nn da cé desiect ban d re NOUVELLE SERIE \ CONGRES DE Québec, le 10 avril 1911 | Par une délibération prise le 14 février dernier, la Société du Parler français a convoqué, à Québec, pour 1612, un Congrès de la Lan- gue française au Canada. (Le Congrès se tiendra du lundi, 24 juin, au dimanche, 30 juin 1912, à l'Université Laval, à Québec.) Ce Congrès, dès à présent assuré d’ad- hésions et de participations mar- quantes, s'organise, sous le patro- nage de l’Université Laval, par les soins d’un Comité que la Société elle-même a constitué parmi ses meiubres, et qu'elle a chargé de cette mission. Il n’est pas nécessaire d'appeler longuement l'attention de nos com- patriotes sur l’intérêt que présente cette entreprise et sur l'importance des résultats qu’on peut en atten- dre, à un moment où les efforts pour la conservation et la culture de notre langre doivent se multi- plier et se faire plus énergiques que jamais. Le Congrès est convoqué pour l'étude, la défense et l'illustration de la langue et des lettres françai- ses au Canada. On sait quelles hautes ambitions stimulent chez nous, depuis des an- nées, le zèle de ceux qui ont souci de l’une des meilleures parts de l'héritage ancestral. Que notre langue s'épure, se corrige et soit toujours saine et de bon aloi ; que notre parler national se développe suivant les exigences des conditions nouvelles et les be- soins particuliers du pays où nous vivons : qu'il évolue naturellement, suivant les lois qui lui sont propres, sans jamais rien admettre qui soit étranger à son génie premier, sans jamais cesser d’être français dans les mots, dans les formes et dans tte. —— PREMIER-- LA LANGUE FRANCAGE AU CANADA QUEBEC 1912 APPEL AU PUBLIC il fera prendre à tous une idée plus exacte de la situation, des dangers qu’ell: présente, des avantages qu ’elie offre, et chacun se sentira plus fort, avec un sentiment plus vif de ses responsabilités. Canadiens français de Québec ou de l'Ontario, du Manitoba, de l'Ouest ou des Etats-Unis, Aca- diens de l'Est ou de la Louisiane, les mêmes raisons d'ordre général nous engagent à ne rien négliger pour maintenir, chez nous, la lan- gue française dans son intégrité, et pour revendiquer les droits qui lui sont reconnus, ou qui devraient l'être. Nous sommes en Amérique les représentants de la France ; notre mission est de faire survivre, dans le Nouveau-Monde, malgré les for- tunes,contraires et les allégeances uouvelles, le génié de notre race, et de garder pur de tout alliage l’es- prit français qui est le nôtre. Or, l'usage et le développement de no- tre langue maternelle sont nécessai- res à l’accomplissement de notre destinée ; elle est la gardienne de notre foi, la conservatrice de nos traditions, l'expression même de notre conscience nationale. Com- me le disait M. Frédéric Masson l’ Académie, le verbe français est à ce point inséparable de notre nation ‘‘“qu’elle ne saurait exister sans lui, qu’elle ne saurait, sans lui, couser- ver sa mentalité, son imagination, sa gaieté, son esprit, et que le jour où il périrait, où un autre langage luisserait substitué, c'en serait fait ds formes de son intelligence”. Ne dit-on pas partont, depuis quelques années, que le Canada de- vient une nation? : : les tours, mais aussi sans laisser, par quelque côté, de sentir bon le terroir canadien ; qu’il s’étende et qu’il revendique ce qui lui appar- tient, mais sans heurter les ambi- tions légitimes, et dans le libre exercice de ses droits ; et que notre littérature se développe et se natio- ualise, mais dans le respect des tra- | ditions ————_——_—— françaises—tels sont les| voeux légitimes de tous les nôtres, | tel est aussi l'idéal, très élevé porr | lequel l’on travaille et l’on peine. | Et c’est pour réaliser dans une me- | sure plus grande ces souhaits pa- | triotiques, c'est pour déterminer un| nouvel effoit, plus vigoureux, vers | cet idéal que se tiendra le Premier | Congrès de la Langue française au | Canada. Tous, à quelque classe | que nous appartenions et quel que | soit notre état, nous deviendrons plus curieux encore de notre langue | maternelle, plus fiers de naissance, plus soigneux de notre patiimoine national, mieux instruits droits comme de nos prêts à tout pour le maintien d’une langue, qui garda de nos devoirs, et entreprendre notre foi, nos traditions, notre ca- ractètre. Ces idées et ces aspirations ne sont pas nouvelles : un grand no:x- bre, et depuis plusieurs anuées, se sont voués à la défense de notre idiome contre la corrupticn inté. rieureé et contre l'envahissement étranger. Ce que ces apôtres, ces propagaudistes, ces champions de la langue française chez nous ont accompli, ce que leur doit notre race, ce qu'ils ont mérité de la pa- trie, nous saurous le dire au Con grès de 1912. | individue's sont parfois impuissants. Pour quel l’action soit plus efficace, il faut, Mais des efforts pe t-mps en temps, réunir les éner- | gies dispersées, grouper les initiati- | ves éparses. Le Congrès rappro-! | chera les uns des autres et mettra) S'il est vrait que le Canada ac- quiert de plus en plus d’importan- ce, si un peuple est actuellement comme en formation sur;le sol du Nouveau-Monde, n'est-il pas utile de savoir quelle part la langue fran- çaise a prise, ou devra prendre dans l'expression de l’âme populaire qui | naîtra, où qui est déjà née ? N'est |la fondation de la colonie jusqu’à il pas intéressant de rechercher les meillzurs moyens à preudre pour assuter à notre pays la survivance d'un esprit dont on a dit qu’il était le patrimoine idéal d2 l’hamanité, et, sour l’exprimer, d’une langue, la plus belle de toutes et la seule dont il a pu être affirmé qu’elle a- vait attaché une probité à son gé nie ? Amis er ennemis l’ont bien com- pris. Jamais on n’a marqué tant d'amour pour notre langue fran- çaise ; jamais, non plus, il ne s’est fait tant d'efforts pour l’asservir. Aussi des raisons snéciales et pressantes nous engagent-elles, en ce moment, à nous grouper, à nous concerter, à nous encourager les uus les autres, afin de nous employ- er avec plus de courage et d’effica- cité à l’oeuvre commune. Qui donc ne voit pas qu’au- jourd'hui le contact avec l'anglais, plus intime, plus fréquent, menace davantage notre parler ? que dans le commerce, dans les professions, dans l'industrie, l'anglais prend trop souvent, et tro2 facilement, le pas sur le parler de nos pères ? que, si une réaction plus énergique, plus générale, et mieux organisée, ue se produit, notre langue courra le risque de se déformer jusqu’en sa syntaxe, et de perdre donc ses caractères ‘essentiels ? Et notre langue, menacée dans sa vie intime, ne l’est-elle pas aussi dans sa vie externe, dans ses droits à l'existence? Klle est aujour- d'hui attaquée ouvertement, et dans çertains milieux on voudrait en contact les fdefenseurs de la lau- |tarir, à l’école, les sources même gue, les amis des lettres françaises ;!du français. dans sou discours de réception à | d-3 vertus essentielles de la race et| L'IMPARTIAL, TIGNISH, Laisserons-nous se défendre tout seuls ceux des nôtres qui subisseut ces assauts ? Notre devoir n'est-il pas de nous grouper pour leur prêter l’appui de nos en- encouragements, de nos voeux et de notre influence ? Eofin, le temps n'est-il pas venu |de nous entendre pour organiser mieux et pour éclairor le dévelop- pement et le progrès de notre litté- rature ? Outre les motifs d'ordre géné- ral, qui seuls justifieraient la tenue de notre Congrès, il se soulève donc aujourd'hui des problèmes nouveaux qu'il est urgent d’étu- dier et de résoudre. Qu'on ,entende bien cependant que le Congrès n’aura rien d’agres” sif, et qu’on se rassure sur ce point si l’on a pu favoir quelque inquié tude. Œuvre pacifique, le Congrès de- vra évite: toute discussion acrimo- |nieusè, et se bornera à revendiquer les droits qui doivent être reconnus à notre langue. IÎlne tentera de 'prosctire l'usage d’aucun autre |idiome, mais il voudra que, chez nous, les deux langues officielles | coexistent sans se mêler, sans em- piéter l’une sur l’autre. Et parce que, de l’aveu même des Anglais les mieux pensants, c'est une gloire \et un avantage inappréciable pour | le Canada de compter dans sa po- | pulation des citoyens parlant la langue de France, et parce que le sentiment le plus élevé nous fait un devoir de rester fidèles à notre pas- sé et de maintenir la nationalité canadienne-française avec sa foi, ses traditions et sa langue, le Con- | grès cherchera à entretenir chez les Canadien français le culte de l’idi- ome maternel ; 1l les engagera à perfectionner leur parler, à le con- server pur de tout alliage, à le dé- fendre de toute corruption. J1 n’y a là rien que nous n’ayons le droit | de faire, ni rien dont on puisse s’offeaser. Quel mal, par exemple, y aurait il à ce que, dans ce Con- grès, nous étudions l'histoire de la langue française an Canada, depuis | nos jours ? les sources et les carac- tères de notre parler populaire ? la situation juridique du français chez | nous ? les meilleures méthodes! d'enseignement dela langue ? les! questions qui se rapportent au dé- | veloppement de notre littérature. | Si nous‘nous demandons et essa- | yons de faire connaître à tout notre peuple comment la langue française | est venue jusqu'à nous, quels dan- | gers elle a courus, comment elle! s’est étendue fet développée, tant chez les Canadiens français que chez nos frères les Acadiens, nous ne ferons que re preridre et complé- ter des études auxquelles se sont déjà livrés des Anglais de l'Onta- rio et des Etats Tnis. | De mêm2, il ne devrait pas nous être interdit, plus qu'aux profes- seurs de l'Université de Toronto et aux romanistes des Etats Unis, d'étudier la part qu'ont prise les dialectes français dans la formation du franco canadien, l'influence des langues indigènes sur notre parler, et ce qui caractérise chez nous le. langage du peuple et le langage des gens instruits. D'un autre côté, si nous cher- chons ensemble les meilleurs inoyens de combattre l'anglicisme, nous n'aurous aucune objection à ce. que les JAnglais canadiens travail | lent, de leur côté, à combattre le | gallicisme. Et c'est, croyons-uou:, | faire une bonne oeuvre que d’épu- | rer ou l’une ou l’outre des deux: langues officielles de notre pays. | Et aujourd’hui que nos compa- triotes anglais eux-mêmes entre. | I. P. EK., MARDI 30 MAI 1o9r1 prennent de faire enseigner le fran- Çais dans leurs écoles de la provin- ce de Quéhec, ce dont il faut les louer beaucoup, quelle objection pourrait-il y avoir à ce que nous discutions nous-mêmes les ques tions qui concerneït l'enseignement du français dans nos propres écoles, et sa conservation dans les fa- milles, dans les associations, dans les relations sociales, ‘dans tous les centres où nos compatriotes ont droit de cité ? Ilnous paraît, en vérité, que le Premier Congrès de la Langue fran- çaise au Canada devrait en erfet être convoqué à cette heure, et nous a- vons l'honneur d’y convier nos compatriotes. Daus la lutte pour la défense et la conservation de nos droits, il n’est permis à personne de se croire inutile; chacun doit faire sa part du labeur cemmun, La langue des aïeux a besoin, pour survivre et se développer, du con- cours de toùs, et c’est le concours de tous que nous sollicitons. Nous adressons donc un pressant appel à tous les Canadiens françeis à tous les Acadiens qui ont à coeur la conservation de leur langue et de leur nationalité. Nous les invitons tous à adhérer, à contribuer, à concourir, à assister au Premier Congrès de la Langue française au Canada : — CANADIENS FRANCAIS DE LA PROVINCE DE QUEBEC,restés en Nouvelle-France, gardiens de la tradition, héritiers des souvenirs, dépositaires du patrimoine national; ACADIENS, ‘‘peuple de,douleur’’, que ni l’isolemenf ni la persécution n'ont pu abattre, et qui gardent, dans le malheur, leur foi et leur langue: CANADIENS FRANCAIS DE L'ONTA- RIO,conquérant pacifiques, qui ont su lutter avec vaillance pour leurs droit, et qu'attendent peut-être des combats plus rudes encore ; CANADIENS FRANCAIS DU MAN1I- TOBA ET DE L'OUEST, pionniers de la culture française, qui font lar- gesse à des pays nouveaux du bien- fait de leur idiome ; CANADIENS FRANCAIS ET ÂACA- DIENS ,DES ETATS UNIS, émigrés restés fidèles au ps rler des aieux ; — tous, nous les appelons à venir cé- lébrer, sur le rocher de Québec, au berceau de la race, la fête du ‘‘doux fparler qui nous conserve frère’’ ! Ensemble, nous étudierons la si- tuation de la langue française chez nous ; nous nous demanderons quelles conditiors meilleures on pourrai: lui faire, et par quels mo- yens. Ensemble, nous affirmerons notre attachement faux saines traditions des lettres françaises. Ensemble, nous enverrous à la Mère patrie, à la vieille France, l'hommage de notre filiale affection et de notre reconnaissance pour l'héritage qu’elle nous a laissé. Ensemble, nous prierons Dieu de bénir, sur nos lèvres canadiennes, les syllabes de France. Pour le Comité Organisateur : MGR PAUL-EuGENE Roy, Président, Le Secrétaire général, ADJUTOR RIVARD LS, SR, ( ARMES Tobacco 1 FE LA y / , æ Le Seul Journal Fran: (ais de l'Ile 18 ANNÉE ra L: ce a ke sara menna ae sente ss ae > ur: à IA Nettoie toute chose sans exception Si votre épicier ne vend pas in poudre à sat _ DUST, envoyez son nom et son adresse 4in$1 QU0 : vô ” à THE N. K. FarmpBaxx Compan?, L6n réal, e51 Be. enverront un échartillon d’un + de livre. 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