans l’ombre. | Antony, bien élevé d'ailleurs, et fitait à son père une grosse qui co gross vant, irnitait somme pour devenir Sa effrontément le gamin, dont la joie l’humble cordonnier, en plongeant tout à coup sa tête dans l’échoppe par un carreau de papier qu’il en- fonce, et en demandant froidement : ‘Quelle heure est-il ?’’ I1 trouvait aussi une emotion dé- lectable à lancer l’épouvante chez le tranquille artisan travaillant à la lampe, en faisant ruisseler sur les vitres sonores des poignées de pois secs, qui descendent comme la fou- dre en éclats dans le silence labo- rieux du chaussetier solitaire. Ce soir-là toute la meute sonnante se précipita sur le pied de biche d’un rentier. La première attaque fut inutile, car le maître était ab- chauffant au feu de leur maître pas se déranger. Antony, très irrité de cette len- teur, s’écria : \'‘Se moque-t-on de moi’ ? et se pendit sans façon de tout le poids de son corps au pied de biche, qui lui resta dans les mains. Uncri de victoire, très flattenr pour Antony, fut poussé re, ce qui l’empêcha d'entendre le bruit de la porte. Elle s’ouvrit d'ailleurs et vivement qu'il fût pris le pieï de biche témoin irrécusable de son crime. s’enfuirent épouvantés, entre eux : — Aussi pourquoi nous entraine- t-il à cela ? sans jui.—Ni moi —Ni moi :—-Ni moi ! cinq fois répété, fut tout ce et dirent je n’y songerais pas Seulement ils soupèrent assez mai ce soir-là, et quelques-uns rêvèrent de gendarmes. Antony ne rêvait pas. Toute son intelligence était éveillée par l'air sombre et vindicatif des deux do- mestiques, ses vrais maîtres alors, résolus à le lui prouver rudement. Ils avaient commencé par lui lier les bras et les jambes et se dispo- saient à le desceudre à la cave, avec des menaces effrayantes. Le fier Antony ne proférait pas une parole ; il regardait ses liens, qui lui fai- saient mal ; il songeait à l’inquié- tude de sa mère...C'était affreux ! mais ilne yleurait pas : son cœur seul disait au fond de lui-même : Mon Dieu ! —Finissons, dit l’un des hom- mes, en faisant signe à l’autre d'emporter avec lui l'enfant, qui devint très pâle, mais qui ne baissa point ses yeux pleins de courage. A l'instant même on frappa trois coups à la porte de la rue. il sonne ordinairement Va, petit brigand, ton affaire est faite, recommande ton âme. An- tony crut qu'il allait voir appa- raître un ogre. Le frisson passa dans ses cheveux et les fit lever mais sou regard mouilla pas d’une larme. curieux ne <e une raison suffisante pour en cave et faire » + mais après avoir un peu rêvé sur le est immense quand il fait tressaillir sent, et ses deux domestiques, se | faisaient la sourde oreille pour ne | jusqu'aux toits par sa troupe légè- | et entraîné dans l'allée sombre a- | vant qu'il pût même laisser tomber | Ses compagnons | qu'ils inventèrent pour sauver leur chef du piège qu'ils avaient évité. | —C'est monsieur, dirent-ils, car | trois fois. | Le bon rentier, qui était le moins! ogre des hommes, ne trouva pas nuit dans la perte de son pied de biche | jen, ietire | ; mourir peut-être | 1€T Si l'imprudent qu'on avait garrotté ; G. BUOTE, RÉDACTEUR. F. J. BUOTE, GÉRANT naient ses liens, eut les yeux ban- mal. Alors la voiture arriva. Le ren- tier touché du jeune âge et du maintien sans bassesse du prison- nier, l’interrogea en grossissant sa voix. —Votre nom, celui de votre fa- mille, votre demeure ? Antony répondit à tout d'un ac- cent émn, mais précis. —Avez-vous du courage ? — Pour entreprendre, oui, pour |souffrir, je l'ignore : c’est la pre- | mière fois que je me suis laissé | prendre. | —]Jurez-vous de ne pas vous ré- | volter si l'on vous Ôte vos cordes ? | —Je le jure. | —Otez les cordes au prisonnier. | Les cordes tombèrent. —Vous allez subir de grandes | épreuves, continua le juge. Les | soutiendrez vous sans lacheté ? | —Je tâcherai, répliqua simple- | ment le petit sonneur. | Son juge le plaça derrière lui, et | détachant de la tapisserie couverte de dessins une tête de mort au cora- yon noir, qui n'y tenait que par quatre épingles, il la mit devant Ne bou- | | | | l'enfant, en lui disant : | gez pas ! —Vous, dit-il aux domestiques |soulevez son bandeau. | Antony trouva sans tressaillir cet- |te tête sous ses regards délivrés. Î te —Qu'en dites-vous ? | —C'est bien mal dessiné, répon- dit l’écolier qui l’avait parcourue |avec attention. Et le bandeau re- | ; —Aviez-vous des complices ? — J'avais des amis, monsieur, ils |se sont sauvés...Ils ont bien fait. | —-Avez-vous une mêre ? Aniony ne répondit pas, mais il baissa la tête, et le rentier, qui l’ex- aminait attentivement. vit ruisseler deux larmes sous son bandeau. —Partons, dit le juge d’un ton grave et irrévocable. Antony fut conduit en silence dans ja voiture, qui roula si long- temps qu’il se crut à vingt lieues de Paris, mais qui s'arrêta tout à comp sur un cri de ses deux guides, au milieu desquels il était assis. Le rentier, qui n'avait pas souf- flé un mot durant le voyage, des- cendit le premierets’éloigna. An- tony fut déposé au milieu d’une rue déserte et sombre, qu'il prit pour une ville de province incon- nue. Quand son bandeau lui fut ôté et qu’il put porter autour de lui ses yeux éblouis et pleins de terreur : —Tirez-vous de la, dirent briève- ment ses guides en remontant en voiture, que l'enfant infortuné vit s'éloigner avec l’amertune profonde de sou abandon. Il resta quelques instants sans se | mouvoir et sans rappeler ses idées. ! . . « 4 11 ne { ette y le 31e | WVELLC VIiLIT 18 nue lui paraissait Il trou- consternation. | pie cé c |vait les maisons d'un aspect som- |! re, bâties tout autrement qu’à .{ Paris, son cher Paris ! et présente- . ment qu’il était pour lui d’une tmu- |périeuse nécessité de sonner à quelque porte pour s'y sauver d’une nuit d'éprouvante et d'insomnie, à un, tous les pieds de biche du |monde n'auraient pu réveil- ler sa passion éteinte par le son .|des marteaux et des cloches. | [1 s'assit en soupirant au coin d’une banc étroit qu’il ac- trouble que de telles actions répan- | borne, Sur Un dent souvent dans des maisons pai-|C£pta POUF SO lit, noB sans mur-- sibles, il ordonna qu'on fit avancer | Mure! tristement : Ah! que les une voiture à l'heure. ancs sont bien pius larges à Pa- Pendant qu’on la cherchait, An-} es lanternes à gaz, Dieu ! tony, dans l'immobilité où ie rete- suite à la 8me page) | Li SL ILE du PRINCE EDOUARD, JEUDI dès sans qu'il lui fût fait le moindre |. 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