| en Sa 4 | Eee =—— La Maison Grise (Suite de la 1ère. page) ques réflexions qui amusaient Chi- quette, et répétait, de temps en temps : Quand maman s'éveil- Jera !.... Ô Elle se laissa conduire chez la sa- cristine où, l’insouciance de son âge aidant, elle joua avec des mar- mots turbulents. Ce fut le Commandant qui vint la chercher. Maman est réveillée? demanda- t-elle. —]Je ne sais pas, dit le pauvre nomme embarrassé. Arrivé à la cure, il prit Graciette sur ses genoux. —Petite fille, ta maman est par- tie. Elle reviendra, se hâta-t-il d'ajouter, voyant les pleurs de l’en- fant. Elle recommande d’être bien sage en attendant. Secouée de sanglots convulsifs, la petite répé- tait: Maman, Maman !.... Chiquette avait bien essayé de la distraire avec quelques jouets ti- rés de l'armoire aux pauvres, elle lui avait même porté une tartine de coufitures, mais l'enfant pleu- rait toujours ; arrêtées un instant, les larmes se reprenaient à couler de plus belle. Sur le soir, seulement, elle s’a- paisa. S’approchant de Gaudéri- que, qui paraissait avoir ses fa- veurs : Si je suis bien sage, maman reviendra-t-eile bientôt ? —QOui, mon enfant. —Je resterai avec vous, en l’at- tendant ? —QOui. si tu veux. —Rivals ne viendra pas me chercher ? —Qui ça, Rivals ? —Celui qui faisait pleurer ma- man. —Non, il ne viendra pas. — Alors, je serai sage, répéta-t- elle, en soupitant. Le Commandant la prit dans ses bras et l’embrassa : la cure comp- tait un petit hôte de plus. Chiquette, après avoir déclaré que la maison n’était pas un orphe- linat, la gâta dès lors de son mieux ; le Commandant se décou- vrit la vocation &e grand-père, et le Curé, amusé de ses justes répar- ties, se disait : Ce sera une belle âme à élever. Le temps s’écoulait aussi ; l’en- faut s’acclimatait dans cette atmos- phère bienveillante. Cependant, les deux frères se disaient parfois : On viendra bientôt la chercher ; c'est étonnant comme les formali- tés sont longues dans les adminis- tritions. Un soir, Gaudérique, avec qui elle avait jocé toute la matiuée, risqua : —$Si on nous la laissait ! Et Jacques répondit . pourrions bien la garder ! Puis se trournant vers Chiquette, qui rangeait par là, en écoutant, selon son habitude : —$i nous gardions Graciette, la soigneriez-vous ? —]1 me semble que je ne fais que ça, répoudit-e!:, bonrrue —Mais si nous la gardions tou- jours ? —Dame, Monsieur je (Cure, quani il y en a pour trois, il yena pour quatre. J'ai, bien sûr, de quoi l'habiller pour deux ans dans ie placard, avec quelques coutures : et si vous voyiez, Monsieur le Curé, comme elle m'aide à éplu- cher les légumes !.... Monsieur le Curé se mit à sou- rire devant cet enthousiasme provo- qué par les aptitudes culinaires de Graciette. —Et bien, Gaudérique, si vous voulez, faites le nécessaire. Le Commandant ne se laissa pas répéter deux fois. Prenant son chapeau et sa canne, il descendit la petite rue Saint-Jacques, traversa la place, battit de sa jambe de bois les cailloux pointus de la rue de — Nous ET a eme pr D ni A ee come nan ge a af 208 L'IMPARTIAL, JEUDI. l’Anguille, qu'il parcourut en cou- rant, remonta la rue Saint-Domini- que, passa aux Trois-Rois sans s'arrêter chez Azeau, le libraire, (un ami qui avait fait soixante- dix), et arriva à la Loge où se trouve l'Hôtel de Ville. Le bureaucrate auquel il présen- ta sa requête le regarda d'un air ahuri. Ileut l'air de paperasser un instant. Puis : — Ah! oui ; cette petite que vous avez recueillie !...Inconnue !... L'administration s’en occupe. (I fallait voir avec quelle em- phase il prononçait l’ad-mi-nis-tra- ti-on !... Vousdites? Vous dési- rezla garder ? Je crois qu'il n'y a pas d’inconvénient. Personne ne l’a encore réclamée. Nous vous tiendrons an courant, s’il ya du nouveau. Et les lunettes qui glissaient sur son nez semblaient dire narquoi- ses, au visiteur scrupuleux : —Vous n’aviez pas besoin de vous déranger. Pensez-vous que nous nous inquiétons des enfanis ramassés sur une route ? des va-nu- pieds ? C'est de la besogne de curé. Vous l’avez chez vous, gardez-là... nous y comptions bien. Pendant que l'employé remplis- sait quelques formalités, faïsait grincer sa plume sur le papier blanc, le Commandant regagnait, d'un pas léger, comme s’il avait eu vingt ans de moins, les hauteurs de Saint-Jacques. Même, ayant fait un détour, rue de l’Argenterie, il entra dans un bazar où il acheta, moyennant 45 centimes, quelque chose ressem- blant à un sac informe, surmonté d'une boule en carton peint et qui voulait être une poupée. Fier de cet achat, il le glissa dans la poche de sa redingote, mi- litairement boutonnnée, et arriva à la cure où il rentra en appelant : —Graciette ! Graciette ! —Bah ! conclut-il, c’est quelque mendiante de grand chemin ; nous allons faire des recherches ; puis, nous aviseront pour l'enfant. Si vous voulez ia garder quelques jours ? —Oh ! une enfant, ce n’est pas embarrassant. Elle nous distraira en attendant que vous l’ayez casée. Tout en causant, ils arrivèrent à la cure. L'abbé n'était pas encore rentré et la femme du sacristin remplaçait Chiquette près du lit mortuaire. La servante, que quel- ques commissions pressantes appe- laient au dehors, avait mis sa voi- sine au courant, en la priant de lui rendre ce service. Et cette derni- ère, brave femme chargée d’en- fants, s'était empressée, heureuse d’avoir une nouvelle et des détails sensationnels à raconter aux com- mères qui viendraient, le scir, ja- casser devant sa porte. Le commissaire posa quelques questions, demanda si l’on n’avait pas trouvé un indice sur la dé: funte. ÆElle montra les loques in- formes qui l'avaient revêtue et qui gisaient dans un coin, oubliées par Chiquette, Le digne fonctionnaire les remua du pied et, n’y voyant rien de particulier, il s'approche d’une tabie sur laquelle un vieux tapis, recouvrant une boîte de mer- | cerie, servait de piédestal à une sta- tue de Notre-Dame des Sept-Dou- leurs. Iltira un carnet de sa po- che et repoussa un coin du ta- pis, pour prendre quelques notes. Comme un tiroir entr’ouvert le gê- nait pour écrire, il le poussa brus- quement, ce qui provoqua les gé: missements Cu bois. Il se releva au bout de quelques minutes, heur- ta la table mal consolidée sûr ses pieds boiteux et le tiroir grinça de nouveau. Mais les fonctionnaires de Perpignan ne connaissent pas le, langage des tables. Et si celui-ci eût entendu le tiroir dire: ‘‘Je sais quelque chose ! Je sais quelque | chose !’” il eût cru que ce quelque | chose était la hâte qu’il avait de son, Lina Beard, | SO: every phase f the household information of a practical charater. [are so much misunderstood, SL LE 1! \quitter cette maison, où ces cruci- fix, ces saintes, ces cierges, tout ‘‘cet attirail de superstition’’ lui faisaient hausser les épaules ; ce qu’il trouvait très bon genre de- puis qu’il avait vu un de ses supe- rieurs ne pas rentrer dans l’église pour un enterrement et faire avec ostentation les cent pas devart la porte de Saint-jean en attendant la fin de la cérémonie. Aussi, s'empressa-t-il de sortir, muni de ce précieux renscign- ment : que le Curé et le Comman- dant Noé avrient rencontré sur la route une femme d’une enfant qui paraissait être sa fille, et que la femme était morte quelques instants après. Le lendemain, deux croque-morts menaient la malheureuse en terre sainte, Le Curé offciait. Son frère, Chiquette et quelques voi- sins charitables, que l'événement intéressait, la suivirent au cime- tière. Le discours d'usage se bor- na à quelques mots émus que pro- nonça le Commandant, et deux jours plus tard, une croix de plus s'élevait dans le lieu de repos, avec cette mention : Ci-gît la mère de Graciette. Soit caprice des fossoyeurs, soit hasard, cette modeste croix était à côte d’un somptueux caveau sur le- quel se lisait, en lettres ternies : Sépulture Dominique Bonnet. Une ligue dorée, évidemment plus récente, portait audessous : Famille Tixador. Le monument était richement décoré de fleurs, plantes et cou- ronnes de toutes sortes. Un philo- sophe amené dans ce lieu eût pensé qu’en soulevant la terre quelques mois après, on n’eut pas fait de dif- férence entre les restes rongés qu’elle recouvrait et ceux qu'’abri- tait le caveau luxueux. L'orgueil humaïi», seul, s'attache à ces distinctions. Les arbres eux- mêmes ont plus de justice. C’est peut-être pour cela qu’un saule majestueux, propriété de Ti- xador, s’obstina, par la suite, à é- tendre ses branches protectrices sur la modeste tombe au lieu de les éri- ger en dôme audessus du caveau. Les efforts du jardinier n’y purent rien. Les arbres ont quelquefois des caprices. (A suivre) THE DELINEATOR The April Delineator is an un- commonly interesting magazine, from the standpoixt of both fashion and literary features. Almost as good as a trip around the world, educationally, promises to be the pictorial series Around the World in Eighty Pictures, the first install- ment of which app:ars in this num- ber. Nordica in Holiday Lime is the subject of an enjoyable paper by William Armstrong in the Pri- ma Donna series. Landon Kni- ght's Romance of a Pair of Blue- birds is astory that will appeal strongly to :ove:s of Nature, and to all women Dr. Grace Peckham Murray's article ou the care of the ears and nose will be of deepest in- terest. - In Bezuty for Ashes, Ail- lan Sutherland tells of an interes- tiug experiment that has been triei in several large cities of changing unbeautiful vacant lots into garden spots. The Influence of Frills, by Dolf Wyllarde, and White Man, by Alice MacGowan, are delight- ful short stories, finely illustrated, and there is a dramatic chapter of The Evolution of a Club Woman, by Agues Surbridge. there are entertaining stories and pastimes for little folks by Albert Bigelow Paine, Gabrielle E Jack- and others, and | Abonnez-vous à L'Impartial RE accompagné | In addition |. . RS D , PSS SEAT Ye coton La Zi Dr «0 4 AVRIL 1904, Lame Back for Four Months. Was Unable to 1 to Turn in Bed Without Help. Plasters and Liniments No Gocd. Thiswas the experience of Mr. Benfamin Stewart, Zionville, N:B. TWO-THIRDS OF A EOX OF | Doarn’s Kidney Pills CURED HIM. He tells of his experience in the follow. ing words: ‘For four months I was troubled with a lame back and all this time was un- able to turn in bed without help. I tried | plasters and iiniments of all kinds but with ! no effect. At last I was induced to try | Doan's Kidney Pilis, and by the time I had | used two-thirds of a box my back was as well and as strong as ever and has kept so ever since. Backache, Frequent Thirst, Seanty, | Cloudy,Thick or Highly Colored Urine, | Puffing under the Eyes, Swelling of | the Feot and Ankles, are allsymptoms | of kidney troubie that Doan's Kidneyz | Pills will cure. | Price 50 cts. per box or 3 for $1.25, al dealers, or THE DOAN KIDNEY PILL CO. TORONTO, ONT., Lit = Revue Canadienne MARS 1:co4 SOMMAIRE que : Sante Marie Macelcine. J. C. Chapais.. d'économie sociale.—IT. Edmond De Nevers....La part des circonstances dans !a formation du caractère Américain. .. Un problème Jean-B. Laga:é....Henri Ré: gnauit. L'abbé J.-A.-M. Brossean ntre. | Etude critique du livre âe M. E. | Demolins. | XXX....Les Oubliés, William | Combe. | J.-M. Lel:u....Causerie artisti- | | | | A.-B. Ronuthier...:.. Québec et ses approches : Québec la nuit. Gustave Cirili...... Le Sphinx. | —III. Thomas Chapais......A travers les faits et les oeuvres. A.-I,. Notes bibliographiques. ILLUSTRATION Chapu......Moïument d'Henri Régnauit. Ary Scheffer.,.... Madeleïe, portrait. Sainte Marie Iilustrations de M. Jean-B-Lagacé. Portrait ; Henri RE alt. Articles : Henri Exécution sous les PP | ‘ Sue À Kégnauit : Vai0iMeé, 1Gis Maures FISH lo Casks American Kerose ched Boards UE CANNES pape es rs RS nas nr sa rer M SCSI PES ee _ e SAUT, TEA an 100 Bbis well cured is!'and Herring Sacks salt lo Chest Best Tea ne oi and Pailinge, Mat- Boots Lot cf Lathe, Lumber and Hardwood Planks, and Shoes. 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