LA PETITE SOUVENANCE — 200”? dit et de si intelligiblement énoncé, de la part même de I'Evêque défunt; c'est sans doute qu'une chose présente à toujours l'avantage sur une chose passée, laissant un souvenir plus frais; c'est toute fois, encourageant pour moi, et enfin me suis-je exprimé avec beaucoup plus d’aisance depuis. Louons le Seigneur.» « Je ne puis te donner le résultat complet de ma visite, mais je puis t'en donner un apperçu suffisant. La population de Rustico, que j'ai toute vue chez elle, est de 345 familles françaises, y compris quelques familles écossaises en très petit nombre. ll y a 2245 âmes, dont 784 garçons et 745 filles, formant l262 communiants, sur cette population , (note ceci) il y a environ 25 idiots et tombant de haut- mal; outre des grosses gorges et des simplex. Toute cette population est bâtie, une moitié sur 25 arpens de terre, les 3/4 du reste sur 50 arpens, et le reste sur l00 et très peu sur l50 arpens. L'île entière est de l50 milles de long environ et de 30 milles de large tout au plus, avec une population de 72 000 dont les catholiques sont en minorité de 7 est (Z) à 8. desservie par l2 prêtres dont quelques uns ont jusqu'à 4 dessertes. Rustico est la desserte qui contient le plus de monde sur une moindre étendue. La division irlandaise qui a sa chapelle, se compose de l0l famille for— mant 349 communiants, 5l8 âmes, 220 garçons, ll8 filles. Touts les enfants d’écoles se montent à l26 chez les irlandais et 330 chez les français. Résumé total sur une étendue de 9 milles sur 6 milles - |6ll com[muniants], 2763 âmes - l004 garçons, 943 filles. ll n’y a plus de terre disponible. D’après cet apperçu, la question qui se présente de suite, c'est. où s'établirent ces mille garçons sans compter ceux qui les suivront de près? Et par suite on est édifié de voir de si bonnes moeurs dans les familles à très peu d’excep- tion près; je ne veux pas dire que la misère n’existe pas chez la pauvre jeunesse. en proportion d'autant plus grande qu’étant tous parents proches, ils sont tous familiers entr'eux; en huit mariages, les mariés, ce jour la ont donné El5 de dispense de parenté. J'en dis assez pour te mettre sur la piste, au sujet des idiots, etc., sans compter la moitié des morts de consomption. Pour moi, qui après 28 ans passés parmi les nations, n’ai rencontré jamais un seul idiot, ni tombant du haut-mal, chez des peuples qui ont une horreur invincible des alliances entre parens en ligne directe de quelque distance qu'il soit. c’est frappant. ll faut donc une émigration, l° pour éviter la misère 2° pour changer le sang. Penses-tu que s‘il se formait une émigration au fond de la Baye des Chaleurs en joignant le St Laurent, vers l‘endroit supposé où la voie ferrée sera construite. on pourrait espérer d'avoir un prêtre de Québec pour euxiTous sentent le besoin d'émigrer, mais il leur manque encore des informations et un chef. Si je disais que je vais les accompa- gner, plus de 300 me suivraient en aveugle. Ce serait une belle matière pour le zèle d‘un jeune homme qui commence la carrière de son sacerdoce. Je vais en écrire à Mr Boucher et Hébert, mais la distance de leur établissements répugne à mes Rusticos. Si tu étais en état de me donner quelqu'information qui m’aiderait à organiser, et placer cette émigration, composée de gens pauvres en général. mais bon travaillants. tu rendrais un grand service. S'ils n‘émigrent pas. ils seront forcés de vendre, peu à peu leur biens passeront aux Protestans. et à la fin les catholiques disparaîtront presque totalement de l'lsle. » f Université de Moncton, avril 1995, 101 p. Number 4 (Spring/ Summer 1978), pp. 3—8. de l’Université Laval, 1972, pp. 49—51. K St. Paul (Minnesota), 1955, 223 p. Pour lire davantage sur le père Georges-Antoine Belcourt : - Georges Arsenault, « Comment des pauvres gens peuvent devenir banquiers? Extrait d'une lettre du père Georges-Antoine Belcourt, curé de Rustico ». La Petite Souvenance. Numéro 18, (2004), p. 18—19. — Gabriel Bertrand, Paroisse acadienne de Rustico (Î.—P.-É.) et la Banque des fermiers. Recueil de citations épistolaires du père Georges-Antoine Belcourt. Cahier de recherche numéro 95—04, Moncton, Chaire d’études coopératives, — John T. Croteau, « The Farmers’ Bank of Rustico: An Episode in Acadian History », The Island Magazine, - Jean H. Doiron, Rustico. L’abbé Georges—Antoine Belcourt. La Banque des fermiers. 8.1., n.d., 1983, 56 p. — Cécile Gallant, « L’engagement social de Georges-Antoine Belcourt, curé de Rustico, 1859—1869 », Les Cahiers, la Société historique acadienne, vol. 11, no 4 (décembre 1980), pp. 316—339. - W. L. Morton, « Bellecourt, Georges—Antoine », Dictionnaire biographique du Canada. Volume X, Québec, Presses I. M. Reardon, George Antony Belcourt, Pioneer Catholic Missionary of the Northwest, 1803-1874. His Life and Times. q J