18 Educatenr La mère est ordinairement le première ä imprimer sa marque sur l'être humain en éveil. Chazunoue aussi naturellement, les enfants ont subi cette profonde influence maternelle. Mais ce qui est vrai aussi, c'est que ce fut sous le regard, à la foie proche, lointain de Papa. Au souvenir de l'éducation quelque peu "sévère" reçue dans l'enfance, plusieurs de mes soeurs m'ont fait les commentaires suivante: "C'était sans doute bien" ou encore: "L'expérience prouve que ce n’est pas mieux de pousser comme des champignonsl..s" Etant jeunes, noue jugions avec les courtes vues de l'enfance. Adultes, nous constatons la sagesse de n08 parents. Non pas que ce fut parfait; mais quelle génération peut se vanter d’avoir eu une éducation parfaite? Homme de son temps, Papa fut zêlë promoteur de l’oeuvre êducationnelle. Il y a là de quoi noua émerveiller quenâ nous Bougeons que, pour lui, le temps des études se limite à quatre ou cinq ana. C‘est pourquoi, prêCieêw ment, il eut tant à coeur de pourvoir à l'instruction des sieñs. 11 a souffert de ses proprea déficiences, dues ä une instruction élémentaire, alors que des études techniques en eurent fait un professioanel dépareillê. .v Car, il en avait l'etoffeî Ses méthodes pédagogiques, puisées dans la tradition familiale, aidées des leçons apprises des maïtree d‘école et enrichies des ordonnances qui êmanaient de le chaire, les dimaflchee, s'avêrërent assez fructueuses tout âe même. Très occupé tout le jour à de nombreuses besognes, mon père n’en a pas pour autant démissionnêtùesa responsabilité d‘éducateur au foyer. Les courte moments qu'il passait â la maison lui suffisaient pour véri— fier notre sagesse et, au besoin, porter remède à nos lacunes. A table, notamment, il exigeait les bienséancee: la tenue, la modération d'un appétit trop vorace; il ne toléreit pas davantage qu'un enfant s'amusât à jouer dans son assiette. Et on ne racontait pas n’importe quoi à table, surtout pas de "rapporte" ôe l'école! Les rires trop exubérante devaient parfois 5e modérer..v. Et le "bênêdicitê" et les "grâces", il ne fallait par les oublier ni les expédier trop en étourdie! Code de politesse qui se transmettait de père en fils depuis des gêné— ratione! Les repas ne sontnilo pas le lieu de rencontre par excellence de toute îa famille: lors, il y faut un climat de détente de joie et de paix sereine. Quant aux caprices, il y voyait: "Mange ta soupe; tu auras d'autre chose aprêaî..." Le système correctionnel était pîutôt du domaine psychologique. C'était très rare qu'il était obligé de se servir de la "colêe". L'autorité de sa parole, avec ses petits yeux bleus sévères, suffisait ordinairement.