PAGE 38 vsÿbstituenfles 'ïahc'i‘çns-"noms Dès 1733, un nommé Southack en fait mention et Charles Morris fait de même en 1749. Mais c’est un voyageur qui jette le plus de lumière sur l’origine du nom « Mer rouge ». Après la chute de Louisbourg, en l’été 1758, les Anglais sont maîtres en Acadie. Le traité de Paris, signé un peu moins de cinq ans plus tard, leur cède définitivement le Cap—Breton (l’ancienne Île Royale), Île St-Jean, enfin toute l’Acadie ainsi que le Canada ou Québec. Ces conquérants se sentent alors capables d’explorer davantage ce pays qui jusque- là leur était resté presqu’inaccessible et donc inconnu. Un de ces curieux, le capitaine William Owen, passe, en juin 1767, devant l’Île St-Jean pendant une croisière en Amérique du Nord. Voici ce qu’il en dit ainsi que de la mer qui la borde : << T he soil is rich, loamy red earth. which may have probably given the arm of the sea between the Island and Nova Scotia, a reddish-tinge when much agilaled, and thereby induced the F rench I0 cal! it la Mer Rouge or Red Sea. » (p.18) Si sous le régime français, la toponymie de l’Acadie était d’origine indigène ou française, c’est parce qu’à cette époque ses principaux habitants avaient été soit amérindiens, soit français. Avec l’arrivée des Britanniques cette toponymie acadienne doit nécessairement subir les LA PETITE SOUVENANCE choques de la conquête. Les Anglophones, comme leurs prédécesseurs, ajoutent à la liste et même dans certains cas, ils substituent les anciens noms de lieux amérindiens ou français par de beaux patronymes anglo-saxons. « Nipisiquit » par exemple, deviendra « Bathurst », tandis que le Coude cédera sa place à « Moncton ». La « Mer rouge » subira le même sort. Une dizaine d’années après le passage du capitaine Owen, un autre marin, cette fois un amiral, sera de passage à l’Île du « Prince Édouard >>. Cet homme, un dénommé Colville, contrairement à ce qu’avait fait Owen, méprise tout à fait le toponyme français et rebaptise ce bras de mer vers 1777. Il le nomme « Northumberland ». nom que porte son vaisseau. Ce baptême devait être officiel, puisqu’une couple d’années plus tard. Guillaume Frédéric DesBarres publie << Northumberland Streights » dans son << Atlantic Neptume >>. La cartographie moderne s’est beaucoup inspiré de cet ouvrage de DesBarres et son équipe. C’est en partie ce qui explique l’emploi du terme Détroit de Northumberland au lieu de Mer rouge sur nos cartes modernes. Jusqu’à vers les années 1780. la « Mer rouge >> était connue et utilisée par tous. Acadiens, Français et Anglais. Les Acadiens, suivant l’exemple de leurs prédécesseurs. les Amérindiens. donnaient souvent à tel lieu, un nom qui lui était caractéristique. Tintamarre par