a.» LA PETITE SOL'VENANCE” » le contenu des pages qu'il avait devant lui. il n'a pas pour autant abandonné son passe-temps favori. Combien de fois répétait-il à ses enfants ou à ses amis: « Moi, je ne m'ennuie jamais: j'ai toujours quelque chose pour m'entretenir. r» il en sera le secrétaire de 1906 jusqu'en l92l. et il restera la véritable âme et la force dominante en arrière de ce groupe professionnel pendant de longues années. ll assistait fidèlement a chaque réunion générale. tenue chaque année dans une paroisse acadienne différente et il ne manquait jamais d'y prendre la parole. Souvent c'était pour faire un exposé sur une question d'ordre pédagogique: à d'autres occasions. c'était pour offrir à ses confrères des suggestions pratiques ou bien pour appuyer une proposition qu'il jugeait valable et intéressante. Cette organisation a tenu son congres annuel jusqu'en 1971 alors qu'elle r'ut abandonnée définitivement pour des raisons d'ordre pratique. Quand arrivaient les vacances d'été. alors qu'il n'avait plus les devoirs des élèves à corriger ou des cours à préparer. monsieur Blanchard poursuivait sa lecture plus passionnément que jamais. Lors des premières années dans l'enseignement. il partait chaque été pour Sydney en Nouvelle—Écosse. La il pouvait gagner quelques dollars qui l’auraient aidé à mieux subvenir aux besoins de l'heure et à ses projets d'avenir car il projettait de bientôt fonder une famille. Que son travail fut donc dans le domaine de l'enseignement. a la charpenterie d'occasion. ou aux travaux qui lui permettaient de ramasser quelques dollars supplémentaires. il avait toujours a la main ou prés de lui son livre de lecture. moyen sur de se désennuyer des problèmes et des fatigues du jour. Lorsqu'on a interrogé sœur Antoinette DesRoches. c.n.d.. de Miscouche à l'égard de monsieur Blanchard et du travail qu'il avait accompli au sein de l'Association des instituteurs acadiens. elle faisait remarquer que a ...c'e'tait toujours quelque chose de bien: il savait ce qu'il disait. ll avait beaucoup d'expérience. n Chose remarquable: il parlait souvent aux réunions et presque toujours sans l'aide de notes ou de feuilles préparées à l'avance. Tous ceux qui l'ont connu ou qui l'ont entendu parler en réunion publique connaissent bien son parler franc et sincère. des paroles pesées qui venaient du plus profond de son être. C'est certain aussi que. d'après certaines ‘ ’Ÿ ' gens. il parlait longuement. et les jeunes i en particulier s'en fatiguaient. Souvent ce qu'il avait a dire aux gens ne leur plaisait guere. car il ne craignait aucunement de faire connaître ce qu'il portait sur le cœur. Ce fut un peu le cas lors d'une certaine reunion tenue au village de Miscouche dans le temps ou il était le plus t'erxent des ouvriers pour la cause des Acadiens. Emporte cette fois par une colerc subite. monsieur Bltincbard s'est levc pour vivement desapprou— ver les habitants de la paroisse. leur faisant clairement voir que. selon lui. ils ne faisaient pas leur juste part pour l'avancement de la conse acadienne u Oui. .ivuibil dit alors. les Acadiens. cti ne suit rien parce que ça ne lit pas. Mars cu ioue toujours aux cartes par e\emple Ct Miscouchcl“ Paroles de verite peut—être. mais paroles blessantes pour quelques residants tic l'endroit? l"t ainsi. on pouvait parfois entendre quelqu'un suutllcr (i son voisin : u llenri Bltinchard en dit trop parfois? n N'est-cc pus donc vint que la veritc choque? Ses enfants content avoir souvent vu leurs deux parents partir ensemble de la maison pour aller assister aux encans publics dans la ville de Charlottetown. Là ils pouvaient faire l'achat de quelques volumes intéres— sants à un prix peu coûteux et ces livres— là venaient se joindre a la bibliothé- que personnelle de monsieur Blanchard. D'abord bien modeste. sa bibliothèque finirait par contenir quatre mille volumes. Des ses débuts dans l'enseignement. monsieur Blanchard avait vite re- marqué la besogne énorme qu'il _v avait a faire afin de rehausser le niveau d'enseignement ct les Connaissances générales de l'ensemble des instituteurs acadiens qui. comme lui. travaillaient dans les petites écoles isolées ici ct lit ai travers la province. Depuis déjà quelques unnccs, les écoles acadiennes avaient etc dotées d'un inspecteur de langue française“. l‘on avait organise et mis en upcrution l'Association des instituteurs acadiens dans le but d‘encourager l'enseignement du français aux jeunes Acadiens; on aivnit aussi voulu intéresser dnvuntugc les parents il I'ctlucntiun de leurs enfants en organisant des tisscmblccs tl'tirr'tititlis« sentent. genre u, foyer-école n ou tics renniuns du personnel enseignant dans un district scolaire donne, Que lc professeur Blunchurd prenne part à toutes ces activités. il vu sans dire! Reconnaissant l‘extrême importance pour lui et pour ses confrères d'avoir une organisation bien à eux. ct con» vaincu du grand bien qu'un tel groupement professionnel Pourrait à la longue apporter u tous les Acadiens de l'llc grâce à l’enseignement fuit pair ses membres. monsieur Blanchard s'est donne généreusement au bon lunctiunne‘ ment de cette organisation particulière et unique. Ainsi J. Henri Blanchard. lors de la remise de son B.A. au Collège Sameunstan t’es cmpoitcuicnts. ccs sauts d'humeur furent en grande ptirtic tlus il in grande imputicucc qu'il ressentait devant unc mcnic trop cvidcntc clic: beaucoup d'.\cadiens. Selon monsieur Blunchurd. cette inertie semblait même vouloir s'ctei‘uiscr clic: un trop grand nombre de ses compatriotes. De son cote. toutefois. ces scènes de colère furent vite oubliées. Le lendemain. il ne se rappelait déjà plus de cc qu‘il avait dit publiquement la veille. Et ses ,, _ m0523 anaænäm-u‘ «tantinet— “MU 'ïmueiïeme‘n‘um «ses “sa.