Les autorités du chemin de fer. ayant appris que feu le célèbre sculpteur Philippe Hébert. de Montréal. avait fait, de sa propre initiative, quelques années auparavant. une maquette d'une statue d'Évange’line, chargèrent au mois de mai 1919, M. J. M Gibbon. agent général de publicité de la Compagnie du Pacifique Canadien. à Montréal. d'inviter M Henri Hébert. fils du regretté défunt et aussi excellent sculpteur lui—même, à se rendre avec lui à la Grand-Prée (sic) avec la maquette modelée par son père. Là. il fut convenu que M Henri Hébert se rendrait à Paris avec la maquette pour lafaire couler. C 'est M Hoheviller. Alsacien de naissance, qui coula la statue. En parlant de la statue. notre historien national Placide Gaudet. poursuit : L 'attitude est inspirée de cette phrase : «Pleurant le pays perdu». Ëvangéline quitte en pleurant le pays qu’elle ne devra jamais revoir et jette un regard douloureux en arrière. ’4’ Évidemment pour nous, Acadiens et Acadiennes, qui avons le coeur tendre et sensible, c’est une oeuvre à voir et à comtempler soigneusement au lieu historique de Grand- Pré. En examinant la figure d’Évangéline d’un certain côté, l’observateur va vite reconnaître la physionomie de la jeune femme heureuse et pleine d’espoir. À quelques pas de l’autre côté de la statue. on peut facilement voir les traits d’une femme âgée, remplie d’angoisse et de tristesse. ll faut se rendre compte de ces traits exceptionnels accordés à Évangéline par l’artiste!” Quel joyau significatif constitue cette oeuvre ingénieuse qui est un héritage patrimonial pour nous tous aujourd’hui! Le poème tragique de Longfellow, Evangeline A Tale of Acadie, a été traduit dans plusieurs langues dont la version française la plus connue est celle de 1865 de la plume du poète de la littérature canadienne-française Pamphile LeMay dont le fils René P. LeMay est l’architecte des églises des paroisses Notre-Dame—du-Mont-Carmel et Saint-Bonaventure (Tracadie) à l’Île—du-Prince—Édouard. L’arrière-petite-fille de Pamphile LeMay. Céline LeMay. est venue à Mont-Carmel en novembre 1998 à l’occasion du centenaire de l’église paroissiale qui justement avait été construite par son grand-père René P. LeMay. ‘°’ Celui— ci, on le répète, était le fils du traducteur de notre épopée nationale, Évangéline, le symbole féminin par excellence que le destin a choisi pour incarner à la fois l’histoire tragique et l’espoir du peuple acadien. "C'est l’antique forêtt... Noyés dans la pénombre, Vieux et moussus. drapés dans leur feuillage sombre. Les pins au long murmure et les cyprès altiers, Qui bercent aujourd’hui, sur des fauves sentiers. Les nids harmonieux. sont semblables aux bardes Qui venaient, chevelus. chanter dans les mansardes, Aux druides sacrés dont la lugubre voix S’élevait. prophétique. au fond des vastes bois. Sauvage et tourmenté, l'océan vert, tout proche, Se lamente sans cesse en ses entres de roche. Et la forêt répond, par de profonds sanglots, Au long gémissement qui monte de ses flots. (Début d 'Ëvange’line .' Pamphile LeMay) lll t3) (4) (5l ((7) La couverture de notre 21° édition de La Petite Souvenance (décembre 2007) rendait un hommage à Longfellow à l’occasion du bicentenaire de sa naissance (1807-2007). Le 150c anniversaire (1847-1997) de la publication du poème de Longfellow (Evangeline A Tale of Acadie) avait été souligné en I997 par une série d‘articles dans La Voix acadienne entre mars et décembre I997 par moi—môme et mon collègue David Le Gallant. Le poème, bien que romance, est inspiré de faits historiques : la déportation des Acadiens de la Nouvelle-Écosse. Quant a un couple d‘Acadiens séparés par la Déportation. il y a lieu de croire que c‘est probablement un fait réel aussi puisque c‘est le révérend Horace (Ïonnolly qui. invité à manger chez les l.,(')ngl'cllow, aurait. en présence de l‘écrivain Nathaniel Hawthorne, répété que, d’après ce qu‘on racontait, cela était arrivé à un couple de jeunes acadiens lors de la Déportation. Placide Gaudet. Le Grand Dérangement. Imprimerie de l'Ottawa Printing Company Ltd, Ottawa, 1922, p. vii et 68. Voir à la page 6 pour entrevoir un peu les traits d‘Evangéline. David Le Gallant. Premier Centenaire de l’église Notre-Dame-du—Mont—Carmel, Comité des fêtes du Centenaire de l‘église de Mont-Carmel. Williams and Crue. Summcrside. 1998, p.10- l 3. 6002 - HDNVNEIN'IOS 3.LI.LEld V'l B