Du petit nombre d'instituteurs et institutrices acadiens réunis à leur convention annuelle à Bloomfield en l9l9. combien parmi eux auraient pu prévoir l'importance de la résolution qui avait été adoptée à la réunion publique le soir du 28 août dans le but de former un nouvel organisme pourfimieux atteindre l'ensemble de la population acadienne de l'lle-du-Prince-Edouard’.’ Aucun des délégués présents à cette réunion historique ne pouvait deviner bien sûr jusqu‘à quel point cette nouvelle organisation allait jouer un rôle si important et même essentiel à la survivance des francophones de l‘lle. imaginer en effet que l'un des vaillants fondateurs de la Société Saint-Thomas-d'Aquin. dans la personne de Joseph Henri Blanchard, deviendrait la figure dominante de cet organisme pendant de si nombreuses années? Et qui aurait pu Pour nous qui connaissons plus exactement l'histoire de notre province et la situation déplorable et frustrante que les Acadiens ont dû endurer dans le passé. nous ne pouvons faire autrement que d'apprécier à sa juste valeur le mérite exceptionnel de gens comme Henri Blanchard et les autres fondateurs de ce mouvement. Parce qu'ils ne voulaient pas voir leur culture et leur héritage mourir et disparaître, ces chefs de file du temps avaient organisé la Société Saint-Thomas—d‘Aquin qui. depuis sa fondation. n'a jamais cessé de relever énergiquement le peuple acadien de l‘Île—du-Prince-Édouard. Selon les dires de Monseigneur Ferdinand Vandry. recteur de l‘Université Laval : « Les résultats obtenus par la Société Saint-Thomas- d’Aquin tiennent du prodige et les services qu'elle rend au peuple acadien sont d’une valeur inestimable. n Mais combien difficiles furent ces premières années pour la Société! Combien de fois ces combattants con— vaincus ont—ils été sur le bord du désespoir! (“était heureux que monsieur Blanchard se mettait déjà a l'œuvre pour mieux faire connaître à ses crnnpatriotes leur véritable identité acadienne et le riche et attrayant dépôt que le passé représentait. Un premier article venant de sa plume intitule « lies écoles acadiennes de l‘lle-dn-I’rincc-l'idotmrd n t‘ut publie en l9l8 mais c'est en l92l que le premier de ses écrits historiques a paru. l,e texte de ce petit volnm- avait etc d'abord présenté en forme de conférence lors d'un congres dus instituteurs acadiens tenu a Misconclie en l‘t2t); en l92I. monsieur Blanchnrtl l'a l'ait pnlilicr sous le titre Les; ll poursuivit ses mêmes elliirts “f?” la,tiuhticatiou de MiäItthîtLtls‘ä.Açtttützttë,siestlfllçrtltt: “"‘ t en l927. La parution de ce livre corres- Pundnit à la visite d'éminents personnages venus rencontrer 0,8 Acadiens insulaires. |.e chel' de ce groupe québécois n était nul antre que le grand patriote llenri Bourassa du journal Le Devoir. Lu mise en circulation et la lecture de ces deux livres 99m"? sur la vie, les événements et les personnages “militant du peuple acadien de I‘Île ont réussi a l‘aire "milite chez ses concitoyens lianeophones une reconnais— m‘i” Plus généralisée de l’existence d'un héritage propre LA PETITE SOUVENANCE “ PAGE 29 à eux. En même temps. bien des Acadiens de l'Île ont senti le besoin urgent qu'il y avait de travailler ensemble pour la protection et la conservation de ce patrimoine pour les générations futures. Dire que Henri Blanchard s'intéressait uniquement à l'histoire de l'lle-du-Prince-Édouard. et en particulier à l'histoire des Acadiens de cette petite province. n'est pas du tout la somme totale de son œuvre. Car. comme l'on disait de lui lors de la collation d'un doctorat honorifique en pédagogie à l'Université St—Joseph en 1955: « Mon- sieur Blanchard est par excellence l'histoire de son Île: les connaissances qu'il a accumulées sur sa province sont prodigieuses.» En effet. ce grand patriote acadien avait un goût peu ordinaire. un attachement presque fanatique au passé et aux choses qui s‘y rapportent. Dans un article qu'il publia dans lie française au printemps de 1968 à la suite du décès de Monsieur Blanchard. Ubalde Baudry parlait de lui en ces termes: Qui con- naissait mieux l’Ile—du—Prince-Edouard que Blanchara’.” Il était une mine de renseignements sur les pécheurs. l'agriculture, les sols. la flore. les organisations... ll fonda la « Teachers' Crédit Union» dans la ville de Charlottetown et en fut le. président pendant une douzaine. d 'anne'es. Il anab'sait les statistiques et surtout les recensements. Il avait dépouillé la plupart des registres paroissiaur. aussi était— il inctmlestablement le généalr‘tgiste des Acadiens de I'Îlet ,zr_. m5 ni hobzfllï. F-"‘*rna"i-nii1<c:rn0”t':“ Ân>znz>fia* Professeur J. Henri Blanchard avec Dm Marguerite Michaud et Adrien et Rodolphe Doucet, devant la «Maison Doucet» qui date des années 1768 circa. ’artont on monsieur Blanehard se rendait dans l‘lle. si le temps le lui permettant il profitait de l‘occasion pour s‘instruire davantage sur l‘historique des familles