# NOTES LOGALES, ETC. ER LAN, — Au prochain numéro, nous eom- menceront la publication d'un Feuille- ton très intéressant. La maison de M. John O’Mara, Hills River, est devenue la proie des flam- mes, mardi de la semaine dernière. Les pertes sont lourdes. Pas d'assu- ranc®. Le village de Ste. Anne de Bellevue, vingt milles de Montréal, a été détruit par un incendie, lundi matin de la se- maine dernière. La vieillé batisse en pierre occupée par le poète Thomas Moore lors de son séjour ea Canada est au nombre des ruines. Nous aîtirons l'attention de nos lec- teurs et du public en général sur la nouvelle annonce de M. F. T. Arse- nault, marchand, a Wellington. C’est la place des bons marchés. Allez y et soyez eonvaineus. On est a préparer un grand concert pour le 17 mars, a la salle Ste. Marie, Tignish. Les membres de l'A. C. B. M. 281 étant a la tête de l'affaire, c'est suflisant pour assurer d'avance que ce sera un sucoès. Le Stanley a été pris dans les glaces toute la semaine dernière. Le Minto étant a Pictou, incapable de sortir du havre par la glace. La soirée qui a en lieu jeudi soir « la salle A. C. B. M. a été couronnée de succès. Quoique le nombre de per- sonmes ne fut pas grand, on s'y est beaucoup amusé. Jamais on n’a vu tant de neige dans les rues du village. En certains en- droits il y en a jusqu'a la hauteur de 15 pieds. Pendant huit jours, consé- cutifs nous avons eu des tempêtes de neige. La grippe sévit toujours 8 Tignish et tierf nos médeoins sur pied le jour et la nuit. Pendaut plusieurs jours de la se- maine dernière mous avons eu un ver- glas qui a causé beaucoup de dom- mage aux arbres, surtout les arbres fruitiers. Les fils télégraphiques ont été brisés presque partout dans la pro- vince. Hier sons avons une vraie tempèta du vieux temps. Inpossible d'agir. Les chars partis de Tignish a 7 heures du matin, ne s'étaient rendus qu'a St. Louis a midi-distanoe de 7 milles. Aujourd'hui la tempête est un peu modérée, mais In neige ! ! il y en a des montagnes. Vendradi passé les chars venant de Charlottetown a Tignish ont été obli- gés de passtr la nuit eatre Piusville et Alberton par la neige qui s'était a- moncelée sur la voie. Après beau- coup de travail pour débarrasser la ligne, les ehars sont arrivés a Tignisb, samedi vers deux p. mm. Un ineendie qui s'est déclaré mer- credi passé dans la batisse Tremaine, Charlottetewn à causé des dommages considérables. La batisse était louée par M. Horace Haszard qui ÿ avait une grande quantité de farine, sucre, melasse, etc. Les pertes de M. Has- zard sont estimées a %$10,000 avec $7,500 d'assurance. La soirée organisée pour le profit de l'église presbytérienne a eu lieu lundi soir dans la salle de Tignish. Il y a- vait foale, an bon nombre étant venu d'Alberton par un train spéeial. Le programme était varié et fut rendu a la satisfaetion de tous. ‘Mrs. Jarley’ s’aequitta d'ane manière digne de ce célèbre personnage tandis que les autres différents caractères, mus par un ressort à ‘‘motor”, remplirentleurs roles avec précisien et habileté. La somme réalisée doit être élevée. Nons espérons que les autorités fe- ront en sorte de placer un bateau entre Summerside et le cap Tourmen- tin aussitot que possible. L'expé- rience de l'automne dernier démontre que o’est la seule route au moyen de laquelle nous pouvons recevoir les malles régulièrement pendant l'hiver, sans compter les avantages qu'on peut entirer pour les passager et le fret. Un télégramme reçu a Tignish, mar- di, annonce que la goelerte comman- dée par le capitaine Albert Miller de Tignish. a fait naufrage, la semaine dernière, sur la eote de New-York. L'équipage eomprenant six hommes a souffert du froid. Miller Philorome cŒœuellement Qautre : le Doucet, fils de Doucet de Palmer Road ; DesRoches, fils de Thomas DesRoches de Little Tignish, et Perry, fils de capitaine Ben Pascal Perry d'Alberton sont «a l'hopital. capitaine a L'IMPARTIAI, JEUDI LE 14 FEV 1901 MA PATRIE. Me voyant marcher de l'avant Des gens sont venus, quatre à quatie, Me dire ;* On te voit trop sou- vent Contre des montagnes te bat- tre !” —Et moi j'ai répoudu :"Voilà Pourquoi je charge avec furie: Derrière ces montagnes-là Est prisonnière ma Patrie ! D'autres m'ont dit :‘ Ferme les yeux ! Ton existenee sera belle : . Fortune, honneurs à qui mieux mieux Verstoi viendront en ribam:- belle !” — J'ai réponda :‘“Gardez pour vous Les bravos de la galerie. Moi, j'estime qu'il est plus doux De ne songer qu’à la Patrie !” On m'a dit :’On sent danstes vers La pitié des nobles détresses N'astu pas, pour tout l’uni- vers, Mêmes bontés, dresses ? —AÀlors j'aidit : *‘ En vérité Ai je l’air d’avoir l'âme aigrie! J'aime, certes, l'humanité, Mais j'aime, d’abord, ma Pa- trie ! mêmes ten- Des poètes m'ont dit : “ Ja- mais Près de nousne prendras-tu place ! Viens donc rêver sur nos sou- mets : Ne vois- tu done plus le Par- 7 passe . — J'ai répondu:‘Je ne vois plus : Que le Grlgota d’infamie Où l'on a rec'oué Jésus, Où l'on veut clouer ma Pa- trie ! ” D'autres encor m'ont dit enfin: “Es tu Blanc ou Bleu, Rouge ou Rose Quel est ton cri ‘Vive Ma- chin ? ” Onu vive Untel ? ou ‘Vive Chose ? —Et j'ai dit, gaiment, à cha- qua : ” “Ecoutez moi lorsque Je crie : Ce n’est jamais :“ Vive quel- qu'un |” C'est toujours :‘‘Vive la Pa- trie!!!" THEODORE BOTREL. PERSONNEL ER CD M. Frank Perry, Fidèle, de Peter- ville, nous a fait une agréabie visite mardi. Nous regrettons d'apprenére que M. A. J. McFadyen de la maison com- merciale J. H. Myrick & Cie est rete- nu a la maison depuis plusieurs jours, par la maladie. Le Berceau. Le 6 février est née a Madame Jo- seph M. Doucet, Tignish, une fille. LA DIPTHERIE A Charlotteto wn. Plusieurs cas de dipthérie se sont déclarés dans la ville de Charlotte- town, dernièrement. Plusieurs enfants en sont morts. Cependant, les médecins croient pouvoir maïi- triser l’épidemie par l'usage du Serum” CA PABLE DE PRENDRE SOIN D'ELLE-MEME,. Lors des funérailles de la reine Victoria, l'empereur de 1’ Allema- gne saluant l'ambassadeur de la France dit :’’J'aime beaucoup la .| France et je ne permettrai jamais, qu'élle soit molestée”. M. Cham- "Son, l'ambassadeur français remer- cia l'empereur pour ses bons mots et lui dit que la France est un pays paisible mais que dans le cas où elle serait attaquée elle pouvait bien prendre soin d'elle-même. pectée ; les électeurs ne sont plus AUX Electeurs District du C Quoique un peu tard, j'aime, aujourd’hui à m’acquitter d’un de- voir que je dois aux vrais amis de la oause que j'ai soutenue, pour le support généreux et indépendant qu'ils m'ont donné dans les deux luttes politiques que j'ai faites de- puis quelque temps. Lorsque je me suis laissé entrai- ner dans l’arêne politique, je comp- tais sur la fidélité incorruptible des conservateurs qui, d'accord, au- raient pu aisément me placer dans une position où j'aurais pu être uti- le à mon pays ; mais les événements [quise sont déroulés pendant ma dernière campagne, la trahison dans les rangs, m'ont vite fait con- naître que malgré les efforts de courage des gens bien intentionnés qui luttent toujours héroiquement pour l'avancement d’une cause, il se trouve toujours des esprit étroits égoisme sans s'arrêter un instant à réfléchir sur le tort qu’ils peuvent causer au parti qu’ils prétendent supporter, mais qu’ils ne suppor- tent pas dans le vrai sens du mo*. Le parti conservateur pour lequel j'ai combattu a toujours eu mes préférences, mais je regrette d’avoir à constater que le ‘‘Bossism’” que nous avons tant déprécié dans les rangs libéraux, a envahi le oamp conservateur dans notre district ; lui a infligé un coup malheureux dont les suites pourraient être fatales, et a imprimé au fond du cœur de ceux qui désireraient entre- prendre une lutte honorable de ne Libres du jer. 0. de Prince. tendu droit de dicter aux électeurs ce qu'ils ont à faire, et les détour- nent des principes honnêtes au mo- yen de la misérable piastre et de la bouteille de whiskey. Faire des élec- tions par la force de l'argent et du whiskey, c’est ouvrir toute grande la porte de la corruption et de la dégradation ; c’est amener la politique à un niveau indigne de tout honnête homme. Quelque facheux que ce soit de faire un tel aveu, il n’en est pas moins vrai que l’electorat, dans ce district, en est rendu à cet état hu- miliant, dû à l'arrogance des uns et à la faiblesse des autres. De- vons-nous continuer à nous laisser conduire plus longtemps par des individus qui devraient nous suivre au lieu d'entreprendre de nous dic- ter ? Non, mille fois non. (C’est pourquoi le devoir incombe à tous qui ne pensent que pour eux-mêmes | les gens qui ont les intérêts du et ne visent qu’à satisfaire leur | pays à cœur et qui désirent préser- ver l’honneur politique de ce dis- trict de se rallier et de travailler oonstamment à purifier l’atmosphè- re politique de cette peste qui nous cause tant de déshonneur au temps des campagnes électorales. Lors- qu’on aura réussi à arracher ce mal jusqu’à sa racine et que les électeurs seront laissés libres d'exeraer leur prérogative de citoyens selon leurs convictions, sans être tourmentés par le ver rongeur des menaces et de la corruption, il se trouvera en- core des hommes honnêtes qui n’hésiteront pas à entrer en lice. En terminant, tous ceux-sans distinction de nationalité ou de croyances religieuses—qui m'ont pas s’en mêler dans un tel état de confusion. La voix du peuple n’est plus res- permis d'exercer leur droit de cito- yens avec cette liberté et oette in- dépendance qui nous ont menés tant de fois à la victoire par le passé. Quelques uns qui veulent tout gouverner, s’arrogent le pré- donné leur appui franc et loyal pen- dant Les deux luttes politiques que j'ai faites, voudront bien agréer mes plus sincères remerciements ; et qu’ils restent assurés que je n’ou- blierai jamais leur aote de dévoue- ment. Votre tout dévoué F. J. BUOTE Reverie ! C'était le soir d'un beau jour) de juillet ! Le seleil avait dis- para à l'horizon; une iueur in: certaine marquait encore le lieu où il avait fui. Quelques belles étoiles commençaient à scintil- ler sur le fond noir du firma- ment ; elles semblaient des slous d'or soutenant la voûte im- mense des ci ux. Tout était calme dans la na- ture ; seules, la voix du rossi. gnol qui faisait entendre dans le feuillage ses douces modula- tions et le murmure des ondes limpides, coulant à mes pieds, interrompaient le silence mys- térieux qui m'envisonnait. J'aimais à me promener soli- taire sur les bords de Ja char- mante rivière qui arrosalt mon village ; l'eau était si belle, si limpide etsesrives si envhan- teresses ! Cherehant Ja soli- tude, je ne pouvais la trouver plus douce que dans ce lieu où la nature avait répandu à pre- fusion ses plus beaux dons. Quelques arbres à l'épas feuillage, agités par un doux zéphyr, muræmuraient je ne sais quel mystérieux langage; iis penchaient tristement leurs branchus touffues vers les ondes de la rivière. Bientôt la lune monta dans le ciel ; sa lumière blafardese dé- composait en mille paillettes d'argent dans les eaux ridées. Mon âme était triste! Je le- vai les yeux, je vis Ces miillers d'étoiles perdues dans j'’immen- sité; un sentiment indéfinis- cable envahissait mon âme à la qui ne pourrait comprendre l'existence d’nn Dieu, d'une puissance surhumaine veillant à l'ordre de l'univers quaud on vue dé tant de grandeur! Oh! se trouve ainsi face à face avec les beautés du ciel et de Ja terre, dans le calme d’une nuit d'été! O Bieu, vous qui avez fait ses merveilles, cette étoile, rcet astre dont la douce lumière nous éclaire chaque nuit, cette nature luxuriante et belle qui, dans son langage, Semble célé- brer vos grandeurs, jetez un re. gard de miséricorde sur votre enfant, laissez pénétrer dans men âme un rayon d'espoir !…. 11 Tout à coup, sur ie bord op- posé de la ritière, j'aperçus un vieillard aux cheveux blancs et péniblement courbé sous Je poids ds années. Une longue barbe descendait sur sa poitrine, et satête était chauve; sa f- gure, empreinte d’une grande tristesse, présentait de nom- breuses cicatrices, et. pour tout vêtement il avait une robe blanche. Ses yeux erraient tristement sur les eaux limpides ue la pe- tite rivière ; soudain je l'enten- dis parler en ses termes : ‘““ÿalut, bois couronné de ver- dure, salut, rivière à i’onde ri- dée par ls zéphyr, salut, ciek où brillent mille feux, je vous revois eneore ! Pourtant, hier, je ne voulais plus vivre! Je cherchais la mort et j'ai trouvé la vie ! Les Dieu de ma mère, voyant que je marchais à l'a. bime, m'a envoyé son ange pour me guider par ia main daus la vole du ciel ! où je perdis ma tendre mère, je me tronuvai seul au monde. Jeunes et ardent, je partis pour des terres lointaines! Sans ex- périence, je devins ami d'un | hemme qui a fait le malheur de ma Vié! O gsonvenirs cruels, |fuyez loin de ma pensée! Res- pectez la douleur d'un vieillard ! Hier encore, je voulais mourir, Au jour néfaste| lorsque sur ma route je rencon- trai une de ces âmes privikégiées qui n'ont jamais connu le pé- ché, et je fus sauve! O soiitu- de, porte dans mon cœur le bau- me de la paix ! Ici, laisse-moi pleurer ! ” J'entendis les sanglots dé- chiran(s du pauvre malheureux; soudain je le vis se lever com- me ens 1irsaut, les yeux hagards et les mains tendues vers le ciel, en s'écriant d’une voix ter- rible : “Mon Dieu !”’Oe fat tont !..... III C'était un rêve !....Dieu m'avait envoyé le sommeil afin que je fisse ce rêve fantastique dont je compris le sens. Cui, un mauvais ami est le plus grand malheur qui puisse arri- ver. O’ests'attacher à un cada- vre pour pourrir avec lui ! De nos Jours, hélas ! les amis de cette sorte sont bien nom- breux' Le mal a toujours eu des adeptes pour le répaudre dans le mounce, et le bien est là qui attend de nobles âmes pour le faire connaître et ai ‘er. Les étoiles brillaient encore, quoiqu'açec un moins vif éclat ; la lune avait . parcouru déjà dans le ciel une grande distau- ce. Le silense planait toujours sur ce lieu enchanteur où J'avais passé de si doux instants ; après une courte prière, je regagna ma demeure, songeant à ce rêve qui était pour moi comme un avertissement, un conseil venu de Dieu même! Jegardai tou- jours le souveuir de cette nuit d'été, . Pauz DURAND. LS $ SA PS D Vers dy AT AN RS SÉGEEET. 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