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Dieons cependrnt que le moral de Jean Malicorne é- tait sérieusement atteint par Ja non réalisation d'espérances qu'il caressait depuis de len- gues aunées, par la perte de son autorité sur Adrienne et var le départ de son fils. Le cœur et le cerveau étaient atta qués. Un seul désir soutenait eette existence brisée ; son dé- sir se résumait en ceci : La mort de Jaeques Hervey ! 1] n'est pas un riverain des rivières navigables qui nesaehe qu'à certains Jours de la s6- maine, la hauteur de l'eau at- teint des proportions censidéra bles. Lee riverains de In Seine appellent cela la làchare ; les riverains de ji'Yonne, l'éclusée Sur cette dernière rivière, l'é clusée à lieu deux lois par se maine, le mereredi et le diman che, à des heures à peu près fixes. Alors on voit descendre sor l'Yonse, venant du départe ment de la Nièvre, ces immen- ses trains de bois flotié qui ali mentent le chauffage parisien et une grande quantité de ba- teaux plats faisant pour les transports une rude coneur- rense aux chemins de fer. En sens contraire, ce sont des ba teaux qui remouteni à vide, re- morq'iés par des chevaux. Pen- dant une demi-journée, les rives de | Yoxne présentent l'aspsot et le mouvement d'une rivière voisine d’un port de mer, puis les eaux reprenment leur niveau, les retardaitares restent éehoués le long du rivage jusqu’à l'évlu- sée prochaine, l'animation dipa- rait, le silence se fait, et la ri viére redevient tranquiile et 60. litaire. A l'époque où se passent Îles faite de notre récit, l’éelusée s'ob‘enait au meyeri d2 la levée des aiguilies qui retiennent les eaux de ia Cure. La Gure est une petite rivière qui prend sa source aux confins de l'Yonne, de la Nièrre et de la &ête d Or. A partir de Dome. ey, elle suit l'encaissement d'une longue vallée et s'aug- mente de l'énorme volume d'eau qui descend des coteaux) et des montagnes, en formant, ainsi un réservoir paturel, dont les eaux sent retenues à l'en- droit où la Cure se méiange a- vec l'Yonne, c'est à dire entre Accoley et Cravant. Au signal donné, les aiguilles se levaient et l'eau, trouvant une issue, se préeipitait avec une vitesse vraiment vertigineuse ; en quel- ques minutes eile arrivait, gron-| dense et menaçante, à un@ très | grande distanee. Ces eeurtes explicetions é- taient nécessaires pour bien Su men DE VILLAGE D te.] di se prétendant indisposé. Mais à peine le passeur fat i sorti que Malicorne se jeta à bas du ht et shabilla. 11 mit par- dessus ses vêtements un de ces manteaux qu'on appelle limon- sines et dont le eollet droit ca che tout le bas de la figure. 1l evavrit sa tête d'un feutre mon et en rabattit les ailes sur ses yeux. Ainsiaffublé, Jean Mali- corne était complètement méè- eounaissable. 1] sortit de chez lui, sans bruit. par la porte qui donnait dans les écuries, et 8e tronva sur le port. La nuit etait très noite ; l'eb eurité saugmentait éReUIe u'UD épais breuiliaid qui s'élevait au dessus des eaux et d'une plaie fine, mais continue. Jean Malicorne descendit sur la berge, Cetacha son bateau et traversa la rivière sans qu'au- can bruit trahit sa présence. 1] fit sonne: sa montre e1 s'assura de l'heure ; il était menf heure et demie. Jean Malicorne se di- rigea lentement vers ls hameau qui était situé à environ an ki- lomètre de la. Quand il eut at- teint les premières maisons, il prit par les champs et conteur- na le hameau afin de se trouver à son extrémité. Puis il reviat sur ses pas tout doucement, guettant l'oscasion qu'il cher- chait. Un jeune garçon d'une dizaines d'années sortit d'une grange. Eh ! mon gars, dit Jean Mali- corne d'une voix trainanteet na- sillarde, veux-tu biva me rendre an servive et gagner mn écu de cinq francs ? Oina fraus ! pour l'enfant. Je le veux bien, dit il, n’est pas trop difficile. Ce n'est pas difficile du tout. 1l s'agit d'aller d'aller à (Chà- teau Bernard, ehez Prosp:r Ma: licerne, le médeein ; tu Ini di- rais qu'il vienne en toute hâte: aux Moustisrs,—c'etait umo | urosse ferme voisine du ha- | mean ;—il y a un blessé à eoi-: gner. Moi. faut que je rentre à la ferme tont de suite. Ah !j2: veux bien, dit le jeune garçon ; je vas oourir tout le long da chemin. Tiens, voilà ton écu. Le petit paysan, enchanté de l'aubaine, avait déjà fait quel- ques pas vers le village. Jeau Malicorne l’arrêta. Faut tout prévoir. dlitil. Comme c'est pressé, si tu me trouves pas M. Malicorne chez Jui, tu iras chez M. Hervey, et ta lui feras la commission. Sais-| tu où il demeure M. Hervey ? Oh ! oui, dit l'enfant. Eh bien, pars, mon gars et merci ! Cette fois l'enfant partit en c'était ane somme si ce | | W INTER GO0DS re CT Sri ETS he All Kkinds Saws. Chopping axes, Bar Iron, Steel, Horse Shoes, Horse Nails, etc. Bought before adrance in prices. prieer, wholesale or retail. Will be sold at lowest Highest prices paid for all kinds Fur. Brace McKay & Co. S'Ride, Jan. 3rd 1900. TIGAISH DROE STORE Now that the holidays are upon us, it woulé mot be amies fer you to call at the Tignish Drug Siere and inspeet eur fine stock of DRUGS AND THBMIGALS We are headquarters fer good geods at lew prices. Prereriptiens earefnlly cempounded, at all hours, day er night. You can siways depend upon finding a clerk ie the store at all hours of th: night. 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