D te nee …— Re nt ee ee dde nn qe gr Meme ete mes e x F4 x ; » ’ s ÉSS 7 4 D ST LS ; SL Union ait la Fo LE C TES LA eg à. ww Mostier LA CIE. DE PUB. DE L'IMPARTIAL, PROPRIETAIRE. G. BUOTE, RÉDACTEUR. . smtp eo — F. J. BUOTE, GÉRANT VOL. 4. NO. 3 TIGNISH, ILE du PRINCE EDOUARD, JEUDI LE 17 MARS 1904. Il ANNEE FEUILLETON DE L'IMPARTIAL $ & C’est chez Boulé qu’on veillait, ce soir-là. Les jeunes gens ve- naient de äanser la ‘‘coquette,’” et l'avaient dansée double : il com- mençait à faire chaud. Pour s’a- user tout en se ressuyant, quel- ques fillettes s’en vinrent deman- der un conte au père Baptiste, un bon vleillard qui les avait regardées sauter, en fumant sa pipe, seul dans un coin. —Ah ! çà, mes enfants, dit-il, vous savez bien que je suis trop vieux, que je n'ensais plus, de contes, moi. Je ne me souviens plus de rien !.. —Bien oui, mou oncle, vous en savez, c’est parce que vous ne vou- lez pas nous en conter, que vous dites ça. (Contez-nous-en donc... Rien qu'un petit, tout petit, le plus petit de tous, rien que long comme ça, tenez. —Voulez-vous ? Oui, hein, vous voulez ?.... — Oui, il veut, oui, ma chère enfant, il veut ! clamèrent, en chœur, les fillettes ; voyons, là, vous autres, tâchez de vous taire et d'approcher ; mon oncle va nous conter un beau conte. Ët tous d’applaudir, de se taire et de s’approcher.... Alors, le pèrs serra sa pipe, se passa, aller et retour, le revers de la main gauche sous le nez, se re- cueillit, fixa le plafond où se refu- gie le mystère, puis abaissant et promenant ses regards sur l’audi-: toire, comme pour s’en emparer du coup, il débuta ainsi : Or donc, messieurs et dames, ii est bon d’vous dire qu'il y avait, une fois, dans certaine ville, ua ccin obscur ; dans ce coin, un trou ; dans ce trou, un ouvrier. Etant garçon, notre homme avait trouvé l'tour d'assez bien vivre, mais depuis qu'il avait fait, comme on dit, la bêtise de se marier, il en arrachait. Comme de juste, le sa- laire qui suffit à un, ne peut pas suffire à cinquante. Eh! ce pas fin, aussi ! N'avoir rien du tout devant soi, et s’en aller prendre une fille pauvre. Pourquoi ras une riche ou qui aurait eu, au moins, un p’tit brin de butin ! Ca fait rejoindre les deux bouts en- semble !....à condition, vous me direz, qu'on y touche tout de suite, parce qu'à la fin du compte, un gendre est toujours pas un chien ;| il aime bien qu’une dot, quand il y en a, so.t payable un peu avant sa mort. Sans cela, voyez-vous ? c'est certain qu’il goûte de mois en moins le bouheur de gagner tout seul et chaque jour, de quoi faire vivre la p'tite femme plus riche- ment qu'elle ne vivait chez eïle, même dans le temps que les pa- rents la ‘‘boomaient’’, pour mieux tenter les bons partis. Riche rien que de nom, comme Ça, ie diable m’'emporte |! je crois que c’est en- core plus triste que pauvre. Aussi, prenant en considération les vilaines surprises du ‘‘bluff” qui gravite autour des mariages riches, les amis de notre ami, qui n'étaient pas des fous, avaient fini par con- céder que s’il n’avait pas tout à fait raison, il n'avait peut-être pas tout à fait tort, non plus, de s'être marié pauvrement. ASS | Ce qui n'avait ni rime, ni bon sens, par exemple, c'étaient les 20000000 frais sans ‘‘émite’” qu'avait coûtés le mariage : dispense de deux bans, agrès numéro un pour la mariée, la musique, les beaux bouquets, les chandeliers d’or !.. jusqu’au grand tapis, dans la grande allée !... Non ! mais, je vous dis ! Et lui, le marié, don’! fallait l’a- voir vu avec les bottes fines, l’habit de gala, le tuyau, :es gants d’une main, la canne de l’autre ! C’est | pas ça, on aurait juré d’un avocat ! S'il avait dû en cracher, des \‘‘cents,” le pauvre garçon, pour tout payer! D’aucuns répétaient |mêmement qu'il n'en avait pas eu assez, qu’il avait été obligé d'en emprunter, et puis pas mal! | N'importe ! c'était un bien beau jour de printemps, que celui où le |jeune couple avait dit ‘‘Oui”’ à |m’sieu l’euré. Ivre de la douce ti- | édeur de l’air et des aromes persua- sifs qui chargeaient l'aile des petits 'zéphirs, ce jour-là, la fauvette elle |même, sous les feuilles nouvelles, avait semblé répondre d’üne voix plus douce à l’autre fauvette. | Le printemps, hélas ! ça ne dure | pas toujours ; la lune de miel non | plus. Les enfants s'étaient mis à larriver :—trois dans quatre ans— deux étaient morts, la mère avait ‘eu de rudes maladies, les gages du père avaient baissé. ‘Tant de dé- | penses de plus, avec moins de reve- inus que jamais-pour y faire face, c'en était bien assez pour faire rê- ver un homme! Aussi arrivait-il nôtre d’avoir des accès de pesant ù ses yeux vitrés par la terreur, apercevaient comme davus une lumi- ère indécise de cachot, les diverses formes de brefs dont la justice se sert pour faire payer les gens. Que voulez-vous? on exagère si bien ce qu’on redoute ! Et puis, dans les hommes, y a presque tou jours ça de défaut : aussitôt qu’un malheur arrive, comme s'y crai- guaient de ne pas en avoir assez, vite, y s’empressent de s’en forger d'autres par toutes sortes d’imagi- pations d'ma grand'mère. Les femmes, c’est pas pareil, y s'en manque! Suffit que ça com- mence à mal aller, pour qu'y <’met- tent les oreilles dans l’crin, comme dit l'autre, et qu’y deviennent d’un Oui ! j'pense courage, monsieur | ben ! Ah! la p'tite mère, elle, pas d'éanger qu'elle vint se laisser al ler! Elle savait ben qu'y ne lui restait plus que sa petite Lucette, l’ainée de ses p'tits enfants, et que si on manquait de force en com- mençant on pourrait pas se rendre jusqu'au bout‘ pour l’élever. nageait ! si elle travaillait ! le coeur gros, mais sans faire semblant de rien, pour pas augmenter la peine de son mari. (Ca tirait des armes, tant qu’c’était beau d'la voir ! Or, cette année-là, elle ‘s'était mis dans la tête de faire une grosse surprise au papa, quaud arriverait le Jour de l'An. Imaginez-vous que sans qu'il s’en aperçût, elle a- vait serré assez de coppes pour ha- biller la petite toute en neuf, d'un bout à l'autre. (C’est pas toute elle lui avait tricoté les plus fins p'tits bas! sans compter qu’elle vous les avait emplis de nmananes, et 1 ) ENTRE DEUX QUADRILLES. der il avait honte de RS quand on pense qu’il lui en res- tait elle avait acheté une catin, j'dirai pas plus belle que la p'tite, parce que ça s'rait pas vrai, mais dans tous les cas, une belle, atten- tion ! Comme de faite, le jour venu, la v'la qui s’lève, prépare c't’enfant de pied en cap, y met dans les mains toute sa fortune, et l'amène, sautillante / de bonheur, à la cham- bre où p'tit papa dormait encore. — Allons, vieux, murmura t-elle en l’éveillant, toi qui te plains tou- jours, regarde-la, ta fifille ; est-ce qu’elle n’est pas bien habillée, ce matin, hein ? — Vi! mé bin billée, hein pe..es Pe.oos ? — Ah ! tiens, comme c’est beau ? Qni t’a donné tout ça ? —Me...me, tit Zésus, pi tites sœurs. —Où sont-elles, tes petites cœurs, mon auge ÿ —Avé tit Zésus, là, en haut, en haut ! —Lui as-tù demandé quelque chose, toi, au p'tit Jésus ? mer l’ouvrier. Un éclair avait pé- J . H. Myrick & Co Dr nétré sa raison , un baume mysté- rieux et doux venait de descendre au fond de son cœur. Lui qui vo- | yait dans sa femme et sa fille deux s’être cru pauvre. Le courage, l'espérance, les temps meilleurs revinrent, et par- dessus le marché, il lui naquit en- core un joli gros garçon qu’il fit instruire, ainsi que la fille, en en- fant de prince. Depuis ce temps- là—ah ! Ça fait pas mal longtemps de ça—tous les deux se sont enten- dus pour faire bâtir à leurs vieux parents un château où ils vinent comme des rois. Ces gens-là,vous les connaissez pas ? demanda le conteur à ses é- coutauts. — Ah ! bien non, pour sûr. —Tas de menteurs ! c’est la fa- mille chez l’père Fanfan... —Ah ! ça mais dites don’, ce qu’il vient de conter là, savez-vous que ça y ressemble, en effet ? Qui est-ce qui aurait dit qu'y viendrait nous tirer des éclats de rire, pi des larmes, avec cette histoire ! Non ! mais, y est ben toujours pareil !... WILL BE BENEFITED BY Bentley’s Liniment It will readily relieve and eure ali the com- mon family {lis and aîilments and will be found at all times to bethe best Family Rem- edy. 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Veux- tu?” —Tu en as ? —Celui que tu m'avais apporté quand j'ai été si mal! Tu sais? Pensant à toi, je imètais dit : s’il tombait malade lui-même, il en au- rait bien plus besoin que moi. Et je te l'ai gardé ! Là-dessus, quelqu'un entra: c’é- tait l'enfant du voisin. Ivre comme d'habitude, son père était revenu tard dans la soiréé; sa mére, dégoûtée, avait fui chez une vieille tante. La maison était res- Siltée sans feu, l'enfant, sans som- elle en tirait des plans ! :i elle mé-; meil. — As-tu eu tes étrennes ? hasarda l’ouvrier. —Connais pas ça, m'sieu. La petite fille le regardait, silen- cieuse, avec de grands yeux. — Qu'est ce qu’on va faire, Lu- cette, dit la femme, le p'tit garçon n’a pas eu d’étrennes ? —En a, mé. Va n’en donner, hein ? Et sa main large ouverte lui ten- dit des dragées. Le cœur du pauvret semblait vo- yager entre une acceptation et un refus, entre un sourire et des lar- nes. dealers sell it, but take none but Bentiey’s, THE BEST Liniment 3 eZ. size, 10c. 6 oz. size (over s times as much), 25c. F. G. WHEATON CO., Limrræe, SOLE PROPRIETORS, FOLLY VILLAGE, N. 8. THE MARCH DÉLINEATOR In the March DELINEATOR ex- quisite Spring styles and illustrated articles on topics of fashion are supplemented by literiry featuies of uncommon interest and value. In fiction there is a delicate romance by Richard Le Gallienne, The Sha- dow of the Rose, containiug ex- quisite lyrics, with decorations by Celeste S. Griswold, and a weird Hawaïian love tale by Ethel Watts Mumford, The Son ofa Shark God, illustrated by C. E. Emer- son, Jr., in addition to a chapter of The Evolution of a Club Woman filled with dramatic incidents. Lionel S. Mapleson tells of a visit to Melba at her beautiful country place on the Thames. 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