L'IMPARTIAL JEUDI RE neue nina ini minhanénn cé LE: 24 OCT, . 1901 tn mr qu ! Evangeline. PREMIERE PARTIE IL LS ‘(Suite) Mais aucune réponse ne sortit de ka tombe des morts, ni de la tombe plus sombre encoïre des vivants. À la fin, elle reprit lentement le chemin de la maison paternelle dé- serte. Le feu couvait dans l’Âtre, et sur la table le souper était resté in- tact. Les chambres étaient vides ettristes, et comme hantées par des fantômes de terreur. Lugubre fut l'écho de ses pas sur les escaliers et sur le seuil de sa chambre. Dans le mortel silence dela nuit, elle entendit la pluie frémissante tom- ber à grand bruit sur les feuilles desséchées du sycomore près de la fenêtre. Des éclairs éblouissants sillon- naient le ciel, et la voix retentis- sante du tonnerre vint lui rappeler qu'il y avait un Dieu au aiel, et qu'il y gouvernait le monde, sa création. Alors, elle se rappela le conte de la justice céleste, qu’elle avait entendu la veille. Son âme troublée se sentit calmée, et elle s'endormit paisiblement jusqu'au matin. V Quatre fois, le soleil s'était levé et eouché ; et maintenant, sur le cinquième jour, le chant joyeux du coq réveillait de leur sommeil les servantes des fermes. Déjà, par les champs jaunis, en procession si- lencieuse et lugubre, les femmes acacliennes venaient des fermes et des hameanx voisins. Elles con- duisaient vers les bors de ja mer, des chariots pesants, contenant tout ieur avoir domestique. Elles s'arrêtaient et regardaient derrière elles, pour voir une fois encore leurs chères demeures, avant que les sinuosités de la route et la forêt ne les dérobassent À leurs yeux. A côté d'elles les enfants couraient et poussaient les bœufs en avant, tout en tenant dans leurs petites mains quelques débris de jouet. Ainsi elles se rendaient à grands pas à la baie du Gaspéreau. Là, sur les bords de la mer, étaient en-! tassés pêle-mêle tous les meubles des paysans. Tout le jour, les cha- loupes affairées circulèrent de la côte aux vaisseaux, tout le jour, les chariots se fatiguèrent à des- cendre le village. Vers la soirée, à l'heure où le soleil était sur son couchant, le roulement des tam- bours qui battaient dans le cime- tière, résonna au loin, sur les prés. Les femmes et les enfants se pré- cipitèrent dans cette direction. Soudain, les portes de l’église s’ou- vrirent, et la garde s’avança suivie du triste aortège des fermiers aca- diens, captifs depuis longtemps, mais résignés. Comme des pélerins qui, éloi- gnés de leurs foyers et deleur pa- trie, chantent en marchantet ou- blient qu'ils sont las et fatigués ; ainsi, des chants sur les lèvres, les paysans acadiens descendaient de l'église vers le rivage, au mileu de leurs femmes et de leurs filles. Les jeunes gens venaient les premiers, et, élevant leurs voix en chœur, ils chantaient de leurs lèvres trem- blantes un chant des missions ca- tholiques : ‘‘Sacré-Cœur du Sau- veur, Ô fontaine inépuisable ! Rem- plissez nos coeurs en ce jour, de force, soumission et de patience.’ Puis les vieillards fermaient 1la marche, et les femmes rangées sur les bords du chemin, entounèrent avec eux l'hymne sainte, Et au- dessus d'eux dans les rayons du soleil, les oiseaux, comme des voix d'âmes trépassées, mêlaient leurs | accords à ces ehants. À mi-chemin du rivage, Evan- géline attendait silencieuse. Le chagrin ne }'avait pas vaincue, l'heure de l’affiction l'avait trouvée ferme. Elle attendait avec calme et tristesse jusqu'à ce que la pro- cession fût près d'elle. Lorsqu'elle vit le visage de Gabriel, pâle d’é- motion, les larmes lui montèrent aux yeux : elle s’élança vivement à sa rencontre, elle lui saisit les mains, et, appuyant sa tête sur son épaule, elie murmnra : ‘‘Gabriel, aie bon courage, car si nous nous aimons, rien en vérité ne peut nous nuire, quelque malheur qui. nous arrive.’ Elle souriait en parlant ainsi. Mais soudain.elle se tut, à la vue de son père qui s’avançait lentement. Hélas ! que son aspect était changé ! L'éclat de ses joues avait disparu avec le feu de son regard, et ses pas semblaient alour- dis par le fardeau d'amertune qu'il portait dans son coeur. Mais elle, souriant et soupirant à la fois, elle se suspendit au cou du vieil- lard et l'embrassa ; et ne pouvant lui rendre le courage, elle le con- sole par des paroles de tendresse, C'est ainsi que le lugubre cor- tège arriva à l'embouchure du Gaspéreau. Là, au moment de s’embarquer, le désordre et le tu- multe furent au comble. Les ba- teaux chargés de monde ne fai- saient qu'aller et vexir. Dans la confusion, des femmes furent sé- parées de leurs maris, et, trop tard, des mères aperçurent leurs enfants qui, laissés sur le rivage, éten- daient les bras vers elles et les rap- pelaient avec des cris suppliants. De même, Basile et Gabriel furent transportés sur les vaisseaux diffé- rents, tandis qu'Evangéline au désespoir restait sur le rivage ayec son père. La tâche m'était pas faite à moitié lorsque le soleil se coucha. Le crépuscule étendit à l’entour ses ombres épaisses. En hâte, l’'Océar reflua loin du rivage, laissant sur ses bords sablonneux une ligne couverte d'épaves, de varechs et d'algues gluantes. Plus loin, en arrière, au milieu des meu- bles et des chariots, qui gisaient 1à comme dans un poste de bohé- miens ou dans un champ après la bataille, s'étaient installés pour la nuit les fermiers acadiens désor- mais sans demeure. Le voisinage de la mer et la vigilance des senti- nelles leur ôtaient tout espoir de fuite. L'Océan fougueux s'était retiré en mugissant dans ses plus profondes retraites, entraînant à sa suite les galets qui s'entrecho- quaient à grand bruit, et laissant les bateaux échoués des marins bien loin de lui au milieu des terres, A la nuit tombante, les bestiaux revinrent du pâturage, L'air tranquille et moite était embaumé de l'odeur du lait de leurs ma- melles. Longtemps les pauvres bêtes attendirent en beuglant de- vant la porte si bien connue de la ferme. Longtemps elles attendi- rent et cherchèrent en vain la voix et la mainde la laitière, Le si- lence régnait dans les rues ; l'An- gelus ne retentissait pas du haut de l’église ; plus de lumière brillant aux fenêtres |! vait allumé les feux du soir avéc des épaves flottantes que la tem- pête avait poussées sur les bords. Tout à l’entour de ces feux étaient réunies des formes sombres, des figures dolentes. On entendait des voix de femmes et d'hommes et des criaillement d'enfants. De feu en feu, comme autrefois dans sa paroisse de foyer en foyer, le fidèle prêtre allait consolant, bénissaut et encourageant, comme Paul par- mi les naufragés, sur les bords désolés de Malte. Il approcha ainsi de la place où Evangéline é- tait assise avec son père : À la lu- mière vacillante, il contempla le visage du vieillard. Ce visage creux, hagard et blé- me, n'exprimait ni pensée ni sen- timent., On eût dit le cadran d’une horloge dont on aurait ôté les ai- guilles. Vainement Evangéline tentait de le consoler par des pa- roles de tendresse : vainement elle lui présentait les aliments : il ne se mouvait plus, il ne regardait plus il ne parlait plus, mais son oeil im- mobile et vide fixait sans cesse la flamme tremblotante, ‘‘Bene- dicte !”’ murmura le prêtre d’un [ton compatissant ; il eût voulu en dire davantage, mais son coeur était gonflé, et ses varoles tremblèrent et s’arrêtèrent sur ses lèvres comme les pas d’un enfant sur le seuil, tant il était accablé par la scène dont il était le témoin et par la vue de cette oruelle douleur. (à continuer.) Cependant, sur le rivage, on a- | ! ! js d'une Jeune Fille ENVERS SA MERE : Jeune fille, rendez à votre mère sur ses vieux jours, les soins et les tendresses qu’elle vous a prodi- gués avec tant d’anxiété, lorsque vous étiez enfant. C’est une dette de reconnaissance que vous lui devez. Si elle a passé ses nuits sans dormir et ses journées à peiner pour votre con- fort, lorsque vous étiez jeune ; veillez aujourd’hui sur son bonheur et sa santé, veikez à ce qu’elle prenne soin de ses forces, c’est votre devoir et ce sera votre bonheur. Sa santé est aussi précieuse pour elle, même si elle est âgée, que pour vous quiêtes jeune et bien portante. La jeunesse peut avoir ses attraits, mais une verte vieillesse a bien aussi ses charmes. À l’âge mûr, après avoir ékvé sa famille, il survient chez la femme un moment critique ; les premières rides apparaissent sur son front, un peu d'angoisse se peint sur sa figure, elle souffre de douleurs qu'elle n’avait pas l'habitude d’endurer, ses mains et ses pieds devien- nent un peu froids et s'en- gourdissent, elle devient nerveuse et inquiète, elle dort mal la nuit et le jour, les moindres tracasseries la fatiguent. Ces symptômes augmentent si elle n’est pas secourue à temps. Jeunes filles, n’attendez pas pour lui donner les soins qu'elle nécessite, que votre mère soit paralysée ou percluse de rhumatisme, ces maux sont fréquents chez les femmes au RETOUR de l’AGE, et s’il est raisonnable de supposer qu’il peut arriver à votre mère des acci- dents aussi graves, il est aussi raisonnable de supposer qu’elle a besoin d’aide et d’assistance. La jeune fille qui se rend compte de ces faits et cherche un moyen simple et effectif de sou- lager sa mère si elle est malade, ou de soutenir ses forces, si elle se sent affaiblir, trouvera dans les PILULES ROUGES tout ce dont elle a besoin pour arriver à ce but, car les PILULES ROUGES guérissent toujours les troubles du retour de l’âge et assurent aux femmes qui les re 1% preunent, une vieillesse heureuse et prolongée. ‘ mal : j'avais toujours des douleurs dans le dos, ‘coup pour mes jours. *‘ Les PILULES ROUGES prises de temps À autre ‘“ grand bien, me rendirent à la santé et me zuérirent c ‘‘ muns chez les femmes qui passent cette période entre qu p je ‘aucun doute, les troubles du ‘{ semaines au lit, ‘“ tout sans résultats, et au bout de ‘‘ dre les PILULES ROUGES qui me firent un ‘‘ aus, et je suis aussi bien que jamais. Les Pilules Rouges ‘{ les recommande aux femmes qui en souffrent.” ‘“ très faible, je souffrais de cette maladie depuis plusieurs années. "ROUGES. Ils me gwérirent dans née à da santé.’ quelques jours, ni même en quelques semaines. qui durent longtemps, il faut aussi un long traitement. Femmes sur le retour de l’âge, serez récompensées. ont besoin. consultations sont gratuites. en porte, }}) ROUGES ET DE SE GUÉRIR RAPIDEMENT. prix, 50c, la boite ou six boites pour $2.30. Les femmes devrent refuser comme imitation toutes PILU ‘J'ai pris les PILULES ROUGES, dit Madame Vallée, pendant deux ans. On m'a conseillé de les ‘‘ prendre au moment, où les premiers symptômes du RETOUR DE l’AGE se faisaient sentir chez moi. J'avais " 2 mains et les pieds froids et engourdis, je souffrais du mal de tête, d’insomnie, et mes vivres digéraient j'étais incapable de travailler et ma famille craignait beau- endant cette période du retour de l'Âge, me firent un e tous les troubles dont je souffrais et qui sont s com- l’âge de 40 à 50 ans. ; DAME VICTOR VALLÉE, ‘‘ Vers l'âge de 50 ans, dit Madame D. Gervals, je commençais À souffrir de palpitations de cœur, de dou- ‘leurs dans tous les membres, ma respiration était courte et je passais mes nuits sans dormir; c'était sans retour de l’âge qui se faisaient sentir chez moi : je passais de temps à autre, des | | rcluse par le rhnmatisme et les douleurs ; j'essayais à me soulager le mieux possible, soit ‘‘ en voyant les médecins des alentours, ou en prenant des remèdes que mes voisins me conseillaient, mais le |! quelques années, voyant que mon état empirait toujours, grand bien et me ramenèrent à la santé. J'ai aujourd’hui 58 m'ont guérie des troubles du retour de l'Âge, et je MADAME DAMASE GERVAIS, ‘* Je suis allée voir les médecins spécialistes, dit Madame F. Leblanc, pour me faire guérir d’une hydro- ‘‘ piste causée par les troubles du retomr de l’Âge : mes mains et nes pieds étaient enflés et j'étais mal à l'aise “ Les Médecins Spécialistes me donnèrent un traitement spécial et je pris aussi 15 boites de PILULES quelques mois et après avoir souffert pendant des années, après m'être ** fait soigner par un grand nombre de médecins sans résultats, je leur suis reconnaissante pour m'avoir rame- MADAME F. LEBLANC, 154 rue Montcalm, Montréal. Ce sont surtout les femmes sur le retour de l’âge et qui ont été malades des mois et des années à qui il faut de la patience et de la persévérance, car elles ne peuvent pas se guérir en Ce serait folie pour elles d'abandonner le traite- ment des Pilules Rouges, après en avoir pris une boîte ou deux seulement, car pour les maladies soyez persévérantes dans l'usage des Pilules Rouges et vous Les Médecins Spécialistes invitent toutes les femmes qui souffrent depuis longtemps à leur demander conseil, ils répondront à leur lettre avec soin, si elles écrivent et aussi si elles veulent venir à leurs bureaux ils seront toujours heureux de leur donner les conseils et les avis dont clles Les Bureaux de comeultations sont au No. 274 rue Saint-Denis ; is sont ouverts de neuf heures du matin à huit heures du soir, tous les jours de la semaine, LES ROUGES vendues de porte au 100 ou à 25c. la boite, et aussi exiger que le nom dela CIE CHIMIQUE FRANCO- 1 AMÉRICAINE, soit sur chaque boste, c’est le seul moyen d'avoir les véritables PILULES Si elles ne peuvent les obtenir de leur marchand, elles leur seront expédiées sur réception du Adressez vos lettres comme suit : COMPAGNIE CHIMIQUE FRANCO-AMERICAINE, No. 274 Rue St-Denis, Montréal, Canada. Fes Sept Iles, Côte Nord, Que.'’ je résolu de pren- Gower Point, Ont, REX REC -X EXT excepté le dimanche, et les Dany Te DCE ET Railway dining Rooms (Near Railway Station) Water Street, Summerside, P.E, Island MEALS OR LUNCH on arrival of all trains. Re OYSTERS served any way esired at short notice: ALL KINDs TEMPERATE DRINKS, C IGARS AND TopAcCo. G. P. GRADY, Proprietor. | | | | mile of the farm. Desirable Farm for sale That very desirable Farm and Resi - dence owned by late Senator Arsenault at Abram's Village, Lot 15. This Farm consists of 119 acres of good land well fencel and {n a high state of cultiva- tion. The buildings eonsist of a nice residence, two barns, a granary, dairy & ice house, eoach-house, sheep-pen, piggery, hen-house, machinery shed, harness shed etc. The residence is surrounded by ornamental trees and a good orchard, and commands a good view ofthe Egmont Bay from which it is distant half a mile. 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