e & > 4e te 1e + à RSS RE PR GRR ART ge à . So PE medrmee " + °c ré «5 $ 4 à +t et AR A NE SRE era L'IMPARTIAL, (AR es + : ” à ñ ERP tome eur ae ; M : . d . M » CERN E Sep Bol + PINS CPE ENT, à à M: Me” Eee ; e à + ’ . . RON PARAQE 0e MM A Me + Re ue ee UE er æ ve: M NATURE ‘ S ‘ ; ht PEN ONE GES DNS PA RE : EME M. MR AE near onu mure Re Reg KE GPMUES S LA DOUCE CHARITE. | +.Jean de Lagemont, au bras de son vieux domestique—son guide, hélas! car à trente axs, 1l était aveugle —«suluait res- pectneusemient ; Mk Solange d'Érva)l. 11 l'avait rencontrée, ainsi que bien d’autres fois, au chevet d'un. malude. et elle renirail a son Jogis du Bois Vert, dont on apercevait en haut de la cite; le toit urdeisé, parmi les rameaux dépouillés de novembre... —Elle doit être belle ? N'’est-\ ce pas qu’elle est très belle ! de- Q prenait Nanette, Et, confiden- de quoi nous étonnons ? Parce |on appel chemise etse gorge- mandait Jeun, pour la centième |tiellement: 11 m'inquiète... que ses yeux, hélas ! se sent é-|rin que l'on nomme faut-col en fois, à son fidèle François, qui docile et convaincu répondait : —Cui belle, mais bonne sur- tout. Un cœur. Melie Solange, un cœur d'or... Depuis pres d'un an que léan dé Lagemont. retiré dans son château, (tait devenu par, l'entremise de j'’abbé Daniou le vieux curé, l'hôte assidu du Bois-Vert, où Mine veuve d’'Er- val habitait solitaire avec sa fille, Ja présence de Mille $So- lange lui était devenu comme un bonheur conius, très doux, tres apalsaut. 1] aimait surtout l'entendre au chevet des ma- lades, recueiller les paroles charitables dont elle avait le secret pour tous les maux du corps et de l'âme. Mme d'Erval, veuve d’un officier de marine, vivait donc la avec sa fille, qui touchait à ses trente “lug uns, d’une vie modeste, une grand part de lenr aisance allant aux pauvres. 113 partageaient |enr temps en tre les visites xux malades, la masique, les fleurs, cultivées avec intelligence. Le vieil ha- bitué de la muison était le bon curé, un humble et souriant prêtre bien humaiu, qui venait presque “chaque soir faire sa partie d'échees—une terrible passion ! Jean fui le bienvenu, traité en enfant wâte par les deux femmes. Le meilleur fauteuil était roulé vers iui à son ar- rivé, et selon qu'il le désirait. Mlle Solanges jisait pour lui les poètes, on se mettait au piane. Combien ces aîtentions l’'enveloppaicnt de douceur ! lui qui n'avait pas connu de charme féminin autour de lui. même sur sou berceau, sa mère étant mort en le mettant au ‘monde. 1] avait connu son père pour l'avoir vu deux mois, cha- que année, aux vacances ; il avait quinze ans quand il le perdit aussi. À viugt et un ans, maitre de sa fortune, il partait pour de lointains voyages, visita l'Eu- rope, quéique peu l'Asie. La Palestine le retint longtemps. Mais les fièvres prises ça et là le terraissaient, le mettaient entre la vie et la mort. La vie fut sauvée, mais un brouillard demeuruit sur ces yeux, peu épaisse. Les plus célèbres doc- teurs f{ureut impuissants : à vingt sept ans, il était aveugle. 1} se résignait alors à vivre en son château du Poitou, en comp:gnie du vieux François et de sa femme, Nanette. C'était à trepte ans main- tenant, un grand jeune homme blond, d'aspect délicat, les che- veux bouvies encadrant ur large front de rève, une fine moustache ombrant des lèvres calmes. Très riche, il donnait beaucoup, et, grâce à lui, l’ab- bé Daniau vit sortir de sa mi- sère sa chère église de Saint Romuns, les pauvres counurent des jours inespérés……. Ce matin-là, en entrant au chäteuu, il pensait avec un grand trouble à Mlle Solange. *# Fermant son bréviaire, l’ab- bé Daniau, le lendemain, pous- salt la grande griile du château, et « petits pas, en frottant ses mains rouges de froid, suivait la longue et superbe allée de tilleuls et de platanes menant au p- rrou d’houneur. Le curé était un beau vieillard de soixante- quinze ans, encore très droit, quoique un peu tassé par la vie, la tête toute blanche. Une franche mansuetude, une 1n- dulgence naturelle émanait de de son rond visage demeuré sans trop de rides, et comme aussi de l'ensemble de ses ges- tes, sans cm phase. 1 avunçan. regardant ma- chinsiemiuut le château, mas- sive bätisse lisnquee de deux te ui: carrées, quand le salut de Nous j'arteta A instant. Mauss h oi: ur ie curé, vous des 2 uvon, froid ainsi, sans cu he-heZ! :1 faudrait vous Je le mériterais, ma bonne Nûnette. Mais plus, il fait froid, plus vite ‘on marche, et la marche c’est la santé Dieu sait bien ce qu'il fait... C'était la préoccupation con- stante du bon prètre de mèler ainsi le bou Dieu à toutes choses de Ja vie ; au soleil, à la pluie, au blé qui pousse. Et c'était peut-être encore le miel- leur auprès des paysans qu’il entretenuit tous les jours, fa- milièrement, à même l'ouvrage, et qui l’adoraient, d’ailleurs ! Mousieur vous attend, re-! sérieusement, monsieur le curé. ! Depuis quelque temps, il ne! mange pie, il est ‘en dedans”. Parlez-lui, dites ;°on dirait qu'il s’'énnuie. La salle à manger où péné- re rare quemment une fois en chaire,il | durer, les sourirs aux lèvres, le oubliait tout. Alors, il pariait |supplice de Ia chemise e:u- selon son.cœur, son cœur plein pesée, supplice qui rappeile de Dieu et de lamour des !tout naturellement je souvenir hommes ! Ilse sentait béhdta, de la tunique de Nessns. | il brusqua tout : , Les femmes sont moius bêtes | — Voilà, il désire se marier ! |que nous. À part le corset, elles -—Se marier s'écriaient les se vêtent d'une fason intelli-| deux femmes. Et Mile Soiange |gente et savent cheisir des avait pali, les traits tirés, imper-|vétements bien appropriés à la ceptiblement, mais cette Dâleur saison. n'avait point échappé à l'œil! Je causais hier ayec un agent scrutateur du prêire, qui pensa,!de publicité bien cenuu de su ébahi : Oui, je crois que le bon |clieutèle et iort estimé. Il se) Dieu est un peu de la parti: ! ‘plaignait d'etre obligé de por-. , —Au fait, reprit Mme d’Erval,|ter cette cuirasse moderne qu’- teint, devrait-il être deux fois [termes de lingerie. malheureux et solitaire. Et le| Peurquoi, lui dis-je, ne met- rôle serait grand, sublime, de la |tez-vous pas une chemise sou- femme qui deviendrait son|ple qui vous épargnera les souf- guide dans sa nuit de toujours!|frances dont vous vous plaig- Oh !'tenez la belle, l’enviable | nez si légitimement. tra l'abbé était une vaste pièce, ! charité ! sévère, haute, Jean assis dans! ——....La douce charité ! mur- un fauteuil, le front dans la!mura, comme se parlant à elle- main, révait. !i alla à la ren-! même, et avec un exaltation respectueuse amitié. Le déjenner fut presque si- lencieux. Jean ne mangeait pas visage pâli avec une attention émue. On venait de servir le café : ils étaient seuls. Alors Jean s'approcha de son vieil ami, et lui prenant la main. Mon père, il faut que je vous parle. Promettez-moi de n’étre pas sévére, si ce que je vais vous dire vons semble une fo- lie. J'ai fait un rêve, un beau rêve... Ah!ce serait la joie, la lumière chaude dans ma nuit sans fin... L'abbé Dauiau tenait dans ses deux mains les deigts agités du jeune homme, 11 les pressa paternellement. Je ne oomprends pas, mou. cnfant Dites avec confiance... votre mal, car vous soufirez. J'aime Mlle Solange 'Oh'ne me dites pas que j'ai rêvé l'im- possible ! Oui, elle à cinq ou six ans de plus-que moi; mais qu'importe ! Ne serais je pas un peu son enfants, elle qui de- vrait me guider, m’envelopper de tendresse comme un enfant! Elle est si bonne, son cœur ou- veri à toutes les charités. Pour- quoi serais-je le seul déshérité, moi quin’a pas même la Ir- miêre ! Et Dieu, dites, mon père. Dieu ne me doit-il pas un peu de kouhenur ? L'abbé, ému aux larmes, son- geait profondément, comme prenant conseil de sa foi si sin- cère, et de la vie aussi : Mon enfant, mon armai très cher, votre confidence me trou- ble comme un père qui ne peu- sait pas plus loin que l'instant présent. Oui le livre saint le dit: 11 n'est pas ben que l’homme soit seul! La raison, il est la sagesse même. Jean, je parlerai, dès ce soir, à Mme d'Erval, Tous deux se levaient. Jean lui baisait les mains, ce dont se défendait l’'humble prêtre, qui prit son chapeau, sa canne, des visites l'appelant dans le vil- lage : Allons, allons! Dicu veut qu'on espère, Et qui sait sitout cela n'est point depuis leng- temps en ses saintes volontés ? *x Après son diner: pendant le- quel le digne cure avait stupé- fié sa veille gouvernante en pensant tout haut, à mot entre- coupés, il était partie pour le Bois-Vert. Le voici qui entrait maintenant dans le coquet sa- len des dames d'Erval, tout in- terloqué, lui si plein de trouble et d'éloquence, devant le simple tibiléaut fe chaque soir. La mère, graciense petite vielile toute rose sous ses blanc cheveux, se levait de devant la table de jeu, venant à sa rencontre, encore alerte, rieuse. Mlle Solange,près de la cherainée, lui sourirait le visage demeuré calme et jeune sous ses beaux banbeaux noirs s’harmenisant si bien avec ses grands yeux bruns, tandis que les lèvres un peu fortes disaient sa bonté. —Seul; vous venez seul ! s’exclamait Mme d’Erval. Mais M. de Lagement nous boude,en verité...1l n’est pas souffrant au moins? Si, si, un peu...c'est-a-dire non...rien de grave...balbutait le brave abbé, qui s'était assis près du feu, très rouge, car il lui semblait mentir, très ere- barrassé aussi. —Si...non.…. Mais vous nous inquiétez l'abbé ! L'abbé avait préparé un beau discours, en plusieurs points. contre du curé, lui serra la main avec un grand éian del devient radieux et audacieux,le bon abbé : le miracle s’accom- | plissait ! préoceupe, et l'abbé scrutait le! l'avez bien dit, mon enfant. Et ‘il ne tient qu'à vous....C'est vers ceutenue, Mlle Solange, L'abbé avait entendu, et il —Une douce charité, vous | Vous que son cœnr est allé! © Un instant un silence deli- | cieux plana. Puis, Mlle Solange, tout en larmes, le cœur d‘bhor- dant, se jetait dans les bras de |sa mère avec uh grand cri é- touflé: — Mère ! oh ! mère ! Et, tout bas, de tout son cœur: —J'y avais songé... Au printemps suivant, par un clair soleil de mai, en tous les chemins fleuris d’aubépine, les paysans endimanchés se pre:e saient comme à uhe grande fête. 1]s allaient voir leur bon curé bénir le mariage de Jean de Lagemont avec M1l: Solange d'Erval. FAUX COLOPHOBIE L'homme est un être bien singulier. Au nom de je ne sais quel principe, il pénètre de force au sein des peuplades barbares et les civilise à coup de fusil, pour leur apprendre à vivre. Puis, au nom de la liberté, dont il se proclame la champion, il asservit les vaincus. Dans un jour de tendresse, il s’est mis en tête d’abolir l’es- clavage et, valeureux et fier. ii a massacré tous ceux qui S'op- posaient à sa crolsade, Cette besogme accomplie, l’homme a déclaré qu'il n'y avait pius d'esclaves au moins dans les Zones où il peurrait avoir accès facilement. Tout le monde croit que c'est vral ; tout le monde as- sure que l’esclavage est détruit et que le radieux soleil de la libertè verse ses rayons péné- trants au sein des foules emau- cipées. Eh bien! tont ça c’est de la blague ! de la pure blague ! I]ya beaucoup plns d'es- claves aujourd’hui qu'il n’y en avait avant la guerre de séces- sion. Vous, toi, moi, nous, tous uous sommes esclaves. Esclaves de nos passions d’abord, ce que nul ignore ; esclaves de 11 mode ensuites et de tontes les sottes conventions que nous faisson librement et que nous rédui- seut en servitude. Ainsi, par cette température torride, n'est-il pas ‘révoliant de se plier à cette exigence s0- ciale dont la violation peut en- trainer des conséquences ex- trêémment graves ? Je veux parler de la toilette masculine. N'est-il pas absurde de can- stater que l’hemme civilisé et libre est constraint de s’insérer daps une chemise bien empèe- sée, bien rigide, qui lui impose le suppiice de la cuisson à l'épe- que des chaleurs? Cette che- mise au plastron résistant ne sufhit pas encore à son bon- heur ; il faut qu'elle soit agré- mentée d’un faux col et de poi- gnets durs comme de la tôle. On pourrait porter des che- mises de flannel, de sols ou de quelques étoffe souple qui im poserait aucune douleur ni au- cune gêne, Mais ce serait vraiment trop simple ; ce serait trop abuser de la liberté que nous préten. dous avoir. Se vêtir proprement, décem- ment, cela ne suffit pas à ces cruelles Euménides qu’on nom- Parce que, répondit mou in- terlecuteur, les convenances s'opposent à tout ce qui est raisonnable et rationnel. Si j'a- doptais un geure de chemise qui supprimerait ma torture, je passerait pour un craquant, aux yeux de mes clients, qui, eux, Me reçelvent dans un tenue souvent fort négligée. Et c’est vrai Etiln'y a rien a faire contre ces sots usages. Le Canada est réputé pays froid et l’on n’est armé içi que contre le froid. Il est censé ue Pas y faire chaud, bien que les chaleurs soient plus intense que dans les paystempérés, et pour uclte mauvaise raison où 1e doit pas se garantir contre une température qui n'a pas d'exis- tence officielle ! Cest absurde, mais ne:s ne seriens pas dignes d'apparteuir à nne grande na‘ion si nous agissions toujours raisonnable- nent. Nous sommes dans un pays où, à propos de tout et à propos de rien, on forme des “leagues.” Les abus les plus chimériques ont leurs défenseurs; les torts les plus imaginaires eut leurs redresseurs ; le, animaux les plus cajolés ont leurs protec- teurs. Mettez sur votre cheval an harnais en mauvais état, ua- pable de blesser l’animul; vous êtes certain qu'un membre zélé de Ja sociéte protectrice des animaux vous fera poursuivre, payer une amende, des frais de Justice, et, pardessus le marché, il vous forcera à changer le har- nais défectueux. Maintenant essayez d'enlever le faux-col qui vous coupe le vou et de changer la chemise dont je plastron vous incom- mode si fort en cette saison, et présentez-vous chez celui qui vous aura fait condammer à cause du harnais on question.s Veus vous rendez auprès de lui pour faire vos affaires, c’est- à-dire pour gagner vetre vie et celle de votre famille qui est bien aussi interessante qu'un cheval, on en conviendra. Eh bien, le protecteur des chiens et des chats, celui qui vetlle à ce que les rênes de votre cheval ne soient pas trop ten dues afin de lui épagner une rai- deur dans le port de la tête;rai deur dont, du reste, l'animal ne se plaint pas, eh bien, dis-je, cette âme tendre ne vous rece- vra pas ou vous recevra mo} si vous voulez vous soustraire à l'inconvénient qu'il ne peut to- lérer chez votre cheval. La chemise est une partie essentielle du harnais de l’homme, mais à l'inverse du cheval, l’homme doit être tor- turé par son harnais. Aïnsi le veut la mode, ainsi le veut notre bêtise. Et nous prétendons grave- hemmes libres ! JAEN BADREUX. Your Stomach _Distrèsses You aftereating a hearty meal, and the resuké 13 a chronie case of Indiges. tion, Sour Stemach, - Dyspepsia, or a bikous attack. RIPANS TABULES he Bleed me Mick Len p gs ieusness, an a disordered condi ws their use. abules tale ne place of an Eutive Medieine Chest, and , Shoutd be kept for use in every family. < Price, ‘ce fe Sepes s her £t me les ‘‘convenances” 11 faut À. nur PANS CA EMIC æ co 10 Srxuox Sr. Yeex ur bn ment que nous sommes des Done Pie Rergens ce || 0 op Mutual Reserve Fund Life Associa- tion of NEW YORK. EVE First and best Insurance ‘Association; Gives Insurance at Cost; Teta l Business nenrly $300,000,060. Paid nearly $3,000.000 iu 1893, to deceusæ s“ubers ; Condueted on the B:24 Plan. _. AGENTS wanted to eanvass the prowinee of Priuee Edward [isiaud. The mest 'iberal terms offered. Adüress GEO. F. THOMAS SPECIAL AGENT FOR P. E. Island, dd 7th '94—tf Moneton and Suwmerside - . —— #JOSEPH GALLANTS+ ——N'EGOCIANT EN-——— MARCHANDISES SECHES, GRO- CERIES, BOIS, CHARBON, PRODUITS DE TOUTES ‘SORTES ETC, ETC RUNTICOVILLE, LI P, E, Oct. 12: "94. 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