| | Li ne Mg: A SUR 2 DEP este oi * ; k cs ge EE cf ve TiT- 12 # { ; €” % Ë + . L LE Li À | { j $ EL ba I'IMPARTIATI JEUDI, LE 29 SEPT, 1898. ALBERTON HEADQUARTERS JUNE 1898. Rayageot Er LS 4 » . . ver MO U Dsl Comme il n’y avait là ni é- ponge qui voulût se ‘mouiller, | ni peigne qui voulût entrer daus ses cheveux, après avoir tempêté longtemps, il se ravisa ct demanda sa blousé neuve a- vec ses jolis souliers. Nouvelle histoire ! La blouse et les sou-! liers avaient entendu sa défense, et, en gens. bien appris, ils refu- | saient à leur tour d'aller où l'on n'avait pas voulu d'eux. La blouse s’envola quand il voulut Ja prendre, et plus il levait la main, plus elle montait. A'la fin, elle s'attacha an plafond, d'où elle le regardait avec un air de se moquer de Jui. Quand aux souliers, lé premier eù il essaya de mettre le pied se fit tout à coup si petit qu'un chat n'aurait pu y faire entrer sa patte l’autre s'élargit tellement que Ravageot aurait pu se pro- mener dedans des deux pieds à la fois. La mère, voyant cela, com- mença par renvoyer les gens qui restaient là comme en ez- tase, et dont l’éhabissement a:- C'était comme une grosse pierre barrant le chemin au milieu d’un sentier. Après avoir essa- yé inutilement plusieurs fois d'en venir à bout, de dépit il jeta le livre à terre. —Les livres m'ennuient ! s’écria-t-il ; je n’en veux plus. --Eh bien ! dit la mère, avec un. regard qui lui perça le cœur, est-ce là ce que tu m'as promis ? Pardon, maman ! dit-il tout honteux ; et il ramassa le livre pour recommencer à ap- prendre la leçon. Mais impossi- ble de rouvrir le livre ! la mère épouvantée y mit toute sa force: peine perdue! Elle appela Je cocher et le portier, qui étaient des hommes très forts, et cha- cun d'eux tira de son côté, en prenant le livre par un coin de la couverture. Le livre ne bou- gea pas. On fit venir le serru- rier avec son marteau, le me- nuisier avec sa scie. Ils y cassè- rent leurs ovtils. —J'en prendrai uu autre, dit Ravageot ; et il étendit la main joutaitiencôre® la honte: du pe: fers an livre de contes qui l'a- tit méchant. Mais, prenant des forces dans son cœu: maternel contre la terreur qui s'emparait d'elle, elle serra doucement le pauvre garçon su” son sein. , … —Qu'allons-no.s devenir. mon ami, lui dit-elle, si tn ne veux pas prendre sur toi d'obé- ir du premier c Mp êt sans ré- sister ? Voici ce que la bonne fée a voulu t'apprendre par le don funeste qu’elle t'a laissé en partant : “Quand on commande quélque chose aux enfants, c’est pour leur bien ; et rien ne saurait leur arriver de plus mal- heureux que de pouvoir déo- béir.” Tu l'as maintenant, ce pouveir, et tu vois déjà ce qu’il te coûte. Au nom du ciel, veille sur toi désormais si tu ne veux pas me faire mourir, car je sous qu'il me serait impossible de te voir misérable comme tu le de- viendras bientôt, si tu continues à ne pas vouloir quand ton père, ou moi, nous voulens. Ravageet n'était pas plus sot qu'un autre. et il comprenait parfaitement la vérité de ce qu'on lui disait là. 1] aimait aussi sa mère (quel est l'enfant, si méchant qu’il soit, qui puisse faire autrement) et la douleursi profonde et si douce de cette tendre mère amollissait malgré Jui son petit cœur de pierre. 11 lui jeta les bras autour du cou, et frottant sur ses belles joues son petit museau barbouillé, il essuya deux grosses larmes qui descendaient silencieusement. Eiles seules avaient ‘eu la vertu de rompre l’enchantement depuis qu'il avait déclaré qu'il ne voulait plus être mouillé. La récohciliation ainsi faite, la mère et le fils descendirent ensemble dans la chambre où l’on se tenait d'habitude. Là, sur une jolie table en noyer poli étaient rangés les livres et les cahiers du petit garçon. —Travaille bien, cher enfant, Jui dit sa mère eu l’embrassant sur le front Apprends comme un gentil petit garçon la page que tu dois réciter ce soir à pa- pa. Peut-être que la bonne fée s'adoucira quand on Ini dira que tu l’as bien sue, et qu'elle reprendra son vilain cadeau. Si Ravageot ar ait eu le choix, il serait allé courir dans le jar- din ;>-mais après les lecons si humiliantes qu'il venait de re. cevoir coups sûr coup, il n’osa pas résister. 1l s’assit donc à table, et, faisant un grand ef: fort, il se mit à apprendre sa page. Malheureusement, à la quatrième ligne, ily avait un grand mot bien difficile, qu'il prit tout de suite en aversion : ce grand mot brouillait tout. musait beaucoup. Celui là était si bien collé à la table qu'il ne faliait plus songer à le remuer Un troisième disparut quand le petit.garçon voulut le prendre, Let réparut insolémment dès dès qu'il eutretiré sa main. Bref, Ravageot n'avait plus voulu de livres ; les livres ne voulaient plus de Ravageot. —AÂh ! malheureux enfant, qu'’as-tu fait là ? s’écria sa mère tout en larmes. Voici mainte- nant qu'il n'ya plus de livres poar toi! Comment désormais t’apprendre quelque chose ? Tu es condamné à rester un igno- rant toute ta vie. Et ses larmes coulèrent en si grande abondance sur le livre ennuyeux, l’auteur de tout le mal, qu’il en fut entièrement mouillé ; et déjà, sous cette pluie toute-puissante, il com- mençait à s'entr'ouvrir. Mais il se rappela à temps sa consigne, secoua les larmes qui volèrent en petites gouttes de tous les côtés, ct se referma avec un bruit sec. Sauf le ‘ivre de contes qu'il regrettait sincèrement, Rava- geot aurait pris facilement son parti d'être débarrassé des livres, car il n’était pas encore assez raisonnable pour en com- prendre l'utilité ; mais le cha- grin de sa mère lui faisait de la peine, et il pleura avec elle toutes ses larmes, Jui promet: tant bien de ne plus jamais dé- sobéir. Sur ces entrefaites, le père rentra pour souper, harassé de fatigue, et encore tout fâché de la scène du dîi- ner. 1l se promenait à grands pas depuis le matin tout autour de la ville, en dehors, évitant toute figure de connaissance, et craignant d’être rencontré, de peur d’avoir à répondre sur la visite de la fée, dont on pariait dans toutes les maisons. En con- séquence, il n'était pas dans les dispositions iles plus tendres pour le mauvais sujet qui lui valait un pareil affront. Je vous laisse à penser quelle dut être sa Colère quand il vit monsieur son fils arriver à table avec ses habits déchirés, ses cheveux malpropres, et la moitié de la crème du matin encore étalée sur sa figure. 11 prit sa plus grosse voix, et, regardant sa femme d’un air très faché : —Que signifie cela, madame ? Vous trouviez sans doute que nous ne sommes pas encore as- sez la risée de la ville, ete vous avez attenuu qu’il viat ici du monde pour nettoyer ce petit drôle ! La pauvre femme, voyant son RDS Lt SA ë mari si fort en colère, n‘osa pas {les mains, à le flatter pour 'at-' lui raconter ce qui s'était passé, et, pour épargner à son petit garçon le châtiment que son père {aurait bien pu lui infliger, elle se laissait accuser injustemeut, henreuse que tonte cette colère tombât sur elle. Hten cela eile eut tort encore une fois, car l'enfant, tout plein de reconnais- sance pour elle, s'indigna en lui-même contre 1'injustice de son père, sans réfléchir que c'é- tait Ini lo vrai coupable, et que c'était à Jui, s’il avait eu du cœur, à justifier sa mère en di sant la vérité. Une ïois l'esprit de révolte entré en lui, avec une apparence de raison, l'enfant se roidit de toute sa petite volonté centre ce bon père dont le mé- contentement était si naturel, puisqu'on lui laissait ignorer ve qui était arrivé ; et quand celui- ci, se radoucissant un peu, lui tendit une assiette de soupe en d'sant : —Tiens, mange, pelit ; nous verrons après à te débarbouil- ler. 1l répondit d’un ton résolu --Je n’en veux pas. Il faut vous dire que c'était précisément vne soupe qu'il n’aimait pas beaucoup, circons- tance qui ajoutait bien aussi quelque chose à la résolution. Toujours est-il qu’à peine eut-il prononcé ce malheureux :—Je n'en veux pas,--la soupe s'élan- ça ho:s de l’assiette, et retomba d’un bond dans la soupière, en éclaboussant tous ceux qui é- taient autour de la table. Le père, qui avait recu uvre bonne partie des éclaboussures sur son gilet, crut que Ravageot lui avait envoyé la soupe au nez. D'un aussi méchant garcon on pouvait croire tout ! 11 se le- va furieux, et il allait lui adm:- uistrer une cCorrec.ien exem- plaire, quaud la mère se préci- pita entre eux. ——Arrête, mon ami, s’écr'a-i- elle, le pauvre enfant n'y est pour rien ! Ze vo''à bien assez malheu:eux sans cela ! 1l pe pour"a plus maintenant manger la soupa ! Et là-dessus, bon gré, mal gré, il fallut bien rappeler au père le fatal pouvoir dont la fée avait gratifié sou enfant, et lui expliquer les conséquences que ce pouvoir avait eues déjà. Comwe ou le pense bien, i! n'y avait pas là de quoi le calmer. Plus fâché que jamais, il écleta en reproches cont'e sa pazvre femme. ——C'est un beau cadeau, lui dit il, que vous m'avez fait ]à ! recevez-en tons mes comnpli- ments. Que faire maïntevant de ce petit malhcureux ? Le der- nier charbona‘er n’en voud:at pas. Je ne veax plus le voir, et, dès demain, je l'envoie comme mousse à bord d’un bâtiment, où on Jui fera manger de Ja vache enragée plas qu'il n'en voudra. En attendaut, qu'on l'ôte de devant mes yeux, et qu'on l‘emmène se coucher ! Au moins. en dermant, il ne pourra plus faire de sottises. La mère voulait emmener sou garçon pour ie coucher elle- même, de peur d'un nouvel ac. cident ; maïs le père n’en voulut point entendre parler. —Non, non, madame, dit:il, vous trouv”?riez encore moyen de le cajoler, et de lui faire croire qu’il est une innocente victime. Restez ici ; Mar'anne saura saura bien le mettre au Bt. Mariane était une grosse fille de campagne, rouge comme une fraise, et forte comme un hom- me ; elle avait déjà reçu vlvs d’un coup de pied du pet bon- homme, et elle n'était pas pré- cisément de ses amies. Eile le prit dans ses bras sans céremo- nie, et l’emporta comme une plume. Restée seule avec son mari. la mère se mit à lui parler de sa voix la plus douce, à lui prendre age re TÉL pa tendrir. Elle finit par obtenir qu'il ne serait plus question de mousse, ni de bâtiment ; mais, ! pour ne pas lasser croire qu'il | For the warm weather, now due, we have a magnificent Stock —the finest on this part of the 1sland—of everything required to clothe men, womeu and young people tastefully, comtortably and cheapiy. 1n al' our experience we have never before made such an attractive exhibit as that now on our shelves, and prices in all departments are marvellously low. Space admits of meu- avait cédé à sa femme, le père jura solenuellement qu'il par- donnait pour la dernière fois, et qu’à la première esclandre il se- rait inexorable. Cependant le temps passait. Une demi-heure, même s'était écoulée depuis que Mariane avait emporté le petit | garçon, et Marianne ne revenait pas. Ne pouvant plus résister à son inquiélude, la mère courut à la chambre de Ravageot, et que vit-elle ? grands dieux ! La grosse Marianne accrochée aux rideaux, et tirant de toutes ses f2rces après le lit qui exécutait des cabrioles par toute la cham- bre. Désolé d’aller se coucher sans souper [cer il n'avait pas diné, si l’on veut bien se le rap- pele], l'enfant avait refnsé d'a- bord de se mettre au lit, et le lt l'avait pris au mot. Sitôt qu'il voulait en approcher, le bois de :[lit se cabrait comme un cheval! fougueux. Les matelas se soule-: valent en vagues semblables à celles d’une mer agitée. La cou verture elle-même entrait en danse, et fouettait à grands coups le visage du petit désobe- issant. 1i devenait évident qu'il allait avoir à passer la nuit sur une chaise, C'était trop de malheurs à la fois ! Exaspéré encore par le souvenir de toutes les infortunes qui avaient plu comme g'êle sur lui depuis le matin, il entra daus uu terrible accès de . rage, et se roula par &erre en grinçant des dents. Sa mère s’approcha de lui. — Viens dans ines bras, di- sait-elle, cher enfant ! Je t'eu- veloppeïai dans ma robe et je t'y tiendrai au chaud tout ja nuit. Dans sa fureur, il n'écountait rien, et il repoussa plus de vingt fois les bras protecteurs qui s'of fraient à lui. Epuisé à la fin de cris et de convulsions, il éprou- va le besoin d’un peu de repos et comme la bonne mère tenait toujours ses bras ouverts, en lui souriant tristement, il prenait déjà son élan pour s'y réfugier, quand, à malheur ! il sentait uue main invisibie qui le rcte- nait par derrière, et il Lui fut im- possible de faire nn seul pas en avant. C'était le coup de grâce ! Sa dernière désobeéissance le pri- vait pour toujours d'embrasser sa mère. Ils passèrent la nuit tous les deux à six pieds l’un de l’autre. se regardant, et ne jouvaut plus se toucher. Le pauvre en- fint était consterne, et se repro- chait amèrement d'avoir fait fi de ce cher refuge qui maïinte- nant lui était à jamais fermé. Mais qui dira le désespoir de sa mèr: ? Elle ne pleurait pas, ne parlait pas ; elle contemplait d'un œil hagard son enfant exi- lé de ses bras, et sentait qu’elle allait devenir folle. Quand le matin fut venu, elle dit à Ravageot : —— Viens avec moi. Nous irons trouver Ja fée Bon-Cœur, et je lui parlerai pour toi. Eile étendit le bras pour le prendre par la main ; maisque!- que chose la repoussa, et elle sortit de la maison, suivie à dis- tance par le petit garçon qui n’a- vait plus le droit de marcher à côté de sa maman. (à continuer) MARTYR TO HRART TROUBLE Mrs. Selina E. Core, Amherst, N.S., Says : “At times 1 sufie- red intensely from palpitation and fluttering of my heart. I was weak and my nerves shat- tered, Milburn’s Heart and Nerve Piilhave regulated my heart, toned my nerves and built up my health.” HOSIERY —direct from the factory : Ladies fast black Hose, 3 pairs M eee Sion ns 25 Better makes 124 and... 15 German Hose, fast black, 20, 25 MM scsi tit 30 All Woo! 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