UT + ‘ , a 17% À ; bia, A yr rade 4 sm Te K? FT és, M $ 2 Var, 4 3 ES PRG à VON Pr # : Fev es" “a + { $ a émnil ans. à + L'IMPARTIAL, JEUDI, LE 16 JUILLET, 1908. Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs, Il y a quatorze siècles, un roi barbare, vainqueur par l’invocation du Christ, se faisait baptiser avec trois mille de ses soldats. Et cet événement devenait l’un des grands faits de l’histoire. Il y avait eu jusqu’à ce moment dans les Gaules, | des Gaulois, des Gallo-Romains, des Francs. Ce jour là, une nation nouvelle surgissait du baptistère de Reïms ; la France chrétienne nais- sait sous la bénédiction de saint Ré- mi, et recevait, dans la personne de Clovis, une glorieuse investiture. Depuis cette date mémorable, elle a occupé dans l’histoire une place immense ; elle a exercé une action toujours profonde et souvent décisive ; elle a provoqué tour à tour l’admiration, l'amour, la crain- te, quelquefois la haine, mais ja- mais l'indifférence. Appelé à proposer un toast à la France, au milieu de cette splen- dide manifestation patriotique, je ne puis me défendre d’un certain embarras. C’est à cette noble na- tion que le Canada doit l'existence ; mais, depuis que nos destinées ont été désunies, elle a éprouvé bien des transformations et suivi parfois des impulsions qui semblaient aug- menter encore la distance entre elle et nous. (Cependant, Messieurs, je me hâte de le dire, nous ne de- vons point, lorsque nous pensons à la France ou que nous parlons d’el- le, nous emorisonner dans le cadre étroit d’un myment ou d’une im- pression unique. La France, ce n’est pas un homme, que cet hom- me s’appelle Louis XIV, Mirabeau ou Napoléon ; la France, ce n’est pas un régime, que ce régime se nomme monarchie, empire ou répu- blique ; la France, ce n’est pas une époque, que cette époque soit celle des héroïques croisades, de !’éblouis- sant dix septième siècle, ou de la fabuleuse épopée militaire qui mar- que le début du dix-neuvième. Non, ce ne sont là que quelques-uns des aspects multiples sous lesquels elle s'est successivement manifestée. La France, c’est une grandiose en- tité nationale, douée par Dieu des dons les plus magnifiques, des fa- cultés les plus merveilleuses, et vi- vant à travers les siècles d’une vie intense et ardente dont les rayon- uements ont souvent ébloui le mon- de et dont, parfois, les tressaille- ments l’ont fait trembler. Cette vie de la France, il faut la considé- rer dans son ensemble, si l’on veut en avoir une idée juste. Il faut gravir la montagne pour embrasser d’un vaste coup d'œil son histoire quatorze fois séculaire, pour voir s’accuser nettement son relief gé- néral et se dégager les traits sail- lauts de sa véritable physionomie. Et lorsqu'on fait cela, Messieurs, lorsqu'on se place à cette hauteur pour la considérer, on constate que la France a été l’une de ces grandes nations providentielles qui occupent une place choisie dans les annales de l'humanité. On constate que, mal- gré ses faiblesses et ses fautes, mal- gré ses heures d’égarement et de coupable aberration, elle a été dans le monde le chevalier de Dieu, le hé- raut de la vérité, l’apôtre de la foi, le glaive vivant de la justice, le por- te flambeau de Ia civilisation chré- tienne. On admire ses exploits guerriers, mais plus encore son gé- nie clair et pénétrant, ses aspira- tions idéalistes, d'enthousiasme généreux qui lui a fait accomplir tant d'actes sublimes. Ah ! cette histoire de notre vieille mère patrie, combien l’on aime par- fois à s’y réfugier, à s’y plonger comme dans une onde fortifiante et | bouillonne dans nos veines. Elle et cette flamme ! Vive la France, Patrie de nos Aieux ! x OX0O x DISCOURS PRONONCE PAR L'HON. THOMAS CHAPAIS, PRESIDENT DE LA SOCIETE ST.-JEAN BAPTISTE DE QUEBEC, AU BANQUET NATIONAL DES CANADIENS FRANÇAIS, A MONTREAL. Oo XOX 0 salutaire où se retrempent les es- poirs fatigués et se ranime la con- fiance hésitante. Un grand orateur a dit : ‘Que la France est difficile à juger !”’ C’est pour nous surtout que cette parole est vraie. Il nousest plus difficile qu’à toute autre nation de juger la France avec cette impar- tialité froide qui est un des attri- buts de la justice. Son sang a été la mère de notre nationalité, elle est restée la mère de nos intel- ligences. Ses vieilles chansons ont bercé nos premiers sommeils,'et en apprenant notre histoire nous .y a- vons trouvé pendant un siècle et demi ie prolongement de la sienne. Nous allons puiser sans cesse aux sources intellectuelles que son gé- uie a fait jaillir, et nous essayons de suivre la trace lumineuse de ses maîtres immortels, dans nos fai- bles efforts pour nous élever vers les sommets lointains de la beauté littéraire et artistique. Quoique nous ayons été séparés d’elle par la volonté de Celui qui dirige les évé- nements et les peuples, quoi que tout lien politique soit à jamais rompu entre elle et nous, quoique nos des- tinées soient irrévocablement diffé- rentes des siennes, nous lui sommes restés attachés par toutes les fibres de notre cœur. Et voilà pourquoi, dans ses vicissitudes et ses fluctua- tions, au lieu de la juger avec 1la calme assurance de l’impassible cri- tique, nous subissons profondément et souvent douloureusement le con- [sang et de boue va donc s’effondrer le peuple ‘‘christianissime’” ! At- tendez, messieurs, détournez vos regards de 1793. Onze ans sont écoulés ; nous sommes en 1804. Voici de nouveau Notre-Dame, mais Notre-Dame purifiée et déplo- yant une splendeur et une pompe qu'ont à peine connues ses plus beaux jours Au milieu d’une foule immense, où se pressent les généraux, les magistrats, les hauts dignitaires, les représentants de toutes les élites sociales, apparaît le prestigieux vainqueur d’Arcole, des Pyramides, et de Marengo, et dans la personue de ce héros fati- dique, plus grand qu’Alexandre et César, la France nouvelle, née des sous le souffle de Dieu, vient rece- voir la bénédiction du vieillard qui représente ici-bas Jésus-Christ, le roi immortel des peuples. Ah ! oui l’histoire renferme de tragiques leçons, mais elle contient aussi des pages où l’enseignement du passé a presque l’accent d’une promesse d'avenir. Messieurs, Lacordaire qui fut un grand moine et un grand français, a dit uu jour : ‘‘Le son que me rend la France est le son d’un peu- ple qui marche vers Dieu par des chemins couverts et détournés, | quelquefois il revient sur ses pas et semble fuir ce qu’il cherche, mais le chemin se redresse et l'emporte.” Messieurs, qu’il en soit ainsi, maintenaut et à jamais ! Que le chemin de la France, aux heures tre-coup de ses émotions, de ses luttes, et de ses perfections. Nous souffrons quand elle souffre, nous nous réjouissons quand elle pros- père, nous éxultons quand elle tri- omphe, nous gémissons quand elle semble déserter ses voies tradition- nelles et abdiquer sa vocation histo- rique. Que voulez-vous, nous l’ai- mons ! Et c’est précisément quand elle nous attriste que nous sentons surtout combien elle nous est chère. Car la pierre de touche de l’amour, vous infliger l'être aimé. LA France ne doit pas être considérée | simplement dans une époque. Qu'- peuple ? Pas plus qu’une heure dans la vie d’un homme. Çaice n'avait pas à jamais perdu son indépendance nationale. Le roi de France était devenu le roi de! Bourges, pendant que le roi d’An-| gleterre était couronné dans Paris. ressemblait aux affres de la mort ! | Sanne de France, gère de Domremy, entendait des ‘‘de faire cesser la grande pitié qui! imposait aux princes et aux capi- sa virginale bannière, sauvait Or- hisseurs 2t conduisait triomphale- ment à Reims le roi de de la victoire et de l’onction pontificale refaisait vraiment roi de France. que le double sacre sez maintenant trois siècles et voyez cet autre spectacle. irègne à Paris, et de là s'étend |comme un nuage sanglant sur toute la France. La guillotine abat les têtes les plus hautes et les! | plus saintes, et dans Notre Dame profanée une tourbe hurlante fait monter sur l'autel ‘‘le marbre) vivant d’une chair publique.” : Grand Dieu ! dans quel abîime de c'est la somme de douleur que peut | (lever le glorieux diadême que les | Je disais tout à l'heure que la ‘ : | Au lendemain d’Azincourt, on peut se demander si la nation fran- | Sombres jours ! crise terrible qui | Mais à ce moment une petite pay- | une humble ber-| voix mystérieuses lui commander | était au cœur’’ de sa patrie. Elle . . . . ., | taines la foi en sa mission, arborait | léans assiégé, culbutait les enva-! Jourges | Franchis- | | La Terreur. douloureuses où elle semblerait se détourner du but divin, se redresse Fosntieutes à temps et l'emporte vers (la vérité, la justice et la liberté. Ah ! si nos faible accents pouvaient ruines de l’ancien régime écroulé | ECIAL .VALUES For that reason we want SOME S There is no argument half 50 convinciug as the evidence of your own eyes. £ou to inspect our stock of Winter Dry Goods. We will be most pleased to exhibit our stock and value you will find them very interesting. Blankets and Comforts In this departx.ent you will find a stock of these DRESS GOODS | Allthe newest Blacks aad Colors, Rough Twecds, Freizes, Plain and Striped Zibilines, Cheviots, Serges | | essential cold weather Home PRE de . 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L . , . est ce que qu'nze ans, qu'est-ce que | servant cette primauté morale qui . . CE + | #7 2 + vingt-cinq ans dans la carrière d'un|t’a faite grande et forte, conserve | nous cette fierté enthousiaste avec laquelle nous nous sommes toujours proclamés tes enfants.’ Pendant les guerres de la Ven- | dée, quand on disait aux paysans du Bocage que Jouis XVI avait |été exécuté, que Louis XVII 2go- :nisait et que la royaute était morte ‘en France, ces obscurs héros, cou- rant à la bataille, répondaient par ce cri de jioyalisme invincible : ‘‘Vive le roi quand même !” Mes- | dire, vous avez peut-être lu que la France chrétienne se meurt, que la France chrétienne est inorte. A cette parole poiguaute quel- que chose se déchire, quelque chose se révolie en nous ; notre cœur saigne, nous sentons le besoin de jeter au vent du ciel une déné- | gation éperdue, et ce cri d’opiniâtre espoir jaillit de nos lèvres : ‘‘Vive la France, quand même ! Vive la | France prêtresse de l'idéal, vive la France propagatrice de la vérité, vive la France soldat de la justice, vive la France apôtre, vive la Fran- ice martyre, vive la France qui | verse son Or et son sang sur toutes les plages, et qui fait flotter jus- qu'aux confins du monde le dra peau dela civilisation et de l’E- vangile !”? Messieurs, à la France, patrie de nos aieux |! En Australie Depuis quelques années, les sé-! cheresses en Australie ont causé la mort à plus de vingt millions de, moutons. | Dimanche huit jours, Mgr "1 Brien posait et bénissait la pierre jaugulaire du nouveau colièe | Sainte Marie que les catholiqu vont ériger en cette ville. Ce no veau coilègye ouvrira ses classes au mois de septeiubre notre enfance nationale et de notre | sieurs, Vous avez peut-être enten lu , City. The freight advantages are Such that the fruit and vegetables ones in the afternoon reaches | Washington City early next mor- | | | î ning. 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