Le Soir des tours Père Emma'nuel Gallant c. j. m. Au début de notre siècle, le soir précédent la Fête de la Toussaint était toujours appelé "le soir des tours", â Mont—Carmel, et dans pratiquement toutes les paroisses aca— diennes des Provinces Maritimes, selon une enquête menée auprès de plusieurs confrères acadiens. Quant ä moi, je n'ai entendu le mot éoaææis Hallowe'en que pendant ma première année au collège de Bathurst, N.—B. Il faut dire aussi que le caractère de cette soirée a beaucoup évolué. Au début, les tours joués étaient absolument inoffen— sifs et accomplis par des jeunes de l8 à 25 ans. Ils avaient lieu tard dans la soirée. Vers le milieu de notre siècle, ce sont les élèves de 7 ä ll ans qui, immédiatement après la classe, se mettaient des masques et s'habillaient un peu comme ä la mi—carême; puis ils passaient les maisons pour la Hallowe'en. Il fallait essayer de deviner leur nom. Comme curé ä Chéticamp et ä Saulnierville, en Nouvelle Ecosse, je devais faire toute une provision de bonbons, de pommes et d'oranges afin de mettre quelque chose dans le sac de chacun, et alors on enlevait son masque. Malheureusement, certaines personnes qui n'aimaient pas être dérangées, ont eu la méchanceté de placer des lames de rasoir ou des épingles dans des pommes, et ainsi plusieurs enfants ont été blessés. Actuellement, dans beaucoup de paroisses, les parents permettent ä leurs enfants d'aller seulement dans certaines maisons ou l'on connaît bien les gens et oü on est assuré d'un bon accueil. Récemment, dans certains milieux, des jeunes d'une Ving— taine d'années ont recommencé ä jouer des tours dans la soirée; mais ce ne sont plus des tours inoffensifs comme autrefois. Sous prétexte que c'est le soir de la “Hallowe'en”, on brûle des maisons encore assez bonnes mais inoccupées. Parfois on brûle des granges remplies de foin. Il y a lä des manifestes tions de mauvais esprit. Permettez—moi de raconter ici quelques tours joués vers les années 1920.