Le Dimanche de la grande procession tel que je me le rappelle Père Adrien Arsenault Adaptation de R.—M. Bérardinelli Le samedi, nous les enfants, nous allions dans les bois ramasser de pleins paniers de fleurs sauvages que nous devions jeter tout au long de la procession. Chez nous, c'était le Dimanche de la Grande Procession le seul dimanche oü le Saint Ostensoir, telle une géante mandole dorée sortirait de l'église pour être exposé quelques instants dans de frais reposoirs ä falbalas recouverts de tissus blancs amidonnês et régulièrement parsemés de fleurs artificielles en papier. Avec un sens inné d'une fantaisie quasi—daliesque des hommes avaient douillettement niché ces grotesques arrangements au milieu de jeunes bouleaux et érables abattus la veille. Le précieux ostensoir serait ensuite ramené ä l'autel principal sous un dais ä quatre mâts bordé de glands tandis que la foule chanterait et réciterait le rosaire sous le ciel mouvementé et radieux d'un début d'été.