" L # Q LR 4: Rs £ RE er ST d Ta We EU ” 0 he: D UE € (+4 pe ; hs | : À A _ Les Deux Montres Monsieur de Saint-Alban, riche propriétaire, avait deux filles, dont les goûts ne se res- semblaient pas plus que les traits du visage. Clarisse, l'ai- née, avait une taille élégante at une figure distinguée; mais elle gâtait tous ces heureux dons de la nature par des minauderies continuelles, de ridicules ma- nies, et surtout par une mon: chalance insupportable, et la predigalité la plus folle. Amélie, au contraire, sa cadette d'un au, cachait, sous la pius grande mo- destie, une prudence et un dis- cernement qui plus d'une fois lui avaient donné sur ss sœur de grands avantages. Briller et se faire remarquer, telle était la devise de l'une ; observer et mettre tout à profit, étaient Îla jouissance de l’autre. On touchait au renouvelle- ment de l’année, à cette époque si chère à l'adolescence, eù des cadeanx de tonte espèce sont le salaire du travail et de la bonxe aonduite, mais trop souvent aussi l'effet dangereux d'une areugle tendresse et de l’osten- tation. Y. de faint-Alban, dont le caractère vif et minutieux, éga- lait la bonté du cœur, conduisit ses deux filles dans une des plus riches boutiques d'’horle- gerie de Par's, et leur dit de choisir chacune une montre. Clarisse, parcourant des yeux les plus briliantes, fixa sen choix sur une très petite, dont l'entonrage en diamants l'avait éblouie ; et sans s'assurer que cette montre fût bonne, et mal- gré les observations qu'on lui fit à cet égard, elle persista dans sen choix, et attacha aussitôt le fragile bhijcu à une chaine d'or, qu'elle portait à son cou. Amélie, au contraire, ne vo- yait dans l'offre de son père, que l'avantage de savoir fidèlement l'heure à laquelle il avait l’ha- bitude de faire telle on telle chose, et par ce moyen de l'em- pêcher d'attendre jamais nn seul instant, et de ménager son impatience qui était extrême. Eile se borna à prier l'horloger de lui donner uns montre sim. ple, mais dont le mouvement fût invariable. Le marchand Ja servit au gré de ses désirs, et lai remit une montre dont tout l'ornement consistait dans la sûreté du mécanisme. La jeune personne l’attacha de même à une chaine des cheveux de son père, qu'elle ne quittait Jamais. Queiïques jonrs après, Clarisse se fit attendre aa déjeûuer, qui avait lieu à 6 heures précises : il failut l'aller chercher dans sa ehambre, et lorsqu'à son appari- tion, M. de Saint-Aiban lui eut fait quelques reproches, alle ré- pendit ayec sa nonchalance ac- éontumée : ‘C'est que ma mon treretarde-” Peu de temps après, M. de Saint-Alban, devant réunir plu- sieurs de ses amis, dont quel- ques uns avaient des fonctions importantes, qui les obligeaient de se rendre à une heure pré: cise, recemmanda à ses deux filles de faire leur toilette de manière qu'elles parussent dans le salon à quatre heures son- nantes. Amélie, dont la montre était exacte, s'y rendit avant l'heure indiquée, et reçut, avec sa grâce ordinaire, les amis de son père, qui tous furent fidèles au rendez vous. Quatre heures sonnèrent, Clarisse n'avait pas encore paru ; M. de Saint-Alban, de SO) A bit du matin ? — Oh! mon père, répondit- elle nenchalamment, j'ai plus de temps qu'ilne me fant ; il n’est pas épcore trois heures. — 1l en est quatre sonnées, ro- p'it vivement M. de Saint-Al- ban, et nous allous nous mettre |à table.” En disant ces mots, il sortit brusquement, et laissa Clarisse qui, pour toute réponse, répé- tait : “C'est que ma montre re- tarde.’ Cependant, elle s'habille à la hâte ; mais comme Ja co- 'quetierie était un de sas défants habituels, elle ne parnt an re- pas qu'an moment où l'on allait servir le dessert, répétant à tous ceux qui Ilni témoignaient le regret de ne la voir qu'un ins- tant : ‘“‘KExcusez mel, Messieurs, c'est que ma moutre retarde.” M. de Saint Aiban, dent le caractère bouillant ne pouvait s’aceommoder de cette insouci- auce, et surtout du ton de bé- gueulerie qui l’accompagnait, ‘se promit de donner à Clarisse de fortes leçons, et d'attaquer sen amour propre en même temps que sa sensibilité. | 1l avait, auprès du château de Saint Cloud, une maisou de |campagae, où l'élégance le dis- | putait à la richesse. C'était, tous | les dimanches, le rendez vous d'une société nombreuse et choi- sie. Plasisnrs personnes que ieurs oceupations ne rappelaient pas à Paris, le lundi matin, y restaient souvent à coucher, et le iendemain ïil était d'usage d'aller déjeûner à une ferme qui se trouvait auprès du village de Ville d'Avray, dont lo site offre un aspect et une variété ravissante, et qui surtout est embelli par des bois spasieux et percés avec art. M. de Saint. Alban, qui avait ex tête sen pro- jet, prévint le soir toutes les personnes qui devaient être de cette promenade, que, afin d'é- viter la chaleur,on partirait à huit heures précises. 11 recom- manda aux domestiques, et sur- |toat à Clarisse, et se contenta de lui répéter au moment où elle fâtse coucher : “Surtout, ma fille. soyez prête à partir avec tout is monde ; n'oubliez qne je n'attends jamais.” Clarisse, qui comptait étaler le lendemain, une élégante toi- lette du matin, monta sa jolie montre avec la plus grande précaution, la mit à l'heure sar la pendule du salon, et se retira dans son appartement avee sé- eurité. Mais le joli bijou, d ‘ran- gé dans ses mouvements par la négligence continuelle que met- tait à le monter la jeune inde lente, retarda cette nuit-là plus encore qu’à l'ordinaire. An mo- ment où Ciarisse se réveilla, la montre perfide n’indiqnait que six heures, tandis qu'il en était huit passés. Elle se rendormii denc tranquiliement, et ne se réveilla qu'à l'instant où sa montre marquait près de huit haures. Elle se jette here du lit, s habile promptement et des- cend au salon ; mais quelle fut sa grande surprise d'apprendre qu'il était près de dix heures, et que tout le monde était parti depuis longtemps ! Elle gérait, elle pleure, maudit cent fois la montre charmante, invite les deniestiques à la conduire, même à pisd, à la ferme de Ville-d’'Anvray, où la société se trouvait réunie ; mais des ordres contraires avaient été donnés ; il fallut se résoudre à attendre et à se voir privée de eette déli- cieuse promenade. Enfin, M. de Saint-Alban rex- a 2 pas que c'est à huit heures, et| surpris, et d’ame pétulance qu'il |t'8 sur les quatre heures, ac- , Be pouvait réprimer, monte à | np de tons ses amis et l'appartement de sa fille, et RE es vu la figure de la- tronve ovenpée à son piano, Auelle brillait une joie très re- dans le plus grand négligé, et ne marquable, ce qui annençait songeant aucunement à se pré-|qu'i! lui était arrivé auelque a- parer Pour paraitre au diner. |gréable aventure. “Eh quoi ! ma fille, lui dit-1l,! “Oh ! ma sœur, lui dit Amé- vous êtes encore dans yotre ha- lie en l'aberdant, combien te | CR TE ns IMPART as perdu de ne pas être de la partie ! jamais je n'en ferai de plus aimable, et surtout de plus heureuse, ”’Là-dessus elle lui racomta, qu'en se promenant dans les bois de Ville d'Auvry avec son père, ils avaient aper- çu de join la chas:e de nlusieurs princes, à laqnelle assistat une grande partie de la Cour, ce qui remplissait tovs le: environs des [aufares les plus gaies, des cour- ses les plus curieuses ; que, atti- (rés par le désir de voir de près la halte, ils traversèrent d’épais taillie, et découvrirent, au mi- lieu d'une grande salle de ver dure, nne jenue dame en ama- zone, que son cheval vensit de désarçonner, et qui paraissait être sans connaissance. ‘Nous courons à elle, ajouta Amélie ; je la prends dans mes bras, je relère sa tête charmante, je ré- chauffe ses mains glacées contre mon sein : bientôt e]l3 reprend ses sens, ouvre les plus beaux yeux du monde,et pour m'ex- primer sa reconnaissance des secours que j'avais en tant de plaisir à lui donner, elle déta- che de son cou cette chaine d'or à laquelle est suspendu 5e por- trait entouré de brillants, et me dit, avec l'expression la plus aimrble : ‘“N'onbliez pas, toutes Jes fois que vous regar derez dette image du chef de l'Etat, que vous avez secouru quelqu'un de sa famille... Fa peine avait-elle prononcé ce: mots, qu'un graud nombre d’of. ficiers et de seignours accouru- rent, entourèrent la princesse, qui voulut absolument savoir mou nom, celui de mon père, l'endroit précis de notre maison de campagne, et nous dit en montant en voitures “J'irai demain, aimable et généreuse Amélie, vous remercier des soins dont veus m'avez comblée, et qui jamais ne sortirent de mon souvenir.” Ce réoit mit le comble aux regrets de Clarisse, qui, dès ce moment, quitta sa montre bril- lante, et jura de ne la porter de sa vie. Mais son dépit et son chagrin augmentèrent bien plus encore, lorsque la lendemain, la princesse vint en effet, accom- paguée de plusieurs dames de sa suite, et renouvela à Amélie l'honoraole expression de sa reconnaissance. Elle lui dit qu'elle voulait la recevoir dans son palais à Paris, et qu'elie ne se croirait quitte envers elle, que lorsqu'elle aurait eu le bon- heur de la marier à quelqu'un de ses officiers. Clarisse, à ces mots, sentait redenbler ses regrets, et répé- tait tous bas : ‘Faut-il que ma montre ait ainsi retardé... ca La princesse, qui s'aperçnt de son trouble, demanda qui elle était : “C'est ma sœur, reprit Amélie, que j'ai l'honueur de présenter à Voire Altesse.—-Il paraît, ajouta la princesse, que mademoiselle n'aime pas la zro: menade ?—/J'ardonnez-moi, ma- dame, reprit M. de Saint-Alban en regardant sa fille aveu un sourire ironique : c'est que sa moutre retarde... “La prin- cesse se fit expliquer cette 6- nigme, s'amuva beaucoup du troable de Ciarisse, J'invita à changer sa jolie montre, qui l’a- vait si cruellement trahie, con. tre une autre plus simpie, mais plus axacte, et Ini dit avec la plus touchants bonté : ‘Je donns de main à déjeüner à votre charmante sœur, au lieu même où j'ai reçu d'elle les plus tendres secours : j'ose croire que vous voudrez bien l'accompa gner, et de crainte que votre “montre ne retaide encore” j'in- vite l'aimable Amélie à vous donner Ja sienne qui parait très bonne, et la prie d'accepter en échange cel.e que je porte à à mon ceu,et qui jamais n'a varié d'une donnant à Amélie cette dernière minute... ” En marque de sa munifivence, la TAL, JEUDI LE 1 JUIN, 1899. | Mme. flarie St. Laurent PENDANT SEPT ANS SOUS LES SOINS DE QUATRE MEÉDECINS-MAIS SAUVÉE DE LA MORT PAR LES PILULES ROUGES DU DR. CODERRE. EE Les Pilules Rouges du Dr. Coderre sont la supreme espérance de * toutes les femmes conviennent a Dans tout le monde, et dans toute l’histoire du monde, aucun médecin et aucun remède n'ont pu guérir et sauver la vie à un si grand nombre de femmes que les Pilules Rouges du Dr. Coderre. Elles sont pour|- les femmes seulement et elles agis- sent directement sur les organes spé- cialement féminins des femmes, qui, quand elles sont en santé les rendent si attrayantes, mais quand elles sont malades, font qu’elles sônt un obj:t de pitié. Ne voulez-vous pas encore être bien comme quand vous étiez petites fill ? Les Pilules Rouges du Dr. Coderre vous rendront ainsi. Telle est l'opinion de Madame St. Laurent, qui estune dame intelligente et tout à fait digne de foi. Voici ce qu'elle dit : ‘ La misère et le travail “ ont été la cause que j'ai contracté malades et l'amie des jeunes filles.— Elles tous les ages et a toutes les bourses. leurs dans le bas-ventre, les étourdis- sements, nervosités, les maladies particulières au changement d'âge, bouillonnement du sang, froideur des pieds et des mains, elles sont d’un grand secours, prises avant et après la naissance d’un enfant ; les mères devraient toujours en donner à leurs jeunes filles, elles les rendront régulières et aideront à leur forma- tion. Souffrez-vous depuis longtemps ? Alors il est bien douteux qu’une ou deux boîtes de Pilules Rouges du Dr. Coderre puissent vous guérir, Soyez ccnsciencieuses et prenez-en assez pour leur donner une chance d'agir sur votre maladie, en même temps écrivez à nos médecins spé- cialistes. Vous pouvrz les cor..uiter cour rien. Ecrivez-leur une des- - ‘une grave maladie qui m'a fait “ souffrir pendant sept ans. Le : cription bien :ompiète Ge votre ma- MADaAus Manis ST, LAURENT, ladie. Vous n'avez rien à craindre, Ce » “beau mal me rendait mart;re, Je souffrais de maux |ne leur cachez rien, car toutes letires adressées au “ de tête, douleurs dan: l'estomac, le “ d’appéiit. J'étais si faible que j # à marcher seul:, j'avais l'air d'une dos, les côtés, pas |“ Departement Medical, Boite 2306, Montreal.” ’avais de la misère | sont ouveitss, répondues et teñues confidentielles par morte tant j'étais|eux. Si des dames le préfèrent, ell:s peuvent consulter ‘pâle ; quatre nfé«lecins me soignèrent, mais sans suc-| personnellement et gratuitement nos médecins spécia- “cès, j'étais tout à fait découragée, quand des amies | lisies en se présentant à notre dispensaire pour les fem- “ charitables qui connaissaient les Pilules Rouges du Dr, | mes, au No. 274 Rue St. Denis, tous les jours (excepté # Coderre me conseillèrent d'en prendre. * remède, car je ne me sens plus du beau mal, je fais mon | bliez pas, consultations ‘“ ouvrage comme si je n'avais jamais été malade et je “ suis bien, forte et alerte comme à l’ Béni soit ce | le Dimanche), de 10% heures a.m.à 5 p.m. N'ou- gratuites. Refusez comme imitation toutes les pilules âge de 15 ans. Jelrouges que l'on vous offre à la douzaine, au cent ou à “ suis heureuse de vous envoyer mon témoignage, car | 25c. la boîte, même lorsqu'on vous dit qu’elles sont aussi “ je dois la vie aux Pilules Rouges Mme. Marie St. Laurent, Lac Edouard, Co. Portneuf. | Dr. Coderre, du Dr. Coderre.” | bonnes ou qu’elles sont les véritables Pilules Rouges du Nous tenons à vous avertir que ces pilu- Que pouvons-nous ajuuter de plus après un témoignage | les rouges vendues ainsi à bon marché sont des imita- aussi éloquent ? N'est-:il pas clair, n'est-il pas évident | tions qui souvent contiennent des drogues dangereuses. que les Pilules Rouges du Dr. Coderre guérissent ? | Refusez toute imitation. 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