PR - —— M." Jait la FOrc <= LA CIE. DE PUB. DE L'IMPARTIAL, PROPRIETAIRE. VOL. 3. NO. 31 e G. BUOTE, RÉDACTEUR. TIGNISH, ILE du PRINCE EDOUARD, JEUDI LE 10 SEPT. 1908. SRISÈSRSQS TIR SR ISA SAR SASR SAS SAUSESE FEUILLETON DE L'IMPARTIAL | L'AVENTURIER MALGRE LUI. ? SRSARIRIRIUERERERIRIERIRISREMERIRERIES € “Dans une foule de deux cents hommes, noirs ou blancs, il y a tou- jours des mécontents, des tempéra- ments poussés vers l'excès, quel qu'il soit, des paresseux, des ivro- gnes, ou tout bonnement ‘les mé- chants. ‘““Ceux-là seront acquis du pre- mier coup à la cause de Jupiter, et n’hésiteront pas à lui prêter main- forte. —ÆEt la justice ? Et la police ? —Elles interviendront après, comme toujours. —En sorte que nous ne sommes réellement pas en rûreté chez vous. —Si, pour quelques nuit entière se passera dents. Demain matin rons. —J'enverai tout mon monde à cinq ou six milles d'ici, ni plus loin ni plus près qu'aujourd'hui. Si, parmi les engagés, il en est un certain nombre qui demandent à ne pas travailler dans la journée, sous prétexte de maladie, ou en invo- quent une autre cause, c’est que les choses tourneront mal. heures, la sans inci- nous ver. 00000000 réussi. | —Eh bien ! nous emploierons une tactique pour laquelle je ne suis pas sole exclusif des moyens dont il se sert. | —Expliquez-vous. | — Nous le pousserons, dans la | journée même, à tenter contre l’ha- bitation une sorte de coup de main, et nous ferons prévenir le shérif, qui piocédera contre Jui avec ri- | gueur ou non. L'important, c’est | que la route soit libre et que vous | puissiez regagner la Nouvelle-Or- | léans, pour essayer de retrouver vo- ‘tre nièce. — J'aimerais mieux cette derniè- re façon d’opérer. —C'est entendu. Allons nous |coucher, vous devez être très fati- gués. Tâchez de dormir à poings fermés. On ne sait pas ce que vous demandera la journée de demain.” . . Michon, éreinté, avait écouté tout cela dans une dem:-somnol. n- ice. La surexicitation qui en fai- Sait un crâne pendant l'après-midi avait disparu. Ilsongeait beaucoup | à Sophie. Son désespoir renaissait —Qu'est-ce que nous devrons |et — ce qui était plus terrible — il faire ? — Nous ailons l’examiner. —]Jupiter et ses satellites, dit en riant Martin, ne sont donc pas re- tournés à Saint-Louis. Pas le moins du monde. Ils sont cachés dans la forêt ou plutôt dans ce qui reste de la forêt que j'ai défrichée depuis quinze ans. -—Et ils attendent là l’occasion de s’aboucher avec ceux de vos travailleurs qu'ils jugent capable de les aider à vous faire un mau- vais parti ? — Vous l'avez dit. _—Mais alors, dès demain matin nous serons exposés à un nouveau danger. Et quand je dis ‘‘nous”’, je vous compte, car votre générosi- té, votre accueil hospitalier vous seront reprochés comme un crimes. —Cela me regarde, répondit tran- quillement M. Ellis. Uue pareille perspective n’est d’ailleurs pas faite p-ur m'empêcher de vous donner asile. —J'avoue, dit l’oncle Martin, que je ne vois plus où vous voulez en venir. —J'arrive à la conclusion. Si demain matin mes travailleurs noirs paruent pour les champs sans mani- fester des sentiments inquiétants, je les enverrai coucher, la nuit sui- vante, sur une autre habitation, dans la direciion de Jefferson-City, loin de cette ville, mais également loin d'ici. —Et alors ? —Alors, de votre Jup.ter et de! ses acolytes, nous ne ferons qu'nne bouchée. —IJ1 faudra encore les tuer ? de- manda Martin, à qui répugnait une nouvelle collision mortelle. Cela vous ennuierait ? Vous ê- tes philanthrope ! —J'en conviens, répondit douce- | ment le bonhomme. AM'est-ce pas en France qu'a cours le dicton: Il vaut micux “tuer’’ le diable que d’être tué par Jui ? —Si, mais je ne me résoudrai à| faire périr le diable lui-même qu'a la dernière extrémité. Vous voyez d’ailleurs que cela nous a bien mal |envisageait l'avenir avec la résigna- |tion d’un homme qui ne se sent. | plus l'énergie de se défendre. Quant à la hardie Billenbrock, ET relevait la tête comme un che- | val de bataille qui sent la poudre et, |sans s'inquiéter de ce qui arrive- |rait le lendemain, elle était prête à (tout, même à dormir conime dor- meut les coureurs des bois et les chercheurs d’or, au cormande- ment. L'oncle Martin remercia le p'an- teur, débita un joli compliment bien courtois à Mme Ellis; on sesouhaita bonne nuit, et, trois quarts d'heure plus tard, tout le monde dormait dans l'habitation, sauf peut-être Boubou, qu’on avait oublié, mais qui s'était arrangé pour passer la nuit agréableinent dans la voiture de John Robert:, rangée sous un hangar voisin de l'endroit où cou- chaient les nègres employés à la culture. XIV Le lendemain matin, quand, au point du jour, M. ÆEllis sonna son valet de chambre, celui-ci l’infor- | ma que le nègres de l'habitation re- fusaient de partir pour travailler, et que plusieurs d’entre eux avaient des allures menaçantes. ‘‘Ah ! ah ! dit le planteur à demi- voix, c’est ce que je craignais Où est James ? —Sous le hangar, où il attend |que Monsieur descende pour lui | parler. — De la part des autres, proba- | blement ? demanda M. Ellis. —Je crois que oui, car de temps | en temps il y en a qui viennent dis- | cuter avec lui. —C'est bien. Attends cinq mi- nutes, et tu le feras entrer dans mon bureau. J'y serai.’’ | M. Ellis s’habilla en deux temps et gagna le rez-de-chaussée. II trouva dans l’antichambre, au bas de l'escalier, Annah Billenbrock, en grande conversation avec Bou- bou. Le bon petit boy paraissait ému. qui avait des habitudes matinales, | —Ca se gâte, dit le planteur à Mme Martin. —Je le savais. Boubou a cou- ché dans la voitnre etil a surpris | pendant la nuit des conciliabules | entre vos engagés et la bande à Ju-| piter. —Mais, interrogea M. Ellis, il y a une chose que je ne m'explique pas. —Laquelle ? — Pourquoi ces polissons s’achar- nent-ils ainsi, après avoir manqué leur coup hier. Sais-tu ça, toi ? demanda-t-il à Boubou. —Qui, monsieur. — Parle alors, mon garçon ; quand tu me l'auras dit, peut-être serai-je mieux en mesure d’arran- ger tout. —Voilà : Jupiter, Thucydide et les autres croient que M. Martin et M. Michon ont beaucoup d’argent sur eux, puisqu'ils voulaient payer pour ravoir la dame. —Sont-ils bêtes ! fitle plan- teur. En sorte qu’ils ont promis à mes engagés de leur donner une part. | —Oui, monsieur, je pense. | —Ce qu’il faudrait, c’est une troupe de police pour faire cofirer ces micréants... Enfin, nous allons voir Ça.’? M. Ellis passa dans son bureau et, quelques minutes plus tard le valet de chambre y introduisait | James. Ce dernier était un vieux | nègre colossal, à la tignasse déjà | blanche, mais droit, mais solide comme un chêne. Sa physicno- mie respirait cependant la bonté. Attaché depuis son enfance à l'habitation où il avait été esclave, James, dont Ia conduite n'avait james fourni un prétexte aux sévé- rités, aimait son maître, qu'il ser- vait avec un entier dévoument et une loyauté à toute épreuve. Mais il avait un setiment assez exact de la justice. Aussi, prenait- il parfois le parti de ses compagnons noirs quand il pensait, dans sa ju- geotte un peu primitive, qu'ils avaient raison. (C’est pourquoi on l'avait choisi pour exposer au maî- tre les motifs d’une grève en pers- pective. ‘Qu'est-ce que j'apprends, Ja- mes ? lui dit ie planteur. Onre | fuse d'aller àla ferme des Cai-| mans ? | —Qui maître, c'est vrai. — Pourquoi ? — Parce que des gens qui se sont réfugiés ici, ont tué, sans provoca- tion, un homme de couler. Alers, | ceux qui out résolu de le venger prétendent punir eux-mêmes les coupables et les camarades sont avec eux. —Qui est-ce qui leur a raconté ces histoires-là ? — Je ne sais pas. u’est pas vrai ? —Je ne tolérerai pas que des hommes gaynant leur vie chez moi écoutent les excitations de gens qui sont le rebut de la canaïille mê. | me. | —C'est que les camarades sont bien en colère. —Il y a autre chose qu’on ne t’a | pas dit, parce que l’on te sait hon- | nête. Î l Est-ce que ce Cholera DO sr Morbus, Cholera Infantum, Seasickness, and all kinds of Summer Com- plaint are quick!y cured by taking Dr. Fowler’s Extract of Wiid Strawberry. It has been used by thousands for nearly sixty years—and we have yet to hear a complaint about its action. À few doses have often cured when all other remedies have failed. Its action is Pleasant, Rapid, Reliable and Effectual. Dr. Fowler’s Extract of Wild Strawberry is the original Bowel Complaint Cure, Refuse Substituies. They’re Dangerous. Pape Pie X. 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Moi, je ne connais pas autre chose, c'est pour ça que je suis avec les autres. —Comme ils ont bien su monter ta pauvre tête, James ! — Enfin, ce que je dis là, il n’est pas un citoyen qui ne le dirait com- ne moi. —En effet mon vieil ami. Aus- si, allons-nous être d’accord toute de suite. Dis à nos hommes que, comme eux, je suis prêt à réclamer justice. Seulement, je n’admets pas que l’on condame et que l’on exécute qui que ce soit, sans savoir si l’on a vraiment affaire à des cou- pables. ‘Les accusateurs de M. Martin et de sa famille, qui sont-ils ? Des va-nu-pieds sans feu ni lieu. On va expédier six de tes camarades chercher la justice de Saint-Louis, et quand le shérif et son mondes se- ront ici, je leur livrerai les gens dont il réclame le châtiment. KEst- ce juste, cela ? —Oh ! pour ça, monsieur Wil- liam, je ne peux pas üire le contrai- re, et je gage bien que les autres seront bien aises d'apprendre c2 que vous avez décidé, —Choisis toi-même cinq honné- tes gaillards comme toi, et pars avec eux pour Saint-Louis.’ James se retira, persuadé que la proposition du planteur allait être —Quoi donc, maître ? J. H. Myrick & Co. Importers aad Dealers in DRY GOODS HARDWARE BOOTS & SHOES FINE GROCERKIES And Fishing Supplies AT TIGNISH : and A LBERTON We have just opeued a tull anc complete stock oi NEW GO0DS. We are prepared to Supply the wants of the farmer, fisb- erman and mecha- nicC We invite in- tending: purchasers to give us à cal! and they will find we can meet al competitors, and save to them the trouble and ex- pense of going to Summerside or (Suite à la 8me. Page) Charlottetown. F. J. BUOTE, GÉRANT I] ANNEE Dr. Murphy : PHYSICIAN AND SURGEON TION. CRE J. 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