| pe "+Mvait récolté dans son jardin. PT SRE Ne è L'IMPARTIAL, JEUDI. LE 3 MARS 1904, ]l était neuf heures du soir. n Chapitre des Troubles a Tignish —— 000 ——— L’Annee des ‘“Constables” 0 OQ ———— C'était vers la mi-février 1844.|ces paroles que sor cheval tou ba Un comme un corps mort. manteau de neige de deux pieds! Nanuette à Bélone, une des fem-| La grand’ d'épaisseur couvrait la terre. Il!mes qui était venue avec les au- n’y avait pas une haleine de vent. Æ temps était fin et clair comme une vitre. On entendait les arbres craquer sous l'effet de la gelée. La lune était à son plein, et dans sa course majestueuse, inondait la terre de ses rayons argentins. Aussi loin que l'œil pouvait s’é- teudre, on distinguait, ça et là, aux fenêtres des maisonnettes, la pâle lueur de la lampe accrochée au hanteau de la cheminée et nourrie au moyen d'huile de morue—la paraffine n'étant pas encore en usage dans ces temps-là. Toute la famille était à la maison. le père, dans le grand fauteuii qu’il avait confectionné de ses pro- pres mains, était assis près de l’âtre au fond duquel pétillait un grand feu alimenté per du bois d'érable, et fumait une pipe du tabac qu'il As- sise près de lui, dans sa petite ber- ceuse sortie du même atelier que le grand fauteuil, était la mère qui tricotait. Le vieux et la vieille s'entretenaient des temps sombres par lesquels on passait et des mi- sères auxquelles on était en proie à cause des persécutions incessantes «cles propriétaires. Les enfants, au nombre de sept, moins soucieux cles inquiétudes qui dévorent la vie, occupaient le reste de la maison qui était toute d'une pièce. Les plus jeunes s’amusaient à des jeux d’en- fants. Les deux plus grands gar- cons, forts et robustes, aiguisaient leurs haches sur la meule et racon- taient leurs vaillantises à couper du … hois ou à battre le grain au fleau. Les deux grandes filles, la plus vieille devant se marier après le ca- rême avec un garçon du village, é- taient toutes deux occupées à filer cle la filasse pour une pièce de toile «le trente verges que la mère devait ourdir dans quelques jours. Tout en faisant jouer la marchette, les Jeux jeunes filles chantaient en- semble, tautôt une chanson à fouler, tantôt une chanson d’amourette. Soudain ie cri perçant du üorgo porte-voix) se fait entendre de la cabane des sentinelles postées dans le portage à McNeill. Depuis le commencerñent des troubles deux hommes, à tour de rôle, occupaient cette cabane, le jour ét la nuit, et chaque fois que quelque étranger arrivait, ces sentinelles dognaient l'alarme en faisant retentir l'air de l'écho de leur porte-voix, et ces étrangers, quels qu'ils fussent, é- taient arrêtés sur la route et obligés de rendre compte de leur mission. En moins d’un quart-d’heure les porte-voix se faisaient entendre lans toutes les parties de la paroisse et tout le monde, hommes, femmes et enfants était sur pied, les uns armés de bâtons, d'autres de four- ches de fer ou de haches. Tous, au nombre de près de trois cents, se rendirent à la croisée des che- mins devant la porte à Firmin Julien. Presqu'en même temps arrivèrent les officiers de la loi qui venaient déterminés de faire main basse sur les propriétés de plusieurs habitants contre lesquels ils avaient des mandats de saisie et de faire prisonniers plusieurs autres person- nes contre lequelles ils avaient des warrants—entre autr:s, le grand Hubert, le grand Jos. Corny, le pe tit Mik. etc. Ces émissaires é- taient au nombre de seize : le grand shérif Bearsto, le député shérif Warburton, et quatorze constables, en traine ; deux hommes chaque traine. Arrivés à la croisée des chemins, la foule qui était déjà arrivée là, les attendait et leur barra le che- in. Le député shérif venait le er. —Arrêté par la foule, i commanda, au 0m de la loi, qu’on es laissat passer: Personne ne fit Alors se tour- cs de ses paroles.” nant. vers le grand\(uéi qui ve. nait après lui il cria : pass me Jour A peine avait-il prononcé — pistol. tres pour défendre ses foyers s'é- tait armée d’un rondin sur le bü- cher à Firmin, et d’un coup porté entre les deux oreilles du cheval du député shérif. abattit l'animal qui, les yeux hors de leurs orbites, resta étendu comme un corps mort sur le chemin. Le député shérif et ceux qui l’ac- compagnaient, voyant qu'ils étaient déjà si mal menés par une femme, et prévoyant ce qui leur atriverait si les hommes se mettaient de la partie, entreprirent de jouer au plus fin, et demandèrent piteusement qu’on les laissat passer ; qu’ils s’en allaient chez un ami de leurs con- naissances à l’autre bout du vilage, et qu'ils ne porteraient noise à per- sonne. La foule sans se fier à ces pro- messes forcées et avec le dessein bien arrêté de les suivres de près, se rangea de chaque coté du chemin; et ces lâches qui, il n’y avait qu’un instant, menaçaient de mettre tout à feu et à sang, furent permis de passer, pour ainsi dire, sous ces | fourches caudines, tel que jadis les | Samnites firent passer les Romains vaincus. Tandis que ceci se passait à la croisée des chemins à Firmin, Bruno à Moiîse Béjin et trois autres jeunes hommes avaient quitté la foule saus rien dire aux autres et étaient allés défaire le pont sur la rivière à Pierrette. Après avoir fait une ouverture d’une dizaine de pieds de large, ils allèrent se blottir à l'ombre des sapins sur le bord de la rivière en attendant le plongeon du cheva: qui viendrait le premier. Mais en arrivant à l’ou- verture l'animal arrêta tout à coup et se cabra. Les constables s’aper- curent vite du tour qu’on leur avait joué. Ils raccommodèrent tant bien .que mal, à la hâte, ce casse- cou où on leur avait préparé un bain de février, et passèrent le pont, la foule étant toujours à leurs trousses. Parmi ceux que les propriétaires persécutaient avec le plus d’achar- nement était Jos. Buote de la Vio- lonière. Plusieurs fois déjà, la loi était allée se casser le nez à la porte de cette habitation, et Jos. était toujours sorti sain et sauf, avec l'assistance de ses amis. Or, comme on n’ajoutait aucune foi à la promesse que venait de faire les constahles—et on avait mille fois raison de ne pas les croire—une quarantaine des plus jeunes, arri- vés au pont, descendirent la rivière sur la glacee et se rendirent chez Jos. où tout fut mis en ordre, et préparé pour recevoir les consta- bles d’une manière digne de leur mission, s'ils venaient. Ils vinrent en effet. Le shérif, ayant un warrant pour prendre Hubert Gaudet considéré comme un des chefs du peuple, se servit du constable Archy McNeill qui connaissait bien le voisinage, pour lui désigner la demeure de Hubert. Mars celui-ci avait tout prévu. Il avait quitté sa maison ; avait envoyé sa famille à la maison voisine et s'était lui-même rendu chez son beau-frère, le petit Fran- çais, où il riait du plus bel en vo- yant passer ceux qui le cherchaïent et qui étaient loin de s’imaginer que eur homme fut si près d’eux. Parvenus à la maison de Hubert, les officiers de la loi trouvèrent vi- sage de bois. Ivre de co- lère de se voir ainsi jouer sur tous les points, ils décidèrent de faire un dernier effort, et à grand train, prirent le chemin de la Vio- ouière. Maïs quelle ne fut pas lear surprise en arrivant près de la résidence de Joe Buote, de rencon- trer une cinquantaine de jeunes hommes, bien armés, qui leur bar- rèrent le chemin, avec défense d’a- vancer plus loin. Les constables s'appuyant de leur autorité firent semblant de résister, mais le grand te ne ur M. JOSEPH BELLEVILLE Il est aujourd'hui en parfaite santé. Rien n'avait pu le soulager avant qu'il prit les Pilules Moro. Nous avons reçu de M. Josevh Belleville, deux lettres que nous croyons aujourd'hui devoir publier, car nous pensons qu’elles intéresse- ront spécialement un grand nome 1 me M. Belleville, ne peuvent trou- d'hommes qui souffrent et qui, « ver aucun soulagement, Ces lettres portent avec elles deux grandes vérités. La première, c’est qu’un homme pauvre peut souffrir inutilement s’il est laissé à lui-même ou entre les mains de médecins in- compétents, et la seconde, c’est le grand bien que peuvent apporter les Pilules Moro en en faisant usage avec soin, M. Belleville raconte lui- même ce qu'il a souffert et le bien qu'il a retiré de notre traitement, Ses deux lettres méritent d’être lues avec soin et surtout son exemple d'être suivi, Que d’hommes qui souf- frent pourraient se guérir en suivant nos conseils et en preniuut les Pilu- les Moro. nu date du 17 mars 1902, voici ce qu'il nous disait: “Je vous en- veie un mot parce que ‘j'ai entendu dire que vous étiez bien habiles pour soigner les hommes, 11 y a trois mois que je suis malade; j'ai été bien près de mourir et je me suis fait soi- gner par un médecin. Je suis tombé malade le jour de Noël, pour avoir pris du chaud et du froid, Le mal s’est déclaré du côté du cœur et il me faisait beaucoup souffrir, J’ai le bras, la jambe et tout le côté gauche très douloureux, et à des moments je souffre horriblement,. J’ai beau me frotter avec toutes sortes de lini- ments, je n'ai pu encore m'apporter aucun soulagement. Mon manger ne digère pas et je crois que c’est là le plus fort de mon mal. Je suis aussi GUERI PAR Il souffrait de Rhumatisme au coeur et de Dyspepsie depuis un an. IL PASSE TROIS MOIS AU LIT, très constipé étant quelquefois six jours sans aller à la selle, J'ai telle- ment de douleurs que parfois j'ai de Les PILULES MORO, remède merveilleux pour le système nerveux, réveillent les facultés endormies et rendent la vitalité de la jeu- nesse aux hommes vieillis avant le temps. | Les hommes faibles trouveront en elles la joie des jours d’autrefuis, et les hommes souffrants, soulagement à leurs douleurs. Pas un homme malade ne devrait désespérer; il y a toujours soulagement et gnérison pour lui par les Pilules Moro. ‘ Les hommes qui ont essayé tous les remèdes imaginables pour ranimer leurs forces perdues et qui n’ont pas fait usage des Pilules Muro, n'ont rien fait pour leur santé. M. JOSEPH BELLEVILLE, Paquetteville, Qué. demeure de publier : Votre tout dév.ué, È JOS. BELLEVILLE, Paquetteville, Qué, la misère à respirer. Je vondruis sa- voir si vous ne pourriez jus trouver de bons remèdes pour ne guérir, Je ne voudrais pas dépenser mov argent pour rien, Car je Suis un Jauvre hcmme, journalier et marié, et j'ai beaue: up besoïn de gagner pour vi- vre, En attendant une 1}conse, je Les Médecins de la Comj agnie Médicale Morc répondirent immé-" diatement à M. Belleville, lui disant que les maux dont 1] souffrait étaient dus au mauvais état Ge son sang et ils lui prescrivirent les Filules Moro, croyant qu’en puriliunt sen système, elles lui feraient un grand bien, Tout en prenant du miex, M. elleville continua à écrire du invis de mars jusqu'au mois de novembre, alors que nous recevions la lettre suivante que M. Belleville nous. à demandé “J'ai toujours été de mieux en mieux et je puis dire aujourd'hui que je suis parfaitement guéri, Les avis que vous m'avez donnés et les lPilu- les Moro que veus m'avez prescrites ont fait disparaître & us les maux et toutes les 4 uleurs dont je souffrais, Je travaille en plein, je ne sens pas de mal nulle part et si jamais je re- viens à avoir quelques douleurs, vons pouvez être certains que j'aurai re- cours à vous ct à votre bon remède, car si je vis aujourd’hui, je vous le dois et je vous en remercie bien sin- cèrement. Les Pilules Moro ont fait pour moi plus que les autres méde- cines employées, elles sont certaine- ment le graud remède pour les hom- mes. JOSEPR BFLLEVILLE, Paquetteville, Qué, Les Pilules Moro se vendent chez tous les marchands de remèdes et sont aussi envoyées, sur réception du prix, 50 cts la boîte ou six boîtes pour $2.50, dans toutes les parties du Canada et des Etats-Unis. Les consultations gratuites pour les hommes se donnent tous les jours de la semaine, excepté le dimanche, de neuf heures du matin à sept heures du soir. Adressez vos lettres: COMPAGNIE MÉDICALE MORO. 1274 rue Ste-Cutherine. Montréal, Louis qui ne savait pas ce que c’'é- tait que la peur, s’avança comme général à la tête de ses hommes, tous armés. Il traça sur la neige une ligne avec un bâton et signifia aux constables que s’ils outre-pas- saient cette ligne ils feraient aussi bien de se préparer au grand vo- yage. Les constables coustatant que ceux qui étaient devant eux n’y allaient pas de main morte, rebrous- sèreut chemin ; mais avant de se reudre chez leur ami ils firent voir la lâcheté des sentiments qui les ani- maient dans leur entreprise néfaste. Près d'arriver au lieu où ils de- vaient se mettre à l'abri, ils ren- contrèrent un pêcheur de Caraquet —Paul Landry—qui était resté à Tignish pour y passer l’hiver en attendant son équipage qui devait venir le rencontrer au printemps. Paul s’en retourhait bien tranquil- lement de faire la veillée chez un voisin, Ces officiers barbares se voyant seuls—ceux qui les avaient poursuivis étant retournés à leurs domiciles respectifs—profitèrent de l’occasion pour se venger de la honte de leur défaite. Quatre d’entre eux saisirent Paul quien vain protesta qu'il était inmoéent, =, le garrotèrent et le tisreut. prison- [ee nier jusqu’au lendemain matin, ! quand ïls s’échappèrent avant l’aube du jour, emmenant avec eux le pauvre Paul qu'ils logèrent dans la prison de St. Eleanors, où il de- meura jusqu’au printemps sans a- voir pu réussir à faire entendre sa cause. Vers là fin de mai des per- sonnes d’influence qui n'avaient cessé d’intercéder pour Paul depuis le jour de son incarcération réussi- rent à le faire mettre en liberté a- près qu'il eut passé l'hiver dans un état de souffrance qu’il n’avait pas méritée. A tantôt pour un autre chapitre. G. BuoTrE ds WHAT {S DYSPEPSIA ? Qualms, nausea, longing for food yet dreäding to eat. You may have the real thing, but Ferrozone will cure you like it did $S. D. Huu- tingdon of Hamilton, who says ‘I frequently was attacked with such acute dyspepsia that I thought it must be heart disease. I used Fer- rozone and got relief. I kept on using Ferrozone and was cured. My digestion is in perfect order and I can eat anything to-day.”’ No- thing is as good as Ferrozone for dyspepsia and those bothered with weak stomachs, Price 5oc. at Head office--WATERLOO, ONT. The Mutual Life of Canada. —— IS NOTED FOR—— (1) Economy in management, resulting in low ratio of expense. 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