| : : : : pas le moins du monde à le ca- téchiser. surtout en brusquant une con- ni RS EE Fe : à RCI AR es un ue + ee mme maneemen “ . A ss SR LS SN ESS es ET Se ve cr R LE mm - te entinnt Deux Voisins time rendu au trésor des pau vres de sa commune par un brave homme qui leur donne- rait ainei un peu de son argent et de son joisir. —Mais à quoi diable vous ser virai je, mon cher mousieur le curé ? — À faire peurau diable, qui (Suite de la 8em page) Tout en jouant, ils eausaient de diverses choses, entre denx parties. L'abbé Socard avait son idée. 1l connaissait déjà les doctrines et le caractère de M.Matruchot, et il ne songeait s‘assemblent, même pour diner, mon cher voisin ; à bon exemple, je vous le réptte, à détruire ici dans des âmes qui deviennent, j‘en ai peur, plus troubles et plus faciles à déran. ger du droit chemin que les âmes d'autrefois, l'effet des mauvaises lectures, des mauvais Journaux, des mauvais discours, de tout ce qui diminue les chan ces de paix et sème les germes de division entre les hommes : à équilibrer nos petites finances et à les grossir de temps en temps, si vous voulez bien... — Passe encore pour les gros- sir ; mais je n'ai jamais été #co nome, j'ai été censeur, et je ne sais pas faire un compte. On ne ohange plus guère à cet âge-là. En essayant version, il se serait heurté, il le savait, aux résistances de son voisin, qui était sans doute trop vieux pour dépouiller le vieil homme, et il eût refroidi leur amitié naissante. Mais le bon abbé Socard était un profond politique. Sans prétendre con- vertir M. Matruchot, il voulait, “pour l'exemple”, si important dans les petites communes, le tirer un peu plus de son côté. 11 espérait l‘avoir pour ami et pour allié dans la petite campa gue d‘évangéliste patient et si lencieux, que tout bon curé fait et doit faire, chaque jour, au- près de son troupeau ; l‘intéres- ser, toute question de dogme et de presence aux offices mise à part, dans son rôle mora! de tu- chose ; et puis je serai là, près de vous, comme ce soir ; je vous apprendrai. Nous enriehirons la fabrique, qui en a besoin, avec la cagnotte de nos dominos. ner TRS ROUTE | teur des âmes, et, comme il di. sait lui-même modestement, de “chien de berger” Un de ses vieux fabriciens, M. Sannois, ancien juge de paix, venait pré- cisément de mourir. M. le curé était assez embarrassé pour lui trouver un suvcesseur qui le remplacât honorablement. Per- suadé qu'en politique, comme en tout, la franchise est encore le meilleur moyen de réussir, l'abbé Socard s'ouvrit franche- ment à M. Matruchot de ses in- tentions seerètes. Celui ci fit d‘a bord la sourde oreille, 11 ne voulait se mêler ni de religion ni de politique. L'idée de s‘in- térresser aux comptes et aux oeuvres de l'Eglise, même de l'église de Courteron, lui souri- aient peu ;ilne se voyait pas bien devenir quelque chose Comme un marguillier, sur ses vieux jours. L'Eglise et l'Uni- versité pouvaient certainement vivre, l‘un à côté de l'autre, en voisines et.en amies, mais à la condition de ne pas se mêler l‘une à l'autre et de faire leur tâche sociaie chacune de son côté. Un vieux censeur n'avait pas l’étoffe d’un fabricien : nn vieux philosophe était trop ré- Prouvé, trop impénitent pour entrer, même à titre auxiliaire, dans la maison de Dieu. Ainsi se défeudait M. Matruchot, et il refusa. L'abbé Socard ne se tint pas pour battu et revint à la charge. 11 expliqua, en très bons termes, à M. Matruchnat le service qu'il attendait de Jui. 1lne le ser- monna point, ne le gronda point, ne lui parla point, comme l'eût fait uu fanatique on nn mala droit, de l’impénitence finale et de la damnation éternelle, mais il l'ébranla petit, à petit très amicalement et très habilement. Ce fat un beau dialogue, sira- M. Matruchot hésitait tou-- jours. 1i persistait à se croire inutile et déplacé dans un con- seil de fabrique. Ilcitait Ho- race. “Spectatum admissi, risum te— neatis, amici ?” ce qui voulait dire dans sa pensée : “Ou rirait bien à Charlemagne, s1 l'on me voyait.” L'abbé Socard répliqua vive- ment qu'on ne rirait pas et qu'on a’aurait pas le droit de rire à Charlemagne parce qu’un cen- seur émérite serait devenu un fabricien considérable- et con- sidéré ; que c'était là justement une bonne façon, peu lucrative, sa retraite... “Vous vous êtes plaint une ou deux fois, mon voisin, de n'avoir plus rien à faire : vous ne voulez pas être couseiller municipal ni méme conseiller d'arrondissement. Soyez sûr que je voterais pour vous ; travaillez pour moi, pour mon église, pour notre com mune, pour les malheureux. Pour les pauvres de la paroisse, sil vousplaît”. Et il lui tendit la main, d’un geste cordial, avec un sourire. M. Matruchat faiblissait visi- blement. L'abbé Socard acheva de le gagner en perdant Ja par tie de dominos, la dernière. 1 ne le fit pas exprès, mais il con- naissait le cœur humain, et il ne fut pas fâché de l'avoir per- due. La soirée allait finir : 11 était dix heures. C'est l'heure des honuêtes gens. à Courteron, pour s’aller coucher. L'abbé Socard ue voulut se coucher que sur une victoire. 1] emporta joyeusement les dernièr2s hési- tations de M. Matruchot. 1lse mit à citer Horace, Jui aussi, Horace et Voltaire. Il fit sou- venir M. Matruchot que ce mé ple etsage. Ilsétaitent d'accord! créant d'Horace avait aidé Au. au fond, sur les choses éternelles. guste, bien eonverti, dans son et qui, sans parler tout à fait la| œuvre de restauration religieuse même langue, ne se trouvaient | et sociale, et que, s’il y avait eu vraiment séparés que par une é- | des fabriques’ en ce temps là, il ducation ct des habitudes diffé-|serait certainement entré, com— rentes. L'abbé Socard,qui était. me M. Matruchot, dans le con- lettré, prit M. Matruchot par/seil de fabrique de sa commune: tous les houtset par tous ses il lui rappela que Voltair: avait faibles. Il lui prouva d'abord | été capucin et qu'il signait frère qu'il ferait du bien et qu'il aide | François, capucin indigne : il se rait à en faire. 11 l'assura que recommanda auprès de lui du personne au monde, pas même bon Rollin, l'auteur du ‘Traité ses anciens collègues, ne verrait des études”, le maitre des mai- dans son aeceptation du titre deltres, qui avait été bien mieux— fabricien un désaveu de se3lou bien pis—que fabricien, idées, mais un témoignage, pu-| puisqu'il était janséniste. ]jile CHE ù n'aime pas que les honnêtes gens,sieur le curé. donner Jle}mon cher paroissien. —Les nôtres sont si peu-debilambeau mais pas trop lourde, d'occuper | L'IMPARTIAL JEUDI aire, sur la bonne administra.| tion des deni:rs de j'Eglise et du revenn ds ma heureux, quil seraient, avee M. Matrochot, en | si bonues maius.....…….. —Eh" bien, j'accepte ! Soit | par dire M. Matrachot. Vous! irrégeistible. demain, mon- : êtes ur homsne Bonne nuit, et a } — À demain, et bon sommei!, Waltham Les bons coeurs sont téujours de la même Paroisse: Mis au courant de ces graves événements, Joseph +t Mile Di. vine, qui s’entendaient mainte- ant on be peut mieux, ne mar— chandèrent pas leur approbation l'aue à M. le curé, ponr avoir Watches, unexcelled for time keeping. Wedding wené à bicn cette négociation difficile, l'autre à M. le censcur. pouravoir contente M.le curé, un si biave homme. Mile Di- vineeut bientôt fait d'en infor- mer tout ie pays, qui fut en- chanté de la nouvelie. M. Mat. ruchot parut tout naturel à ces âmes simples dans lesquelles “le progrès des lumières” et ‘le de Ja philosophie’ n'ont pas encore obscurci tout le sens commun ni détruit cette science résignée de vivre en paix qui est bien la première des sciences. 1l n'y eut guère que deux ou trois fortes têtes de l'hôtel du “Cheval blanc” pour réc.iminer contre ce qu'ils appe- laient, sans savoir au juste ce que cela vouiait dire, “les agis: sèments du clériralisme” et “l'apostasie de M. Matruchot”. Toutes les bonnes femmes sa réjouirent avec Mlle. Divine, et quand on a les fëmmes pour soi daus un petit pays, on peut être tranquille sur “l'opinion”. La petite haie subsista, comme par | udother RINGS, fine varieties styles and stones. “pectacles, and Eye glasses with lense:fit- ted to each eye separately by meausof testing and with re- gard to style and comfort in wearing. Silver Spoons, Forks and an extensive stock of fancy aud Table ware, suitable or presents, E. W. 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Si un chacun ressemblait, à ces denx- là, il y aurait moins d> mis ère par le pays ” Voila comme M. Matrachot est devenu fabricien, et un fa- bricien modèle. Quandily a ane difficulté àarrauger il l’ar- rang ®,uüu d ft à combler, il le comble. Son coeur lui conseiile! d'être généreux. M.ie maire n'a|insurance effected at low rates pas voulu être en reste avec M. le curé. C’est un personnage ia ffueut, et quiest bien va à la | sous-préfecture. Zlia fait nom- | mer M. Matruchot délégué can- tonal..Tous les honneurs ! M. Ma truchot les porte modestemeu: et allègrement. 1la bon pied, bon oeil’ bon estomac, et, ce qui ne gâte 1len, bonne conscience. 1l est heureux et utile dans son CHARLOTIETOW N. Representing in P E 1sland North British & Mercantile Fire ins Co. Union Fire Assurance Society. Phoenix Fire Assurance Co. of London. Generali Marine insurance Co. 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