L'IMPARTIAL, JEUDI LE © FEVRIER, 1808. “Au fe Eu A ; + F n LE GRAND VAINCU {Suite de la 1ère Page] terre, ils firent rapidement volte-face et s'enfuirent en cou- lens de noire fumée. 1] n'y avait plus de retraite possible pour les Anglais que du côté du fort. Saint Preux, comprenant le secours inespéré que le cavalier rant de tous côtés. ; —Bravo, La Ressource ! s’6 cria Saint Preux qui avait cons- taté les merveilleux effets de la mitraille envoyée si à propos par le brave sergent. Ces trois coups de canon lui preuvaient que le fort n'était pas encore aux Anglais, que tout allait bien de ce côté et que Jean d'Arramonde avait dû ré- ussir dans son attaque contre l'autre troupe anglaise. Tout à coup Saint-Preux vit un homme à cheval accourir vers ia droite. Sa monture faisait des bonds prodigieux sous l’éperon ; elle semblait voler en eflleurant la cine des hautes herbes. Ce cavalier passa comme une trombe sur le flanc des combat- tants. 11 décrivit autonr d'eux un cercle immense, courut der: rière la troupe écossaise, revint vers la gauche et disparut de l’autre côté du fort. Cette course fantastique, que les deux troupes ennemies a- vaient suivie d'un regard éton- aé, n'avait duré que quelques minntes. La fusillade >etentissait ton- jours ; les Français ne tiraient plus que de rares coup: de fusil et reculaient lentement vers le fort. Ales Jackson le Viginien, jugeant que le moment était ve- nu d'en fini avec cette misé- raole troupe exténuèe et à bout de munitions, tira son large couteau et, bondissant dans la prairie, cria à ses compagnons de le suivre. Une clamemi horribie In: ré- pondit. Mais, au lieu de s'élancer sur leur ennemi presque sans dé. feuse, les Ecossais, sortirent des hautes herbes où ils étaient ca- chés et se mirent à courir dans tous les sens, aflolés de peur. Saint-Preux eut bientôt l’ex- plication de cette étrange pa- nique, 11 vit des flammes s'élever de chaque côté de la prairie, il en- tendit un sourd crépitement et aperçut des nuages de fumée| monier derrière le camp des Anglais. Voici ce qui était arrivé. DES venait de Ini apporter, fit reculer rapidement ses hom- mes vers le blockhaus. Les soldats écossais ne cher- chèrent même pas à les inquié- ter. : Les malheureux ne tiraient plus an coup de fusil, Braves devant l'ennemi, ils éprouvaient june effroyable terreur en face da périk inexorable qui les menaçait. Leur premier mouvement a- vait été de courir da côté de leur campement pour chercher si ce cercle de feu n'offrirait pas quelque brèche qu'ils passent franchir. Mais il n’y avait aucune issue, et la ccinture de flammes 5e rapprochait d'eux peu à peu. Ils étaient pris dans cette ter rible alternative d'être brûlés vifs ou de s’ayancer sous les ca- uons du fort et sous les fusils des Français. ma‘ntenant abri- tés derrière le premier retran- chement du blockhaus. Le cercle de feu se rétrécis- sait toujours. Tout le détachement écossais était massé en un seul groupe. En tête de ce groupe se trouvait Jackson le Virginien. 1! gesticulait avec force de son bras unique et semblait donner à ses compagnons un hésiter. Leur montrant le fort il leur criait qu'il n'y avait pour eux d'autre moyen de salut que de tenter l'attaque du block- haus. Enfu, entrainés par son ex- emple, les soldats poussèrent un hourra et, mettant ia baion- nette au bout du fusil, ils cou- 'rurént au pas de course dans la direction du fort. Une effroyable décharge fit trembler tout à coup le block- haus. Les quatre canons avaient fait feu en même temps ; la mitrali- le pénétrant dans les rangs ser- rés de l'ennemi avait renversé près de la moitié des hommes. Les autres s’arrêtèrent ; quel- ques-uss, jetant leur fusil, vou- lurent s'enfuir. Mais la chaleur ardents du brasier qui brülait derrière eux les ramenait en avant. Saint-Preux qui, debout sur Le combat livié près de la fo | rêt étant terminé par le massa-| cre de l'ennemi, l’Aigle-Noir. s'était emparé du cheval aban- donné par l’homme qui était venu apporter an commandant Smith la nouvelle de l'évacua- tion du fort et que les Canadiens | avaient tué. Le chef sauvage s'était aussi- tôt élancé au galop, afin d’aller reconnaitre la position des sol-| dats de M. de Saint Preux dont on entendait les coups de fusil: de l’autre côté du fort. | Ouinnipeg vit la situation! critique du gentilhomme fran- çais, les efforts qu'il faisait pour lutter contre un ennemi supé | rieur en nombre 1l comprit que sans un prompt secours, c'en! était fait de cette poignée de braves. | Alors allumant une longue corde soufrée qu'il portait tou-| jours sur lui et qui lui servait à | recueillir les étincelles du bri-) quet, il laissa pendre cette corde | le long des jambes de son che-| val. L'animal, excité par la dou-| leur, partit à fond de train à| travers la prairie. | Mais la corde embrasée frô- lait en même temps les herbes! sèches et traçait dans la plaine un sillon de feu qui entoura bientôt les deux troupes enne- mies La flamme s’éleya active, ef-| froyable, avec un grondement sinistre, au milieu de tourbi!- | la plateforme du blockhaus, 18sistait à cette scène poignarnte, | fut touché de la situation déses- pérée de ces malheureux. —La Ressource, cessez le feu, dit-il au vieux sergent qui ap- prochaïit de nouvaau sa mèche enflammée de la lumière d'un canon -Avancez-vous sur la pre- mière palissade et proposez à ces pauvres diables de se rendre. Le sergent éteignit sous son pied sa mèche allumée, nen sans pousser un soupir de re- gret, et alla exécuter l’ordre qu'il venait de recevoir. 1l se hissa au dessus du pre- mier retranchernent, et s’adres- sant à la tronpe ennemie en mauvais anglais : —Cainarades, criatil, dépo- sez les armes et rendez-vous, vous aurez la vie sauve. Le Virginien répondit par un jaron à cetie proposition et, sai- sissant avec son seul bras ja ca- rabine d'uu soldet, il fit feu sur le sergent. La balle sifa près de l'oreilie de ce dernier. — Mille bombes ! s'écria l’ar- tilleur improvisé en se précipi- tant vers sa batterie, je vais ap- prendre la politesse à ce grand occasion se présenterait. coquin à cheveux rouges. Et, adressant à Saint-Preux un regard suppliant : ——Capitaine, dit-il, permettez- moi d'envoyer encore une bor- dée à ce drôle... —Je vous défends de tirer, So men on à 4 ge me ordre désespéré qui ies faisait, La Ressource,. dit le gentil- homme d'un 1on sévère. Ces malheureux sont incapables de teuir un fusil, ils re peuvent leur proposer moi même... Saint-Preux descendit de la plate-forme du E.ockhaus et se diriges vers la palissade. Mais au même mement une clameur sauvage s'éleva dans la prairie. Quelques Abénaquis qui é- taient venus rejoindre Oninni- peg avaient aperçu le group: des Ecossais décimés par ia mi- traille, avauçant lentement de- vant la barrière de feu qui les poussait comme un troupeau af- folé. Aussitôt, les. .Peaux-Rouges, ramassant des herbes enflam- mées, avaient courn comme des démons devant le fort et avaient incenlié toute :la partie de la prairie qui se trouvait. en face du blockhaus. Maintenant le détachement ennemi. était entièrement cir- conscrit dans. uï cordon de flammes et de fumée. Ces malheureux n'avaient même plus:la ressour:e de trou- ver dans les retranchements du fort la mort du soldat. 1ls allaient périr dans les hor- rib'es souffrances du feu, périr jusqu'au dernier homme. Une heure après, l’atrece ven- geance des sauyages était ac complie. Au milien d'un immense es- pace noir de cendres où s'éle- vaitent ça et là quelques pail lettes embrasées soulevées par le vent, apparaissait un mon- ceau informe et carhonisé. C'était tout ce qui restait du détachement écossais. XVI111 RECONCILIATION Le père André qui, pendant toute la durée du combat, était resté dans ie beis où il avait en- tendu avec anxiété la fin de cette lutte sanglante, accourut dès que tout fut terminé et remplit sa mission de charité en relevant les blessés auxquels il prodigua les premiers soins. Ces blessés étaient peu nom- breux. Les Canadiens, bien a brités derrière les arbres, n'’a- vaient guère souffert du feu de l'ennemi.—Da côté des Anglais, 1l n’y avait que des morts. D'Arramonde s'était installé dans la hutte de branchages coustruite pour le commandant ennemi. Le père André vint l'y re- trouver. —Mon cher marquis, dit le missionnaire en entrant, j'ai de bonnes nouvelles à vous annon- cer. Ouinnip’g vicnt de me dire que ceux que nous allions déli- vrer ont été assez hetreux pour détruire entièrement l’antre troupe anglaise. ——Eh ! mon père, j'ai bien en- tendu lenr canon, dit d'’Arra- moude en haussant les épaules on a de l'artillerie et qu’on est abrité par de bonnes palissades, il n’est pas difficile de repousser l'ennemi. Jean d’Arramonde avait dit an père André par suite de quelles circonstances singulières il était venu guerroyer au (Ca- nada et lui avait avoué les sen- timents de rivaiité et d'aversion qu'ii nourrissait contre M. de Saint-Preux. Le ben missionnaire avait é- couté ces confidences sans ris- quer la moindre observation, mais il avait pris, dès lors, la ré- solution formelle de réconcilier ces deux jeunes fous dès qu’une Or, cette eccasion, il croyait la tenir, et il ne la laissa pas é- chapper. Au bout d'un silence, il re- prit : —Pardonnez-moi, men cher avec un certain dédain. Quand pas nous faire de mal et je re DEPUIS NOMBRE D'ANNFES TORTUREE PAR LE BEAU- ! Melle Bertha Ledoux MAL ET PLUSIEURS AUTRES MALADIES. Les Pilules Rouges du Dr. Coderre ont mis fin a toutes ses Souf- frances. Aujourd'hui, guerie et heureuse, elle publie la grande efficacite des Pilules Rouges du Dr. Coderre. L'anémie — ou en d'autres mots ! la pauvreté du sang — est une des | maladies les plus communes de nos jours. Elle affecte sans exception, les femmes de tous les âges, mais plus particulièrement les jeunes filles entre 13 et 20 ans.—Etes-vous anémique? —Etes-vous pâle et votre teint jaune? Vos yeux sont-ils cernés ? Vos lèvres et gencives sont-elles pâles au lieu d’être roses ? Votre appétit variable et faible ? Etes-vous fatiguée et essoufflée après le moindre exercice ? Souf- frez-vous d’étourdissements et de maux de tête? Votre cœur bat-il violemment si vous marchez un peu vite? 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