ne Le Songe du Bonheur Par uu beau soir d'été, le long d'une allée ombreuse, un couple marchait lentement : le fiancé, la fiancée Derrière eux venaient deux femmes, la mère et la tantine de! la douce fiancée, si jolie avec ses yeux bieus, son frais visage et ses cheveux blonds. À voix basse elles parlaient, évoquant le passé au seuil de ce lendemain qui allat faire de ce lendemain qui allait faire de “leur enfant une femme, et, de se souvenir ainsi, une grande é- motion faisait trembler leur voix. La mère d’Yvonne, veuve de bonne heure, et sa sœur, ‘tan- tine Hortense”, la plus adorable des vieilles filles, avaient passé seize ans en extase devant la mi- gnonne blondinette, leur seul a- *mour : elles l'avaient dorlotée, choyée, gâtée à souhait. Toutes trois, durant ces seize années, avaient vécu étroite- ment unies dans la jolie villa que l'enfant quitterait demain. Cette villa, leurs univers, n’y a- vaient-elles pas connu toutes les douceurs et les amertumes ? N'espéraient-elles pas, pour les consolerde l'absence d'Yvonne, - avoir bientôt un bébé qu'elles lin, N en lnvre., tn qu man mm nette 2 L'IMPFARTIAT, JEUDI LE 1 SEPT, 1898 = —Paresseuse ! murmurà-t-| main de la jeune fille et partit, elle encore sommeillante, ça | promettant de revenir le lende- c'est fort ! Tantine, il ne fait pas | main. jour. ! Niia mère nila tante ne se —Pas jour ! méprirent. : Les deux femmes éclatèrent| —I1 ne l'aime pas assez pour de rire. l'épouser quand même, se di- —Et ce beau soleil ? Tiens, rent-elles. regarde ! | Et, tristement, toutes deux Yvonne ouvrit tout grands|rlièrent la robe blanche et le ses yeux bleus. | voile de dentelle. On les enferma —Mais, Tantine, fit-elle avec avec les mignons souliers et la une moue adorable, je n'y vois| courenne dans une grande cais- rien lu tout ! se. Mme de Courcey et sa sœur! Paul revint, ainsi qu'il l'avait jetèrent un même cri d’an-|promis. 11 était grave. Douce- goisse : ment, il s’approcha du fauteuil — Voyons, tu nous vois bien ? dans lequel Yvonne rêvait les Elles se penchaient sur l’en-|yeux clos et, pliant le genou de- fant, toutes tremblantes. vant elle : Yvonne étendit les bras. —Ma fiancée, murmura-t-il, —Je vous touche, je vous sens!ma mie Yvonne, vous savez si bien, dit-elle, mais je ne vous |je vous aimais. Eh bien, aujour- vois pas. d'hui, parce que vous êtes triste —Dieu du ciel, elle est a-/et malade, je vous aime encore veugle ! plus qu'hier. plus que jamais. La jeune fille s'était brusque- | Je vous fais le serment d'êtré ment redressée, elle dilata ses! un bon mari; voulez-vous en- prunelles, tourna autour de la core devenir ma femme ? chambre ses deux yeux sans re-| Le mariage eut lieu quinze gard maintenant, et, dans un i-| jours après ce dénouement inat- nexprimable sanglot, s’écria : tendu. Yvonne et Paul habite- —Aveugl: ! Je ne pourrai! rent la villa. plus voir Paul ! Une année passa : il vint un Lourd, terrible, écrasant, un | petit enfant, une fillette blonde long silence piana. et rose qui avait trois mères La première, Mme de Cour-|pour l’adcrer. cey se ressaisit : On espérait toujours la guéri- — Voyons fit-elle, cela n’est|son d’Yvonne, le docteur aflr- berceraient sous les mêmes om- brages qui avaient vu grandir l'adorée ? : | tion prochaine, se mélait la joie de savoir leur Y vonne heureuse. Elle aimait et on l'aimait ; j'a- venir pour elle apparaissait pur de tont nuage. Tantine Hor- tense était lancée, elle parlait sans trève, et sa sœur, comme elle emportée par le souvenir, donnait la réplique. Mais dix heures sonnèrent, ce fut le ré- veil. —Allons, chérie ! cria tantine, nous allons reconduire Paul jusqu’à la grille ; ensuite, nous irons dormir. 11 faut que de- main tu sois fraiche et rose. —À demain, ma mie Yvonne, dit-il en l’embrassant, puis vn- suite à toujours |... Dans le loinfain, les douze coups de minuit retentissent. Yvonne est à sa croisée ; elle rêve. Le sommeil la fuit, elle préfère ce grand silence, penser à ses aspirations, à Ses amours, aux joies promises...... Autour d'elle tout s’'apaise. Les feuiiles ne bruissent plus, les fleurs sont closes, elles dor- ment. L'étang ressemble à nn miroir d'argent et l'œil cligno- tant des étoiles semble contem- plie: tendrement la jeune fille. L'est miuuit, heure mysté- rieuse et deuce, le dernier mi- nuit que la jeune fille entendra sonner. Et son rêve se prolonge si longtemps, que la lune s’eteint, les étoiles disparaissent une à une, le ciel pâlit vers lorient, et peu à peu une bande de cou- leur lilas s'étend tout au boat de l'horizon. Voici l’aube qui nait. —Par exemple, murmure Yvonne, en souriant, voilà ce qui s'appelle une veiliée ! En hâte, elle se couche. —C'est bête comme tout, a: joute t-elle en se glissant dans ses draps, on dirait que j'ai comme un voile sur la figure, je n'y vois plus ! Voilà, j'a. rai pris froid ; l'air est froid le matin, et | Tantine me défend toujours de dormir les fenêtres ouvertes. Si, elle savait que je tais tout le| contraire, je ne serais pas gron- | dé qu'un peu ! Et, souriante, elle s'endort. À neuf heures du matin, rien de n'ayant bougé chez Yvenne, les|Tu. Yvonne dormait quand il arriva. On n’osa la réveiller,/ | deux mères se décidèrent à j’é- veiller. | — Paresseuse ! elle dort en-|Pla de longs instants, la douce core ! firent-elles en rentrant | figure d’Y vonne si jolie, si pâle,) |si désolée ; un grand combat se livrait en lui. Enfin, il prit la dans sa chambre. | Au bruit, la jeune fille s’agita. ÿ\ (ne. pas possible ; on ne vient pas a-| mait que c'était une question Woo! WOOL Wanted 20 Tons Washed or Unwashed Woo! for CASH! Every department tull ! Everything you require ! Special Bargains this week in Ready-Made Clothing, Bicycle Suits, Boots & Shoes, Bicycle Boots, Shirts, Ties, Ladies and Gents Underwear. Dress Goods! Dress Goods ! Dress Goods! Shirt Waists, Hosiery, Studs and Jewelry, Carpets, Blinds, Cur- tains, Room Paper. veugle tout d’un coup. Cela ne de jours. Combien ? On ne … peut-être qu’un trouble passa- vait, mais l'espoir faisait le gœ ; c'était tou- aura vite rassurées. jours, pour deraain. Des ordres furent aussitôt | Une après-midi d'été, sous donnés, un domestique courut | une tonnelle fleurie de chèvre- au village chercher le médecin. | feuille ; Yvenne berçait dans Pendant ce temps, au chevet ses bras sa jolie fillette. d'Y vonne, les deux mères af-| Près d'elle, Paul les contem- freusement bouleversées, con-|p]lait amnureusement. centraient toutes leurs forces,| Mme de Courcey et la tantine tout leur courage, voulant pa-:|s’acharnaient à tricoter fe imi- raître calmes. Il ïe fallait, pour | gnons chaussons de laine blan- que l'enfant ignorât leurs ter-| che peur la petite. reurs. | —Est-elle gentille ! dit sou- Elles la berçaient de paroles | dain le pére ; elle gazouille dé- calines, lui persuadaient, pres- | jà comrae uue bonne petite fem- que à force de caresses, que ce me. (est tout ton port:ait, ma n’était rien, rien du tout et que mie: tes cheveux blonds, tes tout à l'heure, elle y verrait. yeux... Le do:teur vint, examiza lon-' Yvonne éleva le baby jusqu’à guement les doux yeux bleus ; son visage fixant sur luises yeux puis il dit : novés de larmes joyeuses. —Ce n’est rien, ma petite :| Puis d'une voix que l'émo- The Millieery Department centinues to draw daily. ROBT. T. HOLMAN Summerside, February 24th, 1898. : quelques lotions auront vite fait tion étrang'ait : de vous rendre Ia vue aussi! -Menteur ! tu sais bien qu’- claire qu'hier. Mais vous ailez'élle a comme tot les yeux noirs ! | avoir une petite contrariété :} A force de regarder son en- votre guérison demandera quel-| fant, elle avait recouvré la vue. que temps et cela retardera nn Louis Germont. peu votre mariage. | . _. Y sonne serra fièvrement les! HE RN ARD BROS mains du vieillard. | Vous me le promertez, jy Now that the het season is On, we verrai, je ne suis pas tout à fait wigh to remind the people that we keep aveugle 2 | a first class assortment of cool (on ice) Mais certainement, balbu- | temperate drinks. tia le pauvre homme tout ému. Ayez patience, mignonne ce nel } | | —010— Confectionery of every des- - criptien sera rien. C'est la goutte séreine, dit} Groceries— Pare and Fresh VALITIES == Yo REQ SITE Ÿ Ag] CONSTRUCTION/ WINIIE. il tout bas aux deux femmes! consternées : la guérison sera! Nice Biscuits, Cheese ete. | Se : ; RS | longue, difficile impossib'e pent | | être. Je ne pouvais ras vous le! Boots & Shoes, a great varie- | cacher, mais elle, il faut qu’elle |ty to select frorn. li, «ire. Vons lui ayez, fait une | | bd 2 F. ‘ ; , | +) « ? e âure-$1 tendre, que *si elle sa-| Dry Gooës, Dress Goods, vait, elle mourrait, nes pauvres | Fancy Goods, etc. amis ! | | Voilà, résama la tantine! Hardware, Stores, Tinware, » . * | T< + | quand le docteur fut parti, nous | Gramte ware, etc. | avons le cœur broyéet il faut! | | paraitre gaies. Ganned goods of Evry) — Quel réveil ; mon Dieu ! dit Variety | la mère ! Aussi, nous étions trop heu-| MILE CANS - THE } reuses, hier. BEST | Pendant qu'un valet allait | : Es | “ 20 | General repairing done at prévenir le fiancé, les deux fem-| de N | ? à : ; short notice in our Tinwarel mes retournèrent près d'Yvon-| | | shop | LL. | Effaré à l’annonce du mal- heur, Paul Volney était accou-| BROS. Paul, penché sur le lit, contem- Tienish, P.E.I. Ripans Tabules: for sour stomac. Ripans Tabules: one gives relief. 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