Rs , ii pe 0e Ha ges ee ee RUE. ere ep use 0 en A Es axes ns FEUILLETON. PAUVRE FILLE. pere VARIETES, a “J'ai faim, j'ai faim! adieu! Jeannette.” L'effect de cette scène qui dura une seconde avait peu frappé l'assistance, ayzat du reste échappé au plus grand nombre; mais elle produisit syr Jérôme | comme une choc électrique; il tondit en larmes. Mon enfant, mon enfant orphelin! disait-il, les dents serrées par une émotion qui remwait tout son être; mon enfant! 1épétait-il tout bas. Eofin, il ftun signe du côté de : l‘avocat de Jeannette, qui se pencha ! vers lui pour écouter les mots 1nin- telligibles que Jérôme murmuait. Messieurs, ditsil en relevant la t6.e, l'accusé Jérdme demande à faire des : aveux. L'audience fut suspendue avant que le verdict du jugement ait eu le temps d'être prononcé sur les coupables. On put donc reviser les charges ; © té:. contre eux. L: lendemain, Jérome était condamné à la peine de mort Reboulat et sa fille furent £iargis en même temps. Jeannette prorait à Jé- romerd’élever sa petite fille. Cette idee-l m'est venue, en la voyant dans tes bras, lui répondit-il, c'est ce.que m'a décidé à tqut dire. Prie Dieu pour moi, Jeannette, te dis :à monsieur Je curè de curé de ne pas m'abondonner jusqu’- au dernier moment...... mais... Le corps de Jérome échappa à la: justice des hommes. La violence de sa nature fougueuse et indompté: ne put resister longtemps aux souffrances : de l‘emprisonnement, et à l‘attente d'un pourvoi en commutation de peine qu'on l'avait contraint à signer: car Jérome, de bonne foi dans son repenur, | désirait expier son crime sur la terre par la supplice. [| mourut avant son ! exécution, et Le prêtre, fidele gardien de sa dernière volonté, fitélever une croix sur l'emplacement dutrouou le malheureux fermier avait rendule dernier soupir. Je me trouvais, le prietempgs dernier, dans les environs du bourg de B......, : le dimanche nous y allames en | tendre la messe. Ce dimanche se trou- vait être le jour de ja Fete-Dieu, La procession etait aombreuse, et le re- posoir du village auss: luxyeusement orBé que celui dune ville. Tout en suivant les sentiers couverts deroseaux et des fleurs ceupé:s qui aboutissaient à l'autel des champs ou nous devions recevoir la bénédicition. je remarquai, en face de nous, une paysanne encore jeune, dont l'air doux et recueil:i m’at- tirait malgré moi. Elle tenait par la main une fillette d’une douzaine d‘an- | nees. Toutes les deux portaient un ! vetement noir fort soigné pour des campagnards, et leurs phisionomies | calmes et souriantes ne conseryaient pas les traces d’un malheur profonde et récent. Quelles sont donc ces femmes ea | deu1l? demandai-je à un voisia ; elles : me semblent supporter assez gaiment ! la perte de ieurs proches, car leur ha- | bit est d’un deuil sévère, C'est Jeannette Rebouiat, me ré- pondit-on, et la fille de Jésôme le s2- botier; vous savez leur histoire. Cro- iriez-vous bien que la petite de Jérôme, grèce à l'estime qu‘on a pour sa bien- faitrice, ignore encgre qu'elle deit le jour à meurtrier? C‘est beau cela pour la pauvre älle,fet consolant pour Jean- nette. Qu demeurent- elles toutes les deux? demandai-je. Toujours aux maisonnettes du ravin. Jeannette y est descendue ie jour même de son retour au village. ‘ ” Ne restez pas là, ma pauvre fille, lui disaient les uns et les autres, ces murs vous rappellent de trop amers souve- ; airs; vendez-ies et venez ay bourg : avec, NOUS, vous vous Conscjerez plus facilement. —Moni consolateur est par-tout, répondit Jeannetce ; les preuves de sa bonté sont dans les mirêree de ce mende, tout aussi bien que dans les joies; je le prierai mieux là qu'ailleurs. _ Pauvre fille! quelle vie trirte et désolée après l'avoir entrevue si heu- reux et si douce! répliquai-je. Jeannette ne se trouve point mai- heureuse, comme vous le pensez, monsieur; regardez d'ici sa maison- nette, ne dirait-on pas un champs de fleurs? C'est l'idiot qui cultive son jardin, il ne sait plus faire que cela; mais, en en revenche, sa fille gagne autant de ièces blanches qu’elle en veut; c‘est 'é a meilleure et la plus employée des couturières du pays à dix lieues à la ronde, elle a refusé bien des fois de se marier, même avec ,Victer quia rompu le mariage cu‘il avait recherché pendant que Jeannette était en prison. Comment , interrompis-je, elle a refusé d’épouser Daänier? Eh bien! tant mieux, il méritait cet affront, ap rès celui qu’il lui avait fait, Qhl monsieur, vous ne connaissez | dans k coeur, ele est la première à | prendre la défense de Victor, quand | on l’accuse; mais elle prétend qu'un fordeau n'est jamais mieux porté | lorsqu'on a la force et la volin'é de s‘en charger tout seul; ei à ceux qui se plaignent trop fort des malneurs de la vie,elle à l’habitude de répondre qu'elle ne connait pa: une peine dont un ne puisse perdre le souvenir 2v%ec l'aide de Dieu et un peu de bonne volonté. Fin. ES Sté LES DEUX SŒURS. Il y a environ ua demi-siècie, dans le charmant pays de Sancerre, à qu] ques pas du bourg de fars,ur be | et respectable famille d : prop tétaires- agricuiteurs h&bl.ait une vieil: mars décorée du nom de chà eau, en raison sans doute de so: Lo1: à giroueites et de ses deux coimbiers. Rien d‘aileurs n’y rappelait les anciennes demeu:es féod iles: les ba: - ments ruraux étaient. daus la cu mêine de J'habuation, à laqu: L: on arrivait par une terrasse entouré d'ur: pisrres mal taillé:s, d‘uo brun ‘orge qui rappelle la coulsur de la briqu . Le maison avai, du ché opp sé à la cour, une beilë ex mositi on au m di ou des lattes formant des Carré, :6 | gulieurs soutenaient dans le hau. e tapissant lé mur, les r:meaux d’un. treille qu', au pri temps, y ét lai se painpres verts, et ss grarpe:s doré dans l’irnière-saison Le bas 6 garni de pèchers dont un tapis de réséda purfumait les pieds bien avan! dans l’automne, Cette saison commengait à nuanger de teintes plus chaudes les feuilles des bois; le soleil éclsirait encore de belles journées, mais elles devenaient courtes, et le vent quis é evait piqua', vers le soir, faisait rechercher avec plaisir les flimmes du £oyer. pét llait d‘uu feu clarr; les servant : affarées se pressaient à l‘en‘our gourmanué:s par 4 maitresse du lie. laquelle attendait compagnie. Madame Mathieu était une grosse mère de quarante an, vive, alerte e. fraiche; sou déshabii'é plus que simpl ne rehaussait en aucnne fagon le restes d'une bezuté qui avai! ‘ai: piu d'un euvieux à son mari, L'é éganc de la jeune fille avait ent êrement disparu dens les s ucis ét li monotone du ménage. Madime Mathieu n'avait jamais été ni coquette ni frivile;s: elle-mème teuait à taire valoir ceiu de ses filles Claire et Angèle, ne suppo:- sant pas un seul instant que les se- mences d'amour-propre qu'elle jetait à protusion dans le coeur de ses «n- tants pussent produire autre chos- que ce qui avait germé et fructifié en elle, c’est-à-dire la modestie d’une valeur qui s‘ignore et l'abrézation d’une femme dont le bonheur est 1 devoir. Angélique Mathieu’ unissait à d solides qualités un caractère grogaon C'était le bourru bienfaisant. Astreinte de bomne heure à la sur- veiilance de nombreux dérails dn- mestiques, sa voix avait pris dans l- commandement journalier une in- tonation mécontente et Impérieuse #1 parfait désaccnrd svec sa pensée, qui était soumise à son mari, tendre p ‘ur sa famille’ prévoyante pour les s rv.- teurs qu’elle tracassait par une habi- tude qu'elle croyait najïvement ètre une obligation. Elle passait pour dominer M. vaux d'une exploitation agricoi-. n'entrait chez lui que pour dormir et manger; il était d'autant plus satisfait du bien-être qu’il y trouvait, et rappor- tait généreusement à sa femme les joies de sa vie facile. madame Dumont, mariée à Saint Thibaut, petit port sur la Loire, ‘avait pas d'enfants, et c était pour Ja rece- voir qu'il se déployait une activity inusitée dans la ma'sen. Madame Mathieu allait et venait des fourneaux au seuil de la cuisine; son oeil anxi-ux piongeait dans la cour, Jusqu,aux grandes portes qu'on tenait béantes pour ne pas retarder d'une seconde l‘entrée des voyageurs. Jean, dit-elle au valet qui se tenait toute proche, ne voyez-vous et n‘enten- dez-vous donc rien? Rien du tout, not‘dame..,. Après cela, le brouillard tombe, je ne vois plus le coude de la route qui monte à Jars. M'est avis, cependant. que s‘ils l'avaient tourné, j‘entendrais le fouet de Savignan, Ah! mon Dieu, reprit une des ser- vantes, ils sont sans doute encore au droit du chemin du Noyer, en atten- la chasse; j‘ai etenduses chiens toute pa # Jeannette, elle n'a aucune rancyne cette apres-midi. mur d'appui recouyert de dall:s en | Ceiui de la cuisine dela maison | mère avait paté son jeune ze comm- | Mathieu, donties désirs étaient des | lois pour elle; celui-ci, livré anx tra- Il avait deux soenrs, dont lune, | dant M. Everard qui s'est attardé à | Ds retenus L'IMPARTIAL Î | arrivé un accident | fonds de Menetou Taisez-vuus, sotte, réparut 81 jai- tresse, Fasse le Ciel que ce suit (Gra- den qui retur : m'dim Dumoni, je dans les qui sant si mauvais depuis Jes dernières | pluies. | | Jars a conservé le mème pect que jadis; le bourg, | as | bâti en amphithéàtre sur un riant CoLeau, présente au midi | le flauc de son église, d'une | architecture élégante et cor- | pe . 1 “ € . | . recte.. Aujourd'hui, comme | dans es derniers gonts, et à des prix au temps passé, le son du ses belles cloches est répété par : les échos du bois de in Nasse, | . + qu'il semble être le parc de ces InuisOns si Coquetteiment crains plutôt qu'il lui soit. | { situé si prés des habitations , échelonnées au-dessus du. | Saint lieu. | :. Laseule amélioration du | pays, depyis vingt ans, ce sont Jes routes; celle qu'on prend pour ler à Sancerre d'‘acacias mains. est bordée, depyis Jarseau, La maison d'un maréchal-ferrant, placée COMine en tourne-bride « à | l'embranchement de la route : Qui conduit à Notre-Daine- des Noyers, est d'un char- Mant élfet au milieu de ce paysage simplement gracicux. Autrefois, on gn achctait chèrement Ja vue. Les yoyages ne pouvaients* y faire qu'au moyen de ces voi | tures connyes sous le nom de pataches, qu'on ne peut dé- | crire que par tradition. Un | seu] siège contenait six per- Ouverte par-deyant et par- derrière, le lourde machine, posée simplement su, un es= AI jn need of Haying Harvesting machincery sieu, était tapissée à liutérienr de courroies auxquelles on | S’accrochait pendant les nom- lent dans les ornières toujours | profondes, rabotcuses l'été. sonnes, Yoyageæut dos à dos; | breuses secousses d'un trajet | faisant mare l'hiver, imprati- | cables souvent. Les chemins, enserrés dans | des hajes énormes remplies d'arbres aux troncs noueux dont Jes branches écorchaient le dessus des voituires, présen | taJent Vers la nuit des voutes | nojres sous lesquelles hommes : Î * et bètes ne s'aventuraient Jamais sans fprouver une sorte d'effroi..... C'était done à juste titre que madame Mathieu sine ! | à uiétait du retard de l’arrivée c sg belle-sœur qu'elle con- DaSait peureuse. ? Madame # 7 $ T D LANTA L'Imprimerie DE — L'IMPARTiAT. L'IMPARTIAL est ie seul juni. fra: Gais dans ‘Ile du Prince Ed uard Ayant trois bonnes Presses à notre disposition, nus s mmes eu mesuie d,exécuter, en frangiis et en anglaf., tue dé és, toutes suites d,ouvrages tels que Tete de Comptes Tete de Lettres, Affiches, Brochures, Cartes d'Affaires, Lurtes du Visites, Envejopes, Blaucs pour Magistrats, Blanes pour Avocats, Circulaires, Placurds, Billets. Envoyez-nous vos nous garantissons satisfaction. F. J. PBuors. Editeur-Propretaire, Tignish, Bjoe Cha sson, [. P. 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Mathieu reten- tit sur la terrasse: il deman- dait une chaise, afin que sa | SŒur pui d | modément de san affreux | moyen de transport, Madame | porter. On n‘entendit plus, | pendant quelques minutes, | é que n'attendaient pas les | réponses, de baisers donnéset rendus, d'exclamations inco- | hérentes mèlées À des phrases | d'amitié. | a contineur, | | Î escendre plus com-. Mathieu courut ellemême la: u‘un bruit confus de deman- | | N'oubliez pas le jour de la. fête nationale à Bloomfeld, | Best (ioods and Best Bargains to be had from always on hand. James P. Cynningham. is ji 93 Em se «+ _. nn. mr es Do re © Ps] e #5 0 & L OZNTMENT. Ripans Tabules relieve nausea. Did you see our visiting cards? 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