— nn. mms, OUVELLE SÉRIE Per nat temitantd oo L'IMPARTIAL, TIGNISH, I. P. E., MARDI 13 JUILLET 1909 1e More HD PP DST marée mehr dre FREE 25 “ Ps 16 ANNÉE 3 JOURNAL CATHOLIQUE DANS JNE PAROISSE C'EST UNE MIS: SION PERPETUELLE. LÉON XII FONDÉ EN 1893 PUBLIÉ LE MARDI DE CHAQUE | SEMAINK ABONNEMENT ae l Pour LE CANADA — | .$1.00! a AR | D Rd oosoce: on oi Pour LES ETATS-UNIS UR a... sc occséccocee se .#1.50 Six MO snecsocoveteooc es 7 Pour L'EUROPE DE M. once se ..$1.50 Six moiS.....esse..°°++ 1.00 Les abonnemeuts sont payable d'avance. Pour cesser de recevoir le jour- nal, il faut donner avis au moins un mois avant l'expiration de son a- bonnement et payer tous les arré- rages. Ceux qui caaugent d'adresse devront nous donner l'ancienne aus- si bien que la nouvelle. Adressez toutes lettres, corres- pondances, etc., à L'IMPARTIAL Tignish, Ile du Prince Edouard L‘'IMPARTIAL Gates emmener Tignish, Mardi, 13 Juillet 1909 Le Pretre Catholique On a pu lire ce témoignage peu équivoque, dans le ‘Methodist Re- corder ,’”’ organe protestant de l’On- tario : ‘“On ne peut nier que le prêtre catholique, à toutes les époques de l'histoire a joué un rôle important sur la scène du monde ; et ce rôle, il le remplit grâce aux fortes étu- des qu’on lui impose, à la longue préparation que l'Eglise demande de ses futurs ministres. Noyp con- tent de cet heureux état de choses, Pie X, tout récemment à l’occasion de son jubilé sacerdotal, vient de porter à un dégré beaucoup plus é- mal. L'enfant a besoin de repos et de distractions. Il faut les lui don- ner. Mais il faut que ce repos soit sain, Au moral comme au physi- que, il faut que ces distractions soient honnêtes. L'enfant a besoin de jouer, mais il faut que ses jeux ne tournent pas au détriment de sa santé, de la santé de son corps ou de la santé de son âme. ’est dire que leur repos, les en- fants doivent le prendre sous la surveillance de leurs parents, non pas dans la rue, dans la promiscuité de tous les scandales. Les enfants ont besoin de cette surveillance pendant les vacances comme pen- dant l’année scolaite, pendant les vacances plus que pendant l'année scolaire. veulent vraiement leur bonheur, ils ne les perdront pas de vue pendart les jours des vacances. Mais s'il leur est impossible d'exercer par eux-mêmes cette surueillance cons- tante, de toutes les minutes ? Alors qu’ils se fasseht remplacer par d’au- tres mais qu'ils ne laissent pas à leurs enfants la liberté de se perver- tir et de se corrompte”’. SEE Mon Bien Cher Compatriote, L'IMPARTIAL du 29 juin nous leil depuis l'acclamation de Marie Immaculée comme Reine d’ Acadie, sous son très glorieux vocable de l’ Assomption —.Et comme les reines de la terre ont autour d'elles, sous le titre de ‘‘Dames d'honueur’”’, une brillante cour servant fréquem- ment d’intermédiaire entre les su- jets qui implorent la protection de la souveraine et cette souveraine, ainsi Marie, notre Auguste Reine d’ Acadie, voit autour d’ell: la plus brillante cour qui se puisse conce- voir. Par un acte d'autorité qui suffit à porter votre nom dans la suite des {siècles et à le faire bénir par ies gé- nérations futures de notre Patrie : vous appuyant d’ailleurs sur des précédents qui justifient votre acte, le plus beau du XXème siècle en Acadie, précédents dont il suffi: de citer deux principaux : Louis XI, donnant le roynume de France à Marie au XVème siècle (ce fut sous son règne, en 1456, que le Pa- pe Calixte III réhabilita ja mémoi- re de Jeanne d'Arc brûlée à Rouen sur la place du Vieux-Maïché le 30 mai 1431) ; Garcia Moreno, pré- sident de la Republique de l'Equa- teur, consacrant solennellement, vers 1873, sa patrie au Sacré Coeur. Les Francs-maçons le firent pour Cela, martyr en 1875. Par cet acte d'autorité, vous hâtez la délivrance de notre pays. levé le niveau des études cléricales, en même temps qu'il exige un âge avancé pour l'admission à la prêtri- se. Ceci il faut l'avouer, ne cadre pas beaucoup avec les idées reçues chez plusieurs sectes protestantes, en particulier les Méthodistes qui eux soutiennent que celui que se destine au ministère, doit y rentrer ie pius tôt possiblé, préparé ou non. Que diraient nos jeunes gens qui se destinent au service de l’Egjlise, si, avant de les admettre à l’ordina- tiou, on exigeait d'eux un cours complet d’études classiques anglai- ses, latines et grecques ; deux an- nées de philosophie, de sciences natureiles et de mathématiques quatre années de théologie, de droit canon, d’Ecriture Sainte. de liturgie, d’éloquence sacrée ?...Tel est portant l'énorme bagage d’étu- des préparatoires que le Pape n’a pas encore trouvé suffisant pour Îles futurs ministres de l’ Eglise catholi que. Faut-il, après cela, s'étonner du prestige merveilleux dont jouit le prêtre sur la masse des fidèles ?”; Les Vacances Nous détachons d’un article de Julien Brieux publié ans la “Tri-! bune’”’ de St-Hyacinthe les réfle- xions suivantes : “Les vacances sont nécessaires. Elles sont aussi un danger. Par le fait même du repos, de l’inaction, elles constituent un temps d'épreu- ve. Trop souvent, par le fait de Le geste admirable que vous ve- nez de faire prouvera à tous nos | contemporains, à nos ennemis, a- | charnés plus que jaxais à notre per- te, que le Dieu de Clovis ne meurt pas et qu'il entend continuer la Sé- rie de ses Actes parles Francs, Gesta Deiper Francos. Votre geste est à peine fait : déjà j'ai entendu de nos prêtres les plus distingués s'écrier ‘‘qué c'est providentiel pour l’Acadie’’ ! Vous nous donnez, en effet, au- piès de Marie, la plus puissante | Avocate que nous eussions osé es- \pérer. Jeanne d'Arc, vous le dites très bien, est Fille de France—l’ A- . |cadie est Fille de France— : quoi de plus naturel que l’union de deux enfants, mais quoi de plus juste que [ta protection de la plus forte à sa ; soeur faible, quand toutes deux ont grandi dans les larmes, dans la per- \sécution, se sont élevées dans leur : propre sang ?... | Oui, elle est providentielle, cette |reconnaissance par vous, Chef in- contesté et vénéré de l’Acadie, de la toute gracieuse Guerrière la Bienheureuse Jeanne d'Arc, le Pa- triotisme fait chair, la vaillance par la Foi, la Charité persounifiée, la confiance incarnée en la justice du Pontife Suprême, autre doux Christ sur terre, auquel nous aussi nous nous confions énerdument, pauvres Acadiens, lui disant à travers nos sanglots : ‘‘Pontife de Jeanne d'Arc, Enfant de France, écoutez et délivrez l’ Acadie, Fille de Fran- ce !...''—Le Vénéré Pie X ne sen- tira-t-il pas bondir son Coeur de fréquentatiéiif à mis moins bons, de compaguons de jeux mauvais, elles sont un temps de corruption et de déchéance morales. L'enfant, sans expérience, igno- raut du danger, cherche son plaisir pariout. Il va partout où l'appelle la distraction, où le conduit la Joie de vivre. C'est aux parents que s'impose le devoir de guider les pas de l'eu- fant à travers ses dangers, de le protéger, de le défendre eentre le ; | Père à cette touchante supplication d’un peuple ‘‘passé au pressoir”? chez soi daus son propre pays ?... Il faudrait ne pas connaître le St. Père pour oser le croire insensible. Coiïincidences singulières, si l’on veut : 1° Votre Décret est publié davs L'IMPARTIAL du 29 juin, jour de là fête de saint Pierre, c'est-à- dire de la Papauté ; 2° Ce jour-là même arrivait un écrit de l’illustre Qénéral de Gherette #l almé der 2 ” Scan LL arm WrEi ; apporte le plus doux rayon de so-| Pontifes-Romains, et il nous dit : ‘Vive Jeaune, c'est encore elle qui nous sauvera l’’ Vous connaissez le dévouement du grand Français au peuple d’Acadie. C'est unes- poir qu’il nous apporte. Jeanne est donc devenue, officiel- lement, la Protectrice de notre mal- heureuse patrie toujours opprimée : la persécution est incessante, eile atteint même, à Moncton entre au-, tres et à Chatham, un degré d’a- cuité qui fait trembler... Jeanne a culbuté les plus puis- santes artpées du plus puissant sou- verain de son temps, comme elle a coufondu l'évêque Judas et ses théologiens qui l'ont jugée ; elle a vaincu ce peuple qui tient dans Aussi si leurs parents | l'esclavage le peuple qui nous vou- drait esclaves, et qui fut reçu par charité par nos pères parce qu’il souffrait....Æt Jeanne serait im- puissante contre ces esclaves joi- guant à leur abjection l’ingratitude la plus dégradante ?...—Oh ! non, elle n'est pas impuissante. Elle le montrera.. car elle est déjà à l’ac- tion en faveur du petit peuple qui se confie en elle. Marie voulait être priée par l'innocence unie à l’amour de l'Eglise et de Ja Fatrie : tendait Jeanne, your cela. pour cela, et afin que pour nous Jeanne la suppliât, elle mettait, la Divine Mère, au coeur de son fils, Chef du peuple d’Acadie, le projet de la Reconnaissance officielle de Jeanne d’ Arc comme Protectrice de l’Acadie prosternées, les deux En- fants de France, aux pieds de la Reine de France et d’Acadie.... Soyez en béni, M. le Président- Général : cette bénédiction sera dite et répétée par nos enfants et les enfants de leurs enfants. M. SEBASTIEN Le rer juillet 1909 eZ TRISTE PERSPECTIVE que celle de chaque homme ou chaque femme qui souffrent d’Indigestion. Personne ne peut jouir pleinement de la vie, ou faire convenablement ce qu'il doit, sans une bonne santé, et il est absolument impossible d'avoir une bonne santé, si l'estomac ne fonctionne pas bien. à Le mal de tête—l’engourdissement— la courte haleine —: douleurs dans l’estomac— apathie—irritabilité — mauvaise haleine et mauvais caractère, sont quelques-uns des symptômes de l'Indigestion— symptômes qui ne doivent jamais être négligés, spéciale- ment quand il y a un moyen sûr et prompt d’être guéri —Les Tablettes “No. 11” de Father Morriscy. Ces Tablettes furent inventées par le prêtre-médecin pour soulager et guérir ceux de ses paroissiens qui souffraient de quelques sortes que ce fût, de maladies de l'estomac, et elles en ont soulagé et guéri des milliers. Voici ce que Mde. Jerry Mullin de Trout Brook, Northumberland Co., N.B. écrivait à leur sujet, en date du 2 Dec. 1908 : Fa y'étais affigée de très sérieux déran- gements de l'estomac et les médecines que je reçus de Father Morriscy me guérirent complètement.” Si votre estomac ne fonctionne pas bien, essayez donc les Tablettes ‘No. 11°? socts. chez votre fournisseur ou de la Father Morriscy Medicine Co. Ltd. Chathatw, N.B. 46F Greve Monstre a Sydney, N. E. Sydney, N. E., 7—La grande grève dont la menace planait depuis quelques temps sur notre monde industriel et travailleur vient d'é- clater hier par la c2ssation de tout travail de la part des mineurs unis de l'Amérique. Les mines -de la ‘‘Dominiou Coal”’ continuent ce- pendant encore d’être exploitées quoique avec un personnel de beau- coup réduit. Onestime que sur environ 5,280 mineurs il en reste 1,007 qui sont encore à l'ouvrage, culer et la compagnie est confiante qu’elle en arrivera à vaincre la grève et les grévistes. On n’a pas encore enregistré de désordres sérieux. Des groupes de grévistes vont cependant jusqu’à l'entrée des mines afin de persua- der les ouvriers de la P. W. À. de les aider Gans la poursuite de la grève. Cette dernière provient de ce que la Dominion Coal, conformément à l'invitation qui lui en avait été fai- te, n'a pas envoyé de représentant Workers vf America pour discuter les questions en litige entre elle et ses employés. L'administrateur général de la compagnie est décidée à ue pas reconnaître les United Mine Workers et ne se rendra à aucune de leurs demandes. Les charbonnages de la compa- gnie ont été entourés de clôtures, etona préparé à l’intérieur des maisous pour les employés qui vou- dront continuer à travailler. La compagnie a rempli presque tous ses contrats et a en réserve entre 100,000 et 159,000, elle at: | Et Tous les convois continuent de cir- |. à la conférence des United Mive | L'adie 0 (DU SOLEIL DE PARIS, FRANCE) —— 0 —— Au commencement du XVIIe siècle, des paysans bretons et des laboureurs normands, —devançant de seize ans les pre- miers puritains anglais que la Æ7eur de Mai débarqua sur les rivages du Massachusetts, —s'établirent dans cette presqu’- île de la Nouvelle Ecosse qui portait alors le nom d’Acadie, Agriculteurs et pêcheurs, les Acadiens vivaient au nombre de seize à dix-sept mille dans cette province soumise à l’au- torité britannique. L/ Américain Longfellow, dans son poèe me d'Ævangéline, n'a fait que traduire en vers le tableau idyllique tracé de la colonie par le célèbre historien Ban- croft. Letraité d'Utrecht fut le point de départ des mal- heurs qui fondirent sur les Acadiens. Catholiques et Fran- çais, ils ue pouvaient se résoudre à combattre contre leurs frères dans les rangs britanniques ; aussi réclamaient ils le bénéfice d’une neutralité que l'humanité faisait à leurs mat- tres un devoir de respecter. Mais le fanatisme protestant ne permettait pas de respecter de misérables ‘‘papistes’’. Pour les punir de leur fidélité au Credo ancestral, nulle ve- xation.ne leur fut épargnée. Pendant un demi-siècle, toute l'Amérique protestante s’acharna contre ces pauvres paysans. Enfin, ne pouvant parvenir à les éxterminer, on résolut de se délivrer d'eux par un de ces moyens atroces que le genre huimain ne connaissait pius depuis l’époque des conquérants assyriens, —et que le protestantisme anglais et, quelques années plus tard, la Révolution française devaient remettre en honneur : la transportation en masse |! Cette mesure infâme, réclamée par ce philanthrope cafard qui, sous le nom de Beujaminu Franklin, hypnotisa tant de Fran- çais stupides et arrachée à la faiblesse ou à l'ignorance de lord Chatham, fut exécutée avec une cruauté qui en doubla l'horreur. Les bourreaux s’appelaient Lawrence, Winslow, Murray, Sauül, etc. Le vendredi s septembre, tous les habitants mâles du village de la Grana'Prée reçurent l’ordre de se rassembler dans l'église. 418 Acadiens obéirent à cet appel. Aussitôt, Winslow déclare à nos compatriotes qu'ils sont prisonniers du roi et qu’on va les jeter sur des plages incon- nues. Les prisonniers sont amenés devant la garnison et mis en ligne, six hommes de front. Jusqu'à ce moment, ces malheureux s'étaient soumis sans résistance. Mais à peine leur ordonne-t-on de marcher vers le rivage, que la résistance commence. Avait-on le droit de séparer le fils du père et le frère du frère? Cette dislo- cation des familles révolte les victimes. Insensible aux pro- testations des Acadiens, Winslow enjoint aux troupes de croiser la baionnette contre les Français rebelles. Au mo- ment où le sang va couler, les jeunes gens se résignent à marcher. De l'église au lieu de l’embarquement, la distan- ce n’est pas moindre d'un mille et demi. Pendant tout ce trajet, les mères, les filles, les aïieules, les fiincées, les fem- mes s’attachent aux pas de leurs maris, de leurs frères, de leurs fils, de leurs petits-fils, prient, pleurent, s’agenouil- lent, essaient de les saisir par leurs vêtements pour les em- brasser une dernière fois. Les mêmes scènes se reproduisirent dans tous les villages. Sept à huit mille Acadiens furent de la sorte déportés sans jugement par un gouvernement spoliateur qui coufisqna leurs biens et les frustra de toutes leurs ressources. Un é- crivain éminent, Rameau de Saint-Père, dans un livre inti- tulé Une colonie féodale. en Amérique, a écrit l'histoire de l’Acadie et de ses épreuves. Mais ce n’est pas la faute de Rameau s'il n’a pu uous faire connaître toutes les péripé- ties de la proscription. Les Anglais ont systématiquement détruit les documents, les pièces, les archives qui révélaient l:ur infamie. C'est seulement vers le milieu du siècle der- nier qu'on a connu quelques détails. de la douloureuse his- toire. Quand les Anglais font un mauvais coup, leur pre- mier soin est de le cacher. Ainsi en est-il des confiscations et des spoliations en masse accomplies en Irlande ; ainsi en est-il des cruautés exercées contre les catholiques anglais, sous la vertueuse reine Elisabeth, et des supplices néroniens appliqués dans l’Inde par le gouverneur Warren Hastiugs. Au mois de septembre 1872, Fustel de Coulanges, dans un article de la Revue des deux Mondes, faisait remarquer que les Anglais qui veulent flétrir le fanatisme invoquent tou- jours la Saiut-Barthélemy, les Dragonnades et_ l’Edit de Nantes, et se taisent sur leurs propres crimes. Or. l’histoi- re de la race saxoune—il faut le dire bien haut—est souil- lée de sang et de boue, à presque toutes ses pages. Nulle nation n’a commis plus de forfaits et n’a moins respecté la vie et la liberté humaines. Maisilen est de l'Angleterre comme de la femme Bancal, du procès Fualdès. Pendant que les assassins égorgeaient Fualdès, un Auvergnat, payé par la Bancal, jouait de l'orgue dans la rue des Hebdoma- diers, pour étouffer les cris des victimes. De même, au- jourd'hui, encore, les Anglais vocifèrent, déclament, tantôt contre Louis XIV, tantôt contre Charles IX, pendant que leurs princes fusillent, égorgent, déportent nos compatriotes de l’ Acadie où versent du plomb fondu dans la bouche des Hindous. Trente aus après la proscription, les Acadiens qui lui sur- vécurent reprirent le chemin de la terre que Lawrence et Wiuslow s'étaient flattés de leur avoir ravie et pour tou- jours ils rentrèrent dans la patrie dont rien n'avait pu déta- cher leurs affections et leurs espérances. A l'heure actuelle, ils forment des groupes pleins de vie, fidèles anx vieilles moeurs et à l'antique foi. Mais si nos compatriotes n’ont plus à craindre maintenant les abomina- bles sévices des Lawrence et Winslow, leurs épreuves ne sont pas terminées. Quels sont aujourd'hui les adversaires de l’ Acadie ? J'ai le regret de le dire, ces adversaires sont les catholiques ir- landais d'Amérique. Enutendons nous bien, les vexations auxquelles nous voulons faire allusion n’offrent aucune res- semblance avec les violences dont les Anglais du XVIIe siè- cle se rendirent coupables. Il n'en est pas moins certain que le haut clergé irlandais manifeste contre nos compatrio- tes une hostilité que nous avons le devoir de dénoncer et de flétrir. Est-il juste, en effet, que les Irlandais déclarent ja guerre à notre langue ? Si nous réprouvons la conduite de l'Allemagne protestante quand elle exclut des écoles polo- naises l'usage de la langue nationale et lorsqu'elle exige que les leçons du catéchisme soient donnés aux jeunes Slaves dant l'idiome germanique, —comment pourrions-nous accor- der au clergé irlandais le droit d'obliger les jeunes Acadiens à n’user que de la langue anglaise à l'église et en classe ? De telles mesurer sout nos moins edieuses en Amérique qu'en Prusse. Que cette assimilation serve les vues du gouverne- mevt fédéral et motive l'entente de Mgr Ireland, archevè- que de Saint-Paul, et del’ex président Roosevelt, on le comprend. Mais la cause de la religion catholique elle-mê- me ne saurait gagner à detelles contraintes. Une expérien- ce séculaire prouve que les Français qui répudient leur lan gue trahissent également leur foi ! Des réunions Nationales,—des ‘‘Conventions’’, pour etn- ployer un mot acadien,—rassemblent à des intervalles régu- liers les délégués de l'Acacie. Ce peuple de cent cinquante milie âmes, affirme, dans chacun de ses ‘Champs de D l’énergique volonté de maintenir son indépendance, sa lan- gue et sa foi. Le 15 août, la solennité de l’Assomption est le jour de leur fête Nationale ; le drapeau acadien porte l'i- mage de la vierge de Lourdes. A la dernière ‘‘Conven- tion’’ de 1908, les délégués supplièrent Pie X de créer à Moncton un siège épiscopal et d’y faire asseoir un évêque aca- dien. Si,—comme tout le fait espérer,—-nos chers compa- triotes obtiennent gain de cause, l'avenir de la Nation sera, du coup, assuré par la formation «acerdotale d'une élite de jeunes Acadiens, comme par l'établissement de plusieurs collèges d’où sortiront des hommes qui prendront en main le mouvement de rénovation française en Amerique. Catholiques de France, nous ne saurions rester indifférents à une aussi noble cause ! Un jour viendra, —et ce jour n'est pas loin, —où, sur les rives du Saint-Laurent, Canadiens et Acadiens formeront un groupe de quinze millions d'hom- mes parlant notre langue. Eh bien ! n’est-il pas nécessaire que, dès maintenant, nous favorisions non seulement de nos voeux, mais de toute notre influence, l’héroïque colonie qui veut, non sans raison, garder intacte sa langue !—et résister aux mauèges plus politiques que religieux d’un parti singa- 2 lièrement oublieux de son histoire et de nos services ? OscAR HAvARD. LE BESOIN DE LIRE Le besoin de lire est si naturel que c’est vraiment la faim de notre esprit, aussi pressante que la faim du corps. Enfants, nous avons tous lu avec un appétit terrible ; c'est un peu plus tard que nous négligeons les livres, au moment où nous comtuen- çons à vivre, nous essayons auda- cieusement de tout mettre dans no- tre vie. Mais cet effet n'’avoutit guère ; la vie la plus réussie est en- core quelque chose d’infirme et de grossier. Alors ou revient lire les poètss ; on a d'autant plus besoin de leurs vers qu’on n’a pu réaliser soi-mê- me le bonheur que ces vers décri- vent. Je besoin de lire, c'est le besoin même de compenser la pauvreté de sa vie. de s’en consoler, d’y échap- per ; le grand miracle de la iecttire, c'est que tout ce que nous lisons nous arrive un peu ; et sans doute, le sort peut priver un être de toute la part de joie ou d'amour qu’il a- vait espérée ; mais la Fortune en- nemie ne pourra jamais: Ôter à cet homme l’histoire de Tristan et d’Y- seult, ou celle de Roméro et de Ju- liette ; nos lectures sont comme des songes, mais des songes que nous pourrions avoir à notre gré, Un livre est un rempart contre le réel, Nos lectures suppléent à notre destin ; elles sont notre seconde vie Ou connaît ces peintures en trompe l'oeil où excellent les Italiens et grâcs auquelles ‘ont met, sur un mur brutal, l'illusion d’un jardin, d'un parc, d’une perspective ; nos lecutres sont ainsi comme le trom- pe l’oeil de nos jours. Etla pri. son où le Destin nous enferme peut devenir de plus en plus étroite et génante, nous aurons du moins ces grandes fresques sur la muraille de notre cachet. Grand Pique-Nique La paroisse de St. Jacqnes d’Eg- mont Bay aura encore cette année un pique-nique, mardi le 20 juillet. De grandes préparations se font pour rendre la visite es étrangers aussi agréable que possible. Tous les amusemeuts ordinaires en telies occasions seront sur le terrain, Un bon «omité de vigilance est nommé afin d'empêcher la vente de boissons dans les environs. Si le public désire avoir un jour (d'agrément et de plaisirs c’est à Egumont Bay qu'il faudra s’y ren re le 20 juillet, Le Rev. Père Bouäreault s'attend que le succès de cette année sera aussi complet que l'an dernier. Venez à St. Jacques, ily aura du plaisir pour tous. JEAN F. ARSENAULT Sec. EE FANATISME CRIMINEL Burlington, Vt., 7.—Une femme de quarante aus, Béatrice Thomp- son, à tenté d'assassiner hier le {Rev. Jos. F, Gillies, un prêtre at- taché à ls cathédrale Bte-Maris, en à D... * Li . EL SR RAT RAR TES ne pe et ati - tirant sur lui un coup de revolver comme il passait devant la parte de la maison où elle venait, rue Loo- mis, Le Rév. Gillies se rendait dire la messe à l’académie Ste-Ma- rie, quand la tentative a été faite. La balle heureusement n’a fait que trouer un parapluie que le prê- tre portait. La femme Thompson arrêtée le soir, a avouer du’elle entretenait une haine implacable contre la foi catholique et ses ministres. Dans une sacuche qu'elle portait, on a trouvé un revolver complète- ment chargé et du calibre 32. La Conversion des Juifs aux Etats- Unis Le R. P. Jean Eis, de Columbus (Ohio), est un travailleur infatiga- ble, qui a entrepris la difficile tâche de convertir les juifs et de les rame- ner à l'Eglise qui détient seule la vérité intégrale, l'Eglise catholi- que. Ilest un des prêtres les plus connus des Etats-Unis. Depuis vingt-cinq ans environ, il remplis- sait la fonctiou de curé dans la pa- roisse du Sacré-Coeur, à Columbus. Fraaçais d’origine, il sait huit lan- gues qu'il parle couramment. Dé- sormais, il porter son activité par- mi les jeunes. Il à acheté à Wor- thington, la vieille propriété du Séminaire, et il compte en faire une école pour les jeunes garçons juifs- Le directeur sera M. Kaiser, de Pittsburg, rabbin converti au ca- tholicisme. On n’a nullement l'in- tention d'exercer une pression reli- gieuse quelconque sur la conscience des élèves ; on se bornera, par l'en- seignement et la coutagion de l'ex- emple, à préparér leur esprit soit à comprendre, soit peut être à rece- voir un jour la vérité, L'éduca- tion générale y sera complète, mais on fera une part plus large encore aux études industrielles. En tout ceci, le P, Eis est'assuré de l'appui et du patronage de Mgr Regis Cannevin, de Pittsburg, qui s'intéresse spécialement à l'oeuvre. D nn 7 A à ss 2 Am Mail Contract SEALED TENDERS addressed to the Postmaster General, will be received at Ottawa until Noon, on Friday, the 13th. August, 1909 for the conveyance of His Majesty's Mails, on a proposed Contract for four years, three times per week each way, between O'Leary Station aud Roxbury from the Postmaster General’s pleasure. Printed notices containing fur- ther information as to conditions of proposed Contract may be seen and blank forms of Tender may b: ob- tained atthe Post Offices of O'- Leary Station, Roxbury and route offices and at the office of the Post Office Inspector. John F. Whear Post Office Iuspector Post Office Inspector's Office Charlettstows sath Juris 1308 3 : 4 £ Le ? © ; Fes » ÿ dans + ah À PE 4 ) EX TM + La. br var ed 0 AL te. és er v rat 8 4 Î Er as: at TE €: à