L'IMPARTIAL 1! 4: | € a + 4 us x} “4 LE TENEUR DE LIVRES Assis devant une table char- gée de gros hvres, le dos tour- née à la cheminée, des demi- manches en lustrine montant jusqu'aux coudes, préservant les manches râpées d'un vieil habit, Jacques Ferlac travaille; pauvre rond de cuir condamné à aligner des chiffres depuis le matin jusqu’au soir ! Voilà an an qu'il tient les li vres de maison Durand, aux appointements de cent vingi- cinq franc par mois ; c’est mai- gre, d'autant plus Jacques Fer- lac a une fille à éiever. Que de privations ne doit-il pas s’impo- ser pour que la petite ait tou’ fours tout ce auw’il lui faut. A. yant par semaine qaelques jours de libres, il a songé à les employer et à chercher une autre maison dont il pourrait tenir les comptes, mais il n’a pas trouvé ; d’autres avaient sans doute passé avant lui, ou bien, peut-être avec sa redin- gote démondée, son air mal- heureux, n’a-t-il pas inspiré de eympathie. Dans le bureau, la pendule sonne lentement les six coups de sa délivrance, Jacques se le- va, frotte ses yeux, que la lu- mière rouge du gaz a fatigués ; puis il ‘‘e ses fausses manches, les range soigneusement dans un tiroir, endosse un pardessus, prend son chapeau-et, posant sa main sur un bouton de verre, ouvre la porte qui le sépare du magasin. e Jelui-ci est grand, spacieux ; des commis flänent à droite, à gauche, de tous côtés ; les uns lisent des journaux, d'’outres font, en baillant, des cocottes en papier, qu'ils alignent par rang de taille sur une ban- quette. Soudain, tout rentre dans l'ordre ; en clin d’œil, journaux et cocottes ont disparu, les commis affairés plient des piè- ces d’étoffes traïinant un peu partout, et que dans la journée on a dépliées pour la vente. D'où vient ce brusque chan- gement ? Simplement de ce qu'ils ont entendu dans l’esca- lier quelqu'un se moucher bru- yamment, et qui n’est autre, ils le savent bien, que M. Durand, le patrou. 1ls sont habitués à ce coup de tromp2: qui, pour eux, est devenu un signal. M. Durand a ouvert la porte. C'est un grand homme sec un regard d’aigie. Eatrant, il jette autour de lui un coup d'œil circulaire, puis aperceraut Jacques qui tourne timidement son chapeau entre ses doigts : —Eh bien ! ça va, la compta- bilité ? —Mais oui, monsieur ! Et Jacques reste là, hésitant, ayaut quelque chose à dire, mais n’osant pas. Tout à coup, prenant son Courage à deux mains : —Mons'eur, fait-il bien bas, comme s’il avouait un crime, vous savez, je ne suis pas riche pourriez-vous m'avancer quel- que chose sur mon mois ? Le patron a froncé le sourcil, mais au fond, c’est un brave homme. Voyant l'air désolé de Jacques : —D'ordinaire, nous n2 fai- sons pas d’avauces ; mais je comprends, c'est demain le premier janvier, vous pouvez avoir besoin d'argent ; passez à Ja caisse, on vous donnera, sur votre mois, un acompte de 50 francs, le reste vous sera payé le 15 janvier. ciements et s'avance au guichet d'or. 1l les prend, les glisse a- vec précaution dans un porte- ! Arrivé dans la rue, un froid saisissant l3 pénètre. Il remonte jusqu’à ses oreilles le collet de sou pardessus et, le chapeau bien enfoncé sur la tête, les mains dans pothes, serrant a. moureasement entreses doigts lebienheureux porte-monnaie, il s’(loigne à grands pas, jetant de temps à autre un regard sur les helles choses que les maga- sins éta'ent sons ses yeux. Les jouets l’ettirent, un ‘sur- tout. Car, dans une vitrine :i- noudée de lumière, et où des jeux de mille sortes sont rêu-) nis, une belle poupée blonde et bouclée, aux longs yeux d'é- mail, lui sourit, tendant vers lai ses mains pleines de fos- settes. Une haliucination le prend ; mais, oui, Cette poupée ressem- ble à sa petite Blanche ! Ou- bliant qu'il est pauvre, une en- vie, une envi folle lui prend d’a-heter cette poupée, de l'of- frir à son enfant. —-Elle doit coûter cher, se dit Jacques à lui même. 1i de- meure là, incertain, se deman- daut s’il allait entrer. Le marchand paraît sur le seuil ; c’est une vieille dame à la figure respectable et sympa- thique. Jacques s'avance, et, timide- ment, désignant la poupée : — Pourriez-vous, madame, me dire le prix de ce jouet ? — Entrez, monsieur, je vais vous renseigner. Jacques pénètre dans le ma gasin après la marchande; celle el ouvre la vitrine, et, prenant la jolie blonde, consulte une étiquette verte pendue à son doigt. —Vivgt francs, dit elle ! Pais comme la figure du pauvre homme exprime la sur- prise : —Ce n’est pas cher! Voyez comme elle est belle, elle tovr ne la tête, ferme les yeux, et la couchant dans ses bras, elle moatre à Jacques ses paupières baissées. il regarde, et il semble voir «a fille endormie Sa main, pres- se désespérément le porte-mon naie. —Non, fait-il enfin, je ne peux pas, C’est trop cher ! Une telle douleur se lit sur son visage que la vieille dame émue lui demande : —C'était pour votre fils ? —Qui, madame, et malheu- reusement, je ne suis pas riche, Je suis teneur de livres ; n’a- yant qu'une maison, j'ai bien du temps à moi. J'en ai bien cherché d’autres, mais voilà. Je n’ai jamais eu de chance, je n'ai pas trouvé. Ce que je ga- œne est peu de chose. Aussi, pour que la petite ne manque de rien, Je porte iongtemps le même habit et l’on sourit en me voyant passer, mais cela m'est égal. Une caresse de ma fille me fait oublier ces petites misères. Et, pourvu qu'elle soit hcureuse, je suis heureux aus- si C’est demain le premier de l'an. Elle aime les jouets, je le sais, ses yeux parlent pour elle, quand nous sortons promener, car elle ne dit rien, la chère mignonne. Elle est bien raison- nable, allez, pour ses huit ans. Elle se rend bien compte de nctre situation. En passant, j'ai vu cette pou- pée ; elle ressemble à ma Blanchette. Tout d’un covup,|seam on the back as well as! = qu'à présent, je m'occupais moi-même des écritures d: la almost as mach time origina- ting new ideas for colars as maison ; mais je me fais vieille, they used to spend in design- 1 j'ai besoin de quelqu'un. Venez ing a whole gown A pretty quand vous voudrez, et ame-{neck trimming, beyond a doubt nez-moi votre fille, j'adore les euf.nts, je serai heureuse de la connaitre. Ah ! j'oubliais ; vous aurez cent cinquante francs par mois |! —Cent cinquante francs! mon Dieu, avec ce que je gague déjà, c'est Ja richesse : Oh ! madame, que vous êtes bonne ! { Et jacques Ferlac se mit à pleurer comme un enfant. Le magasin s'empiissait de monde, il partit emportant la pou- pée ; et, peu u’instants après, la joe au cœur, il pénétrait chez Jui. À son arrivée.une charmante ftlette de huit ans vint se jeter dans ses bras. -Comme tu rentres tard! fit- elle. Soudain, ses grands yeux sé- rieux se fixèrent sur le paquet, que tenait son père. Tiens ! ma Blanchette, fit Jacques en souriant, voici ce qu'on m'a remis pour toi ! Elle déplia le paquet ; cou- chée daas une boite garnie de dentelles, la poupée apparut. —Ah ! père! Elle n’en dit pas plus long. mais dans son œ1l attendri per- lait une larme. On voyait que la fillette comprenait. Entourant le cou de Jacques de ses deux bras, avec mille réflexions de voix plus tendres les unes que les autres : —Comme tu n’aimes! fit- elle, Mais je t'aime bien aussi, va !| Devant la joie de sou enfant, Jacques Ferlac oubliait. Sou- dain, il se souvint. —Tu ne sais pas, fitil, nous allons être rich?s. | Alors, s'asseyant, et Ja pre: | nant sur ses genoux, 1l lui ap- pr t coment la nonveile a:- née alialt cafin améliorer sa si- tuation X. NEW YORK EASHION LETTER As the season advances we find th1it Eton Jackets and the bolero are becoming too ordi- nary for the ultra fashionable and in order to get away from these shapes double breasted effectes are being rapibly a- dopted. Outside coats, dress waists and even evening bodi- ces are being fashioned after this style. The evening bodices are draped in soft folds which cross at the waist line, and are fastened with fancy buckles or buttons, giving much the sa- me idea that the surplice used to have. 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La marchande l’écoutait, at- tendrie. — Prenez-la, dit-elle la voix Ah !'stich the seams double so that | : “ à À 4 madame, si vous pouviez dimi-\a soft cord can be | draw a through the seum, and the fuliness distributed carefully pas | and then caught to the cord with invisible stitches. The! hand trimmings are made ot lace, chiffon or embroidered muslins and in many cases fall | monnaie un peu vieux, puis, | mal affermie ; je vous ia cède à down over the hand almost to! lentement, il sort du magasin |prix de revient, pour douze | the knuckles. | après avoir salué le patron et \francs, mais ne le dites pas.| The collars for light summer les employes, ne remarquant| Puis cela se trouve à merveille. | gowns become more and more par les sourires ironiques que|Vous êtes teneur de livres, et|elaborate as the season advyan-! ces derniers lui adressent. Re bai ” ce re 21 a nnets CORRE SISRS PTE TE NE re LEE , FA Ë #7 EE SE LS 5 ijustement j'en cherche un. Jus-}ces. Dressmakers now spend'! 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