PS RS RO LP OU LR D ee OO DUR PT TS PE D OO NI IT EE ET EPS CON 1 CPE SP Re Cr NT patte PR RO RE PRE PER PR» R he ARRET PE D ARERERR POSE 1e EE TER A ns LL Las en, on annee RER AA RME NE à es sien <— SR du Lo es " andere RE ee — u Te de D non nd ne SA L'1MPARTIAL DES 2 LES HASARDS DE LA VIE Marcel Delamarre était gra- vement occupé à boutonner Je faux-col de sa chemise, devant une armoire à giace, quand son valet de chambre lui pré- senta, sur un plateau, le cour- rier que venait de monter Je cierge. Le courrier ! c’est beaucoup dire. 11 n'y a avait qu’uue lettre, une seule, en:adrée de noir. Marcel déchira nouchalam- ment l’anveloppe et Int à mi- voix : “Vous êtes prié d'assister au convoi, service et enterremen: de M, H. Boudarel, rentier, décédé le samedi 3 octobre, rue de de Rivoli, 25, à l'âge de 54 Un... e 11 s’écria : —Tiens ! tiens ! pauvre Box- darel ! quand je pense que j'a diné avec Jui il n’y a pas huit jours. Il avait l’air de très bien s? porter. 11 faisait des mots, il racontai' de petites histoires gauloises. Ce que c’est que de NOUS : Il ajouta, regardant sa mon tre : —La cérémonie est pour ouze heures. J'aurais tout juste le temps d'arriver. Mais en- suiie je serai en retard pour dé- jeuuer, et cela ne vaut rien à mon estomac. Après tout, si je n'allais pas à cet enterrement ? Je le connaissait à peine, moi, Boudarel. Je ne le voyais que deux on trois fois par an au di- ner des “tout à la joie!” dont il taisait partie. 11 est vrai que presque toujours nous nous trouvions l’un à côte de l'autre à table. Et au dessert, ons finissons toujotrs par nous tu- toyer. C'était un très bon gar- con | —Brr ! fit-il, il pleut à verse, on n'a pas idée de se faire en terrer par un temps pareil! Dé cidément je n’irai pas Tant pis pour ce pauvre défunt ! Mais ayant jeté les yeux sur l'imprimé, il vit que les obsèe- ECRIRE RMC TE {très bien mise, qu'el'e avait de‘ quelques anecdotes qu'il avait fort jolis yeux et que ses che- veux d’un blond doux, coiffés en bandeaux, encadraient à ra- lie son visage un peu ailongé. Elle, de son côté, remarqua sans en avoir l'air, qu'il était gentil garçon, qu'il avait à peine trente-cinq ou trente-six ans, que son regard était très vif, ses dents très blanches et sa moustache chement. Pris de -ourt et n'ayant pas tant mieux qu’elle sentit très vite qu’elle aussi lui plaisait, et beaucoup ! - 11 aurait bien voulu pouvoir lui parler. Mais comment, et à propos de quoi ? L'occasion qu’- il cherchait se présentait tout naturellement. La jeune fem. me, en ouvrant son porte mon- naie pour donner deux sous à une pauvresse, laissa tomber en-tout-cas. Prompt comme l’é- cclair, Marcel ramassa l'objet et le tendit avec un sou- rire, qui lui valut un aimable remerciement ; alors ilse crut autorisé à dire : —C'était bien pour onze heu- lentendues à son cercle. Bref, quand on arriva au père-La- chaise, la jeune femme, qui s’é- tait vraiment amusée tout le long de la route, ent quelque peine à se ressaisir et à repren dre, comme on dit, une figure de circonstance. Mais ce fut bien autre chose au retour du cimitière. La pluie avait cessé. Le temps s’e- tait remis tout à fait au beau. 11 faisait une douce chaleur ; ei l'air était agréablement em- baumé par toutes les fleurs que des mains pieuses avaient dé- posées, ça et là, sur les tombes. Aussi Marcel et Mme Salman mar haient à petits pas, comme deux amoureux qui s’écoutent rêver,et leur entretien avait pris un tour plus intime. 1] leur semblait, à l’un e: à l’au- tre, qu’ils se connaissaient de- puis bien longtemps, et ils é. taient surpris de voir comme leurs goûts, leurs sentiments coucordaient. Quand ils furent sur le point res. n'est ce pas, inadame ? Je|d° se quitter, le jeune homme es demanda timidement : | crois qne les voitures sont en. ‘ |retard. Elle répondit : : —Oui, en retard de dix mi- nutes. L'entretien menaçait de res- ter là, car eile s'était un peu e- cartée. 11 pensa qu'il fallait coûte que coute trouver quel- que chose à dire pour ne pas | perdre le bénéfice de ce pre- mier rapprochement. Pris de ourt et n'ayant pas mieux sur les lèvres, il iança cette réfle- xion vraiment saugrenue : —=C'est triste de moarir par un temps pareil. Moi quand Je m'en irai à ma dernière de- meure,je voudrais avoir un beau soleil. N'est-ce pas votre javis, madame ? Elle répondit, un peu inter- loquée : —Cortainement, monsieur. Encouragé par cette réponse, si iaconique füt-elle, et ayant cette fois trouvé un bon sujet de conversation, il reprit : —Du reste ce pauvre Bouda- ques devaient avoir lieu à l’é-| glise Saint-Germain, l’Auxer | rois. ——Comme cela se tronve !re-| pr.t-il alors. L'église Saint-Ger main-l'Auxerrois est tout prè: du quai où demeure mon pépi- niériste à quije veux deman- der un couseil pour mes polo- nias. En prenant une voiture à l'heure, je ferai d'une pierre deux coups. Ceui dit, il acheva rapide ment de s'habiller et sortit, em- portant des gants noirs. x % A l'heure où Marcel recevait | le plien question une autre personne décachetait un pli sembiable. C'était une veuve, Mme Sainiau, qui, elle aussi. hésita pour savoir si elle se rendrait à l'iavitation funèbre —Boudarel ? dit-elle, interro- geant, ses souvenirs, Où donc ai-je connu ce monsieur ? eu... Ah ‘je me souviens, c'était l'a. ini intime de mon oncle Jules. Vraiment Je ciois que je puis me dispenser .….. . d'autant mieux que mon chapeau noir est un peu défraichi. 11 est vrai que la cérémonie se fait à Saint Germain l'Auxerrois. Ce- | la me permettra d'entrer au Louvre pour acheter de la pau- dre de riz et nne voilette, par la même occasion. J'ai tant besoin d'une neuve ! Marcel et Mme Salman arri- vèrent en même temps à lé glise. Même, ils se rencontrè- rent à la porte, et Ini s'effaca pour la laisser passer. Mais elle n'entra point. Avant constaté qu'elle était venue trop tôt et que le cortège n’était pas enco- re là, elle préféra rester sons le proche à l’attendre. 11 fit de même, et ileut tout le loisir da !a considérer. voilette rel n’a jamais eu de chance. Et pourtant quel excellent homme ! | Vous le connaissiez beaucoup, f |madame ? FN: pas beaucoup, mais je sais qu'il avait de grandes qualités. —Oai. un cœur d’or. —Ah ! je crois bien. Un cœur d'or. —Et penser qu'il a été enie- | vé si vite à notre affection. Car enfin rien ne pouvait faire pré- voir un dénouement si brusque. | Mais hélas! ce sont toujours | les meiileurs qui partent les | premiers ! | À ce moment, l'entretien fut jinterrompu par l'arrivée du | con voi. Tout le monde entra dans l’église et l'office commen ça. Mais Marcel avait eu soin de se placer derrière la jeune : venve,et il trouva moyen de | l'intéresser par quelques re- | marqaes faites à voix basse, pendant la cérémonie. Après le défilé d'usage de- |vant le catafalque quand, étant sortis ensemble, ils se retrouvè- ‘rent sous le proche, Marcel de- | manda à sa charmante voisine. | —Vous allez jusqu'au cime- |tière, n'est ce pas ? | Elle eut un instant d’hésita- tion. Mais il reprit très vite : —J'y vais aussi. On ne peut | pas faire moins pour cet excel- lent Bauderel. Permettez-moi | c2 vous installer. Il fit avancer une voiture de deuil,il aida Mme Salman à y monter.Puis lui-même s’assit en face d’elle; et ce fut, vrai- ment, malgré la réserve que Ja situation imposait, une pro- menade tout à fait charmante. : D'abord, bien entendu, la | conversation roula sur des su- cts tristes ; puis elle |insensiblement. On paris usi- que, théâtre ; une discussion | s'engagea sur la : | dévia | —Osérais-je me permettre, madame, d'aller vous voir cet hiver à votre joar de récep- tion ? Elle aurait bien voulu ré- pondre : oui, tout de suite- Mais vraiment elle se deman- dait s’il lui était possible, au point de vue des bienséances, d'autoriser si promptement une visite. Heureusement, ïil eut la bonne inspiration d'ajouter d’une voix émue : —De cette façon, nous pour- rions parler un peu de notre pauvre Boudarel. C'était vrai. Elle n'avait pas songé à Cela. Est-ce qu’il n’y a- vait pas entre eux le lien d’un pieux souvenir ? Pouvait-elle refuser à celui qui lui parlait la suprême consolation que procure le sentiment de regrest partagés. Aussi répondit-elle, avec em- pressement : —Soit ! monsieur, puisque vous vous placez sous le patro- nage de l'ami que nous pleu- rons, je serais charmée de vous recevoir à mon mardi. Comme on pense bien, le mardi suivant, sans plus tarder, Marcel se fit annoncer chez la jeune veuve. Elle le présenta gravement aux personnes qui se trou- vaient déjà dans son salon : M. Marcel Delamarre… Les invités n'en demandè- rent pas davantage. Comme ils avaient du tact, sentant bien qu'il y avait là une douleur à respecter. ils se retirèrent les uns après les autres discrète- ment. 1l en fut de même aux mar- dis qui suivirent. Si bien que Marcel et la Jeune dame eu- rent de longs et agréables tête qui leur permirent de se con- uaitre davantage et de s'appré- cier de plus en plus. On sait quel est, en pareil cas, le dénouement inévitable. gracieusement aux pieds de la belle veuve et lui jura qu'il se tuerait de désespoir si elle re- fusait de s'unir à lai. À quoi elle répondit, avec un céleste sourire, que pour rien au monde elle ne voudrait charger sa Couscience d’un si épouvan- table suicide. Et de doux ser- ments furent échangés. Le mariage eut lieu au com- meucement du mois de décem- bre, à l’église de la Madeleine. Marcel rayonnait de joie quand, aprés la bénédiction, il entra à la sacristie pour rece- voir la foule des amis et des parents empressés À le compli- menter. il ne pouvait troire à son bonheur. Comment tout cela beauté des |S'était-il fait ? Comment avait il 11 constata qu’elle était jeune, lactrices en renom. Marce] conta ‘pu réaliser un #i beau rêve ? Un jour M. Delamarre tomba Alors ilse rappela le prologue de ce gentil roman qui se ter- minait heureusement par un mariage. 11 se revit par la pen- sée deux mois auparavant, dans une église, rencontrant pour la première fois celle qui alait être la compagne de tonte sa vie. Et, très ému, il ne put s'em- pêcher d'adresser un souvenir de reconnaissance à ce pauvre diable de défunt, aux obsèques duquel ilavait assisté un peu par hasard et qui avait été, en somme, l'auteur inconscient de torte cette félicité. Se penchant à l'oreille de sa jeune femme, il lui murmura : —Hein ! comme ïi serait heureux, ce pauvre Boudare:, s’il nons voyait ? ‘ Mais à ce momenf, il se pro- duisit un phéuomène étrange, inoui, fantast que ! Un phéno- mène à faire dresser les che- veux sur la tête ! Boudarel, dont le nom ve- nait d’être prononcée il é- tait là !—lui ou son ombre — il était ia en habit noir, le claque sous le bras gauche, souriant d’un air aimable ! Boudarel ! Marcel crut être le jouet d'un cauchemar af. freux. La jeune mariée poussa un cri et faillit s’évanouir. Mais l’apparition-si c’en était une—n'était certainement pas animée de mauvaises inten- tions car on eatendit une voix | joyense qui disait : —QOui c'est moi, Boudarel Huin ! vous ne vous attendiez pas à me voir ? Pourtant je suis venu, quoique, un peu, car je crois bien que vous àa- viez oublié de m'inviter. Le jeune homme fut sur le point de répondre : “Mais com- ment vous aurais-je invité, cher monsieur, puisque vous êtes mort et enterré depuis deux mois ?” Heureusement. le sang froid lui était revenu ; et comprenant que quelque quiproquo bizarre avait dû se produire : —Enchanté de vous serrer la main, fit-ilen s’efforçant de dissimuler son treuble. Nons ne vous cryions pas à Paris. —C'est vrai, je suis resté absent pendant six semaines- J'étais occupé à recueillir l'hé- ritage de mon cousin et par- rain Henri Boudarel .…...vous savez bien ?......celui qui était rescen du cher moi pour assis- ter à l’arrivée du tsar et qui est mort brusquement d’une attaque d’apolequi. On a dû vous envoyer une lettre pour les obsèques. Moi, je n'ai pas pu y assister ; je m'étais démis la jambe deux jours aupara- vant. Marc-l et sa femme échan- gèrent un regard où se lisait lour ahurissement. Puis ils ser- rèrent avec eflusion la main de ce brave ami qui avait su tré- passer à point et ressusciter au bon moment tout comme un héros d'un de ces qicux mélo- drames qai se jouaient jadis à l’'Ambigu. Albert Ladvocat. JUBILEE STAMPS Do you want 8 cents Jubilee Stamps ?-1 bave five left price $5.00 each. Offers are coming from every direction but my price is $5.00. After the 15th inst, the price will be still higher. F. J, Buote, Tignish. 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