ee L'IMPARTIAL. * à ou 2 CR RES an Det eee méme ent eee rene Perrine si a de cé 4 Rs RE A RARE 0 OMR Pr, 4 GENEVIEVE DE X...…. HISTOIRE AUTHENTIQUE L'antichsinber était longue. étroite, faibiement éeclañée par une haute lumpe persane, aux voires multicolores. Tout d'abord, les v.ux du prêtre. encore -oas l'impressloi de la vive Immaère de l'estaher ne distingutrent rien. Cet c- blouissement à rebours durt quelqu: imstants ; puis petit : petit, il perçut les detaiis, #t un: ét: nnemen!, presqu'un SUPEOi, s'éieva dans son esprit avec ii rapidité de l'éciuir Tous les perte manteau: étaient occupés. :1 avait la. @c- vant lui, une véritable exposi- tion mondaine: es pardessus aux fones sévérs alternuient avec les peiisses / légantes ; les zibelines. 1 s martres, les longs boas s’enr ulaieut autour 1*« c2llets aux :oùbiures chan- geun'es. lei, des chapeaux de haute forme : là, de vénérabies cap Îs. gro- + eonime le poing. ui se balançaient au bout à: leur supp: rt. d:n< un équih- bre inquittan, pla: loin, de larges chap aux de fillettes, pi qués de riche. épi:gies, et dra pés encor d' j;-ur voilett: “ux reflets adoucis Et sur tout ce ‘ouillis, la In- .mière tombait troiublante, ta- misée, üliuamant une perle, éteignan: l'élat d'une brode- rie, et allongeant bien ioin, sur le tapis, l'ombre fantastique de Pabbé : Pour un malade à l’agonie, murmura-t-1:, voilà bien de la visite! { L’agonie !!imen cher abbé, hais 11 n'a mém. pas envie d'y etre ! Alors, je ne cemprends plus? E: comme un gros rire brave homme secourit tont le corps du maitre de la maison, le pré- tre devine : Un piège, murmara t-il? Mon Diu, oui! un piège, un traquenard. in oupe gorg.. tous les noms qu'il vous plaira ! Où vouiez vou: ei venir ? Mais à vous posséder, au moins une Mon Divu! mon raisonnement esi limpide cemme l'euu du lac; nous nous scmines dit: Voilà un abbé qui se tue, car vous vous tuez, l'abbé ! La peau et les os, voiià tout ce qne vous reste! Vous vivez comme un ours... ne protestez pas! Alors qroi? Vous savez que nous som: amis de l'Eglise, et surtout chez qui vous ètes ; aussi, on z décide de vous faire prisonnier de guerre... Mais, je dim rai chez moi ce Rs Erreur, «chez abbé !......... er- reur aussi profonde qu'instau- tanée ! 1... scire ! 1! Alors fallait m'inviter j'aurais prévenu, Toinon...……. Mais maih.ureux, puisque vous W'acceprez jamais ! Jjamais!!' Vous d couragez les Dounes volontés ; vous pouvez à la dissiimulation, vous m'o bhgez à faire le Comanche ! le Sioux! le Mohican! 1... Il avait beaucoup d'esprit, le brave hon:me, il fallut capitu- tuler et entrer daus le grand salon pleine d'ivit:s. Mousieur l'abbé X......... qui vient vous admimisirer tous!" Il étaient là, une quinzaine, du meilleur monde , et, dans ce cadre superbe, la conversa- tion étincelait, pétillait comme du champagne. On ‘aquina labbé : oh! pas mévchanment, quelque chose de très ciselé, dans le genre de Vibert où de Jose Frappa. Mon- sieur passait la balle à madame, qui ia relançait x mademoiselle il court, 1l court, le furet..…et le Jeune prête, souriait à ce feu d'artifivé, sans essayer de trop répondre. — Pur iuitement, Monsieur l'abbé, je suis bien tranquile. car jal dans mou secrétaire, une imdunigence plénière de Rome...jusqu'à la troisième gé- nération. À peine mort, je file tout droit jà-haut..comme une filèche...presqu'aussi haut que vous |! #t pourtaut. vous de- Y Z avoir Piivements é- noriues la-bas ? ? ? — Et si saint Pierre conteste Ja valeur du papier ©? Oh !'alcrs, Je pisiderai. -Taisez vous ! Vous l’étour- dissez, € pauvre abbé ;il a w ut étre cinq vu six heures de coutessionnal dans | s...je veux dii, duus ja têiv i | — l’iéciséiwient, Monsieur !...| et avaii que i «bb: ait letemi:s | Ü ‘ile Uil LiGi, 1e5 reflexious | des 15 x1tés surgissent de tous! des les vôés à la fois. —Et on doit y mourir d’en- nui, dans cette petite boite ? Surtout, quand c'est ma- dume de P..., dit l'une. On madame de Y..répond l'autre. — Allons! les manvaises pe- tites ianguces, Ré Mangeons. pas du prochain, surtout en Carême cnutonne un gros monsieur | Oh! ce prochain 14... 111 —Qui. il est très maigre ! _—Sérieusement, Monsieur l'ablé, vous êtes débordé d'oc- cu; ations, c’est Vral : et VOyez- vous, cela nous fait ious entager de voir qu'on vous fait perdre un temps fou au confessionnal, dans une caisse ou l'on ne s'ox- yygene pas du tout li constitu- on | —Et vous croyez que c'est du temps perdu ? iranchement ? Au contraire | —-Eh bien, à quoi sert la con- iession ? À ce moment, dans la profon- eur de ia nuit, éclata sur Île chira le silence, d'une note éper- ane. D'où vient ce bruit, deman- da le prêtre ? —Ca? c'est la soupape d'un bateau à vapeur ! Et duns cette réunion mon- daine, la voix de l'abbé s’éleva douce, mais presque hnpérieuse: “Vous m'avez demandé, Ma dame, à quoi sert la conf: ssion? 1] me semble que la Providence vient de faire entendre fa ré- ponse. Sans soupape, la chau- dière de ce bateau éclaterait , or COUP, croyez non expérience, qui sont chargées, qui souffrent souffrent atrocement jusqu'à éclater. Eile vont dans Ja nuit du monde, évitant les cousolu- tions banales, cherchant un rieux, ni un impuissant. Jien- heureuses ces âmes, quand e.- ies trouvent uu prêtre sur leur chemin, aux pieds duquel elies se jettent dans la sincérité de leur douleur. … La confession est alors la Soupape de leur âme... Elle Les empêche d’éclater !!! Eile seri à cela, la confession :.….. bien d'autre choses encore a- jouta t-il en souriant ; je lex- plique au cathéchisme quatre fois par semaine...” Le lendemain inatin, dans son petit presbytère, quand le prêtre s’assit devant son déje à- ner du matin, Toinon lui up- porta une longue enveloppe, Il dejeuna sans lire; puis, quelque temps après, Installé dans son cabinet de travail, il dé’hira lentement l'enveloppe ; dès les premières lignes, 11 com- prit tout : “Monsieur l’:hbé. “Vous m'avez sauvé la vie. Hier soir, quand Dieu permit à la convesation de s'engager sur la confession vous ne soup- conuiez pas avoir en jace de vous une: de ces desespérées, dont le cœur souffre, souffre àa- (rocement.… jusqu’à éclater! Pourquoi ? Peut-etre, monsieur l'abbé, ne le comprendriez vous pas! Mais si, pourtant! eéar 1 n’est pas nécessaire d’avoir é- prouvé les maladies Dour les connaitre. Toujours est-Hl que je devais me tuer, cette nuit, Après avoir entendu vos paro- les, j'ai passé deux heures au pied de mon lit, en me disant: Si c'était vrai ? s1l était vrai qu'aux pieds du prêtre, repré- sentant de Dieu, je trouverai... ce que vous disiez ? Ce matin, je suis allée à la paroisse me confesser, et maintenant, du plus profond de mon âme, dans la douceur infinie de Dieu re- trouvé, de ce Dieu, l'ami éter- nellement fidèle, Monsieur l’ab- bé, je vous remercie | “(GENEVIEVE DE X..” Le prêtre réfléchit quelques instants, les yeux perdus dans la Jueur dansante du foyer... et il se rappela une grande et Jeune femme, toute pâle sous ses cheveux noirs, qui le rega1- dait, hie1 soir d'une manière é- PIERRE L'ERMITE De la Croix de Paris. When you want to get print- ing done, do not forget L'IMPARTIAL Tianisx, P. E L Complètement, tenez, m'en voudrez-vous si je vous parle: ac, un siflet strident, qui dé-| il y a ici-bas des âmes, et beau- confident qui ne fut n1 un cü- et à! toute élégante, toute parfumée. | trange pendant qu’il parlait... OREMUS Nous savons bien qu'il se nommait Catel, mais nous l'ap- pelions, au régiment, que le sergent Oremus. C'était: un vieux soldat, à plusieurs che- vrons, car ce récit remonte au teisps reculés ou tout le monde n'était pas soumis à la loi muli- taire, à Ce teinps où les mr- duilles de Crimée, d'Italie et de Chine briilaient sur une mêe capout blene. Brave, ben et brusque, le sergent avait Les qualités, et aussi À s dejauts de son état. il savait à Ja journée, ce qui n'édifiait personne, mais 1l ne se couthait jamais, que ce fut au champ ou à la chambre, sans mettre le genon en terre et prier uue minute ni plus ni moins, ce qui édifiait tous les camarades. Inflexible sur ia disripline, Juisant et astiqué mieux qu'un gandin, il n'était guëre teudre jaux conserits, assez sec pour ses égaux, roide comme un pieu pour ses chefs qui s'éver- tuait à le prendre en faate, et [y parvenait jamais. | On l’appelait Orexeus, à cause de la prière qu'il faisait matin Let soir: avec la plus parfaite 1n- (difference des moqueries, et lmêème lorsque, ayant eu la per- mission de minuit, il rentrait à la caserne un peu pins gai que de coutume. | Le colonel, en un jour de ‘bonne humeur, duigna en plai- sauter avec lui: | On dit que vous êtes dévot, sergent Catel ? C'est une erreur, mais colo- inel. Je voudrais. mais je ue sais pas | _ Cependant vous marmottez vos orasons au lever et au cou- cher. Fait'ment. Ce n’est pas ‘fendu. Donc c'est permis. Et vous n'avez pus peur qu’- OR Tes che de vous ? Pas du tout, mon colonel. Pourquei ? Mon coionel a sans doute en- tendu parier d'un nomwiné Bay- lard, surnommé de chevalier |sans peur et reproche? Faitement, Catel. Mais je ne salsis pas 1e rapport... { Ce nommé Bayard, colonel, |dans j’ancien, à ce que}e me suis laissé dire, gagna autant ide ‘batailles que l'empereur | premier, ou peu sans faut. Et quand 1] mourut, d’uu bo xlet |de canon ou d’une balle, j:ne |sais pas au juste, il mourut en craint ; ‘Jésus, mon Dieu, pre nez mon âme:” Puisque ce dénommé Bayard faisait sa prière, je peux bien faire Ja mienne, | Kien n'empêche, |Catel, rien n'empêche! | Et le colonel riant sous cape, | en alla conter laventure au € | | dé- Sergent 5 œénéra!, qui dinait aux mess avec les officiers de sa brigade. Le général, bon garçon, mais un peu frivole, ayant trop veçu à la cour de lempereur troi- sièrre et pas assez à la guerre, vouiut se donner ie phusir d'une conversation avec Ore- nus, l'ayant trouvé de pianton a la caserne, lui posa les mêmes questions que le colonel. Le sergent répondit sur le méme ton, un peu étonné qu'- on se mêlat de choses qui n'a- vait rien à faire avec la discip- line, mais respectueux quand méme. 11 y eut cependant quelque différence dans le traite qui termina et conclut l'entretien. Il ne fut point parlé de Bayard. Et quand le général eut lâche, en souriant, sOn, “Pourquoi ?”, Oremus répondit : Mou général, mon père était un pauvre marin du village de Beg-Meil, sur la côte de Bre- tagne: Cr up jour qu'il montait sa barque de pêche, et qu'il se trouvait en perdition au large, assailli par une grosse tempête, il se mit à genoux dans sa bar- que, je m'en souviens, j'y étais, et s’écria : “Seigneur Dieu, ayez pitié de moi, ma barque est si petite et votre mer est si grande!” J’en ai déduit qu'il est bon de prier et, comme tout homme est en perdition durant toute sa vie, | pour une raison ou pour l’autre. je prie. Voilà. —kRompez, sergent ! ordonna le général, plus soucieux qu'il re voulait en avoir J'air. Catel resta Oremus, comme devant, et fit la sourde oreille anx quolibeis. Vint le jour où la maladie le prit, une de ces maladies noires, où il y a un peu de nostalgie, santerie, et qui n’en conduisent medecins traitent par la plai-| . . | pas moins leur proie au tom-! beau. | Oremus fut contraint de de- :mander qu'on le mit à l'hôpital, mais 11 n'y alla pas de bon cœur. pressentant qu'il en sortira! “les pieds devant,” comme :l} disait. On le coucha, on je scig-| na, les sœurs l'aimèrent, les in- firmiers aussi: il prévint qu'on: iui amenât l'aumomier, quand ke moinent serait venu de son-: 1 } ! ! Î jun peu de langueur, que les, ser au départ. Et il continua ‘dans son lt, eur on l'avait logé “dans un petit cabinet vitré, par faveur. L’evêque du diocèse, en tour- née de confirination, vlat visiter l'hôpital. Où n'avait point en- core songé à chasser du lit des inalades eeux qui leur x ,por- tent Le courage, là résignation et l'espérance. Oremus, appuyé À ses orellles très pale, très laiole, eut nu bon sourie, et son blême vi- sage, où l'énergie et la franchise laissaient encore leur empreinte s'épanouit à la vue du viciliard, ch soutane violette qui s’appro- cuait, les bras ouverts, pour l'embrasser. —i bien ! mon ami, dit l’e- vêque, vous n'êtes pas si inalu- de... et vous reprendrez bien- tot vos galons!.…. car vous êtes sergent, n'a t-on dit ? —Nergent Catel, 2e du 3 au 167v, intanterie de ligne, oui, ion é,êque. Mais pour ce qui est de reprendre la capote, 11 y faut plus songer. Le bon Di u est en train de signer inou congé, et 1] fant que son encrier soit à sec, pour que Ce he soit pas chose faite. à —0ùh! oh! vous êtes bien pressé. Vous comptez done a- voir la haut, mon ami, une bon- ne retr@te ja Je l'aitovjours de- mandée, matin et soir. Or mo: curé me disait, quand j'étais petit, que le bon Dieu doune ce qu'on Jui demande. —Vous priez brave fils ? —Dame! Je lai promis à diainan, quand je suis Parti pour le sort. — Et ious les jours ?.….. ——Oui, même ayant bu un verre de trep, mon évêque! Le : VIN est on, et parfois on est al- icré. | —Que disiez-vous donc an! bon Dieu, ion ami ? —Heu lune prière courte et bonne, mon évêque. On n'a pas ie temps des grands oremnus, chez nous. Le Notre Père, n'est ce pas? —(Ca c'était pour le diinanch: pendant la messe. — Et les autres jours ? Voilà; au réveil: “Mon «Dieu, votre serviteur se lève, ayez pitié de Jui.” A l'extinction des feux : “Mon Dieu, votre serviteur se couche, ayez pitié de lui.” L'évèque se mit à pleurer et prit le vieux soldat daus ses bras 1] voulut l’ussister à ses derniers moments, lui ivrmer les yeux de sa main, et quand il eut recueilli son dernier sou: pir, 1l dit aux assistants : —Ce fut un vrai chrétien, messieurs. De Profundis.… CHARLES BUET. 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WILKINSON Cheapside Store LA JUSTICE EN CHINE Un rédacteur du Century, la grande revüe américaine, au cours d'une enquête sur le ré- gune pénitentiaire en Chine, a visité dernièreinent la prison de Canton, dans laguelle, dit-il les prisonniers et prisonnières allaient et venaient sans que personne y pris garde. “Une seule femme était en- chainée. Convaineu d'avoir em- poisonné son unari, elle était condannée au ling chee, c’est a-dire à être découpée vivante en morceau. La malheureuse, qui paraissait appartenir à la claisse aisée, ne montrait au- cun émotion ; elle s’entretenait tranquillement avec la fille d’un gvélier.” Arrive le juge Ce magistrat un petit vieux, souriant et d’as- pect débonnaire, prit place d.- vant une table où il posa ses pa- piers. Un serviteur lui tendit un évantail dont il joua très gracieusement et l'audience commença. “Le juge foui!la dans ses dos- siers et, d’une voix douce et bienveillante, débita les prod- romes de l'accusation: mais bientôt son organe, s’échauftant devint criard, et le geste s'en, | St. Lonis 23 mai 1895 o f mêlant, il eut bientôt l'air d’un ) { Le RE RARE ED ge OS diable en colère, Les ae -n<és se mirent alors de la partie, craint gesticulant à qui mieux mieux. Deux intérprètes, con voqués pour la canse, car le: Chinois ne se comprennent pa; toujours entre eux, hurlaient ct se démenaient plus fort que tout le monde ; enfin en der- nier lieu, le geôlier, faisant ir- ruption dans le prétoire, mit le comble à cette seène d'épi- lipsie judiciaire en sautant de- vant le juge en gaieté.” ; Finalement les accusés re- fusant d’avouer leur crime, le juge ordonna de leur appliquer la question sous la forme de la bastonnade. “Le bambou siffia dans l'air et un cri qui n'avait rien d’hu- main ébranla la salle. Mais ce détail n’arrêta pas l’exécuteur, dont l'adresse était extraordi- naire. 1l se vantait de frapper quatre-vingt coups à la minute, et il était plutôt en avance qu’- en retard sur ce chiffre. De plus il ne déviait jamais de l'endroit qu'il avait choisi, au gras de la cuisse droite.” . Deux cents coups furent ain- si Consciencieusement et preste- ment appliques à la grande joie de l'assistance, Mais cela me donne-t il pas une assez haute idée-du degrés de civilisation au quel sont ar- rivés les Chinois ? gg ve APR