#v Moscler LA CIE DE PUB. DE L'IMPARTIAL, PROPRIETAIRE. | Fondé en 1893 par Gilbert Buote et son fils, | ) F. J. BUOTE, RÉDACTEUR. Mme. F. ]. BUOTE, Assistante. VOL. 5. NO. 41 “ TIGNISH, Le Baton De S. Joseph —.Z%0X Conte Breton a X — La vieille Yvonne s’assit près de | balivernes-là ? Allens, l'ami, pas- son rouet et neus dit : —Oui, mes enfants, Saint Joseph est le plus graud saint du paradis. Ecoutez bies ce qne nos bonnes gens racontent, et veus verrez si je vous ai menti. Nous nous approchâmes plus près encere de mère Yvonne et elle com- mença son récit. — Personne n’aimait Joseph Ma- hec dans le pays de Kéioch qu'il habitant : aussi y vivait-il solitaire et retiré dans une cabane délabrée. On disait que le soleil lui même a- vait tellement en korreur Jos:c Ma- hec, que jamais il ne projetait ses joyeux rayons sur sa maisonmette enfumée. Un soir de mars, revenant de la ville voisine, où il s’était attardé, il rendra au village avec les premières étoiles. De l’église autour de la- quelle se groupaie nt les maisonnet- tes de Kerech, s'échappaient un flot de lumière et des voix jeunes et fraîches, qui chantaient des can- tiques. Dans ce cencert plus ou moins harmonieux, mais fervent, Joseph Mahec distingua son nom, le nom de Joseph prononcé à plu- sieurs reprises. Sa sombre et sauvage physiong+t mie s’adoucit, quelque chose cois- me nu sourire parut même sur ses lèvres : il s'arrêta, prêta l'oreille et fit deux ou trois pas comme pour pénétrer dans le saint lieu. Bien- tôt, comme s’il eûtété épouvanté de son action, il rebroussa chemin précipitamment en murmurant : Moi, eutrer là-dedans ! ça se- rait du nouveau ! Il fitentendre un petit ricanemeut qui ressemblait à celui que l'on prête au mauvais au- ge et continua sa route. Au moment où Josic Mahec al- lait pénétrer dans sa cabane, il se sentit tirer légèrement par le pan de son habit. Il se retourna sur- pris, presque en colère, car il n'’é- tait poiut accoutumé à ces mauiè- res. On le fuyait, jamais on ne le touchait. Derrière lui était un vieillard, courbé sous le faix des années et de la misère. Des che- veux blancs, une longue barbe, des traits vénérables prévenaient en fa- veur de cet inconnu en dépit de ses pauvres habits. Mais Josic Mahec n'avait de pitié pour persenne. Il regarda à peine cet étranger dont le frout avait pourtant uu «loux ra- yonnement, emprunté sans doute à la résignation de son âme. —Que me voulez-vous demanda: t-il brusquement. —Assistez-moi, homme. Mahec parti d'un grand éclat de rire. —-Est-ce que j'assiste quelqu’uu, moi... Ne savez-vous pas que l’on m'appelle le Hibou ? Je fais du mal tant que je puis et jamais de bien à personne. Hors d'ici, vieux ! Allez-vous-en frappet à d'autres portes. Le presbytère n’est pas loin, ajouta-t-il, avec son ricanement habituel, les rebes moi- res veus y recevront. Et du geste, il ceugédia le vieil- lard. Mais celui-ci ne beugea pas. _ Mon bon momsieur, par pitié ! dit-il en joignant ses maius déchar- nées et tremblantes. Parfois une seule bonne oeuvre peut assurer le salut éternel. —Est-ce Josic Mahec croit à ces dit le pauvre sez votre chemin. Inutile de per- dre votre temps et de me faire per- dre le mien. —Je vous en prie, insista le vieil- lard. Et des larmes ruisselèrent le long de ses joues pâles, tandis que ses yeux regardaient le ciel dent les é- toiles semblaient lui sourire. —Je vous en prie, iusista le vieil- lard donnez-moi une pauvre petite aumône, la plus petite que vous voudrez. Par tous les saints du paradis, ne me refusez pas ! Mais le pauvre homme s’adres- sait à un coeut impie, à un coeur aussi dur que le rocher auquel s’a- dressait la cabane. —Je veux la paix, à la fin ! s’é- cria Josic. Partez, ou je... Il leva son bâton et il allait frap- per. —Mon ami, pour l’amour de S$S. Joseph ! dit encore le vieux pauvre en rctenant doucement le bras de Mabhec. —Ca, c’est différent, dit Mahec. S. Joseph, c’est mon patron, com- me disent les dévots. J'aime ce saint-là, parce que, s’il y a un pa- radis, il ne}l’a pas gagné en fainé- ant. Joseph Mahec tendit à ;l’inu- connu son gros bâton noueux. — Tenez, dit-il, de sa voix rude, prenez ce peu-baz, votts n'avez plus les jambes bien solides, il servira à assurer votre marche, et, si vous rencontrez quelque malfaiteur, vous pouvez vous défendre contre lui. Le vieil étranger prit le bâton ; son fregard s’éclaira d’ume douce lueur et un radieux sourire viut sur ses lèvres. —Joseph Mahec, dit-il, Dieu ne laisse pas sans récompense un verre d'eau froide donné en son nom. Au revoir et merci. Le pauvre disparut. Mahec rentra dans sa cabane et reprit son travail ordinai- re. Plusieurs années s'écoulèrent. Joseph Mahec mourut. Il mourut seul comme il avait vécu. Il reve- nait à sa cabane, il était plein de vie...Soudain ses janbes plièrent sous lui ; il voulut appeler, mais aucun son u'arriva à ses lèvres. Par un dernier effort, un cri rau- que s’échappa de sa poitrine et ses lèvres articulèrent ces trois mots : ‘“O saint Joseph l’’ Etil n’était plus ! Joseph Mahec est transpor- té dans les régions éternelles. Deux portes s'offrent à ses re- gards : l’une est sombre et garnie d'objets hideux : l’autre étincelle des feux de mille pierreries. Le nouveau venu va frapper à la porte étincelante. La porte s'ouvre et saint Pierre, portant au front la triple couronne des apôtres, des pontifes et des martyrs, se montre tenant eu main les clefs puissantes dont son maître le chargea. —Qui êtes-vous ? demanda le glorieux pêcheur. Joseph Mahec, répomdit l’arri- vant d’une voix timide. —Je ne vous connais pas |! dit S. Pierre. Allez frapper en face, vous y trouverez des amis. Et le portier du paradis ferma, sans plus de cérémonie, la porte brillante, comme jadis Mahec fermait celle de sa cabane aux mendiants et aux af- fligés. Réjeté du paradis, Mahec n’avait d'autre parti à prendre que de frapper à la porte sombre. Il + + ILE du PRINCE EDOUARD, JEUDI La Jeune Femme chez l’Epicier. sf La première année de notre mariage, ma fem- mue décida de faire son marché elle-même. “Non seulement cela me piait, dit-elle, mais je crois pouvoir y réaliser des économies. ”? L'épicier, notre voisin, eut sa première visite. ‘* Ce que je veux, dit-elle, c'est faire le plus d’é- cons nies possible. Je suis décidée de faire moi- min::non painetane pasacheter de pâtisseries.” Dans ua p:tit panier, elle vit des œufs. ‘Combien la douzaine, demanda-t-elle à l'éricrer ?"” Com-n: vous le savez, les œufs sont très cher, Mus ma femme fut surpris: du prix, 25cts. “"Vingt-cinq cents! Muis ce prix est tout sim- ple nant up )3sible. Je vous ai dit que je voulais faire les écono- mu»s, n'auriez vous pis des œ@1'3 à 18 cts. ou à 0:13? Ce prix est dj] très élzv 5? Notre épiuer est un honaît: hoïnme doublé d'un philosophe. ausa doani-t-il à mai femme es “xpliations que la situation deman lait Pa: des pnfs à 2) cents la dou’ain:. mais je ne puis vons les reromnander. S'il s'agit pour vous de lare de bonn:s pitissrias, il ne vous {ant pas songer à faire des économies sous cs rapport ‘Le benrre, 8œufs êt la farine sont desarticles qu'il vous taut de toute nécessité avoir de pre- mière qualité. ? Ainsi parla l'épicier, en honme sage qu'il était. Ma feinue reprit: ‘Mais, alors, sur quoi pourras je faire des écononies ? ‘‘Sur une foule de choses, mais jamais sur ce qui est absolument nécessaire, dit l’épicier, la farine de première qualité, les œufs frais et le bun beurre sont indispensables. ”? ‘Quelle est votre meilleure fariäe,questionna la nouvelle ménagère ?”? ‘La farine ‘Royal Household,’ dit simpie- ment l’épicier.'” ‘Quel en est le prix ?’’ Il lui dit. “Mais vous devez en avoir demeïllearmarché?”? “J'en ai qui coûte moins cher, maïs ce n’est pas meilleur marché pour cela esr à la longue, LE “En achetant la farine ‘Royal Household,’ vous en avez beaucoup plus pour votre argent, vous avez une plus grande valeur pour un prix à peine supérieur. En un mot, vous avez toute la valeur de la farine.”’ “Qu’entendez-vous par—valeur de la farine?” ‘La plus grande quantité des éléments nutri- tifs que contient le blé, ”’ C'était le moment de l’après-midi où les affaires sont un peu plus calme, aussi l’épicier se mit-il a exrlquer à ma femme ce qu'il savait de la farine “Pas la farine est bon marché, plus elle con- tient de son. “Il y a du son dans toute les farines tant qu’on ne l’a pas té. “Le son est éliminé de la farine ‘Royal Household,’ ce qui exige une mouture parfaite, des machines perfectionnées et° un outil’'age parfait sous tous les ray} orts. | ‘‘Uutre ce que je viens de vous énumérer, la farine en question est jurifiée par l'électricité et ceci la rend différente de toutes les autres farines. ‘Tous mes clients me la demandent, ce qui confirme la-bonne opinion que j'ai d'elle,” A ce passage, un soup.un traversa l’esprit de ma femme et ce fut d’un ton un peu moqueur 12 AVRIL [3 ANNEE. PRE SUR 2 1/16 qu'elle demanda. re 1 “Xe faites vous pas de plus gros bénéfices en (PTT) EHOLD vendant la farine ‘Royal Household ? RAC. Te “Non, certainement non, madame, répondit notre épicier,—au contraire j’en fais moins que eur les farines de seconde qualité.”? ‘Alors, pourquoi la recommandez-vous aussi chaudement ?”? ‘Simplement par le fait qu’un client qui achète de la farine ‘}! oyal Household’ sait ensuite ce qu’il veut quand il a besoin de farine, je n’ai plus besoin de lui faire l’article. “Si vous le demandez à la Compagnie des Moulins à Farines Ogilvie, vous recevrez un petit livre utile sur la manière de faire le pain.”? Ce dernier argument décida ma femme qui acheta de la farine ‘Royal Household, ” des œufs de 25 cts. et le meilleur beurre qu’elle put trouver. elle coûte plus cher.” “Pour quelle raison ?’? SANS-SOUCI. [21 nn” ; Ù A ARE if) | N ti MID 4 Rd Y N S Le NY : À Idea in Painting. 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Hélas ! hélas ! si nous pensions bien à ce qui nous attend au delà ,de la tom- be ! Or, c'était le dix-neuvième jour de mars, fête de St-Joseph, que Joie Mahec avait été jeté de la vie Au moment où la they are the best remedy I have ever used for | main de feu de l'ange rebelle allait building up the system. You are at liberty to use this statement for the beneñt of other | étreindre sa proie, une voix dit : | “Hors de la maudit !”’ Et Josic | vit la douce et placide figure d’un vieillard dont le front était cernit d’uu nimb: d’or d’un admirable éclat. Satan poussa un herrible rugissement, et s'engouffra dans la porte sombre, laissant après lui une traînée de soufre et de feu. —Que faites-vous là, mon ami ? demandaïle saint à Mahec. —St-Pierre a refusé de m'’ouvrir la porte du paradis et je vais en en- fer. Le saint présenta au malh-ureux pêcheur un bâton, qu'il tenait à la main. -—Reconnaissez-vous ce bâton ? ne pouvait s’y décider. Il compre-| 3, nda-t-il. nait à cette heure, que cette hideu- | se issue conduisait à l’abîime dont il} Bébé et Maman trouvent tous deux que leur peau est plus blanche et plus fraiche après l'usage du savon BABY'S OWN SOAP. La mousse crémeuse donne une sensation délicieuse de bien-être et un arôme exquis. 4-1-06 ALBERT SOAPS, LTD., Mirs. MONTREAL. radis, mais avec son bâton cette fois, St-Pierre parut. : P. E. L RAILWAY Commencing on Thursday, Januar Ath 1906, the trains of this Kailway will run as follows :— Trains Outward Read down Read u No. No. No: No. No. 5 1 2. : 6 Trains Inwsrd ce € " A. M P. M, À. M. Q 25 1v Ch’towr ar.3.05 9 55 45 Royalty Junc. 2 50-9 57 0 17 N’Wiltshire,. 2 17.8 57 30 Hunter River. 2 04 8 42 0 07 Emerald June 1 27 7 57 10 36 Kensington 12-58 7 22 5 11 00 a.r. S'side..ly12 80 6 5 .M A.M P.M A.M " 8 8 9 9 1 2 2 0 À 1 y Où Où Or 5 à € No. 3 No, 4 P.M À.M 2 00 1v.. S'side.. ar 10 25 2 47 Wellington... 9 38 2 26 Port Hill 8 57 4 36 0’Leary 7 44 5 36 Alberton 6 40 6 30 Tignish, lv 6 00 — Encore vous ? dit l’apôtre ; ne vous ai-je pas dit qu'ici vous n’a- viez pas d’amis ? —-J'ai St-Joseph, mon patron, ré- partit timidement Josie.... —St-Joseph est absent... Mais le pêcheur n’en dit pas da- vautage. Ses yeux tombèrent sur le bâton que le nouvel arrivant te- nait à la main. Une branche de lis d’une admirable blancheur ve- nait de s’enrouler autour de ce bâ- ton. —Le bâton de St-Joseph ! s’écri- a St-Pierre. Et l’apôtre, chargé lui-même de tant d’iusignes glorieux, se courba respectueusement devant le simple bâton du charpentier Joseph. —Entrez, entrez, mon ami, dit- il ; les Apôtres, les Martyrs, les Docteurs, les Vierges, tous obéis- sent à St-Joseph. Tout ici lui est soumis. Entrez et jouissez du | bonheur des élus. Joseph Mahec franchit la porte étincelante ; et sa voix qui, à sa dernière heure, avait su dire ce mot : Joseph ! se mêla à celle des choeurs glorieux qui, pour toute l'éternité, répètent au ciel les lou- anges de l’aimable père nourricier de Jésus. — Vous le voyez, enfants, ajouts la vieille Yvonne, en arrêtant son | rouet, qui preud pour protecteur |St Joseph, est sûr d'aller en para- —C'est le mien, le mien au para-|dis, j P.M À.M No. No. DL, Dm 19° P.M A.M 5 25 7 05 1v Ch'town. ar 900 450 8 35. Mt. Stewart 7 55 4 58 9 18. Morell 7 27 5 19 9 48 St. Peters 7 P.M A.M No. 13 P.M AM Mt Stewart Junction .ar:7 50 5 42 Cardigan 6 41 Georgetowrdvr 6 2 P.M ‘+ 4 NC 2 LE 2 e.8 Emerald June. er : N P.M T 7 7 Cap Traverse lv M 50 6 00 P.M A.M. No. 16 P.M À.M 3 4901v Charlottetown ar: 10:15 7 10 Murray Harber ir 6.45 P .M A.M Trains are run by Atlantic Stan- dard Time. “Train. Nos. 11 avd 12 will, run Monday, Wednesday and Fridsy., Ali other trains will run daily (Suxday excepted) G. À. SHARP, D. POTEINGER LS.9. Sup't, Gen.Mgr.Can,Ger'tBays, Charlottetown Moncton. NB. Nous avons besoin de trois ‘homme pour soliciter de abonnements :t- faire la collection. S'adresser.n F à. Pr bureau de L'IMPARTIAL ‘Tis nish, L